Raoul Vaneigem

Anarchiste situationniste soixante-huitard, l'un des "leaders", avec Guy Debord le fondateur, de l'Internationale situationniste, créée en 1952.

Né en 1934 à Lisses, en Belgique, Raoul Vaneigem est le fils unique d'un cheminot socialiste anti-clérical. Il fréquente les Faucons rouges, une organisation de jeunesse libertaire. Diplômé de philologie romane à l'Université Libre de Bruxelles il est professeur d'école normale dans la région de Bruxelles. En 1961 il adhère à l'Internationale situationniste. En 1964 il est suspendu de l'Ecole normale pour avoir eu une aventure avec une de ses élèves, ce qui lui permet d'être nommé professeur de morale dans un lycée ..., à la suite de quoi il démissionne, reste en ménage, a quatre enfants, et tire le diable par la queue. En 1967 il publie Le Traité du savoir vivre à l'usage des jeunes générations, en même temps que Guy Debord "La Société du spectacle", et un autre situ, Mustapha Khayati "De la misère en milieu étudiant". Ce dernier ouvrage sert de bible au, notamment, Mouvement des enragés, avec Daniel Cohn-Bendit, à Nanterre, c'est le début des "évènements".

Avec les situationnistes il participe activement à mai 68 à Paris, mais, en désaccord avec Guy Debord, démissionne de l'organisation en 1970.

Raoul Vaneigem est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages, notamment : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, Gallimard, Paris 1967 ; Pour la révolution (Terrorisme ou révolution) avec Ernest Coerderoy, Ivrea, collection "Classiques de la subversion", Paris 1972 ; Le Livre des plaisirs, Encre, 1979, Labor, Bruxelles 1993 ;Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire, Seghers, Paris 1990 ; ;Les Hérésies, PUF, Que sais-je, Paris 1994 ; Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille-et-une-nuits, Paris 1995 ; Nous qui désirons sans fin, le cherche midi éditeur, Paris 1996 ; Pour une internationale du genre humain, le cherche midi éditeur, Paris 1999 ; De l'inhumanité de la religion, Denoël, Paris 2000 ; Déclaration universelle des droits de l'être humain, De la souveraineté de la vie comme dépassement des droits de l'homme, le cherche-midi éditeur, Paris 2001.

Raoul Vaneigem pose dans son ouvrage fondamental "Traité de savoir-vivre ..." (1967) quelques-uns des grands principes du mouvement situationniste : refus radical de la société de consommation, dénonciation radicale de ses contraintes sociales, de sa tendance à l'uniformisation, combat écologique radical de libération de l'humain. Dans son ouvrage "Le livre des plaisirs" (1979) il invite les vivants à la jouissance radicale, sans contrepartie, pour en finir une fois pour toute avec une civilisation marchande, qui, selon lui, est en voie d'effondrement ...
Le médiatique José Bové est un de ses disciples.

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La dictature de la valeur d'échange a propagé partout un nihilisme qui affole les consciences et les corps avec les ombres de la mort. Le cyclone de la spéculation financière a renversé les valeurs du passé, aucune éthique ne résiste au flux monétaire où tout s'annule en s'échangeant contre tout. Nos seuls critères, nos uniques repères ne peuvent naître que de nous-mêmes et d'un projet de société qui ranime en chacun le sens humain, la spécificité de l'homme né pour vivre, non pour survivre comme une bête aux abois dans la jungle du calcul égoïste. La richesse technologique ne cessera de nous appauvrir davantage si nous tardons à nous l'approprier pour enrichir une existence qui soit, inséparablement, création de soi et du monde.
Des droits sans devoirs à la création d'un style de vie in Déclaration des droits de l'Etre humain, p. 24.

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Article 8
Tout être humain a droit à la gratuité des biens utiles à la vie. 1. Le minimum vital ne saurait se réduire à la satisfaction des besoins élémentaires, tels que se nourrir, s'abreuver, copuler, se soigner, se mouvoir, s'adpter, s'assembler, se rencontrer, se délasser, changer d'occupation, rechercher le confort, améliorer ses conditions de survie. Il appartient, par conséquent, à la collectivité d'allouer à chacun de ses membres les moyens matériels qui, le libérant de l'angoissante difficulté d'avoir à les satisfaire quotidiennement ou épisodiquement, lui offrent la liberté de les pouvoir affiner selon ses désirs.
Déclaration ..., p. 56.

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Article 44
Tout être humain a le droit de se parer comme il l'entend
1. L'envie de se métamorphoser, de surprendre, de s'exhiber, d'éveiller la curiosité confère à chacun le droit de se déguiser, de se tatouer, de se colorer, de se vêtir, de se masquer, de se parer des ornements les plus divers, obéissant à sa seule fantaisie, sans se soucier de souscrire à quelque mode, tradition ou cenvention que ce soit.
Ibidem, p. 173.

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Article 51
Tout être humain a le droit de miser sur la violence du vivant pour parer aux violences de la mort
1. Le droit de détruire ce qui nous détruit expose au risque de nous détruire nous-mêmes si nous neconfions pas à la volonté de vivre le soin d'éliminer ce qui la contrarie. L'offensive du vivant sur tous les fronts de l'existence est la meilleure défense contre ce qui perpétue la violence de la mort, de la haine, de l'exclusion, de l'oppression.
Ibidem, p. 185.

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