René Frydman

Professeur de médecine, chef du service de gynécologie-obstétrique-reproduction de l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart.

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Comme le protestantisme, le judaïsme centre sa réflexion sur l'homme réel et non sur l'être virtuel que représente l'embryon (notedt, selon le catholicisme).

C'est sans doute pour cela que les rabbins regardent avec une certaine ouverture nos pratiques de procréation médicalement assistée.
D'ailleurs, le judaïsme est le seul à considérer que le diagnostic préimplantatoire est préférable au diagnostic prénatal. Le seul qui, sur ce point, rejoigne mes convictions intimes sur le sujet.

Autre particularité de la loi mosaïque : prendre comme référent de base de toute décision la femme et non point gloser sur un éventuel statut de l'embryon. ...
Car la femme est considérée comme "nefesh" (âme) et donc comme personne à part entière, tandis que l'enfant in utero ne le devient pleinement qu'au sortir de sa tête. ...

Le clinicien que je suis, confronté à des patients et non à des êtres immatériels, est bien plus à l'aise dans une logique qui prend en compte la particularité de chaque personne, que dans le cadre raide des interdits romains (de l'Eglise catholique romaine, ndt).
L'embryon cet inconnu in Qu'est-ce que la vie ? Vol. I, Université de tous les savoirs, Odile Jacob, Paris 2000.

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