Xavier Raufer

Directeur des études au Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines à l'Institut de criminologie de l'Université Paris II.
Professeur associé à l'Ecole supérieure de Police criminelle de Chine (Shenyang, RPC) .
Auteur avec Alain Bauer de La guerre ne fait que commencer, Lattès, Paris, 2002, et de Le grand réveil des mafias, Lattès, Paris, 2003.

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Une crise criminelle majeure déferle sur le monde.
Et en majorité, ceux qui devraient l'en avertir - les médias - comme ceux qui devraient l'en protéger - les gouvernements - regardent ailleurs et ne veulent pas le savoir.

Cette constatation ne relève pas de l'obsession maniaque de dix criminologues en chambre, loin de là. Tous les peuples du monde - notamment ceux des pays les plus grands et les plus peuplés - s'épuisent au contraire à dénoncer cette crise criminelle, indignés par l'indifférence de leurs dirigeants.

Considérons d'entrée le sondage planétaire réalisé par le très réputé Pew Research Center for the People and the Press : parmi les menaces contemporaines, laquelle les populations de tous les continents - celles des Etats-Unis, du Canada, de Russie, de Chine, d'Inde, du Pakistan, du Japon, du Brésil, du Mexique, de France, de Grande-Bretagne, du Nigeria, de Turquie, etc. - placent-elles au premier rang avant le sida, loin devant le terrorisme, la corruption politique, la pollution de l'eau et le mauvais niveau de l'enseignement?
Le crime.

1 - Crime (coefficient 1192)
2 - Sida (coefficient 1026)
3 - Corruption politique (coefficient 933)
4 - Terrorisme (coefficient 649)
5 - Décadence morale (coefficient 424)

Une lecture attentive de l'enquête, les questions posées, les chiffres alignés, etc., révèlent en outre clairement que la forme de crime dénoncée est le crime organisé, davantage que la petite délinquance, bien incapable, elle, de corrompre les politiciens (3e rang du classement) et d'entraîner une décadence morale (5e rang).

Remarquons aussi la hantise du crime dans des zones peu ou pas touchées par la petite délinquance, comme le Japon ou la Russie, le Pakistan (hors Karachi) ou la Turquie: des pays où les voitures ne brûlent pas, et où les agressions physiques sont rares.
Le réveil des mafias, p. 9-10

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(Etats-Unis) L'effet d'aubaine du 11 septembre 2001

Nouvelle-Orléans, septembre 20011. Le bureau local lu FBI achève une difficile enquête sur la « famille » nafieuse locale, les Marcello (voir p. 248). L'affaire est délicate: cette « famille» est la plus ancienne d'Amérique du Nord. On la dit indestructible. De fait, son infiltration lans le monde politique - en Louisiane et bien au-delà - et son art consommé pour corrompre comme pour disparaître dans le paysage, font l'admiration de toute la mafia italo-américaine.

Au fil des décennies, la " famille» Marcello " a touché à tout : contrôle de casinos, racket d'entreprises, machines à sous... Mais en septembre 2001, le FBI s'intéresse à une chaîne de maisons closes. Celle de la Nouvelle-Orléans est luxueuse, toute proche de la célèbre Canal Street.
Des artistes, des sportifs connus, des chefs d'entreprise, des élus locaux, la fréquentent... Surtout, la « maison » est contrôlée par Vincent Marcello, neveu du défunt Carlos Marcello, incoinçable chef de la famille mafieuse vingt ans durant.

Enfin, la chaîne d'établissements de plaisir s'étend de la Nouvelle-Orléans à Houston, Detroit, Pittsburgh... jusqu'à Boston: Une affaire en or pour le FBI ! Dimension fédérale avérée... Une célèbre famille mafieuse dans la ligne de mire... Des écoutes téléphoniques accablantes... C'est donc avec fierté que le chef du bureau local du FBI adresse un long message à son chef, à Washington, au matin du 11 septembre 2001...
A l'instant même où le FBI reçoit le choc le plus violent de son histoire.

