Heinz Nawratil

Historien allemand, spécialiste de la deuxième guerre mondiale

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La vérité historique est indivisible. Les crimes contre l'humanité, surtout lorsqu'ils ont l'ampleur et l'importance d'un génocide, restent des crimes quelle que soit l'identité de leurs auteurs et responsables.

... La mise au jour des chapitres les plus sombres de l'histoire humaine, sans égard pour la nationalité des responsables de cette tragédie, est un commandement de la vérité et de la justice ; elle seule peut poser les bases d'un pardon mutuel et d'une compréhension authentique.
Ludwig Martin, avocat général en retraite, président d'honneur de la Société internationale pour les droits de l'homme.
Préface in Le livre noir de l'expulsion, L'épuration ethnique des Allemands en Europe centrale et orientale, 1945-1948, Editions Akribeia, Saint-Genis-Laval 2001 (Schwarzbuch der Vertreibung 1945 bis 1948, Das letzte Kapitel unbewältigter Vergangenheit, Universitas, München 1982).

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Le cours des esclaves était bas. Près d'un million de civils allemands furent ainsi déportés vers des camps de travail dans des conditions inhumaines.
Parmi ceux qui avaient été déportés au titre des réparations (c'était le groupe de déportés le plus important), 45% moururent, quasiment la moitié.
Le gouvernement soviétique alla chercher ses esclaves dans plusieurs pays de l'Europe de l'Est, notamment en Roumanie, en Hongrie, en Pologne et dans les anciens Etats baltes. ...
Près de 10% des déportés périrent de faim, de froid et de mauvais traitements au cours de leur transport vers la Russie ; généralement en queue de train, deux wagons étaient réservés aux morts du convoi. ...
On estime qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, au moins douze millions de personnes, Russes et étrangers, civils et prisonniers de guerre, peuplèrent le monde lugubre des camps de travail soviétiques, l'archipel du goulag.
Les victimes de l'armée rouge, La déportation et les travaux forcés in Le livre noire de l'expulsion, p. 52-53

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Pour chiffrer les pertes de l'après-guerre consécutives à l'expulsion, l'Office fédéral de la statistique (de la RFA) s'attacha à retrancher du bilan démographique toutes les pertes de guerre (soldats tombés au front, victimes des bombardements, etc.) Il est parvenu aux chiffres suivants :
Pertes allemandes dues à l'expulsion (abstraction faite des Allemands de Russie et de la population provenant d'autres régions ; tous les chiffres sont arrondis)... Soit un total d'environ 2 230 000 victimes.
Ibidem, p. 111-112

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