Mars 2016 : Polémique, attaqué pour avoir reconnu le courage des kamikases
Mai 2012 : Liberté conditionnelle
Février 2011 : Semi-liberté accordée, le parquet fait appel
Juin/Septembre/Octobre 2008: Le terroriste assassin un ami de Besancenot ? Au Nouveau Parti Anticapitaliste ? et qui ne regrette rien ... et est réincarcéré, provisoirement, pour trouble à l'ordre public ... ; Olivier Besancenot appelle à la mobilisation "unitaire" des gauches ... pour défendre son nouvel ami ; Henri Weber, ancien trotskiste, allié et ami, notamment, des Servan-Schreiber, député européen socialiste (gauche caviar) prend la défense d'Olivier Besancenot ; Rouillan réincarcéré 24 heures sur 24 ; approbation de Royal

Chroniques carcérales ((2004-2007), Agone, Marseille, janvier 2008 (extraits)
Semi liberté, le parquet fait appel pour danger de récidive (Septembre 2007) ; semi-liberté obtenue en décembre 2007
Nathalie Ménigon en semi-liberté définitive (Juillet 2007), liberté conditionnelle (juillet 2008)
Il assume (Février 2007)
(Joëlle Aubron avait été libérée pour raisons de santé en juin 2004, et est décédée en mars 2006)

Jean-Marc Rouillan jeune et moins jeune

Ancien dirigeant du mouvement terroriste d'ultra-gauche Action directe.

Dans la clandestinité dans les années 70 et recherché par les polices françaises il bénéficie en 1981 de l'amnistie présidentielle après l'élection de M. François Mitterrand.

Arrêté en 1987 il est condamné, avec notamment Nathalie Ménigon, à la prison à perpétuité avec une peine de sûreté incompressible de 18 ans, pour l'assassinat en novembre 1986 du PDG de Renault, M. Georges Besse, et du général Audran en février 1985.

Auteur de Je hais les matins, Denoël, Paris, 2001. Lettre à Jules, Agone, Marseille, février 2004 ; Le capital humain, L'Arganier, Paris, janvier 2007 ; De Mémoire T1, les jours du début, Agone, Marseille, mars 2007.

1
À l'époque, l'auxi d'étage était un Arabe grand et maigre. Gentil. Une ombre appuyée avec nonchalance sur un balai. Il arrivait directement du bled. De la France, il ne connaissait pas grand-chose à part le pays carcéral. On l'avait surnommé «Cent millions ». Il expliquait que chez lui on lui avait dit :
« Va en France, tu braques une banque, tu demandes cent millions et tu rentres. »
Il l'avait fait, et bien évidemment l'affaire tourna mal. Il en prit pour quinze ans.
...Dans ce petit monde, où les fringues de marque et le dernier modèle de pompes de sport brillent davantage que l'or des vieux voyous, «Cent millions» faisait peine avec de vieilles espadrilles. Un riche donateur lui offrit une belle paire de Nike Air. Neuve. Au moins 1 000 balles.
Le lendemain, au bout de la coursive, «Cent millions » arborait un sourire de fierté. À la stupeur de deux ou trois gars qui passèrent à ses côtés, je compris. Il avait entrepris les Nike au couteau pour en faire des babouches. Et il avait pris grand soin de crever les bulles d'air.
Bien sûr, les bulles percées se remplissaient d'eau savonneuse quand il nettoyait le couloir. Et toute la journée s'en échappaient des bulles et une mélopée sifflotante.
Je hais les matins, p. 21-23.

2
On voit donc rarement la direction et encore moins la petite brunette qui fait office de « Juge de l'Application des Peines ». Une fois par mois, elle convoque deux ou trois gars dans le bureau de «l'autre côté ». Elle n'entre jamais en détention, se contentant de ses entretiens au cours desquels le prisonnier doit convaincre en dix petites minutes.
Certains y parviennent bien, souvent aidés par un aplomb d'escroc. D'autres vivent mal ces convocations, s'énervent et finissent par donner une image désastreuse et fausse. Mais, concrètement, la JAP ne connaît ni les détenus, ni les conditions dans lesquelles ils survivent, ni bien évidemment leur évolution avec le temps. Elle n'a que les rapports des matons et ceux de leur éducatrice quand celle-ci les rencontre.
Sinon, elle juge sur papier, sur des dossiers vieux comme Hérode.
Ibidem, p. 47.

3
Faisant fi des principes, j'assiste aux grandes messes qui réunissent exceptionnellement les prisonniers des deux bâtiments. Donc ce que ne peuvent réussir l'école ni les rares activités culturelles, l'évêque l'impose. Nous ne sommes qu'à trente kilomètres de Lourdes!
Le groupe des prisonniers politiques occupe les deux derniers rangs de la salle de spectacle. Nous tenons salon avec quelques rebelles. Nous chuchotons sans trop nous préoccuper de la liturgie.
Bien évidemment le « club de prières » tient le premier rang. Le « bienheureux » ch'timi lit la bienvenue à l'évêque. «Miche» est un perpète condamné pour le meurtre sauvage d'un curé de campagne. Il sert la messe comme enfant, il le faisait, il y a bien longtemps, le dimanche dans son petit village minier. Depuis il avait peu grandi ou bien mal. Enfin, l'Église lui avait très officiellement accordé le pardon.
À droite, le vieux grigou, un tueur patenté, prie avec une sincérité désarmante. Plié sur son banc, la tête baissée, les yeux clos et balbutiant pareillement aux deux frères à qui il éclata le crâne dans un bar de Toulon. Eux, de même, avaient imploré en vain. À l'autre bout de la salle, «Jojo», un Réunionnais aux airs de bushman récite ses Ave avec passion. Il se balance d'avant en arrière.
Une fois qu'il est bien entré dans le swinging soul de la prière, la salle se rassoit. Il pousse alors un long soupir de déception. Chargé au zamal, il avait brûlé vif un z'oreille dans une sombre histoire mélangeant le rituel magique et le trafic.
Ibidem, p. 51-52.

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(Avril 2004) Action directe: le seuil des dix-huit ans
La fin de la peine incompressible est proche. Les détenus, malades, demandent à être libérés.

Une chapelle désaffectée près de la Canebière. Sous les ogives, les cinq portraits des anciens d'Action directe, Schleicher, Rouillan, Aubron, Ménigon, Cipriani, surplombent des télés cassées et de vieux matelas. C'est là qu'a débuté samedi «la campagne pour la libération des prisonniers d'AD», avec, notamment, la diffusion d'affiches créées par les dessinateurs Tardi et Siné. Condamnés à la réclusion à perpétuité assortie de sûreté pendant quinze ans pour Schleicher, dix-huit ans pour les autres, ils s'acheminent vers la fin de cette période de détention obligatoire.

