L'Impétueux NS plombé par les femmes ? Catherine Nay

Célèbre journaliste "parisienne", formée, notamment, par la fameuse Françoise Giroud.
Auteure d'ouvrages politiques à succès, notamment, de Le Noir et le Rouge, Grasset, Paris, 1984, sur François Mitterrand et Un pouvoir nommé désir sur Nicolas Sarkozy, Grasset, Paris, janvier 2007 et L'Impétueux, Grasset, Paris, mars 2012, toujours sur NS.

Un pouvoir nommé désir
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Introduction
Nicolas Sarkozy est à tous égards un homme politique hors norme.
Par son parcours: il est le seul aspirant à la magistrature suprême à avoir entamé sa carrière au plus bas de l'échelle militante, et gravi, une à une, les marches du pouvoir.
Par son obstination: «J'ai toujours fait du travail la valeur cardinale de ma vie », dit-il. Depuis trente ans il n'a jamais dételé, il a regardé, écouté, appris, lu, réfléchi, analysé, écrit avant de réaliser sa propre synthèse.
Par sa méthode : il s'est fait le disciple de plusieurs aînés: Achille Peretti, Charles Pasqua, Edouard Balladur, Jacques Chirac, se nourrissant de leur expérience et les abreuvant de sa jeunesse et de son inventivité, créant lui-même ou saisissant l'occasion propice de dépasser ses maîtres.
Par son énergie: ce sportif est un athlète de la politique. Il vit sa carrière comme un interminable marathon.
Pour toutes ces raisons, il s'inscrit dans la galerie des grands fauves de la politique.
Et voilà qui est plus singulier: cet ambitieux, qui s'est taillé et programmé pour les cimes, avoue sa dépendance vis-à-vis du sentiment et d'abord de l'amour. Là réside l'aspect le plus mystérieux et le plus romanesque de ce personnage que les Français croient connaître.
Tout cela, me semble-t-il, méritait que j'aille y voir de plus près.
C.N., Un pouvoir nommé désir, biographie, Grasset, Paris, 2007, Introduction, pp. 11-12

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(Au royaume de Neuilly)
Le système Sarkozy, comme celui de Jacques Chirac dans ses débuts corréziens, est l'omniprésence: sur les marchés, aux fêtes des écoles, aux banquets des pompiers, aux cocktails d'ambassades. «Il n'a jamais raté l'assemblée générale d'aucune association. Comme il en existe trois cent soixante à Neuilly, faites le compte », admire son successeur.
Et toujours, comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy arrive joyeux, embrasse tout le monde, reconnaît chacun ou fait comme si, plaisante. Et repart en affichant le même sourire.
Il ne rate pas davantage les offices religieux importants. «Catholique avec les catholiques, juif avec les juifs et protestant avec les protestants. » C'est ainsi que l'on se constitue des réseaux solides.

Ses concitoyens, ses adjoints ne se posent qu'une question: comment fait-il donc? « Il avait parfois une bien petite mine », note l'un d'eux. Le mot « loisir » semble pour lui appartenir à un vocabulaire obscène. S'il se permet des vacances c'est huit jours, l'été en Corse, le pays de sa femme et huit jours, l'hiver, pour aller skier. Jamais plus. «En vacances, j'ai toujours mal à la tête », expli­que-t-il. A l'entendre, c'est le repos qui fait le migraineux.
Lors des trois premières années de son mandat, bien rares sont les Neuilléens qui n'ont pas eu le privilège de le rencontrer, de lui serrer la main, de lui parler. Bien rares aussi sont ceux qui n'ont pas reçu de lui une lettre manuscrite. Tout comme les Corréziens encore, à qui Jacques Chirac écrivait des cartes postales pendant les Conseils des ministres.
Et chaque occasion est bonne pour envoyer un petit mot: mariage, baptême, communion, maladie, deuil. «Je suis incapable, explique-t-il alors, de rentrer chez moi avant d'avoir signé tout mon courrier. » Lequel, pour les Neuilléens, ne passe pas par la poste mais par une équipe de coursiers. Ils sont huit, employés à plein temps pour sillonner la ville. Ces missi dominici qui circulent à vélo forment à eux seuls un vrai service de renseignements.
Ils connaissent tous les concierges, chaque commerçant. Ils savent tout.

