François Jacob

Prix Nobel de médecine. Professeur au Collège de France de 1965 à 1991. Membre de l'Acamémie Française.
Auteur notamment de La logique du vivant, une histoire de l'hérédité, Gallimard, Paris 1970, La Souris, la Mouche et l'Homme, Odile Jacob, Paris 1997.

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Le monde vivant comprend des bactéries et des baleines, des virus et des éléphants, des organismes vivant dans les régions polaires à -20°C. Mais tous ces organismes présentent une remarquable unité de structures et de fonctions. ce qui distingue un papillon d'un lion ou une poule d'une mouche, c'est moins une différence dans les constituants chimiques que dans l'organisation et la distribution de ces constituants. Parmi les groupes voisins, les vertébrés, par exemple, la chimie est la même. Ce qui rend un vertébré différent d'un autre, c'est plus un changement dans le temps d'expression et dans les quantités relatives des produits des gènes au cours du développement de l'embryon que les petites différences observées dans la structure de ces produits.
François Jacob, Les surprises du "bricolage moléculaire", Le Monde, 4 janvier 2000, p. 14.

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Deux exemples suffisent à montrer cette surprenante conservation des molécules. Chez la mouche, qui jouit d'un long passé génétique, ont été mis en évidence les gènes qui assurent, dans l'oeuf, la mise en place des axes du futur embryon, puis ceux qui déterminent le destin et la forme de chacun de ces segments. A la stupéfaction générale, ces mêmes gènes ont été retrouvés chez tous les animaux examinés : coup sur coup grenouille, ver, souris et homme. Qui eût dit, il y a encore quinze ans, que les gènes qui mettent en place le plan de l'être humain sont les mêmes que ceux fonctionnant chez une mouche ou un ver ? Il faut admettre que tous les animaux existant aujourd'hui sur cette terre descendent d'un même organisme ayant vécu il y a six cents millions d'années et possédant déjà cette batterie de gènes. Idem.

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