Le World Trade Center s'effondre alors sur tous les écrans du monde. Le chef du bureau de la Nouvelle-Orléans prend donc en retour une verte engueulade: l'Amérique est frappée au cœur et il espionne un bordel! L'heure est à la mobilisation anti-terroriste! Pas aux caleçonnades ! Etc.

La réaction est d'ailleurs prévisible: en raison du poids d'une opinion publique puissante et exigeante, un Etat démocratique n'a jamais, ne peut jamais avoir, qu'un seul ennemi à la fois.
Ibidem, p. 15-16

3
Au cœur de la Chine: le retour des triades

Idée reçue - idée fausse: la Chine populaire (RPC) serait un Etat policier.
Or ce pays de 1,3 milliard d'habitants est le moins policé au monde, avec seulement 1,4 million de fonctionnaires de police! Précisons: seuls de véritables policiers sont capables de pratiquer une efficace lutte antimafieuse.
Il y a sans doute en Chine des millions de mouchards politiques et de soldats, dont l'efficacité contre une mafia est cependant nulle, comme le prouve le cas du Kosovo: 34 000 militaires de l'OTAN dans un mouchoir de poche, mais une mafia albanaise puissante, hyperactive - et parfaitement libre de ses mouvements.

Ce sous-développement policier n'a pas échappé aux triades, ces puissantes sociétés criminelles surtout implantées dans la diaspora (Hong Kong, Taiwan, Macao, etc.) depuis la révolution communiste de 1949 : elles rentrent désormais au bercail s'allier avec les gangs locaux - ou prendre leur contrôle.

En mars 2002, Zhang Xinfeng, chef de la police judiciaire chinoise, avertit lors d'une conférence criminologique à Hong Kong: les triades de Hong Kong et de Taiwan s'implantent en masse sur le continent et viennent grossir les rangs des « milliers de triades » existant déjà en Chine populaire.

Zhang Xinfeng ajoute que ses services ont traité, en 2001, 350 affaires de triades, soit + 530 % par rapport à l'an 2000. On annonce enfin la création d'une brigade antitriades par le ministère chinois de la Sécurité publique, devant coopérer avec les polices étrangères dans la lutte contre les mafias.
Ibidem, p. 27-28

4
Au Japon: la puissance actuelle des yakuza
Retraité de la police nationale japonaise et ancien chef de sa direction anti-yakuza, Raisuke Miyawaki, expert sur la mafia nippone, n'est guère optimiste sur l'évolution dans son pays.
Que dit-il en effet aujourd'hui des yakuza? «Ils savent tout... Ils sont informés de tous les projets immobiliers, grands et petits. ILs connaissent tous les plans de crédit; savent quelle banque accorde le prêt, quel politicien suit le dossier, qui a imaginé le plan, qui a corrompu et qui a été corrompu.»

Quelques phrases qui soulignent d'emblée les deux traits distinctifs de la mafia japonaise: son caractère d'armée criminelle prédatrice, d'abord, mais surtout son incroyable contrôle sur l'économie et la finance de son pays.
Ibidem, p. 30

5
Depuis la fin de la décennie 80, dans une indifférence quasi générale, les mafias ont discrètement réussi à concrétiser l'une des utopies humaines les plus anciennes, les plus tenaces: l'internationalisme.
Un registre où les forces politiques les plus puissantes de la planète ont échoué les unes après les autres.

- Les marxistes d'abord.
Aucune internationale n'a résisté au temps ou simplement tenu ses promesses. Chez les marxistes-léninistes, la rupture entre Moscou et Pékin suivie trente ans plus tard par l'effondrement de l'Union soviétique et du Pacte de Varsovie, ont dissipé aujourd'hui jusqu'aux dernières traces du rêve international.
- Quant à l'internationalisme libéral, seul vivace depuis la fin de la guerre froide, ses principes - prééminence de l'ONU, droits de l'homme, volontarisme humanitaire - ont le plus grand mal à s'affirmer aujourd'hui, entre l'unilatéralisme des Etats-Unis, le chaos planétaire et le déchaînement des nationalismes.

