Ruwen Ogien

Philosophe. Directeur de recherches au CNRS, auteur de "Le réalisme moral", PUF, Paris 1999.

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Toutes sortes de projets d'innovation technique ou sociale (clonage reproductif humain, adoption d'enfant par les couples homosexuels, etc.) sont critiqués pour des raisons dites éthiques.
Quand on y regarde d'un peu plus près, on s'aperçoit, que, parmi ces raisons dites éthiques, un certain nombre devraient probablement être qualifiées autrement.
Il serait plus juste de dire qu'il s'agit de raisons psychologiques, sociales, juridiques, religieuses, techniques, etc.
Ruwen Ogien, Le clonage ne relève pas de la morale, 40 chantiers pour un nouveau siècle, Libération, 16/17 décembre 2000, p. 54.

2
On entend souvent dire que le clonage reproductif humain pose des problèmes éthiques effrayants et sans précédent.
Mais, si le clonage ne menace en rien le principe d'égale considération des intérêts ou de la dignité de chacun (comme il semble bien que ce soit le cas), où est le problème éthique ?
En fait, le clonage paraît plutôt poser un problème politique ou juridique d'une banalité déprimante : comment éviter l'exploitation malveillante d'une technique qui, en elle-même, est neutre ou indifférente du point de vue éthique ?
Ibidem.

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