«Voilà vingt ans, Régis Schleicher et moi avons été arrêtés à Avignon, commence Hellyette Bess, 74 ans, Régis est en prison, et les autres gravement malades.» Leur compagnon, Jean Halfen, a lui aussi connu des années de prison. Il regarde l'assistance assise par terre ou sur de vieux fauteuils : «Pas mal de gens ici sont jeunes. Nos actions ont débuté il y a vingt-cinq ans, votre âge», et raconte : «Au départ, nous voulions lutter contre la violence de l'Etat et il n'y avait pas plus déterminé que nous contre la violence... Même si ça paraît bizarre aujourd'hui. En 1979, on a mitraillé des façades. Dont celle du ministère de la Coopération, heureusement le ministre était sorti pisser, il avait des problèmes de prostate. Ça, c'était pour protester contre les massacres et le pillage des colonies.» Dans le groupuscule, certains ont été arrêtés, puis amnistiés en 1981. Jean Halfen : «On fournissait des papiers à des camarades à l'étranger, ça nous bouffait pas mal de fric, heureusement il y avait les banques.» Il sourit, reprend : «On a fait sauter l'Office des réfugiés et apatrides, on a enlevé François Mitterrand au musée Grévin et on l'a rendu plus tard au Larzac.»

Goldenberg.
Ils ont ouvert des squats, distribué des brochures. «On aidait tous les rebelles, reprend Hellyette Bess, c'était une période où la solidarité était une chose normale. A ma librairie, les gens laissaient de l'argent et les braqueurs aussi, "pour la solido".» Jean Halfen : «On essayait d'avoir une façade légale, d'expliquer nos actions. Mais quand le restaurant Goldenberg a été attaqué, on nous a arrêtés. On n'avait jamais rien eu à voir avec ça, jamais le mouvement révolutionnaire n'aurait posé des bombes dans des lieux publics. Mais on ne parvenait pas à populariser nos actions.» Pourtant, ils ont continué. Ont commencé à dériver. Avenue de Trudaine, en 1982, c'est la fusillade. Deux policiers sont tués. En 1984, Schleicher et Bess sont arrêtés, suivis de Jean Halfen et de son frère Nicolas. Annelise B. dirigeait alors le journal l'International : «En 1983, AD était déjà diabolisée, se souvient-elle, on publiait les textes des organisations révolutionnaires, on voulait expliquer. Et puis en 1984, tout le comité de rédaction a été arrêté. On a fait entre quatre et six ans de prison.» 1985 et 1986, AD assassine le général Audran «vendeur d'armes en Afrique», et Georges Besse, le patron de Renault «qui avait licencié 26 000 personnes». 1987, tout le monde est sous les verrous.

Lucio Urtibia, anarchiste et maçon, 73 ans, a combattu Franco, et fabriqué des faux papiers pour les révolutionnaires espagnols, cubains, boliviens... «Les AD, je les ai tous connus. Nous avons eu mille disputes. L'estime qu'ils ont eue pour moi, c'était pour ce que j'ai fait dans la lutte antifranquiste. Ma vie est à ceux qui m'ont aidé, c'est pour cela que je suis là !»

Psychiatrie.
Alain est venu de la campagne : «Dans le petit bled où je suis, je remarque que des gens commencent à dire : "bon, ils sont malades, il faut que ça cesse."» Schleicher a demandé sa libération conditionnelle. Joëlle Aubron (métastase au cerveau), Nathalie Ménigon (trois accidents cérébraux) et Jean-Marc Rouillan (cancer au poumon) ont demandé la suspension de leur peine. Georges Cipriani, devenu fou, a fait un long séjour en psychiatrie avant de réintégrer la prison. Il n'a rien demandé.
Libération, Par Dominique SIMONNOT, lundi 19 avril 2004, p. 17

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Après vingt ans de prison, le fondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, "assume ses choix" LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 20.02.07 | 11h58 • Mis à jour le 20.02.07 | 11h58

Vingt ans de prison, après une condamnation à la perpétuité pour deux assassinats, n'y ont rien changé : Jean-Marc Rouillan, fondateur du groupe terroriste Action directe (AD) écarte tout repentir, dans un entretien publié mardi 20 février dans Sud-Ouest. "Le remords et le repentir devraient toujours incomber aux faibles et jamais aux forts et aux puissants. Pour notre part, nous avons assumé nos choix et nos déterminations. Nous avons tenu à être responsables jusqu'au bout. Vingt ans après, nous le sommes encore", a-t-il écrit en réponse aux questions du quotidien régional, depuis la centrale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), où il est incarcéré.

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 avec trois autres membres du groupe d'extrême gauche à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans – achevée en février 2005 – pour les assassinats de l'ingénieur général René Audran en 1985 et du PDG de Renault, George Besse, en 1986. Aujourd'hui âgé de 54 ans, il dénonce les conditions de détention des membres historiques d'AD, qui n'ont pour but que d'"obtenir notre repentir". Mais pour lui, un tel repentir "aurait une importance symbolique pour l'Etat" et permettrait "la criminalisation complète" de "l'expérience armée après 1968".

"LE POUVOIR N'ACCEPTE PAS DE NOUS VOIR LIBRES À NOUVEAU"

Jean-Marc Rouillan se dit toujours "communiste révolutionnaire" et assure que "l'isolement carcéral" "et les pressions" ne l'ont "aucunement persuadé que le régime bourgeois soit le meilleur qui soit et même le moins pire". Le prisonnier assure que "sans les armes, les opprimés resteront des opprimés" et que "la lutte armée est profondément liée à leur lutte d'émancipation". Mais il ajoute que "la violence est également une affaire de moment historique" et "la lutte armée après 1968" a été menée "dans des conditions historiquement déterminées".

A propos des victimes, il souligne que "dans le combat politique, des hommes meurent des deux côtés" et que "pour leurs proches, c'est bien évidemment un drame". Mais il se refuse à mettre "sur un plan d'égalité la violence des opprimés et la violence des oppresseurs".

Jean-Marc Rouillan dénonce le rejet de ses demandes de libération conditionnelle, alors qu'il s'apprête à en déposer une nouvelle. "Je ne suis pas libre parce que le pouvoir n'accepte pas de nous voir libres à nouveau. Il a fait de nous des exemples", écrit-il.
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 20.02.07 | 11h58 • Mis à jour le 20.02.07 | 11h58

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Deux autres membres d'Action directe en prison, une troisième décédée

C'est le 21 février 1987 que le groupe Action directe (AD), auteur de 80 attentats et de deux assassinats revendiqués en huit ans, était décapité par l'arrestation de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani. Ce dernier purge sa peine à Entsisheim (Haut-Rhin). Nathalie Menigon est incarcérée au centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais). Joëlle Aubron, seule à avoir bénéficié d'une remise en liberté pour raison de santé, est décédée en mars 2006 d'une tumeur au cerveau.- (Avec AFP et Reuters).

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La semi-liberté définitive pour Ménigon, pas de pourvoi
Yahoo.fr, actualités, AP - Mardi 24 juillet, 17h56PARIS -

Le parquet général de Paris ne s'est pas pourvu en cassation contre la décision de la cour d'appel de Paris d'accorder une mesure de semi-liberté à Nathalie Ménigon, ex-membre d'Action Directe, qui devient donc définitive, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

La semi-liberté signifie que la personne travaille à l'extérieur dans la journée, mais retourne en détention pour la nuit. La mesure doit prendre effet le 2 août.

Cet aménagement de peine accordé par la chambre d'application de peines de la cour d'appel de Paris ouvre "sur une possibilité de libération conditionnelle dans un an". L'ex-terroriste, dont la période de sûreté a expiré il y a deux ans, devrait donc être totalement libre de ses mouvements en été 2008.