A ce jour, en réalité, la seule internationale qui fonctionne effectivement et efficacement est celle du crime.
Les grandes mafias ont en effet acquis une capacité d'intervention mondiale; en souplesse, elles ont su nouer des alliances qui couvrent le tiers-monde comme les pays développés d'un maillage parfois serré:
- globalement, Cosa nostra de Sicile est présente dans 40 pays du monde;
- puissance criminelle numéro 1 de la planète (avec sans doute 100 000 « soldats» et cadres), la triade Sun Yee On de Hong Kong est présente à Macao, en République populaire de Chine, au Vietnam, en Thaïlande, aux Philippines, en Australie, dans divers pays d'Amérique centrale et des Caraïbes, aux Etats-Unis (dans dix métropoles importantes), dans toutes les grandes villes du Canada oriental, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas;
Ibidem, p. 33-34

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Mafias et atteintes à l'environnement

En juillet 2002, un rapport parlementaire italien révèle que le transport et le traitement des déchets toxiques du pays (contaminés, polluants, voire radioactifs : acide de batteries, plomb, mercure, dioxine, peintures, poisons, par exemple) sont en grande partie contrôlés par les mafias, notamment la Camorra napolitaine.
Il y aurait ainsi dans le pays 700 décharges illégales pour déchets toxiques - 11 millions de tonnes de déchets industriels « disparaissant» chaque année, dont 300 000 tonnes très toxiques.

Comme une destruction dans les règles de l'art coûterait cher aux industriels, ces déchets sont enfouis ou déposés dans des zones hors contrôle. Avec ce que le procureur national antimafia, M. Pierluigi Vigna, qualifie d'« admirable ingéniosité napolitaine », les Camorristes contrôlent ainsi régionalement un grand nombre de sociétés d'enlèvement de déchets - mais aussi d'entreprises de dépollution de sites -, stratagème grâce auquel ils touchent de l'argent,
a) en polluant des sites et b) pour les dépolluer ensuite...
Ibidem, p. 48

7
Les activités du milieu criminel ex-soviétique à l'étranger

Par informaticiens corrompus interposés, le milieu criminel russe est devenu expert ès hacking criminel.
Une « industrie » qui, dans les grands pays développés, vise aussi bien les entreprises de toute nature que les casinos et banques on-Zinc.

Plus largement, le commerce électronique est concerné, de la pénétration d'ordinateurs ou de réseaux, paralysés ou sabotés, puis restaurés contre rançon, au vol de références de comptes bancaires ou cartes de crédit à fins d'escroquerie, en passant par le vol d'informations sensibles là aussi rendues contre rançon ou vendues à des concurrents.
Ibidem, p. 109

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Pouvoir politique turc : la très mafieuse décennie 90 / Mai 1993 - décembre 1995

Mme Tansu Ciller (DYP) est Premier ministre.
Se forme alors autour du couple Ciller, dit la presse d'opinion turque, un «gang d'Etat» (Ozer Ciller, époux de Tansu, députés, hauts fonctionnaires, ministres, etc.). Ce «gang Ciller-Agar », (du nom du ministre de l'Intérieur d'alors, Mehmet Agar), pille les banques publiques déjà en semi-faillite (prêts de millions de dollars, jamais remboursés), manipule appels d'offre, marchés publics, etc.
L'existence de ce gang d'Etat éclate au grand jour lors de l'affaire de « Susurluk ». ...