Mais Neuilly c'est aussi un rare concentré d'artistes, de banquiers, de chefs d'entreprise, d'intellec­tuels. Pêle-mêle: François Valéry, Christian Clavier, Jean Reno, Martin Bouygues, dont les enfants fréquentent le même établissement scolaire que les siens, "mon meilleur ami", dit-il. Son confident auquel il téléphone chaque jour.
Tous ces beautiful people sont devenus des proches. Comme Jacques Attali qui habite en face de la mairie.

Celui qui était alors à l'Elysée le conseiller de François Mitterrand raconte: «Au début de 1982, ma secrétaire reçoit pour moi un coup de téléphone qu'elle me transcrit ainsi: "Jeune avocat, gaulliste, souhaite devenir Président de la République, a beaucoup d'admiration pour vous, veut vous rencontrer." C'était Nicolas Sarkozy. Je ne le connaissais pas. Je lui ai donné rendez-vous à l'Elysée.
C'était un des premiers hommes de droite qui venait vers nous, mais pas pour changer de camp. Seulement pour échanger des idées. Le pouvoir le fascinait, il voulait voir comment cela fonctionnait, je lui ai fait visiter les lieux. Il ne m'a jamais rien demandé. Nous avons déjeuné, puis nous nous sommes revus pour le plaisir, sans raison immédiate. J'appréciais son intelligence, sa drôlerie parfois. Il était sans partis pris doctrinaux.
Nos femmes et nos enfants sont devenus amis, ils ont grandi ensemble. Et, amis, nous le sommes restés. Il est toujours là dans les bons moments comme dans les plus difficiles. »

Jacques Attali et sa famille ont même partagé avec les Sarkozy des vacances en Corse chez Marie avec leurs enfants, Pierre et Jean. Et quand ce dernier préparait Normale Sup, c'est encore Jacques Attali qui l'aidait à faire ses fiches de lecture.
Ibidem, PP. 132-135

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Cécilia
A l'origine, rien que de très classique. Puisque Nicolas Sarkozy se réserve de célébrer les mariages de ceux que l'on appellera plus tard les «people », pour rien au monde il n'aurait voulu manquer celui de Jacques Martin. Un comédien, ancien élève de Charles Dullin, qui a galopé de succès en succès.
Pour le théâtre où il se produit souvent, il a écrit une pièce Une case vide. Il a aussi réalisé un film, Na. A l'Opéra de Lyon, puis à Paris sur les Boulevards, ce baryton a tenu avec bonheur le rôle du roi Ménélas dans La Belle Hélène d'Offenbach avec Jane Rhodes our partenaire, et connu un grand succès.
La télévision a fait connaître ce polémiste chansonnier à la France entière quand il animait «Le Petit Rapporteur ». Surtout, en ces années quatre-vingt, «Dimanche Martin» en fait une vedette comme il en existe peu : une star !

Le maire de Neuilly rentre donc de Corse au beau milieu de l'été pour recevoir, le 10 août 1984, les consentements de Jacques Martin, 52 ans - qui n'en est pas à son premier mariage - et de Mademoiselle Cécilia Ciganer Albéniz, de 25 ans sa cadette.

Qui est cette beauté née sous le signe du Scorpion? Ses parents, qui avaient d'abord eu trois garçons, ne sont pas des inconnus.
Le père, André Ciganer, né Aron Chouganov à Belz, en Roumanie, en 1898, est arrivé en France au début des années quarante. Aux dires de ses fils il a obtenu la nationalité française en 1955 pour faits de Résistance. (A sa mort, ses fils découvriront qu'il s'est rajeuni de 7 ans (il est né en 1905 sur sa carte d'identité française), pour épouser leur mère, alors âgée de 18 ans.)