D'ici là, elle devra réintégrer sa cellule tous les soirs et y passer le week-end. Elle est par ailleurs interdite de toute prise de parole ou de position publique que ce soit dans la presse ou à travers un livre.

Partiellement hémiplégique à la suite d'accidents vasculaires cérébraux, Nathalie Ménigon doit être transférée de la prison de Bapaume (Pas-de-Calais) en région toulousaine où elle doit travailler dans une association.

Le 24 octobre dernier, le tribunal avait rejeté la demande de suspension de peine pour raison médicale déposée par l'ancienne terroriste. Le tribunal d'application de peines pour les affaires terroristes lui a ensuite accordé une semi-liberté le 10 mai dernier, mais le parquet avait fait appel de cette décision estimant son projet de réinsertion inadapté. A l'audience devant la Cour d'appel, le parquet général s'est également opposé à sa libération.

Incarcérée après son arrestation en 1987, Nathalie Ménigon a été condamnée en janvier 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du patron de Renault, Georges Besse, le 17 novembre 1986.

En 1994, elle a de nouveau été condamnée à perpétuité pour sa participation à l'assassinat le 26 janvier 1985 du général René Audran, inspecteur général de l'armement.

Joëlle Aubron avait été libérée pour raisons de santé en juin 2004, et est décédée en mars 2006.

Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani sont encore détenus, toutes leurs demandes de libération ont toujours été rejetées. AP
Yahoo.fr, actualités, AP - Mardi 24 juillet, 17h56PARIS -

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Semi-liberté pour Jean-Marc Rouillan: le parquet fait appel
Yahoo.fr, actualités, AP - 16h40 PARIS -

Le parquet de Paris a fait appel mercredi de la décision du tribunal d'application des peines de Paris accordant la semi-liberté à Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, a-t-on appris de source judiciaire.

Cet appel suspend le transfert de Jean-Marc Rouillan de la centrale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) au centre de semi-liberté de Marseille (Bouches-du-Rhône) où il devait travailler chez un éditeur.
Selon Me Jean-Louis Chalanset son client devait être libéré le 22 octobre.

L'appel doit désormais être examiné par la chambre d'application des peines de la Cour d'appel de Paris dans les prochains mois.

La semi-liberté est un régime d'aménagement de peine pour préparer la sortie définitive et favoriser la réinsertion. Pendant toute sa durée, la personne vit et travaille à l'extérieur, mais passe ses nuits et ses week-ends en prison.

Dans le cadre de cet aménagement de peine décidé par le tribunal d'application des peines, Jean-Marc Rouillan devrait verser 30% de son salaire au Trésor public et aux familles des victimes pour les indemniser, a précisé Me Chalanset.
Il lui serait également interdit pendant un an de s'exprimer sur les faits par quelque moyen que ce soit.

Le 4 septembre dernier, le parquet avait estimé que le projet professionnel de M. Rouillan n'était pas sérieux et qu'il pourrait reprendre la lutte armée.

Les éditions "Agone" de Marseille ont proposé d'embaucher Jean-Marc Rouillan, 55 ans, en contrat à durée indéterminée comme éditeur. Il a déjà publié trois livres dans cette maison d'édition et a travaillé sur deux autres en tant qu'éditeur.

En octobre 2005, le tribunal d'application des peines de Tarbes avait rejeté la demande de libération conditionnelle de M. Rouillan.
Depuis 2006, la juridiction parisienne centralise les demandes de libération conditionnelle pour les personnes condamnées pour des faits à caractère terroriste.

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1989, avec d'autres membres du groupe Action Directe, à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de peine incompressible, notamment pour complicité dans les assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et de celui du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Sa période de sûreté de 18 ans s'est achevée au début de l'année 2005.

Selon, Me Chalanset, il serait a priori interdit à son client d'entrer en contact avec les autres membres d'Action Directe, notamment son épouse Nathalie Ménigon, en semi-liberté à Toulouse (Haute-Garonne) depuis le 2 août.

Souffrant de séquelles d'une hémiplégie après deux accidents vasculaires cérébraux en détention, Nathalie Ménigon travaille désormais dans un centre de réinsertion spécialisé dans l'aménagement d'espaces verts avant de rejoindre sa cellule dans le quartier des femmes de la prison de Seysses, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse.

Joëlle Aubron a été libérée pour raisons de santé en juin 2004, avant de décéder en mars 2006 d'un cancer. Si Jean-Marc Rouillan sort, seul Georges Cipriani resterait détenu en Alsace. AP

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Jean-Marc Rouillan, cofondateur d'Action directe, en semi-liberté
Alain Salles Article paru dans l'édition du 08.12.07. LE MONDE | 07.12.07 | 14h35 • Mis à jour le 07.12.07 | 14h35

Vingt ans après sa condamnation, Jean-Marc Rouillan va connaître partiellement la liberté. La cour d'appel de Paris a accordé, jeudi 6 décembre, au cofondateur du groupe terroriste Action directe, emprisonné depuis 1987, un régime de semi-liberté d'un an. Il travaillera durant la journée à la maison d'éditions Agone et rejoindra la prison le soir. Détenu à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), il devrait, selon son avocat Jean-Louis Chalanset, rejoindre, lundi 17 décembre, le centre de semi-liberté de Marseille. Un pourvoi en cassation est possible jusqu'au 12 décembre, mais il n'est pas suspensif et n'empêcherait pas la sortie de Jean-Marc Rouillan.

Ce dernier a été condamné à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans pour complicité des assassinats du général René Audran en 1985 et de l'ancien PDG de Renault, Georges Besse, en 1986. Les familles et le parquet s'étaient opposés à la libération du meneur du groupe d'extrême gauche. Sans renoncer à ses idées, Jean-Marc Rouillan a indiqué qu'il avait renoncé à la violence.

La libération de l'ancien terroriste intervient quatre mois après celle d'une autre ancienne d'Action directe, Nathalie Ménigon. Les deux complices se sont mariés à la prison de Fleury-Mérogis en 1999. Joëlle Aubron avait, elle, été libérée pour raisons médicales en 2004, avant de mourir d'un cancer en 2006. Ces décisions tournent la page d'une forme française de l'extrême gauche violente qui a embrasé l'Europe dans les années 1970 et 1980. Elles montrent aussi que la justice est prête à prendre le risque de la réinsertion même pour ceux qui ont été considérés comme des ennemis publics. Le juge d'application des peines (JAP) qui a pris la décision en première instance est spécialisé dans l'antiterrorisme.

La semi-liberté de Nathalie Ménigon se passe bien, au dire de Me Chalanset. "Sa surveillance était sévère au début quand elle rentrait au centre de semi-liberté, car elle était considérée comme une détenue particulièrement surveillée, mais cela s'est assoupli", explique-t-il. Elle a déjà obtenu une permission de sortir, accordée par le JAP antiterroriste. Dans le cadre d'un stage qu'elle a suivi une semaine par mois à Foix, elle a obtenu de ne pas réintégrer sa cellule à Seysses mais de passer la nuit chez des amis.

