La France dans l'Otan (Mars 2009)
Bernard Kouchner (1939-)

Cadre dirigeant des Etudiants communistes français jusqu'en 1965, soixante-huitard, médecin croix-rouge au Biafra en 1968, l'un des fondateurs de Médecins sans frontières en 1971, puis, après son exclusion en 1979, fondateur de Médecins du monde en 1980.

Secrétaire d'Etat socialiste à l'action humanitaire (1988-1992), ministre socialiste de la santé et de l'action humanitaire (1992-1993), député européen socialiste puis radical de gauche (1994-1997), secrétaire d'Etat socialiste à la santé (1997-1999), représentant de l'Onu au Kosovo (1999-2001), ministre délégué "socialiste" à la santé (2001-2002); ministre sarkoziste des Affaires Etrangères (2007-2010). Grand ami (idiot utile ?) du tutsi anglophile Paul Kagame.

Auteur de nombreux ouvrages de sensibilisation humanitaire, dont un ouvrage en duo avec l'abbé Pierre Dieu et les hommes (dialogue animé mais "amical" entre le prêtre humanitaire catholique et le médein humanitaire juif), avec un Avant-propos de Marek Halter, Robert Laffont, Paris 1993.

Le 6 février 2003 Bernard Kouchner, à propos de la guerre des Etats-Unis de George W. Bush contre l'Irak de Saddam Hussein dit qu'il "voyait mal la France se désolidariser de la lutte contre un tyran", et le dimanche 2 mars 2003 (RTL-LCI) il affirme avec sa conviction habituelle que l'ingérence contre les dictatures doit être globale ...

Le dimanche 16 septembre 2007, suite à la visite "familiale" de Nicolas Sarkozy chez les Bush le 11 août 2007, le ministre "socialiste" atlantiste des Affaires Etrangères Bernard Kouchner (Israël, puissance nucléaire, étant menacée par l'Iran, puissance non encore nucléaire), enviseage la guerre, ce qui réjouit les Etats-Unis, notamment.

En décembre 2007 boude la visite officielle du colonel Kadhafi à Paris et juge ses propos sur les droits de l'Homme en France et en Europe "assez déplorables".

En février 2010 entraîne N.S. chez son grand ami Kagame, le tutsi anglophile.

1
Bernard Kouchner à l'abbé Pierre.
L'homme est vraiment pire encore qu'on ne croit. Il faut bien qu'il se prouve qu'il est immortel, ce pauvre petit homme qui sait qu'il va mourir sans jamais se l'avouer. Donc il tape sur les autres, et éventuellement, il les tue. Tuer l'autre c'est une façon de vaincre sa propre mort. Plus on est cruel et plus on feint d'être fort. Plus on est cruel plus on feint de maîtriser sa propre vie. Et permets-moi, mon père, un conseil : pour mieux aimer les autres, pour les chérir à coup sûr, armons-nous fortement et préparons-nous au pire ; cela paraît utile pour qu'intervienne la divine surprise.
Dieu et les hommes, p. 33

2
Idem.
Ecoute, mon père, quelque chose dont je n'ai jamais parlé ... Je pense que j'ai dû manger de la chair humaine. Oui, moi, au Biafra. On invitait les médecins en brousse, dans les temps de famine ou mouraient les enfants alors que les serpents se vendaient au marché. On nous offrait à dîner, or dans le pays il n'y avait plus rien à manger ...
On s'est aperçu, plus tard, qu'il y avait un trafic des restes de combattants qui venaient du front. Cela à provoqué chez nous des haut-le-coeur rétrospectifs. Mais que veux-tu, mon père, c'est ainsi.
J'ai encore une photo d'un type qui revient du marché avec une cuisse coupée qu'il porte sur l'épaule. Une cuisse. ça se vendait. Et c'était pour s'approprier la force de son ennemi, surtout les parties nobles que tu supposes. Les gourmets préféraient le haut du genou.
Ibidem, p. 34

3
Idem.
Dans mon milieu de bourgeois d'extrême gauche, j'avais appris que la charité représentait le contraire de la justice, et qu'il ne faut pas donner aux mendiants. En déposant une pièce dans la sébile, on acceptait le capitalisme et sa misère ; une société socialiste n'aurait plus de mendiants.
Souviens-toi, dans les années cinquante, la grande satisfaction des communistes français lors de leurs voyages encadrés, c'était de découvrir qu'à Moscou il n'y avait pas de mendiants. On les avait tués ou ils étaient au goulag, qu'importe, on ne voulait pas savoir : en URSS personne ne demandait la charité.
Ibidem, p. 112-113

