Mahmud de Ghazna (971-1030)

Fils d'un ancien esclave converti à l'Islam, sultan vassal de l'empire turc samanide, qui fonde une dynastie de sultans afghans, à Ghazna au sud de Kaboul.

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L'Inde, dont il eut, adolescent, un avant-goût, attire irrésistiblement Mahmud. Arrivé au pouvoir, cet insatiable envahisseur s'est promis de mener campagne une fois l'an. Il y conduira 17 expéditions, la première en l'an Mil, la dernière en 1026. Elles laisseront des dynasties abattues, des populations massacrées, des trésors vidés, des patrimoines dévastés. Entre chaque campagne, écrit l'historien André Miquel, "le conquérant, chargé d'or et encombré de milliers d'esclaves revient reprendre souffle dans ses repaires afghans". Jean-Pierre Langellier, Mahmud de Ghazna, Le Monde, 28 juillet 2000, p. 10-11.

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Nul ne doute que Mahmud mène en Inde une "guerre sainte" : il fait construire des mosquées, diffuse le Coran et accorde souvent la vie sauve aux convertis. Des centaines de volontaires, combattants de la foi, accompagnent l'armée régulière. ...
Mais le zèle religieux de Mahmoud lui sert d'alibi : il a surtout faim de pouvoir, et soif d'or. L'Inde est pour lui une source intarissable de richesses et de main-d'oeuvre. Le pillage de Somnath (un sanctuaire hindou où des milliers de pèlerins vénèrent une statue du lingam, symbole phallique qui serait vieux de trente mille ans (?), avec 1000 prêtres brahmanes, 300 musiciens et danseurs) lui rapporte l'équivalent de 100 millions de dollars d'aujourd'hui. Partout il accapare, en énorme quantités, des lingots d'or, des pièces d'argent, des objets d'art, des bijoux, des pierres précieuses, des étoffes brodées, des trônes incrustés, sans compter les centaines d'éléphants. Le sultan assiste en personne au partage du butin, que des experts ont d'abord estimé : il reçoit, selon la loi islamique, le cinquième de sa valeur. En 1018, Mahmud ramène de Kanauj 53 000 captifs, qui feront s'effondrer les cours du marché aux esclaves de Ghazna. Ibidem.

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