"CIEL LIMPIDE ET BLEU"

En arrivant à Marseille, Jean-Marc Rouillan, âgé de 55 ans, sera accueilli par un conseiller d'insertion et de probation, afin de l'aider dans ses premières démarches. Aux éditions Agone, il travaillera comme secrétaire d'édition et 30 % de son salaire sera versé aux victimes et au Trésor public. Le condamné a déjà travaillé en prison pour cette maison d'édition, qui a publié un premier tome de ses Mémoires. La décision de semi-liberté lui interdit de s'exprimer sur les infractions qu'il a commises. Il est soumis à un régime horaire strict, devant rejoindre le centre et sa cellule dès que son travail est fini. Après la décision du juge de première instance, il a écrit dans le mensuel militant CQFD : "Je survivais entre quatre murs gris, et à présent le carré de ciel limpide et bleu m'attire à lui."

Autre membre d'Action directe, Georges Cipriani a également fait une demande de libération conditionnelle. Détenu en Alsace, il a souffert de troubles psychiatriques, mais "va mieux", selon Me Chalanset : il a passé, en détention, un CAP de pâtissier et un DEUG d'allemand. Quant à Régis Schleicher, arrêté en 1984, également condamné à perpétuité pour sa participation au meurtre de deux policiers, il a été condamné à cinq ans supplémentaires pour tentative d'évasion.
Alain Salles Article paru dans l'édition du 08.12.07.

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Jean-Marc Rouillan : un livre pour affronter «l’épreuve» de la liberté
Action directe. En prison la nuit, le cofondateur du mouvement travaille le jour chez un éditeur.
MICHEL HENRY Libération QUOTIDIEN : mardi 22 janvier 2008, p. 16

Semi-libéré Rouillan, au rapport ! «Treize ans de clandestinité, dix-huit mois de légalité, vingt-quatre ans de prison.» Et, à 55 ans, la redécouverte de la vie. Hier, le cofondateur d’Action directe (AD), en semi-liberté depuis le 17 décembre, présentait chez son éditeur marseillais Agone ses Chroniques carcérales (2004-2007) (1), recueil d’articles parus dans le mensuel CQFD.

Désormais employé par Agone, Jean-Marc Rouillan débarque chaque matin des Baumettes au boulot, se demande parfois ce qu’il fait là. Puis il retourne en prison le soir et les week-ends. La liberté ? «C’est une épreuve», glisse-t-il. «On est blindés, mais on ne retombe pas tout de suite sur ses pieds. Le temps extérieur, pourtant douze heures par jour, est réduit à un souffle.» A la fin de la première semaine, il a, presque avec soulagement, retrouvé «le temps de la cellule, la tranquillité». Son monde, encore. «A l’extérieur, je n’ai pas de repères trop construits. Le temps me file entre les doigts. A l’intérieur, je retrouve ma vieille vie de taulard.»

A 20 heures, chaque soir, quand on l’enferme, il s’écroule. «Rétamé. C’est fini.» Ainsi marche l’apprentissage de la liberté. Etrange : «Quand vous avez passé vingt ans de votre vie à essayer de sortir de prison et que vous venez sonner tous les soirs pour y rentrer, c’est bizarre…» Mais il continue de se lever à 5 heures. «Je garde mon rythme de prison. Une très vieille habitude. Une question de résistance : quand le surveillant tourne la porte, à 7 heures, il me trouve debout et habillé.» Dehors, il patauge un peu dans son nouveau job. «Je n’ai pas encore la productivité nécessaire.» Il lui manque quelques clés. «Quinze jours avant mon arrestation, on m’avait formé à l’utilisation du Minitel dans une Poste…» Depuis, il a raté quelques épisodes. Mais, à 55 ans, Rouillan le révolutionnaire touche les premières fiches de paie de sa vie. Le Smic, amputé d’un tiers par le Trésor public pour dédommager les proches des victimes. A ce train-là, «c’est parti jusqu’à 95 ans» pour obtenir la retraite.

«Vécu».

Quant à ce qui est derrière, il le résume d’une traite : 16 ans en 1968, «[sa] politisation commence», dans les comités d’action lycéens à Toulouse. Puis la lutte armée à Barcelone contre Franco, où il gagne une condamnation à mort en 1973. Et ensuite, d’autres combats.

Arrêté en février 1987, Rouillan, cheveux ras, œil vif, trépigne de parler de tout cela, après deux décennies à l’isolement, «du premier au dernier jour». Mais la justice antiterroriste ne lui donne, là aussi, qu’une semi-liberté. Interdit de parler des faits pour lesquels il a été condamné à perpétuité avec dix-huit ans de sûreté (pour complicité d’assassinats de l’ingénieur général de l’armement René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986). Interdit de s’exprimer en télé, radio, ou d’être pris en photo. Mais il peut au moins évoquer la prison. «C’est fondé sur un assez bon vécu», ironise son éditeur, Thierry Discepolo. Et l’écrire. Sept livres au compteur, déjà. Dont Je hais les matins (2), où il expliquait : «On ne s’habitue jamais à la prison. […] Pourtant, je crois que je ne me tue pas parce que je ne comprends pas pourquoi j’ai tout enduré jusqu’à présent. […] Au fond, ces souffrances doivent avoir un sens. Si je me flingue, tout cela aura été dérisoire.»

Dans ses nouvelles chroniques (lire ci-contre), avec une écriture sèche et précise, cet envoyé très spécial dans le monde du dedans rapporte des histoires. La sienne, celle de ses copains de galère. «Pas un polar. Vraiment la prison comme elle se passe. Et elle devient de plus en plus dure.» Evidemment, avec AD il a vécu le pire. «Une détention exceptionnelle pour nous affaiblir et nous liquider d’une autre façon. La preuve, sur les quatre, une est morte [Joëlle Aubron, libérée en juin 2004, décédée en mars 2006, ndlr], une est gravement malade [Nathalie Ménigon, semi-libérée en août 2007] et un a été interné trois fois [Georges Cipriani, toujours détenu].»

Discipline.

Il en sort pourtant bon pied bon œil et l’esprit vif. Grâce à une discipline de fer : «Pour leur résister, je me suis dit "il faut être plus dur avec moi que la vie qu’ils m’ont imposée".» Grâce à l’écriture. «En prison, on sent l’obsession du mortifère, que j’ai écartée par l’écriture. Je transmettais une partie de ma vie par l’écriture, et l’écriture me renvoyait la vie.» Dehors, il veut continuer à écrire. Mais sur d’autres sujets. «La prison, je ne peux plus en parler du dedans.»
(1) Agone. 224 pp. 10 euros. www.agone.org.
(2) Denoël, 208 pp. 15 euros. 2001.

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«Ils aimeraient en sus une mortification publique» Libération QUOTIDIEN : mardi 22 janvier 2008 p. 16 Extraits des Chroniques carcérales (2004-2007) de Jean-Marc Rouillan.

Décembre 2003. «Je suis sorti par une fenêtre aux barreaux sciés… Mais le sous-directeur, déguisé en pêcheur d’Islande, me l’ordonnait […]. A la fenêtre, Fouad crie : "Ramène-nous des morues !" […] Mon collègue se redresse et, forçant un accent des cités, hurle à la cantonade : "Je suis innocent, je jure que je n’ai pas touché aux digues ! Wouala !"»

