Eric Naulleau

Dialogues désaccordés, Combats de Blancs dans un tunnel, Blanche Hugo et Cie, Paris 2013
Alain Soral

Extraits à commenter :

1
Soral. Là, tu mets le doigt sur la vraie question. Pour faire une politique de gauche en France - de gauche sociale - au service du peuple du travail, donc aux antipodes du parasitisme mondain, vu la trahison généralisée de toutes les forces de gauche traditionnelles : intellectuels, journalistes, mais aussi syndicats, cols blancs... il ne faudra rien moins qu'une révolution.
Dialogues, p. 32

2
Soral. En tant que national-socialiste français, ça m'agace d'être rangé à l'extrême droite, qualificatif qui désigne pour moi les néo- conservateurs, les impérialistes américano-sionistes et le pouvoir bancaire international ...
Donc, ma réponse, c'est que je ne suis pas d'extrême droite, je suis national-socialiste, mais tu peux considérer que c'est pire !
Ibidem, p. 65

3
Naulleau. Et je te réponds sur la loi Gayssot qu'au nom du droit des chercheurs à chercher, des historiens à travailler sur l'Histoire, je partage tes critiques. Mais tu devrais chaque matin rendre gràce à Jean-Claude Gayssot de t'avoir élevé, ainsi que quelques autres penseurs qui exhalent une odeur de fagot sur Internet, à la dignité de martyr de la liberté d'expression !
Ibidem, p. 98

4
Naulleau. L'histoire est par nature révisionniste, nous en sommes d'accord, puisque les historiens ne cessent d'éclairer d'un jour nouveau les événements passés et d'anéantir au passage les certitudes collectives sur tel ou tel épisode de l'Histoire de France, dont on découvre parfois à cette occasion qu'il tenait d'une fable colportée de génération en génération («Une même langue, des légendes communes, voilà ce qui constitue les nationalités », dit significativement Barrès, qui ne parle donc pas d'une histoire commune et ne fait nulle référence à la vérité). Mais la forme particulière de révisionnisme que tu évoques, celle qui prend pour unique sujet d'intérêt l'existence des chambres à gaz et, plus généralement,la Shoah, n'est que de manière trop évidente le cache-sexe d'un antisémitisme en quête de caution scientifique. Ferais-tu exception à la règle ?
Ibidem, pp. 104-105

5
Naulleau. J'ai eu une vision. Le capitaine Soral fièrement dressé à la proue de la caravelle « La Vérité » fend la mer de l'Ignorance (ses eaux agitées et ses abysses, ses récifs et ses requins) et cingle droit sur les îles de la Trouille, dont il va prendre possession avant d'en évangéliser tous les habitants. A remorque, une flottille de marins d'eau douce, borgnes pour les plus clairvoyants, aveugles pour la plupart, s'efforcent de suivre son sillage pour aborder le pays de l'Eternelle Lumière (pour ma part, je rame à tous les sens du terme dans mon canot de sauvetage). Grandiose !
Ibidem, p. 121

6
Soral. En fait, je vais te le dire tout net, ton côté critique littéraire me fait autant chier que ta compassion bien-pensante pour un prix Nobel de littérature probablement politique et surfait (ni Proust, ni Musil, ni Céline n'ont eu le Nobel, que je sache ?). Que tu saches lire des livres, on est beaucoup à savoir le faire ! Moi ce qui m'intéresse, quand j'échange avec toi, c'est ce que tu penses, toi, toi et pas ces écrivains étangers formidables dont tu te pares comme une demi-mondaine trop maquillée pour cacher une certaine indigence de pensée, pour ne pas dire un colossal conformisme !
Ibidem, p.144

7
Soral. Je crois, moi, que tu ne mesures pas les emmerdes que vont t'attirer ce livre, simplement pour m'avoir permis, par tes questions prudentes et sarcastiques, d'exprimer ma pensée et d'argumenter devant ton public. Rien que pour ça, c'est vrai, quels que soient mes agacements au regard de tes procédés, je dois te remercier. Même si tu le fais à la faux- cul et en douce, tu es le seul à le faire depuis mon éviction de chez Taddéi à la demande des mêmes (liste de Cohen oblige)1!
l. Allusion à l'injonction de Patrich Cohen faite à Frédéric Taddéi de ne plus inviter Alain Soral et Dieudonné à la télévision.
Ibidem, p. 149

8
Soral. Et voilà, nous y sommes ! Tu devances mes pensées... Les indigènes et le gâteux Hessel, ce sont ces fameux réseaux trotskistes sous contrôle atlantiste, toujours là, depuis Mai 68, pour pourrir et amener sur des voies de garrage libertaires, les volontés d'insurrection populaire avec alternatives de gestion authentiques. Les Indignés et Hessel, c'est de la merde, comme tout ce qui vient de l'ONU relayé par des étudiants !
Ibidem, p. 152

9
Soral. J'ai lu les trois tomes d'Hannah Arendt sur le totalitarisme, sujet et thèse qui lui valent sa renommée mondiale (et complaisance atlanto-libérale qui lui valut aussi sans doute sa nationalité américaine)... Le problème, ou plutôt la question, c'est que j'ai lu aussi une bonne partie de l'oeuvre de Marx, pas mal de Hegel, de Lukàcs, plus Goldmann, Sève, Lefebvre... C'est pourquoi je peux affirmer que le totalitarisme d'Hannah Arendt, face aux grands penseurs de l'Histoire, aux grands penseurs de la séquence bourgeoise, de l'épopée du capitalisme... c'est du psychologisme de bonne femme ! Ça ne vaut rien. C'est juste de l'idéologie dominante d'après-guerre au service de l'american way of life. Et je pense que je serai rejoint dans cette analyse par tous les penseurs sérieux du futur qui auront, eux, le recul suffisant pour juger de notre séquence historique...
Ibidem, pp. 185-186

10
Naulleau. Bergé, je me mets régulièrement sur la gueule avec lui, fausse piste. Par ailleurs, ce doit être la quatrième ou cinquième fois au long de ces entretiens que tu t'efforces de me résumer à une activité de chroniqueur footballistique. A moins que tu ne succombes précocement aux atteintes d'une maladie dégénérative qui te pousserait à radoter, tu m'évoques plutôt un boxeur dans les cordes qui s'accroche régulièrement à son adversaire et refuse le combat. Je ne cherche ici ni à garder ni à gagner la moindre place - pas plus que je ne mets en doute la sincérité de tes opinions en les réduisant à un fonds de commerce, et pourtant, tu en vis.
Ibidem, pp. 207-208

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