4
Idem.
La voilà, l'idée révolutionnaire : que les droits de l'homme, et non pas les Etats, régissent le monde. Certes, tous les Etats ont signé la déclaration universelle des Droits de l'homme, tous les Etats sont censés avoir renoncé à la torture et à l'oppression des minorités, et nous savons bien que pour la moitié d'entre eux, peut-être davantage, ils ne respectent pas ce paragraphe solennel.
Pour les y contraindre peu à peu, il faut une intervention de la communauté internationale, une répression éventuelle, un outil ; c'est le droit d'ingérence. Cela exige une sorte de tribunal au-dessus des Etats, qui ne peut procéder que de l'ONU, et qui ne peut se faire respecter que par la contrainte, parfois même la force armée.
Ibidem, p. 119

5
Idem.
C'est extraordinaire comme ma théorie de l'hormone mâle se vérifie ! Quand on cherche à organiser une fraternité, on soulève de la haine. De tous les êtres vivants, il n'y a que l'homme qui trahisse ses semblables. Les animaux ne connaissent pas cet appétit, ce besoin, ce sentiment irrépressible. Les chiens ne trahissent jamais !
Les guerres de charité, ce sont les pires à supporter. Les humanitaires se disputent les victimes, ils s'agressent à la télévision ou dans des billets qu'ils donnent au Monde, ils s'efforcent de prendre le pouvoir dans leurs organisations à coups de tendances et de motions, ils se brouillent à mort après dix missions où ils ont risqué leur peau ensemble... Au début cela m'a surpris, et puis j'ai compris que cela était constitutif de toute action humaine. Tu le sais j'ai été chassé de Médecins sans frontières par mes successeurs, toi tu dirais mes disciples.
Ibidem, p. 141

6
Idem.
L'idée que l'on puisse assurer la nourriture permanente à un nombre indéfini d'individus est périmée. Et l'idée qu'on puisse assurer le bonheur industriel à un nombre indéfini est périmée aussi. Faute de production, et aussi à cause de la pollution.
Alors, deux solutions. Ou une approche démographique, une prise en charge du contrôle des naissances. Les résultats sont limités mais encourageants, on constate un vrai progrès, la bataille n'est pas perdue.
Ou, bien entendu, on ne fait rien et on s'en remet à cette vieille régulation des siècles passés, la maladie. Certains s'imaginent que le sida est chargé de cette régulation. C'est intellectuellement, moralement et humainement scandaleux. De toute façon, mathématiquement, c'est idiot. Hélas, c'est vrai que beaucoup vont mourir, mais pas dans des proportions qui résoudraient la surpopulation.
Ibidem, p. 174-175.

----------

Point de vue LE MONDE | 17.03.09 | 07h40 • Mis à jour le 17.03.09 | 13h45 La France dans l’OTAN, fidèle à son destin, par Bernard Kouchner (Bernard Kouchner est ministre des affaires étrangères et européennes).

Installer plus de France en Europe, mettre plus d'Europe dans l'Alliance atlantique est un choix qui engage notre nation. Sécurité, indépendance, Europe sont les maîtres mots de notre démarche. Les observateurs ont rappelé les diverses étapes qui, après le geste majeur du général de Gaulle en 1966, ont orchestré une scission qui n'en était pas tout à fait une, puis ce retour qui n'en est pas tout à fait un.

Ils ont pesé les subtilités de fonctionnement de l'Alliance pour évaluer les pertes supposées de notre souveraineté. Ils ont détaillé les méandres d'un fonctionnement collectif qui laisse à chaque pays la plus totale autonomie dans la décision de participer ou non à des opérations conjointes.

On a beaucoup parlé de l'OTAN ; nous n'avons pas assez parlé de la France. Avons-nous encore la capacité de faire entendre notre voix dans les affaires du monde ? Notre participation au commandement intégré ne retirera rien à notre indépendance, rien non plus à notre engagement européen. Alliés exigeants des Etats-Unis, bâtisseurs ambitieux de l'Europe, nous demeurerons fidèles à nous-mêmes, jaloux surtout de notre liberté et fiers d'une identité que nous tenons à préserver.

Nous n'oublions pas pour autant les combats et les valeurs qui ont fait cette identité. La France, aujourd'hui, ne se réduit ni à son autonomie nucléaire, ni à sa puissance militaire. Elle se nourrit au contraire de notre aptitude à voir au-delà de nous-mêmes et à fédérer autour de nous, pour des combats communs, des peuples libres partageant nos valeurs.

L'identité de la France tient désormais moins aux soldats de l'an II qu'à ceux qui écrivirent un jour d'août 1789 "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Est-ce là un manque d'ambition sur cette planète anxieuse où les crises nous guettent, où les racismes menacent ? Dans un monde éclaté, dont les conflits seront de plus en plus diffus et de moins en moins prévisibles, conséquences du changement climatique, de la malnutrition, du manque d'eau, du manque de sécurité énergétique ou de menaces terroristes nourries de nouvelles technologies, plus personne ne prétend agir seul.