Mai 2004. «Que dire aux naïfs qui croient à l’abolition de la peine de mort dans ce pays ? Il suffirait qu’ils viennent faire un tour dans l’un de ces mouroirs.»

Octobre 2004. «"Monsieur Rouillan, si vous exprimez des regrets, votre demande de conditionnelle sera examinée d’un tout autre œil." […] Ils aimeraient en sus une mortification publique. […] Ne croyez pas pour autant que je ne regrette rien. Après dix-huit ans de prison, je regrette, parmi mille autres choses, les parfums d’une forêt de pins après la pluie d’orage […].»

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Rouillan : Besancenot s’explique Libération QUOTIDIEN : lundi 30 juin 2008

Interrogé sur ses liens avec Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe, Olivier Besancenot s’est étonné d’un «différé dans les médias». Agacé, il a souligné qu’une «rencontre a eu lieu à Marseille, le 7 juin».

Le leader de la LCR a déjeuné avec l’ancien terroriste d’extrême gauche, qui a montré de l’intérêt pour le Nouveau parti anticapitaliste. Selon Alain Krivine, les discussions n’auraient pas été politiques : «Si lui accepte le programme, il viendra. On ne demande pas aux gens leur passé.»

Olivier Besancenot a rappelé qu’il était fier d’appartenir à un parti qui «désapprouvait et décriait les méthodes d’Action directe, à l’époque». Après plus de vingt ans de prison, Jean-Marc Rouillan est en semi-liberté depuis décembre.

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Créé le 17:36:00 | 28/06/2008 Modifié le 17:37:04 | 28/06/2008 Le Point.fr
Contacts entre la LCR et l'ancien d'Action directe, Jean-Marc Rouillan AFP Jean-Marc Rouillan a obtenu en décembre dernier son placement en semi-liberté après plus de vingt ans d'incarcération et travaille actuellement dans une maison d'édition marseillaise

Le porte-parole et ex-candidat à la présidentielle de la LCR, Olivier Besancenot, a récemment participé à un déjeuner avec Jean-Marc Rouillan lors d'un déplacement à Marseille, a déclaré Alain Krivine en marge de la première réunion nationale des comités pour un "Nouveau parti anticapitaliste" (NPA), qui doit remplacer le mouvement trotskiste. "Il ne s'agit pas de discussions politiques", a souligné le leader historique de la LCR, relevant que Jean-Marc Rouillan ne représente "pas un courant politique". "Nous les avons toujours combattu", a-t-il ajouté à propos d'Action directe (AD). Jean-Marc Rouillan a marqué de l'intérêt pour la démarche du NPA, selon Alain Krivine. "Si lui accepte le programme, il viendra, on ne demande pas aux gens leur passé", a-t-il ajouté.

De son côté, Olivier Besancenot a souligné sur France 2 appartenir "à un courant politique qui désapprouvait et décriait les méthodes d'Action directe à l'époque". "Ils devaient faire 18 ans incompressibles, en l'occurence aujourd'hui ils font du rab", a-t-il déclaré à propos des ex-membres d'AD. "Ils ont purgé leur peine. La question qui se pose, pour eux comme pour beaucoup d'autres, c'est de savoir si les personnes qui ont subi une peine et qui ont vécu le système carcéral ont le droit de faire de la politique. Nous on pense que oui", a-t-il ajouté.

Jean-Marc Rouillan a obtenu en décembre dernier son placement en semi-liberté après plus de vingt ans d'incarcération et travaille actuellement dans une maison d'édition marseillaise. Il avait été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour les assassinats du PDG de Renault Georges Besse en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement René Audran, un an plus tôt.

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Nathalie Ménigon en liberté conditionnelle J.B. (lefigaro.fr) Avec AFP et AP 17/07/2008 | Mise à jour : 21:12 |
L'ancienne membre d'Action directe bénéficiait d'un régime de semi-liberté depuis presque un an.

Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Paris, seule juridiction du pays compétente dans le suivi des dossiers de terrorisme, présidée par Bernard Lugan, a accordé jeudi une libération conditionnelle à l'ex-militante d'Action directe Nathalie Ménigon, 51 ans.
Cette décision sera effective à partir du 3 août. Ménigon bénéficiait depuis août 2007 d'un régime de semi-liberté en région toulousaine. Elle travaille comme agent d'espace vert dans un centre de réinsertion.

La semaine dernière, le parquet s'était déclaré favorable à cette libération conditionnelle, recommandant toutefois une application pour cinq ans des dernières restrictions de liberté, comme le signalement obligatoire à la justice de toute sortie du département de la Haute-Garonne où elle réside depuis août 2007 chez un couple d'amis. Tout changement de domicile et de travail devra être soumis à l'accord préalable du juge parisien Bernard Lugan, chargé de son dossier. «Elle doit également s'abstenir de parler des faits» pour lesquels elle a été condamnée, aux médias ou dans un ouvrage, a ajouté l'avocat.

Partiellement hémiplégique

Pour les condamnés à perpétuité, une semi-liberté d'une durée d'un an minimum est le régime préalable obligatoire à toute libération conditionnelle signifiant que le condamné est toujours sous le contrôle de l'AP mais n'a plus à séjourner en prison.

Comme les autres membres du noyau dur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani et Joëlle Aubron, décédée en 2006, Nathalie Ménigon a été condamnée deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour les assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement, René Audran, en 1985.
Une demande de semi-liberté pour Georges Cipriani, 58 ans, devrait être examinée début septembre par le TAP de Paris.

Dans le cadre de sa semi-liberté, Nathalie Ménigon, qui est partiellement hémiplégique après deux accidents vasculaires cérébraux, était contrainte de retourner en prison après sa journée de travail. Depuis quelques mois, elle ne passait plus que ses week-ends au centre de détention de Seysses, au sud de Toulouse.

«On se réjouit, c'est une étape importante pour la libération des camarades», a réagi jeudi un membre du collectif de soutien «Ne laissons pas faire» (NLPF), disant penser aux autres membres d'Action directe incarcérés.

Retrouvailles Ménigon/Rouillan

Jeudi, on a également appris auprès de son avocat, Jean-Louis Chalanset, que Nathalie Ménigon avait revu Jean-Marc Rouillan, ancien membre comme elle du groupe révolutionnaire d'extrême-gauche.
Ils se sont rencontrés fin juin à Marseille, pour la première fois depuis leur mariage en prison en 1999. Les époux bénéficiaient alors d'un régime de semi-liberté. Elle en région toulousaine et lui, depuis décembre, à Marseille, où il travaille chez un éditeur.

Pour cette rencontre, Nathalie Ménigon, 51 ans, avait fait le déplacement à Marseille accompagné d'une salariée de l'Administration pénitentiaire (AP) chargée de sa réinsertion, a précisé l'avocat.
L'entrevue, qui avait reçu l'accord du juge parisien Bernard Lugan chargé de leur dossier et a eu lieu dans un local de l'AP, a duré «quelques heures» et les époux ont pu partager un repas, a-t-il ajouté.
«C'est la première fois» qu'ils se rencontrent depuis leur mariage le 29 juin 1999 à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, a assuré Me Chalanset. Leur liaison date de 1977.

