Paul Valéry (Valerj, 1871-1945)

Poète et philosophe corse, à la recherche de la connaissance absolue et universelle, critique de la superficialité de son époque. La Jeune Parque (1917), Gallimard, Paris ; Cahiers, La Pléiade, Gallimard, Paris, 1988.

1
Le résultat des luttes politiques est de troubler, de falsifier dans les esprits la notion de l'ordre d'importance des "questions" et de l'ordre d'urgence. Ce qui est vital est masqué par ce qui est de simple bien-être. Ce qui est d'avenir par l'immédiat. Ce qui est très nécessaire par ce qui est très sensible. Ce qui est profond et lent par ce qui est excitant. Tout ce qui est de la "politique pratique" est nécessairement "superficiel".
Regards sur le Monde actuel, 1931, Gallimard Folio n°106.

2
Il apparaît que le "racisme" est une expression de faiblesse et de crainte, qu'il est la théorie qui convient à une population qui redoute d'être digérée, assimilée ou dissoute, car elle se sent profondément incapable de digérer ou d'assimiler elle-même les éléments étrangers avec lesquels elle entre en contact. Elle ne conçoit à leur égard que deux modes de s'en défaire ou de se préserver : les éliminer ou les asservir.
La France, au contraire, a fait du Français avec du Celte, de l'Ibère, du Ligure, du Germain, du Sarmate et du Sarrasin. Ni le Corse, ni le Flamand, ni le Catalan, ni le Basque ne manquent à sa molécule complexe ...
Ibidem.

Vers Première Page