lefigaro.fr, publié le 4 mai 2001 à 14h19, mis à jour le 4 mai 2001 à 17h00.
Rivière Claude

Claude Rivière. Sociologue.

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Cependant, la plupart du temps, les commémorations politiques ont pour objet de mettre en évidence l’existence d’un consensus national autour de certaines valeurs. Elles tentent de faire sentir concrètement aux participants que la société à laquelle ils appartiennent est une communauté. Par là même, le rite retrouve une de ses fonctions fondamentales : celle de relativiser, sinon de résoudre, les conflits sociaux existants. Cette dimension d’intégration est présente dans tous les rites commémoratifs (célébrations de jours officiels -14 juillet, Independence day-, célébrations des « héros » -Jean Moulin au Panthéon, François Mitterrand à Notre-dame-de-Paris-, défilés officiels, gerbes aux monuments aux morts), mais peut se combiner avec d’autres objectifs plus particuliers » : légitimer (cérémonie du Panthéon après l’élection de François Mitterrand en 1981), hiérarchiser (défilé du 14 juillet devant les autorités publiques), sacraliser des valeurs ou des lieux (le Parti, la Patrie, la République, l’Humanité, la Paix, l’Arc de Triomphe de l’Etoile, mais aussi la roche de Solutré par François Mitterrand qui par là se sacralise lui-même), exalter les sentiments collectifs (obsèques officielles et consensuelles de François Mitterrand, grand meeting politique, sportif, culturel). Claude Rivière, Les rites profanes, PUF, Paris, 1995.

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