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Rouillan laisse entendre qu'il n'a pas de regret pour l'assassinat de Besse AFP 1er octobre 2008 9.00

PARIS (AFP) — Jean-Marc Rouillan, le cofondateur d'Action Directe aujourd'hui en semi-liberté, laisse entendre qu'il ne nourrit aucun regret pour l'assassinat du patron de Renault Georges Besse et s'explique sur son engagement auprès d'Olivier Besancenot, dans une interview à L'Express à paraître jeudi.

Interrogé sur l'assassinat de Georges Besse le 17 novembre 1986, il répond: "je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".

"Il faut clarifier les choses : le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus", souligne Rouillan, 56 ans, qui ajoute: "mais, en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire".

Au sujet de l'intention qu'il a exprimée d'adhérer au Nouveau Parti Anticapitaliste qui doit voir le jour fin janvier 2009 pour prendre la succession de la LCR d'Olivier Besancenot, Jean-Marc Rouillan évoque son besoin de se réapproprier "vingt ans d'histoire de ce pays" en rencontrant "des gens d'origines et d'obédiences extrêmement différentes".

"Je peux faire peur à beaucoup de monde... A notre première rencontre, j'ai prévenu Besancenot : +ma présence peut faire du bordel. Réfléchissez, vous pouvez dire non+... Il m'a dit que c'était réfléchi et qu'ils étaient d'accord".

Au sujet du nom du futur parti, aujourd'hui en débat, il estime que si le mot "révolution" en était absent "ce serait une démission", vouant cette formation à n'être qu'un "petit parti électoral".

Dans ces conditions, "à plus ou moins longue échéance, je serais naturellement éliminé de ce processus", confie-t-il, soulignant: "Pas besoin d'envoyer une lettre de démission".

Après vingt années passées en prison il avoue par ailleurs avoir été "catastrophé" de découvrir "la dépolitisation inscrite dans les couches populaires", alors que "nous sommes dans une société de classes", dans une société "où le conflit impérialisme/anti-impérialisme est crucial".

Sur un plan plus personnel, il annonce que Nathalie Ménigon, avec laquelle il s'est marié en prison, et lui ont "le projet de divorcer".

Jean-Marc Rouillan est conscient enfin qu'avec cet entretien, il "joue" sa liberté alors qu'il n'est qu'en semi-liberté depuis décembre 2007, travaillant actuellement dans une maison d'édition marseillaise, après vingt années passées en prison, depuis février 1987. Il lui est interdit d'évoquer les faits pour lesquels il a été condamné.

Comme Nathalie Ménigon, Georges Cipriani et Joëlle Aubron (décédée en 2006 moins de deux ans après sa libération pour raisons médicales), M. Rouillan a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour les assassinats du PDG de Renault Georges Besse en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement René Audran, un an plus tôt.

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Rouillan a été réincarcéré provisoirement pour "trouble à l'ordre public" AP | 03.10.2008 | 13:07

"Trouble à l'ordre public". C'est par ce motif que le juge d'application des peines (JAP) de Paris a motivé jeudi la décision de suspension provisoire de la mesure de semi-liberté dont bénéficiait l'ancien membre d'Action Directe, Jean-Marc Rouillan, depuis décembre 2007, à la suite de ses propos ambigus sur l'assassinat de Georges Besse dans lexpress.fr.

"M. Rouillan a fait des déclarations à la presse qui ont profondément troublé l'ordre public, qu'un débat s'est installé sur le bien-fondé de cette interview, que pour éviter tout nouveau contact avec les médias et sans préjuger de la décision du tribunal d'application des peines, il convient de suspendre la mesure de semi-liberté", considère le JAP cité par l'avocat de M. Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset qui qualifie cette décision de "disproportionnée".

L'ancien terroriste a été incarcéré à la prison des Beaumettes à Marseille où se déroulera le 16 octobre l'audience devant le tribunal d'application des peines.

Mercredi, le parquet de Paris avait saisi le juge d'application des peines estimant que Jean-Marc Rouillan, ancien fondateur d'Action Directe, avait violé l'une de ses obligations imposée par la cour d'appel ordonnant sa remise en liberté, à savoir s'abstenir de s'exprimer publiquement sur les faits pour lesquels il a été condamné.

Dans un entretien diffusé mercredi par lexpress.fr et repris dans l'hebdomadaire jeudi, Rouillan, interrogé sur l'assassinat par AD du PDG de Renault en 1986, a déclaré: "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".

Jean-Marc Rouillan a été condamné à deux reprises à la réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et celui de M. Besse en 1986. Le 6 décembre 2007, la cour d'appel de Paris a ordonné son placement en semi-liberté, contre l'avis du parquet général, une mesure devenue effective le 17 décembre de la même année. Il a été transféré à cette date à Marseille au centre de semi-liberté. Durant la journée, il est employé par les éditions Agone. AP

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Extrême-gauche Besancenot dénonce la réincarcération de Rouillan Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 03/10/2008 16:55:31 - publié le 03/10/2008 16:41

Le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot appelle à une mobilisation unitaire contre la révocation du régime de semi-liberté de l'ancien membre d'Action directe, Jean-Marc Rouillan. Membre du Nouveau parti anticapitaliste que prépare Besancenot, Rouillan a été renvoyé en détention à temps plein après avoir accordé une interview à L'Express.

Olivier Besancenot a dénoncé vendredi la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, et appelé à une "mobilisation unitaire" contre cette "double peine", précisant que le cofondateur d'Action directe est membre à Marseille d'un comité local pour la construction du NPA.

"Jean-Marc Rouillan est incarcéré de nouveau, ce qui est absolument révoltant, puisqu'il a purgé sa peine", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la LCR.

"Légalement, il a le droit de sortir et il n'y a rien qui justifie le fait qu'il retourne en prison, si ce n'est un acharnement judiciaire de la part de l'Etat" qui invoque "non pas ce qu'il a fait, mais ce qu'il a dit et même sous-entendu", ajoute Olivier Besancenot.

"L'heure pour nous est à une mobilisation unitaire de toute la gauche sur la question de la liberté d'expression pour défendre les libertés démocratiques", et pour que "la loi soit respectée". Rouillan "a le droit de sortir", a-t-il dit, en dénonçant ce qui "s'apparente à une double peine".

Dans une interview à L'Express, le cofondateur d'Action directe a répondu à la question "Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment l'assassinat [de Georges Besse]?: "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique."

Olivier Besancenot a souligné que "Jean-Marc Rouillan est membre depuis le mois de juin d'un comité NPA de Marseille". Ces comités décentralisés, intègrent des militants de la LCR et d'autres horizons pour préparer le lancement du Nouveau parti anticapitaliste en janvier.

Une porte-parole de collectif à Marseille a précisé aussi que Rouillan "est et reste membre du collectif d'initiative départemental 13 du NPA".

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Affaire Rouillan « On fait un mauvais procès à Olivier Besancenot » Le Parisien, 8 octobre 2008, p.9 PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE MARTINAT

ANCIEN trotskiste, le député européen socialiste Henri Weber juge l'attitude du porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) vis-à-vis du fondateur d'Action directe Jean-Marc Rouillan.

Comment expliquez-vous qu'Olivier Besancenot n'arrive pas à se démarquer franchement de Jean-Marc Rouillan ?

