Anne-Marie Delcambre. Docteur d'Etat en droit, docteur en civilisation islamique.
Auteure de Mahomet, La parole d'Allah, Gallimard, Paris 1987 ; L'Islam, La Découverte, Paris 1990, 2001 ; Mahomet, Desclée de Brouwer, Paris 1999, 2003 ; L'Islam des interdits, Desclée de Brouwer, Paris 2003 ; La schizophrénie de l'islam, Desclée de Brouwer, SCIENCES HUMAINES, Paris, 16/02/2006 ; Soufi ou mufti ? : Quel avenir pour l'islam ?, Desclée de Brouwer, SCIENCES HUMAINES, Paris, 15/11/2007 .

1
Mahomet, le beau modèle ?

La biographie de Mahomet d'Ibn Ishâq relate nombre d'épisodes où l'on constate que la sensiblerie n'était pas de mise quand il s'agissait de lutter contre les ennemis de l'Islam.
Le meurtre politique est considéré comme une campagne militaire.
Ces premières biographies du Prophète, celle d'Ibn Ishâq ou d'Ibn Hicham, ne se sentaient nullement gênées de rapporter les épisodes où le Prophète avait fait couler le sang.

Mais les biographies « islamiques » modernes, ceci depuis 1950 avec des Égyptiens comme Haykal, 'Aqqad, sont conscientes du regard occidental, les biographes étant eux-mêmes des intellectuels musulmans occidentalisés.
Alors ces derniers cherchent à justifier le comportement politique du Prophète, reprenant à chaque fois le jugement de Lamartine qui place Mahomet au-dessus des grands hommes de l'humanité.

Même des biographes musulmans qui écrivent au XXIe siècle, comme le Libanais Salah Stétié, se sentent encore obligés de présenter une biographie acceptable pour un regard occidental, en gommant ou en atténuant les assassinats politiques ordonnés ou du moins encouragés par leur prophète!
Mahomet se heurte, dans l'inconscient collectif non musulman, à Jésus, chaste et non violent.
L'imaginaire occidental est dans l'impossibilité d'associer la spiritualité à des images de violence, de vengeance, de sensualité.
Un prophète qui avoue aimer par-dessus tout les femmes et les parfums, qui laisse opérer des massacres - même s'il aime aussi beaucoup la prière - a peu de chance d'emporter l'adhésion d'une mentalité façonnée par des siècles de tradition évangélique.

L'exemple d'un Mahatma Gandhi ou celui d'un Dalaï Lama sont valorisés par l'Occident parce qu'ils incarnent une spiritualité universelle qui privilégie la non-violence et la compassion.
Mahomet aura toujours beaucoup de mal à être considéré par les non-musulmans comme un authentique homme de Dieu.
L'Islam des interdits, p. 18-19

2
L'islam et la guerre ?

Le djihâd - traduit traditionnellement par « guerre sainte » - est devenu l'enjeu d'un débat idéologique.
La plupart, les intellectuels musulmans occidentalisés ne veulent pas qu'on parle de l'aspect belliqueux et ne retiennent que le sens étymologique: « combat contre ses propres passions ».

Mais pour les intégristes musulmans, le djihâd est pourtant bien un combat, une guerre.
Alors, que penser?

Partout dans le monde des mouvements qualifiés de terroristes et qui se veulent musulmans font référence au djihâd. Ils prônent la lutte armée au nom du Coran en vue de créer un État islamique.
Pourquoi le cacher?

Le djihâd est une notion contenue dans le Coran. Si ce mot a aussi été utilisé pour désigner l'effort sur les pulsions, dans un sens donc purement moral et spirituel, à Médine le djihâd a bien le sens de guerre, de combat.
Il ne s'agit plus alors de signification morale et spirituelle; c'est ce qu'affirme l'écrivain égyptien Saïd AI-Ashmawy : « Le terme dépasse le simple sens moral pour inclure la lutte individuelle et collective contre les païens de La Mecque".

Il y a deux sens au mot djihâd, mais on ne peut nier que dans l'histoire de l'Islam, c'est le sens matériel et guerrier qui l'a largement emporté.
A Médine, de 624 à 630, on assiste à une glorification de la razzia, avec parallèlement, dans la révélation coranique, sa justification et sa réglementation.
Ibidem, p. 21-22

3
L'Islam et la femme ?

C'est la peur de la sensualité, de la volupté qui fait que pour les juristes de l'Islam intégriste, il n'est pas permis à l'homme et à la femme étrangers l'un à l'autre de se serrer la main, à moins qu'un vêtement ne s'interpose, comme un gant.
Le musulman a toujours à l'esprit cette phrase de la Sunna: « Un homme, une femme et Satan est au milieu des deux! »

Autrement dit, la femme et l'homme sont perpétuellement tentés par le Diable.
La femme est la tentation de l'homme. Mais les hommes ne peuvent jouir des femmes que dans le cadre du mariage. De même, il est interdit aux femmes de donner du plaisir aux hommes, hors d'une union légale.

