Jean-Claude Rolinat

Elu territorial national conservateur, nostalgique de l'Empire colonial français.
Auteur, notamment, de Nationalisme québécois et Canada français, Dualpha, Paris, 2000 ; Le livre noir de la Rhodésie blanche, Dualpha, Paris, 2002.

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Une décolonisation bâclée

Corruption, concussion, prévarication et népotisme sont monnaie courante. La décolonisation, à de rares exceptions près, n'a engendré que la misère par la désertification des campagnes, l'engorgement des villes et, nous l'avons vu, la résurgence des luttes tribales. A titre d'exemple, ce sont les quelques milliers de fermiers blancs restés contre vents et marées au Kenya, en Zambie et au Zimbabwe qui assurent pour ces trois pays l'essentiel de la production agricole...

La tragi-comédie congolaise des années soixante dont on nous a joué un remake avec la dynastie Kabila, les sanguinaires tyrannies d'Idi Amin Dada ou de Macias N'Guema en Guinée équatoriale, l'agonie du Biafra, les guerres civiles d'Angola et du Mozambique, les putschs militaires à répétition sont encore présents dans tous les esprits. Encore faudrait-il ajouter à ce tableau non exhaustif la guerre menée par l'Éthiopie en Erythrée, la rébellion au Sud-Soudan, le conflit du Tchad et la lutte du Polisario contre le Maroc.

Bilan négatif de quatre décennies d'indépendance africaine. Souveraineté de façade, mœurs occidentales plaquées sur des structures traditionnelles, explosion démographique et régression des cultures vivrières ont conduit à la faillite des sociétés trop vite sorties du cocon protecteur de la colonisation.

Une politique étrangère réaliste à l'égard des pays d'Mrique et plus particulièrement ceux d'expression française, devrait prendre en comp- te le niveau d'engagement de nos intérêts et les effectifs de nos ressortissants sur le terrain.

Sans parler de la moralité des équipes dirigeantes et de leur volonté de maîtrriser les flux migratoires à destination de l'Europe. Mais là, sommes-nous en situation de donner des leçons?

Tout ceci devrait donc conduire l'Europe à répartir différemment les aides consenties et à en moduler le volume. En clair, les États dont nous n'avons aucun espoir à court terme de modifier certains choix cesseraient de bénéficier de notre sollicitude, les coopérants étant rapa- triés et nos investisseurs invités à se redéployer ailleurs. Tous les accords de coopération militaire devraient être renégociés en fonction des inté- rêts stratégiques français et d'eux seuls.
Le livre noir de la Rhodésie blanche, Le traquenard d'une décolonisation bâclée, Dualpha, Paris, 2002, p. 11

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