Les Etats-Unis eux-mêmes, que certains accusaient hier d'être une hyperpuissance égoïste et aveugle, se tournent désormais vers l'Europe pour partager une responsabilité inévitablement collective. Nous ne pouvons pas décevoir.

Si la France doit mener des combats, elle ne pourra le faire qu'en élargissant le cercle de ses alliés. Si elle veut continuer d'influer sur la scène internationale, elle n'y parviendra que par la conviction. Pour une nation attachée au multilatéralisme et au dialogue, c'est une question de légitimité autant que d'efficacité.

La crise géorgienne de l'été 2008 a rappelé au monde la capacité d'initiative de la France et de l'Europe. Ce que nous avons entrepris alors, le dialogue difficilement renoué par le président de la République entre pays en guerre, c'est à l'Europe que nous le devons, à la solidité de nos alliances et à notre capacité à entraîner nos partenaires, malgré des divergences, dans un mouvement commun.

Il pourrait sembler séduisant de nous abstraire de ces contraintes. Le geste solitaire, le verbe déclamatif sont des tentations pour celui qui sent sa puissance menacée. Je crois pour ma part à la force d'initiative d'un pays qui continue de parler au monde, aux plus pauvres en particulier qui attendent que la France fasse entendre sa musique particulière, mais également qu'elle agisse.

Faire entendre sa voix, c'est d'abord disposer d'une tribune où convaincre nos alliés, infléchir éventuellement leurs idées et nous opposer pourquoi pas, hier comme demain, si la nécessité s'en présente, à une opération aventureuse.

Agir, c'est se confronter au risque du réel. La France accepte aujourd'hui une responsabilité plus grande. Elle revendique un rôle décisif et forcément difficile dans les affaires complexes du monde. Elle accepte surtout l'incertitude et le danger, quand il est si confortable de se réfugier dans la dénonciation des errements des autres. Les temps changent vite, les exigences demeurent.

Il y a dix ans, j'étais au Kosovo quand les troupes françaises ont été engagées dans l'une des deux opérations de l'OTAN aujourd'hui en cours. J'ai pu mesurer alors la difficulté, pour une armée membre d'une coalition, de ne pas disposer de toutes les informations utiles et de ne pas avoir accès aux vrais centres de commandement.

Mais j'ai pu constater surtout, dans les visages des civils secourus par l'armée française, dans l'accueil réservé à nos hommes et à notre drapeau, que la place de la France était plus que jamais au cœur de ces opérations (ONU, OTAN, UE) où se joue tout simplement notre conception de la dignité humaine.

En refusant cette responsabilité, la France ne serait pas seulement infidèle à ses alliés. Elle serait surtout infidèle à elle-même, à sa grandeur et à sa vocation. Il s'agit d'un choix qui engage l'identité de notre nation. Un choix d'alliance et de valeurs. Et davantage encore le choix d'un destin.

-------

Kouchner:«Paris a commis une faute politique au Rwanda» C.J (lefigaro.fr) avec AFP 26/01/2008 | Mise à jour : 22:13 Réactions (17) Bernard Kouchner et Paul Kagame, le président rwanadais. La venue du ministre des Affaires étrangères est la première visite à Kigali d'un haut responsable français depuis quatre ans.

Le chef de la diplomatie française a passé l'après-midi de samedi à Kigali. Un premier pas vers la réconciliation avec le Rwanda qui a rompu ses relations diplomatiques avec Paris depuis plus d'un an.

Bernard Kouchner ne sera resté samedi que deux heures et demie à Kigali mais sa courte visite constitue un pas décisif dans la normalisation des relations franco-rwandaises, rompues depuis plus d'un an. Arrivé à Kigali en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, le ministre des Affaires étrangères a multiplié les gestes symboliques. Il a ainsi estimé que la France avait «certainement commis une faute politique» lors du génocide rwandais de 1994.

«On ne comprenait pas ce qui se passait. Mais il n'y a pas de responsabilité militaire», a-t-il toutefois ajouté, lors d'une conférence de presse avec le président rwandais Paul Kagame avec qui Bernard Kouchner s'est entretenu pendant pus d'une heure. Des propos similaires à ceux que le chef de la diplomatie française avait tenus le 2 octobre dernier sur Europe 1.