Le coup de tonnerre de Susurluk

Susurluk (bourg proche de la ville anatolienne de Balikesir), le 3 novembre 1996 : une luxueuse Mercedes blindée s'encastre sous un poids-lourd; trois de ses occupants sont tués sur le coup, le quatrième est gravement blessé. Or, dès que les noms et qualités des victimes sont connus, leur seule présence ensemble, dans le même véhicule, déclenche en Turquie un séisme politique inouï. Qui sont-ils donc?
Huseyin Kocadag, directeur adjoint de la police d'Istanbul, président de l'académie de police turque, ex- ~ créateur d'unités spéciales anti-PKK opérant au Kurdistan turc.
Abdallah Catli, militant « idéaliste» et trafiquant de stupéfiants. A la tête d'une bande armée nationaliste, Catli avait mené durant les années 70 et 80 de sanglantes opérations contre les terroristes « communistes-combattants» turcs, équivalent local des Brigades rouges, puis contre l'Armée secrète arménienne pour la libération de l'Arménie, Asala. Ce, déjà, avec l'appui déclaré de la police et de l'armée turques.
Evadé en 1990 d'une prison suisse où il était détenu pour trafic d'héroïne, Catli faisait depuis lors l'objet d'un avis de recherche d'Interpol; fugitif en Turquie, il y était inculpé de plusieurs assassinats et de narcotrafic. Or, sur lui et dans sa serviette, on trouve (portant tous sa photo) : six cartes d'identité à six noms divers, une carte de police au nom du « commissaire Mehmet Ozbay»; plus un passeport officiel et un port d'armes signés par Mehmet Agar, ex-directeur de la police nationale, naguère ministre de l'Intérieur de Mme Ciller.
A propos de Catli, celle-ci déclare d'ailleurs peu après: « Nous respecterons toujours la mémoire de ceux qui ont porté les armes, ou souffert dans leur corps, pour notre peuple, notre nation, notre Etat. »
Gonca Us (28 ans), maîtresse de Catli et ex-miss cinéma de Turquie.

Tous trois périssent; demeure un survivant :
Sedat Bucak, député du DYP (parti de Mme Ciller) ; surtout, chef d'une puissante tribu du Kurdistan turc (19 000 membres), fournissant à l'armée turque une milice anti-PKK de 800 hommes (les « gardes de villages »). Les supplétifs de la tribu Bucak tiennent la stratégique vallée de Siverek, entre Diyarbakir et Urfa, villes d'Anatolie onentale.
Ibidem, p. 121-124

9
Activités symbiotiques de la mafia turque

En Turquie, les « familles » mafieuses turques pratiquent la prédation des entreprises et de l'Etat turc: racket, extorsion de fonds, piratage d'appels d'offre, escroqueries variées. A cela s'ajoute un registre plus « physique » : enlèvements, passages à tabac, torture ou attentats à l'explosif, commis sur contrat; et bien sûr la récupération de dettes, dans un pays qui a élevé le chèque sans provision à la hauteur d'un art...

Dans la région (Balkans, Europe centrale, républiques turcophones d'Asie centrale), la mafia turque pratique le trafic d'êtres humains (Kurdes de Turquie, de Syrie ou d'Irak en majorité) vers la Grèce et l'Albanie, puis l'Union européenne; le vol et trafic de véhicules; le trafic de stupéfiants et d'armes.

Reste la production et le trafic d'héroïne vers l'Europe, activité majeure des «familles» mafieuses et clans criminalisés turcs et kurdes. C'est en Grande-Bretagne que ces entités criminelles sont le mieux suivies et étudiées - et pour cause. Selon Scotland Yard, la mafia turque est « l'organisation la plus meurtrière opérant au Royaume-Unil ».

Jouissant jusqu'en 1998 d'un quasi-monopole du négoce de l'héroïne et alliée à des bandes africaines pour le deal de rue, elle est depuis lors menacée par la mafia albanaise et de puissants gangs pakistanais. Ce qui a illico déclenché une vague d'assassinats d'un genre inouï en Grande-Bretagne, où l'on crible rarement ses «concurrents» de balles, en plein jour, en pleine rue et au vu des passants...

