Maltèse Marie-Thérèse

Marie-Thérèse Maltèse.
Psychothérapeute et psychanalyste. L'un n'est pas l'autre, se différencier pour vivre et aimer, 269p., Desclée de Brouwer, Paris, 1991.

1

Les conséquences d'une éducation laxiste se repèrent quand on interroge un jeune après un vol et qu'il ne comprend pas pourquoi il a été arrêté. L'interdit ? il ne connaît pas. Il n'a fait que prendre ce dont il avait envie. Pour lui, ce qui est à l'autre est à lui. Le respect de la propriété, les règles sociales lui sont étrangères. S'il les connaît, elles ne font pas partie de son univers. Or, depuis le début de l'histoire humaine, l'interdit, les règles et les lois ont été institués par l'autorité paternelle. Mais, de nos jours, si on observe ce qui se passe dans la famille et la cité, on constate que l'image du père est assimilée à celle de la mère.
L'un n'est pas l'autre, p.123.

2
Dans un souci d'égalité, certes respectable, les fonctions masculines et féminines deviennent, dans la nouvelle famille, interchangeables. Dans la famille et dans la cité, l'identité de chaque sexe ne se détermine plus par l'autre. Tout se passe comme si on voulait supprimer la distinction entre un homme et une femme, comme si on voulait faire un monde indifférencié où tout ce qui dépasse la ligne commune doit être coupé, éliminé. La différence semble gêner, inquiéter. Les particularités offertes par la nature tendent, dans notre société, à s'estomper, sinon à disparaître.
Ibidem, pp. 123-124.

3
Les règles, la discipline, l'effort, le travail font partie de la réalité et quelque chose semble manquer à ces jeunes pour s'installer solidement et durablement dans celle-ci. C'est que, pour devenir un homme, un garçon a besoin de s'identifier à un père qui manifeste des caractères spécifiquement masculins. Et, pour devenir une femme, une fille doit pouvoir s'identifier à une mère qui offre des caractéristiques féminines enviables. Pour accéder à la loi, à la réalité, pour être bien centrés dans la vie et se sentir bien dans leur corps sexué, les enfants ont besoin de parents qui, par leur attitude relationnelle et éducatice, donnent une image nette et claire de ce qui revient à l'homme et de ce qui revient à la femme. De ce qui est l'un et qui n'est pas l'autre.
Ibidem, p.124.

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