• Henri Weber. On fait un mauvais procès à Besancenot et à la LCR, qui a toujours dénoncé l'usage de la violence par Action directe.
Sa doctrine est de refuser la violence minoritaire, même si elle considère, en tant qu'organisation communiste et révolutionnaire, qu'à un moment il faudra bien recourir aux armes si on veut exproprier les capitalistes (notedt, c'est nous qui soulignons). Les trotskistes ne sont jamais revenus là-dessus. D'où leur embarras actuel...

"Cela lui permet de se poser en victime"

Le PS donne l'impression de tenir enfin le moyen de contrer Besancenot ...

Ce serait une erreur: ce n'est pas sur ce terrain que la confrontation doit se faire. La grande faiblesse de Besancenot, c'est qu'il incarne à la fois la plus extrême modernité dans son look, dans son mode de communication et le plus extrême archaïsme dans ses propositions: la nationalisation des entreprises, l'économie régie par le Plan central et la démocratie parlementaire remplacée par les conseils de citoyens. C'est un logiciel qui date exactement de soixante-dix ans!

~Quand Besancenot propose de regrouper l'ensemble des banques dans un pôle public contrôlé par les usagers, ça ne tient pas, c'est totalement du vent.

Ce que nous préconisons, nous socialistes, c'est que les banques qui s'avèrent incapables d'assumer leur fonction - délivrer du crédit, garantir les dépôts des épargnants - soient nationalisées, et celles-là seulement.

On a peu entendu les anciens trotskistes du PS, comme vous, sur l'affaire Rouillan. V a-t-il encore une gêne?

Pas du tout. Attaquer Besancenot sur ce terrain, ce serait inefficace et même contre-productif, car cela lui permet de se poser en victime sur les plateaux de télévision. PROPOS· RECUEILLIS PAR PHILIPPE MARTINAT
* Auteur en 2004 de « Lettre recommandée au facteur », Editions du SeuiL

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Le monde carcéral reprend à temps plein Jean-Marc Rouillan Liberation 17 octobre 2008 p. 16 De notre correspondant à Marseille MICHEL HENRY

Ça n’a pas fait un pli : Jean-Marc Rouillan reste en prison à plein temps. Hier, le tribunal d’application des peines, siégeant à la prison des Baumettes à Marseille, a supprimé sa semi-liberté. Les trois juges «ont estimé, sans motivation, qu’il y avait lieu de révoquer la semi-liberté», selon Me Jean-Louis Chalanset, son avocat.

«Acharnement».

Le cofondateur du groupe armé Action directe paye donc au prix lourd ses déclarations à L’Express du 2 octobre. «Jean-Marc Rouillan leur a expliqué clairement le pourquoi de l’interview, rapporte l’avocat. Il a déclaré également que, pour la première fois de sa vie, il annonçait dans cette interview qu’il voulait faire de la politique légalement [au NPA d’Olivier Besancenot]. Et c’est pour cela qu’il retourne en prison.» L’avocat ajoute : «Pour Jean-Marc Rouillan, c’est une lettre de cachet, destinée à l’empêcher de faire de la politique.» La LCR a qualifié hier cette décision d’«acharnement judiciaire».

Ses déclarations avaient été interprétées comme un refus d’exprimer des regrets sur ses actes passés, notamment les deux complicités d’assassinat (du PDG de Renault Georges Besse, en 1986, et de l’ingénieur général de l’armement René Audran, en 1985), pour lesquels il a été condamné à perpétuité, avec dix-huit ans de sûreté.

«Je n’ai pas le droit de m’exprimer là-dessus, indiquait Jean-Marc Rouillan. Mais le fait que je ne m’exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu’on avait fait, je pourrais m’exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique.» «Il a simplement commenté une interdiction, et rien n’interdisait de commenter une interdiction», déplore son avocat. Mais ses déclarations «ont profondément troublé l’ordre public», selon le juge d’application des peines, qui avait provisoirement suspendu sa semi-liberté dès leur publication.

Ecriture.
Pour le parquet, Rouillan a «enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s’abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné». Rouillan, 56 ans, se retrouve donc en prison 24 heures sur 24. Il y était entré en 1987. Depuis décembre dernier, après vingt ans en détention, l’ex-activiste devenu écrivain sortait en semi-liberté la journée, pour travailler aux éditions Agone, puis dormait le soir et le week-end en cellule. «En prison, on sent l’obsession du mortifère, que j’ai écartée par l’écriture», expliquait-il alors. Il continuait à écrire, sur d’autres sujets : «La prison, je ne peux plus en parler du dedans.» Il peut à nouveau, à son corps défendant.

«Moutons».

Me Chalanset va faire appel, mais ce retour en détention «est dramatique». Car son espoir d’une libération conditionnelle en décembre s’éteint : «Il faut, auparavant, avoir fait un an en semi-liberté», rappelle l’avocat. Peut-on attendre de Rouillan un repentir ? Pour Yves Lemoine, ancien magistrat, «il y a une logique hypocrite : puisqu’il ne regrette pas, on le réincarcère». Selon ce juge, «la société croit toujours qu’une réincarcération longue va transformer en moutons des gens qui, au contraire, ont vécu pendant vingt ans sur une autojustification. Jean-Marc Rouillan n’a pu résister qu’en réaffirmant la justesse des actes pour lesquels il a été condamné. Il est, à ses propres yeux, dans une forme de noblesse de l’acte. Il a tué, pas pour des raisons vulgaires, mais comme, à la fin du XIXe siècle, un anarchiste jetait une bombe à la chambre des députés et, au moment de la guillotine, disait : "Si c’était à refaire, je le referais."»

Yves Lemoine résume : «La société est axée sur une idée qu’il n’y a de rémission qu’en exprimant la désolation de ce qu’on a fait. C’est une hypocrisie sociale grave. La réincarcération de Rouillan me semble une aberration. Dans une décision non motivée, ce qui de toute évidence est un manquement grave aux exigences d’une justice démocratique, visiblement les juges n’ont pu choisir le fondement de leur condamnation pour qualifier une infraction.»

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Ségolène Royal: «Evidemment qu'il fallait renvoyer Jean-Marc Rouillan en prison» liberation.fr 19 octobre 2008

Ségolène Royal approuve la révocation de la semi-liberté qui avait été accordée au fondateur d'Action directe Jean-Marc Rouillan.

"Evidemment qu'il fallait renvoyer Jean-Marc Rouillan en prison puisqu'il a continué à prôner la lutte armée", a déclaré l'ex-candidate à la présidentielle ce dimanche sur Canal +. "Ses propos sont sans ambiguïté", a-t-elle ajouté à propos de l'interview controversée de Jean-Marc Rouillan à l'Express, qui a conduit la justice à suspendre le 2 octobre sa semi-liberté.

Il n'y avait, aux yeux de la présidente de Poitou-Charentes, "aucune hésitation à avoir".

Interrogée sur la non-extradition de l'ex-terroriste italienne Marina Petrella, elle n'a pas voulu se prononcer, faute d'accès au dossier médical qui a justifié la décision française, mais "je pense d'abord aux victimes", a-t-elle dit.

