Farrachi Armand.
Armand Farrachi. Ecrivain et essayiste, auteur, notamment, de Les ennemis de la terre, Exils Paris 1999 ; Les peuples préfèrent les cages, Albin Michel, Paris 2000.

1
N'ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l'horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. Pour cause d'élevage intensif, les fermes, devenues des "exploitations", se sont reconverties en centres de détention à régime sévère, et les "fillettes" de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositions où l'on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l'espace.
Silence, on souffre ! Pitié pour la condition animale, Le Monde diplomatique, août 2001, p. 21.

2
En France, 50 millions de poules pondeuses - à qui l'on a souvent tranché le bec au fer rouge - sont incarcérées à vie dans des cages minuscules où elles ne peuvent ni dormir ni étendre les ailes, mais seulement absorber une nourriture éventuellement issue de fosses septiques et de boues d'épuration ...
Les truies sont sanglées jour et nuit dans des stalles qui leur interdident toute espèce de mouvement, et ce pendant deux ans et demi ...
Des veaux de 145 kg sont enchaînés dans l'obscurité en cases de 0,81 M ...
Des poulets, dit "de chair", ont les flans si hypertrophiés que leurs os ne les prtent plus et qu'il leur est impossible de se déplacer.
Au moyen d'un tube de 40 centimètres enfoncé dans l'oesophage, des appareils pneumatiques font avaler chaque jour 3 kilos de maïs brûlant (l'équivalent de 15 kilos pour un humain) à des canards et à des oies immobilisés dans des "cercueils" grillagés, puisque, de toute façon, ils ne peuvent plus se tenir debout.
Pour finir cette existence qui a surtout le mérite d'être brève, beaucoup seront transportés dans des conditions effroyables, entassés sans nourriture, sans soins, sans eau, au cours de voyages proprement etouffants, interminables et souvent fatals.
Qui a vu cela ne l'oublie plus jamais.
Ibidem.

3
Au risque de choquer, demandons-le franchement : pourquoi les hommes auraient-ils le droit de se conduire avec les non-humains comme des barbares avec des innocents, et faudra-t-il toujours être l'inquisiteur, le démon, l'esclavagiste ou l'oppresseur d'un autre ? Quelle vie est a priori méprisable ? Tant que certains se croiront autorisés à maltraiter un être sensible parce qu'il porte des cornes ou des plumes, nul ne sera à l'abri.
Ibidem.

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