Surtout, il est le fourreur du grand monde. Il tient un magasin dans les beaux quartiers: d'abord rue François-1er, tout près des Champs-Elysées, puis - coïncidence - place Beauvau, à deux pas du ministère de l'Intérieur.
Son épouse, Térésita, de trente-cinq ans sa cadette, est espagnole et se fait appeler Diane. Cette très belle personne, typée, racée, élancée aux lourds cheveux bruns, a un grand-père connu du monde entier, le compositeur Isaac Albéniz - pianiste virtuose, auteur du très célèbre Iberia, admiré de Debussy -, d'un père ambassadeur qui fréquenta la Société des Nations à Genève dans l'entre-deux-guerres, d'une mère belge, née Rosaline de Swert à Anvers.

Un grand appartement rue Marbeuf, un presbytère aménagé dans le charmant village de Monchauvet dans les Yvelines, non loin de Houdan. Bref, ce que l'on appelle une certaine aisance. Diane conduit une Jaguar bleu nuit qui fait bel effet. Mais la famille connaîtra ensuite des revers de fortune dus à la santé du père et au déclin des droits d'auteur de l'aïeul musicien.

Entre deux passages au magasin où elle reçoit les clientes, Diane s'occupe beaucoup de sa petite dernière, Cécilia, qui a dû subir à 12 ans une opération à cœur ouvert... Et qui ensuite lui a créé des soucis d'une tout autre nature. Elle a, certes, bien terminé ses études secondaires chez les sœurs de Sainte-Marie­de-Lübeck, mais n'a fait qu'entrer et sortir de la fac de droit avant de s'orienter - très brièvement - vers le mannequinat chez le couturier Serge Lepage (Schiaparelli).

Madame Ciganer rêve «d'une vie pas comme les autres », d'un mariage prestigieux pour sa fille si belle et qui se cherche - ce serait aussi pour la mère une belle revanche sociale.
Cécilia va trouver par hasard: elle dîne un soir de 1983 à la Maison du Caviar, un restaurant près des Champs-Elysées et du domicile de ses parents avec une amie en instance de divorce. Celle-ci, justement, connaît très bien leur voisin de table, Jacques Martin, qui vient lui prodiguer quelques paroles de consolation.

Il a remarqué Cécilia. Et plus il la regarde, plus il est conquis. C'est-à-dire décidé à la conquérir. Le lendemain, il appelle l'amie pour la convier à dîner chez lui à Neuilly en lui demandant d'amener la jeune femme.
Il est libre. Sa compagne, la comédienne Danièle Evenou, l'a quitté, emmenant leurs deux fils. Elle ne supportait plus les humeurs peccantes de ce perpétuel insatisfait. Selon elle, un égocentrique. Ce départ l'avait désemparé. Ne pouvant vivre seul, il se perdait, au grand désespoir de ses amis.

A ce moment, Cécilia vit seule, elle aussi. Plusieurs histoires de cœur ont tourné court. Certaines l'ont beaucoup affectée. La dernière avec un photographe de renom de Vogue, de vingt ans son aîné. Il l'avait photographiée pour son magazine: elle présentait la collection de fourrures de son père. C'est ainsi qu'ils avaient fait connaissance. Bientôt ils ne s'étaient plus quittés, voyageant autour du monde - Panama, La Barbade... - où il faisait des photos de mode.

Elle organisait son planning et, à Paris, sa maison (il vivait dans un hôtel particulier). «Cécilia fait partie de ces femmes qui propulsent un homme », dit-il d'elle aujourd'hui. Chaque année, Régine, la célèbre reine de la nuit, faisait éditer un album consacré aux «Régine's », les boîtes de nuit qu'elle dirigeait à travers le monde. Lui photographiait les clients renommés. Cécilia s'occupait de la publicité et cherchait des sponsors.
Ces deux-là devaient convoler en justes noces. Les invitations étaient lancées. La réception devant se dérouler à l'abbaye de Royaumont, encore propriété de la famille du futur marié.
Quand celui-ci, pris de panique, demande un délai de réflexion. La réflexion s'éternisa. Fin de l'épisode. Pas de mariage.

