07 décembre 2015 : Hollande, présidentielles 2017, Michel Field directeur de l'information télévisuelle sur le service public
Michel Field

Intellectuel "parisien", agrégé de philosophie, ancien responsable étudiant de la Ligue communiste révolutionnaire. Membre actif des C.A.L. (comités d'action lycéens) en 1968, meneur du comité coordination lycéens en mars 1973 contre la loi Debré de réforme de l'éducation nationale.
Faire valoir, dans les années 1990, de l'amuseur public Christophe Dechavanne dans "Ciel! mon mardi", animateur de "L'Hebdo" sur Canal Plus, de "Génération Europe 1", de "Le cercle de Minuit".
PDG de la "Field compagnie", il succède à Anne Sinclair (épouse du journaliste Yvan Levaï puis du ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn) sur TF1 en septembre 1997, dans l'émission politique "7 sur 7". Animateur de 2001 à 2005 de "Field dans ta chambre" sur la chaîne télévisuelle Paris Première. ...
Ancien enseigant à l'Ecole normale supérieure, essayiste et romancier, journaliste de radio et de télévision (un journaliste citoyen selon le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Alain Krivine), instrumenteur trotskiste reconverti, il est le défenseur, notamment, du porno à la télévision.
Ami, et défenseur, de Mazarine Pingeot.

Auteur, notamment, de L'école dans la rue, Grasset, Paris, 1973 ; Cent millions de dollars par jour, Grasset, Paris, 1975 ; Contes cruelle pour Anaelle, Robert Laffont, Paris, 1995 ; Impasse de la nuit, Robert Laffont, Paris, 1995 ; Le passeur de Lesbos, Robert Laffont, Paris, 1995 ; Le grand débat, Robert Laffont, Paris, 2006.

1
(Le X) représente, même s'il ne mérite que trop rarement cet honneur, tout ce que l'ordre moral ne supporte pas : l'affirmation de la sexualité comme pur plaisir entre adultes consentants.
Cité par Jack Dion, Marianne, 2-8 septembre 2002, page 7.

2
Il faut en faire une question de principe (la défense du porno), quoi qu'on en pense, qu'on aime ou qu'on n'aime pas.
Ibidem

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Michel Field au pied du mur TF1
Alain Krivine : " un journaliste citoyen "

ALAIN KRIVINE, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire depuis sa création en 1969, a bien connu Michel Field lorsque ce dernier était militant de cette organisation. Il juge l'itinéraire médiatique de celui qui devient la figure emblématique de TF 1.

" Le parcours de Michel Field prouve que la Ligue sert à quelque chose... A part son passage chez Dechavanne, où il faisait le guignol, et où il m'a fortement déçu, j'estime qu'il s'est bien rattrapé depuis sur France 2 et Canal Plus. Mais faire le clown est peut-être un passage obligé pour faire de la télévision... Ses magazines sont très intelligents et pas du tout dégradants. Outre `` L'Hebdo `` sur Canal, je retiendrai surtout son émission-forum consacrée au CIP sur France 2, qui, selon moi, est le type même de la télévision citoyenne et un grand moment de démocratie. N'importe quel journaliste n'aurait pas pu réaliser cela. Il faut avoir milité et géré des assemblées générales pour maîtriser une telle émission.

" Quant à son passage sur TF 1, je crois que tout le monde est au pied du mur. Le problème est de savoir si Field va pouvoir continuer à travailler comme il l'entend, et si TF 1 va le tolérer. Quoi qu'il en soit, remplacer Anne Sinclair est sans doute la meilleure des choses car `` 7 sur 7 `` était la caricature du débat politique.

Même s'il n'est plus militant de la Ligue, Field continue à cultiver un fond de militantisme de gauche, qu'il a traduit par exemple dans `` L'Hebdo `` en donnant la parole aux sans-papiers. Je crois qu'il se bat pour des valeurs, et c'est sans aucun doute sa contribution au débat démocratique.

