Michel Villey (1914-1988)
Catholique traditionnaliste, historien, romaniste, philosophe du Droit, thomiste et aristotélicien.
Bibliographie : Norbert Campagna, Michel Villey, Le droit ou les droits ? Michalon, Paris, 2004

1
Les "droits de l'homme" sont irréels. Leur impuissance est manifeste. Que la Constitution française ou ses préambules proclament le droit au travail, il y a en France un million et demi de chômeurs qui n'en sont pas plus avancés. Et qu'on ait inscrit dans la Charte prétenduement universelle des Nations Unies des droits à participer aux affaires publiques, aux élections libres, aux loisirs, à la culture ainsi qu'à l'aisance, disons qu'au Cambodge ou dans le Sahel, et dans les trois quarts des pays du globe, ces formules sont indécentes !
Le droit et les droits de l'homme. PUF, Paris, 1983, p.11

2
Est ici clairement attestée cette vérité historique que la science du droit est l'invention de la Rome classique ... (qui) trouve elle-même sa source dans la culture grecque. Le nouvel art romain procède d'une définition de la finalité du droit. Cicéron formule cette définition :"..."(le service d'une juste proportion dans le partage des biens et les procès des citoyens).
Ibidem p.34

3
Mais en vérité, de nature, les individus se révèlent divers : mâles et femelles qui ne sont pas identiques aux mâles, à moins que les sophistications de Simone de Beauvoir ne leur aient enlevé leur féminité naturelle - vieux et jeunes, sages et imbéciles. L'ordre naturel régit aussi cette diversité.
Philosophie du droit, tome 2, Les moyens du droit, Dalloz, Paris, 1984, p. 120-121, cité par Norbert Campagna, p. 21

4
Le droit n'a pas à se mêler de l'ordre interne de la famille (relations du père avec ses enfants et les esclaves), ni des relations entre cités. Car le juriste ne saurait déterminer une proportion qu'entre des personnes différentes mais égales à certains égards. Les ressortissants d'une même famille, unis par l'amour, communiant dans la même vie économique, ne sont pas suffisamment "autres" les uns relativement aux autres - "le fils est quelque chose du père". Le facteur d'égalité manque entre citoyens et étrangers.
Le droit et les droits de l'homme, PUF, Paris, 1990, p. 58-59, cité par Norbert Campagna, p. 79-80

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Catholique traditionnel Michel Villey est "contre les idoles de la modernité" (Stéphane Rials, Villey et les idoles, Puf, Paris, 1999).
Personne chez ses disciples ne pourrait croire que sa conception du droit relève d'une forme d'idolâtrie, celle d'une culture patriarcale qui fait du juge l'arbitre social du conservatisme agraire le plus ancestral.

C'est que l'utopie du "bon juge" d'avant le capitalisme libéral est toujours vivante chez certains chrétiens déstabilisés par la modernité.
Michel Villey est fondamentalement hostile aux "droits de l'Homme". Sa Justice n'est pas celle des modernes mais celle des anciens, c'est la justice du "bon juge" qui en rétablissant l'équité instaure une certaine paix dans les rapports sociaux, la paix d'une équité naturellement portée par les notabilités traditionnelles.

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