Aujourd'hui encore, 3 ou 4 « familles» turques ou kurdes contrôlent toujours 80 % du marché britannique (gros, demi-gros) d'une héroïne toujours plus pure et moins chère, symptômes classiques de l'inondation du marché. Les chefs de ces «familles» sont d'intouchables et richissimes «hommes d'affaires» dotés d'utiles relais dans la classe politique britannique.
Les activités de ces « familles » s'étendent en outre à la Belgique et aux Pays-Bas, pour un trafic combiné des êtres humains et des stupéfiants.
Ibidem, p. 128-129

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Dès le 12 septembre 2001, les mafieux à l'œuvre

Juste après la destruction du World Trade Genter, les ruines des deux tours fumant encore, Rudolph Giuliani (à l'époque maire de New York) reçoit la chaleureuse proposition d'aide d'un M. Carmine Agnello. L'homme est l'ex-époux de Victoria Gotti, la propre fille de John Gotti, longtemps chef de la « famille » Gambino ; lui-même est un soldat de ladite « famille ».

De métier - on se souvient que la mafia n'est pas une profession - Agnello est ferrailleur en gros; il possède notamment une broyeuse géante de déchets métalliques d'une valeur de 6 millions de dollars, un engin unique à New York. Agnello (alors emprisonné pour une infraction mafieuse typique) met l'engin gracieusement à la disposition de Giuliani : tous les bons Américains ne doivent-ils pas se serrer les coudes en ces temps tragiques? Prudent, le maire décline l'offre.
Mais de par leur « influence » sur les métiers du traitement des métaux et des déchets industriels, les mafieux parviendront malgré tout à détourner, puis à vendre, des centaines de tonnes de ferraille du site ~ peut-être des milliers de tonnes.
Ibidem, p. 153-154

11
L'Amérique, le porno, la mafia

Aux Etats-Unis, l'industrie du cinéma porno n'est pas infiltrée par la mafia, ni même «en odeur de mafia ». Le porno-business est, dès l'origine, une pure et simple création de la mafia italo-américaine, sa chose, sa « gagneuse» comme on dit dans le milieu.

Dans les années 60, la vague hippie peace and love, l'amour libre, font exploser la consommation des drogues et la pornographie. Sur-le-champ - autre preuve de son redoutable opportunisme - la mafia saute sur l'occasion. Et elle fait du porno l'équivalent de l'alcool clandestin de la Prohibition: une énorme source d'argent liquide, associée à une gigantesque lessiveuse à argent sale.
Ainsi, quel est le premier film culte du porno américain? Deep Throat. Tourné en 1972 (et en dix-sept jours) en Floride, Deep Throat a coûté 26 000 dollars à réaliser. Il rapporte à ses producteurs mafieux 600 millions de dollars - dont 100 millions en cash.

La vedette de Deep Throat est Linda Lovelace. Qui devient vite la première superstar du showbiz porno, dans une ambiance d'érotomanie et de « libération de la femme ».
Jolie libération: loin d'être consentante, Lovelace est la victime d'un proxénète brutal - son propre mari - qui, après l'avoir droguée, la prostitue devant les caméras sous la menace d'une arme, la frappe à la moindre hésitation - et ne lui versera jamais un dollar pour ses « prestations ».

Toute l'affaire figure dès 1980 dans Ordeal, livre où L. Lovelace raconte en détail son martyre. Elle révèle entre autres que Deep Throat a été produit par Gerard Damiano, fondateur de DFP (Damiano Film Productions) qui, un pistolet sur la tempe, vend peu après (25 000 dollars) ses droits sur Deep Throat aux frères Peraino (dont les biographies figurent plus haut, p. 198) et à Bryanston. Contrôlée désormais par les Peraino, DFP réalise les deux autres fims de la trilogie-porno-culte des années 70 : Behind the Green Door et The Devil in Miss Jones, aux profits également gigantesques.

A l'époque, un reporter interviewe Gerard Damiano sur son éviction de sa propre société. Réponse: «Je ne peux rien dire... je risque ma vie. »
L'homme a raison d'être prudent: entre 1975 et 1980, les «guerres mafieuses» pour le contrôle du porno (revues, films, sex-shops, salons de massage) ont fait 25 morts dans l'Etat de New York - sans compter les incendies criminels et autres attentats à la bombe.
Ibidem, p. 225-226

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