Sebastian Roché

Chargé de recherche au CNRS.
Auteur notamment de Sociologie de l'insécurité, PUF, Paris, 1998.

1
En un quart de siècle, le nombre de vols a explosé, celui des agressions considérablement progressé. Entre 1975 et 1998, trois grandes évolutions se dégagent.

La première concerne les vols, qui constituent l'essentiel des 3,5 millions de délits et crimes enregistrés chaque année. Leur nombre a littéralement explosé. Après avoir été multiplié par six entre 1950 et 1975, ils sont passés de 1,2 million en 1975 à 2,3 millions aujourd'hui. ...

La deuxième évolution concerne les atteintes aux personnes (agressions, viols, homicides ...). Si aujourd'hui encore, elles ne représentent qu'une fraction des faits constatés (6,5% en 1998), elles n'en ont pas moins connu une augmentation rapide.
... les atteintes aux personnes augmentent lentement entre 1950 et 1975, et même jusqu'en 1984 (passant de 58 500 à un peu plus de 116 000). Depuis, elles connaissent une hausse spectaculaire (plus de 230 000 l'année passée) par rapport aux vols. ...

La troisième évolution concerne les notions utilisées pour parler de la poussée délinquante et criminelle. Trois termes se sont imposés : le "sentiment d'insécurité", "les incivilités", "les violences urbaines". ...
Violences urbaines et incivilités ont un point commun : elles sont des désignations nouvelles qui débordent la délinquance pour renvoyer à un phénomène social.
Sebastian Roché, Les chiffres et les mots de la délinquance, Sciences humaines, hors série n° 26, sept. 1999, p. 57-59.

Vers Première Page