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Rouillan/semi-liberté: appel du parquet AFP lefigaro.fr 16/02/2011 | Mise à jour : 18:21

Le parquet de Paris a fait appel du régime de semi-liberté accordé à l'ancien dirigeant du groupuscule armé Action directe, Jean-Marc Rouillan, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire.

Le tribunal d'application des peines avait plus tôt dans la journée accordé une semi-liberté à M. Rouillan, 58 ans, en prison depuis près de 24 ans.

L'appel suspend de fait la mise en place du régime de semi-liberté, censé entrer en vigueur le 7 mars. Il reviendra donc à la cour d'appel de Paris d'examiner dans plusieurs semaines la demande formulée de semi-liberté, qui ouvre la voie au bout d'un an à une éventuelle libération conditionnelle.

Jean-Marc Rouillan, condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, avait déjà bénéficié d'une mesure de semi-liberté en 2007 mais elle avait été révoquée quelques mois plus tard après qu'il eut déclaré dans la presse qu'il ne "crachait" pas sur tout ce qu'il avait fait.

M. Rouillan, interpellé le 21 février 1987 dans le Loiret avec ses trois camarades Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron, est le dernier des anciens membres vivants du groupuscule à ne pas bénéficier d'un aménagement de peine.

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Action Directe: Jean-Marc Rouillan en liberté conditionnelle Par LEXPRESS.fr, publié le 16/05/2012 à 09:35, mis à jour le 18/05/2012 à 09:36

L'ancien dirigeant de l'organisation de lutte armée bénéficiait depuis un an d'un régime de semi-liberté avec bracelet électronique. La cour d'appel de Paris lui a accordé la liberté conditionnelle.

De la semi-liberté à la liberté conditionnelle. La cour d'appel de Paris a confirmé un jugement accordant la liberté conditionnelle à Jean-Marc Rouillan, ancien dirigeant de l'organisation de lutte armée Action Directe, qui vivait déjà en semi-liberté à Marseille. Cette décision prend effet ce vendredi.

Jean-Marc Rouillan était sorti de la prison des Baumettes à Marseille il y a un an, le 19 mai 2011. Il bénéficiait, depuis, d'un régime de semi-liberté, étant muni d'un bracelet électronique.

La chambre de l'application des peines confirme dans son arrêt le jugement du 13 avril du tribunal d'application des peines (TAP) de Paris (compétent en matière de terrorisme) qui l'avait "admis au bénéfice de la libération conditionnelle", a précisé Me Jean-Louis Chalanset.

Jean-Marc Rouillan avait été arrêté en 1987 et condamné, avec trois autres membres, à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour les assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran et du PDG de Renault Georges Besse.

Il aura passé au total 24 ans en prison, sans compter les périodes de semi-liberté.

Me Chalanset a souligné qu'il était "le dernier des quatre membres d'Action Directe à être sorti de prison", après Nathalie Ménigon et Georges Cipriani. , qui avait bénéficié en 2004 d'une suspension de peine pour raison médicale, est morte en 2006.

Cette décision de la cour d'appel est "une suite logique, après une année de semi-liberté sans incidents. Ce qui est surprenant, c'est que l'avocat général se soit opposé, encore, à cette libération conditionnelle", a commenté l'avocat.

Obligation de travailler

Jean-Marc Rouillan, 59 ans, restera soumis pendant six ans à de nombreux contrôles. Il devra résider dans le département des Bouches-du-Rhône, indemniser les victimes à hauteur de 150 euros par mois, ne pas porter d'armes.

Lui qui a déjà publié une dizaine de livres ne devra pas s'exprimer publiquement au sujet des faits pour lesquels il a été condamné, ni les évoquer dans des ouvrages ou des articles. En 2008, il avait bénéficié du régime de semi-liberté pendant dix mois, mais des propos dans une interview publiée dans L'Express lui avaient valu de retourner en prison pour deux ans et demi.

Par ailleurs, obligation lui est faite de travailler. "Il continuera à travailler pour la maison d'édition Agone" qui l'employait déjà à Marseille, a déclaré son avocat.

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Il juge les terroristes de novembre "courageux" : enquête sur Rouillan, ex d'Action directe 7 mars 2016 | Mise à jour le 8 mars 2016 http://www.lejdd.fr/Societe/Entre-Daech-et-la-France-Jean-Marc-Rouillan-ex-d-Action-Directe-est-neutre-776441

L'ancien militant d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité notamment pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse, ne veut pas prendre parti entre la France et Daech. Il estime également que les terroristes du 13 novembre ont été "courageux". Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "apologie du terrorisme".

En théorie, il n'a pas le droit de s'exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné ni de tenir des propos pouvant être interprété comme une "apologie de la lutte armée". Pourtant, Jean-Marc Rouillan, ancien militant d'Action Directe, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité notamment pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse, ne s'est pas gêné dans une interview donnée au journal marseillais d'extrême-gauche Le Ravi et à la radio locale Radio Grenouille. Elle a été diffusée le 23 février dernier et est accessible en intégralité sur Internet.

Interrogé sur les attentats de Paris, Jean-Marc Rouillan se dit "neutre" dans le conflit entre Daech et la France. "L'Etat français est un Etat colonialiste, assassin. Ce qui s'est passé en Algérie m'empêchera toute ma vie de chanter La Marseillaise et de porter le Bleu-Blanc-Rouge. [...] Je ne suis pas plus pour Daech que pour cet Etat français."

Les auteurs des attentats de Paris "se sont battus courageusement"

L'ancien militant d'Action directe confie même qu'il aurait "pu faire les mêmes opérations" à l'époque où il était encore actif dans la lutte armée. "C'est le but. Mais on ne le pouvait pas. Parce que nous avons d'autres principes, d'autres stratégies, d'autres tactiques", explique-t-il. Pour lui, Daech est toutefois très proche du capitalisme "parce que c'est un mouvement basé sur le mortifère, le sacrifice". "Moi, je n'ai jamais connu le sacrifice, plutôt la joie, la joie d'aller combattre, et les lendemains qui chantent. Je crois qu'ils sont encore à venir."

Concernant les auteurs des attentats de Paris, l'ancien militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) les trouvent "courageux". "Ils se sont battus courageusement en sachant qu'il y avait près de 3.000 flics autour d'eux. Souvent, ils ne préparent même pas leur sortie parce qu'ils pensent qu'ils vont être tués avant d'avoir fini l'opération. Dans l'imprimerie, les frères Kouachi se sont battus jusqu'à la dernière balle". "On peut dire plein de choses sur eux - qu'on est absolument contre les idées réactionnaires, que c'était idiot de faire ça - mais pas que ce sont des gamins lâches", ajoute-t-il. "C'est de la propagande étatique dans la bouche de gens qui prétendent s'opposer à l'Etat", selon lui.

Enquête pour "apologie du terrorisme"

Cofondateur d'Action directe, organisation armée d'extrême gauche, Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité notamment pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse. Il a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007, révoqué fin 2008, avant d'être à nouveau en semi-liberté en 2011. Jean-Marc Rouillan avait été réincarcéré en octobre 2008 pour "apologie de la lutte armée" après une interview dans le magazine l'Express. Suite à ces propos tenus au mensuel le Ravi et Radio grenouille, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "apologie du terrorisme".

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