Françoise Héritier-Augé

Professeur d'anthropologie au Collège de France, Présidente du Conseil national du sida.

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Question : Le poids de l'argent introduit-il dans la "gestion" du sida une dimension particulière et inédite ?
Réponse : Je pense que oui. Pas seulement pour les brevets liés aux tests parce que effectivement cela représente des marchés absolument énormes, mais il y a aussi tous les brevets liés aux différentes opérations techniques sur le sang, à la séparation des parties, au chauffage ; il y a tout ce qui tourne autour de la gratuité ou non du don du sang, ce qui tourne autour de l'industrie du préservatif.

Personne n'attend d'une société industrielle et capitaliste qu'elle soit mue par des impératifs de générosité, de solidarité, d'altruisme.
Le Monde du 6 avril 1993, p. 2, Un entretien avec Françoise Héritier-Augé.

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