Cécilia accueille donc avec bonheur les compliments de Jacques Martin, qui déploie pour elle ses multiples talents. Il la fait rire, la régale de nourritures exquises (il excelle en cuisine), il lui parle littérature (domaine favori de cet amuseur, en réalité grand lettré),il lui récite des vers à l'oreille et entonne ses plus beaux airs. Bientôt ils voyagent, se montrent assidus aux plus grands concerts, visitent des musées et ainsi de suite. Bref, il l' étourdit de charme et de culture et lui fait découvrir un monde qu'elle ignorait. Le Grand Jeu.

Est-elle amoureuse? Sans doute. Elle l'admire encore plus, flattée aussi d'être l'objet de tant d'attentions. Ils font vite vie commune. A son ex-ami le photographe, Cécilia annoncera au téléphone et pas fâchée de la leçon: «Je vis avec l'homme le plus connu de France. »

Tous les amis de Jacques Martin en témoignent: «Elle fut pour lui une compagne pleine d'humour et d'autorité, d'humeur volontiers badine et qui a tout assumé: l'organisation de la maison, la vie quotidienne et aussi, hélas, les dérives de son nouveau compagnon, lequel, grâce à ses patientes attentions, s'en est sorti peu à peu. Elle a été très solidaire, elle l'a beaucoup aidé. »

Deux ans plus tard, le couple décide de se marier. Lors d'une cérémonie dans la plus stricte intimité: avec la seule compagnie de la famille, d'une poignée d'amis et des témoins. Car Cécilia attend un heureux événement, très proche. Jacques Martin, habitant Neuilly, a demandé au maire - que le couple avait rencontré une fois lors d'un dîner - de recevoir leur consentement.

Achille Peretti, qui n'aimait pas célébrer les mariages, racontait à ses adjoints: « Quand j'y suis obligé, une seule chose m'amuse, je regarde la mariée et je me demande si, le soir, j'aimerais être à la place de son conjoint. » Or, ce 10 août 1984, dans des circonstances analogues, le jeune maire de Neuilly n'a pas le temps de s'interroger: le voilà saisi d'un trouble comme il n'en a guère connu jusque-là.

Une sorte de feu intérieur l'envahit, que la chaleur estivale n'explique pas. Un embrasement qui s'appelle le coup de foudre. Il est subjugué par l'allure féline de la jeune femme, ses yeux de chatte égyptienne qui lui font un regard si distant, ses faux airs de Jackie Kennedy. Une vraie first lady. «Pourquoi, moi, je marie cette femme à un autre? Elle est pour moi », voilà ce qu'il se dit en cet instant.

Il est tellement fasciné que rien dans la silhouette de la mariée n'attire son attention. Il en bafouille. Il oublierait presque le beau discours qu'il a peaufiné pour la vedette, le mari. Il s'y accroche pourtant.
Pour cacher son émoi, il accable celui-ci de compliments, ne regarde que lui. Après avoir retracé sa brillante carrière, il s'exclame en guise de péroraison: «Jacques, j'aimerais vous faire un cadeau qui ne me coûterait pas cher et qui pourtant n'a pas de prix pour moi, que je ne puis vous donner et que sans doute vous n'accepteriez pas, parce que vous n'en auriez pas l'usage: mon écharpe de maire.»
Une manifestation d'empathie peu commune, qui stupéfie l'assistance - c'est bien la première fois que le maire parle de la sorte - mais que le bénéficiaire, abasourdi lui aussi, accueille une larme à l' œil. Quel homme de cœur, ce jeune maire! Que veut-il dire?
Il aimerait que Jacques Martin soit le maire à sa place, et que lui soit à celle du marié...

Arrêt sur image: il s'agit bien sûr d'un message subliminal adressé à Cécilia: j'aimerais vous offrir ce que je ne puis pas et que vous-même ne pourriez accepter aujourd'hui: le mariage?

II ne le peut évidemment pas, puisqu'il a épousé trois ans plus tôt « une perle », comme il disait alors, nommée Marie, la douce Marie que « tout le monde aimait », répètent aujourd'hui encore les fidèles.