Plus tôt dans l'après-midi, le patron du quai d'Orsay s'est rendu au mémorial du génocide à Kigali. Il y a déposé une gerbe de fleurs sur la fosse commune recouverte de béton, dans laquelle reposent 250.000 victimes des massacres de Kigali. Il a ensuite observé une minute de silence, avant de poursuivre la visite du mémorial. En voyant plusieurs photos de corps massacrés dans des églises, il a répété: «J'y étais».

Kagame : «aller de l'avant»

Lors du génocide, Bernard Kouchner s'est rendu plusieurs fois au Rwanda pour tenter d'organiser des couloirs humanitaires. L'ancien ministre de la Santé et de l'Action humanitaire y a rencontré Paul Kagame qui commandait la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) qui a mis fin aux massacres en juillet 1994. Des liens que le président rwandais n'a pas oubliés. Saluant son «bon ami» Kouchner, Paul Kagame a affirmé samedi «vouloir se débarrasser des obstacles fondées sur les erreurs du passé» pour «aller de l'avant».

Au cœur des tensions diplomatiques entre Paris et Kigali se trouve le génocide. Le Rwanda accuse la France d'avoir soutenu les forces qui ont commis les tueries de 1994, ce que Paris a toujours nié. La dissension entre les deux pays a atteint son apogée en novembre 2006 avec la rupture par Kigali de ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière eut émis des mandats d'arrêt contre neuf proches du chef de l'Etat rwandais, Paul Kagame, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat, le 6 avril 1994, contre le président rwandais de l'époque, Juvénal Habyarimana. Un assassinat qui avait déclenché les massacres dans lesquelles ont péris, d'après l'ONU, près de 800.000 personnes.

-------

25 Février 2010 | Mise à jour le 7 Avril 2010 lefigaro.fr Rwanda: Les "erreurs" du passé

Nicolas Sarkozy, en visite au Rwanda, a reconnu jeudi une série d'erreurs de la France face aux événements qui ont conduit au génocide de 800.000 Rwandais en 1994.

Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner ont déposé une gerbe de fleurs sur une fosse collective symbolique.

Après le Gabon, Nicolas Sarkozy continue son périple africain et fait étape au Rwanda. Une visite qui vient concrétiser la récente reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, interrompues en 2006.
A l'époque, la justice française avait émis des mandats d'arrêts internationaux contre neuf proches du président rwandais Paul Kagamé dans l'enquête sur la mort du général Habyarimana, événement qui avait marqué le point de départ des massacres génocidaires de 1994.

La venue du président français marque ainsi l'aboutissement du processus de normalisation diplomatique et le mea culpa officiel de Paris. Nicolas Sarkozy a ainsi reconnu, jeudi lors de la conférence de presse commune avec Paul Kagamé, une série d'erreurs de la France face aux événements qui ont conduit au génocide de 800.000 Rwandais, pour la plupart issus de la minorité tutsie – même si des milliers de hutus ont été tués lors de répressions sanglantes.
"Ce qui s'est passé ici est inacceptable et oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ses erreurs, qui l'ont empêchée de prévenir et d'arrêter ce crime épouvantable", a lancé le locataire de l'Elysée.

Pas d'excuses officielles

Prié de dire quelles étaient les erreurs que la France pouvaient se reprocher, Nicolas Sarkozy a fait dans l'autocritique: "Graves erreurs d'appréciation, forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président [Juvénal Habyarimana] qui a été assassiné, erreurs dans l'opération [militaire] Turquoise engagée trop tardivement et sans doute trop peu."
A la question de savoir pourquoi la France, à l'image de pays comme la Belgique, n'avait pas présenté d'excuses officielles, il a toutefois botté en touche, affirmant que chaque pays avait son histoire et qu'il n'était pas venu à Kigali "pour une course au vocabulaire".

Plus tôt dans la journée, le président français s'était rendu, avec son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, au mémorial des victimes du génocide rwandais. Une visite silencieuse, pendant laquelle chaque mot était pesé, choisi, réfléchi. La responsabilité française dans les événements n'a pas été évoquée.
Après s'être incliné devant une fosse collective, il a passé une vingtaine de minutes dans les salles du bâtiment où sont retracés la genèse et le déroulement des massacres. Quand le guide s'est arrêté devant un panneau mettant en cause la France, Nicolas Sarkozy n'a fait aucun commentaire, se réservant pour la conférence de presse qui a suivie.

S'il reconnaît les "erreurs" de la France, le président français a appelé à se "tourner vers l'avenir", faisant l'impasse sur l'ambiguïté des relations françafricaines dans les années 90. En ce sens, sa dédicace sur le livre d'or du mémorial montre toute la retenue de l'Elysée sur cette page de l'Histoire: "Au nom du peuple français, je m'incline devant les victimes du génocide des Tutsis. L'Humanité conservera à jamais la mémoire de ces innocents et de leur martyre."

-------

Vers Première Page