C'est un très bon journaliste de télévision, et je crois qu'en la matière ce devrait être la règle et non pas l'exception. "
Le Monde, Article paru dans l'édition du 31.08.97, PROPOS RECUEILLIS PAR DANIEL PSENNY

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Michel Field, nouveau patron de l’information à France Télévisions LE MONDE | 07.12.2015 à 15h00 • Mis à jour le 08.12.2015 à 16h09 | Par Alexis Delcambre et Alexandre Piquard

Les grandes manœuvres s’accélèrent dans le domaine de l’information à France Télévisions. Lundi 7 décembre, l’entreprise publique a confié ce domaine sensible à Michel Field, qui dirigeait France 5, en remplacement de Pascal Golomer, conservé par Delphine Ernotte après avoir fait partie de l’équipe précédente. Du côté de France 5, c’est Caroline Got, directrice de la stratégie et des programmes, qui remplace provisoirement M. Field.

Pourquoi ce changement, trois mois et demi après l’entrée en fonction de la nouvelle présidente ? Selon un premier niveau de lecture, M. Golomer n’aurait pas donné satisfaction. « A son arrivée, Mme Ernotte a fait le choix de la continuité. Cela n’a pas fonctionné », explique-t-on à la présidence de France Télévisions, en précisant que le remplacement de celui qui a fait toute sa carrière dans le service public, et doit être « appelé à d’autres fonctions », ne sanctionne pas un problème précis.

Les dysfonctionnements n’ont pourtant pas manqué, qu’il s’agisse du cafouillage autour de la venue – annulée – de Marine Le Pen à « Des Paroles et des actes », mi-octobre, ou du lancement tardif d’une édition spéciale sur France 2 au soir des attentats du 13 novembre. M. Golomer aurait aussi défendu le directeur de la rédaction de France 2, Eric Monnier, qui devrait prochainement quitter ses fonctions après avoir vu ses méthodes de management contestées par les syndicats.

Derrière ces incidents se nichent aussi une divergence d’état d’esprit et une forme d’impatience. L’information est la priorité du début de mandat de Mme Ernotte, qui a choisi de lancer une chaîne en continu et doit mener à son terme un plan de fusion des rédactions (France 2, France 3 et France TV Info) baptisé « Info 2015 ».

Le calendrier est serré : les consultations sociales sur la chaîne d’info doivent commencer en décembre, pour un lancement prévu en septembre 2016. Alors que les syndicats continuent de combattre « Info 2015 », ce projet va nécessiter une accélération du travail en commun, y compris avec les autres acteurs de l’audiovisuel public. « Il faut qu’on avance et qu’on renforce l’esprit collectif », résume-t-on à la présidence.

Selon ce deuxième niveau de lecture, il fallait donc tourner la page et installer une figure nouvelle, non marquée par les rivalités entre France 2 et France 3, ni par les affrontements avec les syndicats sur le projet de fusion. D’où le choix de Michel Field, qui doit apporter un « nouveau souffle ».

Ce dernier est une pièce importante de l’équipe Ernotte depuis sa constitution. Homme de réseaux, agitateur d’idées, cet agrégé de philosophie entré en télévision chez Christophe Dechavanne en 1989 fait partie de ceux dont la présidente apprécie les conseils. Ces dernières semaines, il a participé aux réunions consacrées au projet de chaîne d’information, chapeauté par un ancien de LCI, comme lui : Germain Dagognet.

Sur la chaîne d’information du groupe TF1, M. Field a notamment animé une tranche d’information ou l’émission de débat « Politiquement Show », aux côtés de Patrick Buisson, futur conseiller de Nicolas Sarkozy. D’un point de vue politique, il offre l’avantage d’avoir une image de gauche, en partie liée à son engagement de jeunesse à la Ligue communiste révolutionnaire, tout en ayant bâti une proximité avec l’ancien président de la République. Une double compatibilité précieuse à un an et demi de l’élection présidentielle.

L’animateur est surtout connu pour ses émissions culturelles comme « Le Cercle de minuit » ou « Au Field de la nuit ». Cette expérience suscite des interrogations dans la maison. « Nous ne sommes pas surpris qu’il y ait un changement, déclare ainsi Serge Cimino, journaliste à France 3 et membre du bureau national du SNJ. Mais nous sommes étonnés du profil retenu. »

Les journalistes ont donc commencé à spéculer sur l’identité du directeur des rédactions qui est à leurs yeux le complément opérationnel indispensable à Michel Field. Des noms comme ceux d’Agnès Vahramian ou d’Hervé Brusini sont cités, mais il semble difficile de convaincre quiconque de porter le projet de fusion. « Michel Field va-t-il remettre en question les projets de l’équipe précédente comme “Info 2015” ? », interroge l’élu (CGT) Marc Chauvelot.

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