II l'avait rencontrée quatre ans plus tôt dans le bureau de Roger Karoutchi. Délégué RPR aux universités, celui-ci voulait créer une section à la Sorbonne IV où Marie étudiait l'italien. Il voulait l'en charger.
Séduit sur-le-champ, Nicolas avait demandé son numéro de téléphone et Marie fut rapidement conquise. Quelques mois plus tard, ils se mariaient en l'église Saint-Pierre-de-Neuilly. Nicolas pour l'occasion avait accepté de revêtir l'habit. Un mariage chic.
Après une réception au «Tir aux pigeons », donnée par les familles pour le gratin de la ville, les mariés avaient fait la fête le soir avec les amis de leur âge, dans l'appartement de la sœur de la mariée alors vidé en vue de prochains travaux. Un mariage de militants. On avait ri, chanté, dansé jusqu'à l'aube, puis Nicolas et Marie étaient partis en voyage de noces aux Seychelles.

A ce moment, il voulait fonder une famille stable, mener avec femme et enfants la vie dont son père l'avait privé. Avec Marie il a d'abord vécu dans le studio situé au-dessus de l'appartement de sa mère, après l'avoir lui-même repeint. Ils y sont restés jus­qu'à la naissance de leur deuxième garçon. Un couple uni, heureux, sans histoires. «Nicolas aimait beaucoup Marie", disent les amis, et d'ajouter :"Ce qui ne l'empêchait pas de faire du charme - et parfois même pire! - aux jolies filles."
Jusqu'à ce coup de foudre du 10 août 1984.
Ibidem, pp. 139-146

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Cécila Sarkozy a-t-elle plombé le début du quinquennat? Bruno Jeudy - Le Journal du Dimanche samedi 03 mars 2012

LIVRE - Après Un pouvoir nommé désir en 2007, l’éditorialiste d’Europe 1 Catherine Nay revient dans L'impétueux sur les cinq années de la mandature Sarkozy.
Avec une thèse : les erreurs de début de mandat seraient à mettre sur le compte de Cécilia Sarkozy.

"Les Français ne sont-ils pas rassasiés?"

Biographe de Nicolas Sarkozy en 2007, Catherine Nay achève cinq ans plus tard un récit du quinquennat par cette étonnante question. L’éditorialiste d’Europe 1 semble se demander, à la fin de ce livre écrit comme un roman, si les Français ne sont pas lessivés par cinq années de sarkozysme.
Cinq années de "tourments, tourmentes, crises et tempêtes" qui auront marqué cette présidence hors norme.

Dans cet ouvrage dense (682 pages), fouillé, mêlant anecdotes et analyses, Catherine Nay passe en revue et, avec un talent inimitable, les bons et mauvais moments de ce quinquennat durant lequel Nicolas Sarkozy aura été en "survoltage perpétuel".

Le livre s’ouvre par une centaine de pages consacrées à… Cécilia.

La première confidence de Nicolas Sarkozy donne le ton ("À toi je peux le dire, c’était le jour le plus triste de ma vie") et explique, selon l’auteur, la suite. Celle d’un quinquennat qui commence comme une série de télévision et se termine par une impopularité record.
"Le vainqueur du 6 mai est un vaincu de l’amour", écrit-elle.

On apprend au passage que les fils du futur Président ne savaient pas où vivait leur père pendant la campagne de 2007. Pas plus que ses proches collaborateurs. Bref, toutes les erreurs du début de mandat seraient, selon Catherine Nay, à mettre sur le compte de Cécilia.

La thèse est intéressante. Déstabilisé, Sarkozy accumulera d’autres erreurs sous Carla notamment son premier voyage au Vatican ou encore l’épisode de l’Epad. La journaliste d’Europe 1 finit par se demander si le Président n’a pas "tout gâché" alors qu’il avait "toutes les cartes en main".
"Pour avoir désacralisé la fonction, Nicolas Sarkozy est un Président régicide", ajoute-t-elle.

Sur le fond des réformes, l’auteur juge que "son bilan est meilleur que ne le claironnent ses adversaires avec une froide férocité". Mais c’est surtout sur la psychologie du chef de l’État, un homme que Catherine Nay connaît parfaitement, que le livre prend toute sa dimension. "Sa personnalité fascine autant qu’elle indispose", estime-t-elle. Dans deux mois, on saura si son impétuosité lui aura été fatale. Bruno Jeudy - Le Journal du Dimanche samedi 03 mars 2012

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