Roques Bernard

Bernard Roques. Professeur des sciences pharmaceutiques et biologiques, directeur du laboratoire de pharmacochimie moléculaire et structurale.

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La consommation de substances capables de modifier plus ou moins fortement les états de conscience se confond avec l'histoire de l'humanité. C'est le cas de l'opium, extrait du pavot dont on vantait les vertus calmantes dans la plus haute Antiquité, du cannabis en Inde et au Moyen-Orient, ou des feuilles de coca utilisées par les habitants des hauts-plateaux d'Amérique du Sud. Peu après, l'homme a consommé des boissons alcoolisées qu'il avait appris à obtenir par fermentation de diverses substances végétales (fruits, graines ...). Le dénominateur commun à toutes ces substances, c'est qu'elles entraînent une sensation de plaisir, d'euphorie et de désinhibition facilitant ainsi les contacts entre les individus. C'est un rituel de fête qui accompagnait et accompagne encore dans de nombreux pays la consommation de drogues. Les pratiques collectives de consommation d'"ecstasy" au cours de "rave parties" sont un exemple récent de ce type de rituel. Les toxicomanies : l'identité des bases neurobiologiques et les stratégies thérapeutiques d'aide à l'abstinence in Qu'est-ce que la vie ?, Université de tous les savoirs, Odile Jacob, Paris 2000, p. 473.

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La consommation de substances psychoactives peut répondre à des objectifs extrêmement divers : tentative d'échapper au quotidien jugé comme insupportable ou inversement, tentative de surmonter une inadaptation psychologique à la communication ou d'apaiser une souffrance psychique, volonté de transgression des interdits par révolte ou par désir du risque, etc. ... A ce stade, il est indispensable de distinguer l'usage qui implique un contrôle de la consommation du produit et entraîne peu de modifications psychiques et les pratiques d'abus dont les attendus pathologiques restent maîtrisables, mais qui peuvent conduire à un état de dépendance. Celui-ci est caractérisé par le besoin compulsif du produit et ce en dépit de la connaissance par le consommateur des effets néfastes qu'il aura pour sa santé et sa vie sociale. Ibidem, p. 473-474.

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