C'est pourquoi la femme doit se couvrir. C'est plus décent car elle a le pouvoir de déstabiliser les hommes par sa séduction! Cette position théologique des juristes de l'Islam concernant le voile permet de mieux comprendre certains événements récents.

En Algérie, on a assisté à des massacres de femmes vivant seules, considérées comme des « dévergondées », des « putes ».
Ces femmes furent agressées, battues, violées, mutilées, parce qu'elles étaient considérées comme menaçant l'ordre moral coranique et prophétique qui interdit célibat, monachisme et fornication.
Les musulmanes qui ne respectent pas les interdits de l'Islam menacent la communauté et ne méritent donc pas de rester en vie.
Ibidem, p. 41-42

4
L'Islam et la science ?

D'après Abdelwahab Meddeb : « L'Islam se préoccupe de la technique plus que de la science. Le monde islamique n'est plus créateur de science depuis le XVIIe siècle. »

Mais l' a-t-il vraiment été aux origines? Il a surtout expérimenté les sciences théorisées, en particulier par les Grecs. Ce sont les sciences grecques que développèrent les savants hellénisants de l'Islam, grâce aux traductions effectuées par les chrétiens orientaux en terre d'Islam, souvent à partir du syriaque, mais parfois directement du grec.

Ni Avicenne, au Xe siècle, ni Averroès, au XIIe, ne connaissaient le grec. Quant à l' « esprit scientifique » qui aurait jadis rayonné dans les cités musulmanes, il relève en grande partie du mythe.
Il caractérisait surtout une très petite élite fascinée par la philosophie grecque et ces lettrés qui n'avaient que le mot d'Aristote à la bouche étaient traités d'hérétiques et vomis par le peuple et par les théologiens juristes.

Le calife Al Ma'mun, dont la mère était persane, qui avait encouragé le mouvement de traduction à Bagdad et qui soutenait les Mu'tazilites au point de pratiquer une véritable inquisition, fut appelé « prince des mécréants ».
La raison raisonnante ne s'est jamais vraiment épanouie en terre d'Islam, considérée comme innovation blâmable (bid'al), hérésie, et totalement étrangère au message originel de l'Islam.

Les intellectuels musulmans demeurent inconsolables de la disparition de l'âge d'or de l'Islam, en oubliant que cet âge d'or n'avait rien d'exclusivement musulman, qu'il fut le fait d'un cosmopolitisme, d'apports étrangers dus à l'Inde, à la Perse, à la Chine, et qu'il est une parfaite hérésie par rapport à l'Islam originaire et à la culture islamique de Médine.
Ibidem, p. 71-72

5
L'Islam et la sexualité ?

Pour la pratique de l'Islam, la propreté corporelle est un impératif: « La propreté fait partie de la foi. » Abdelwahab Boudhiba, dans un célèbre livre sur La sexualité en Islam, parle de l'obsession de la purification.
Il faut surveiller tous les orifices d'où sortent des sécrétions: le sperme, l'urine, les matières fécales, le sang, la morve souillent le corps et sont considérés comme des sécrétions coupables.
Des détails précis concernent cette purification des parties génitales et de l'anus - uniquement de la main gauche, la main réservée à cette fonction. Ce qui fait qu'on ne mange jamais avec cette main mais uniquement avec la main droite, la main noble.
Ibidem, p. 77

6
L'Islam comme communauté ?

Personne n'effacera de la mentalité du musulman le sentiment de responsabilité qu'il éprouve vis-à-vis des autres musulmans. Tout musulman ressent une vraie fierté d'appartenir à la Oumma du Prophète, la Matrie, la Communauté.
Dans le Coran il est dit: « Vous êtes la meilleure communauté, vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah [...] »
Telle est la mission qui incombe à chaque musulman: ordonner le bien et interdire le mal. Mais il s'agit du bien et du mal tels qu'ils sont envisagés dans le Coran (sourate 3, v. 106/110).
Ibidem, p. 89

7
L'Islam comme communauté ?

La chahâda (la profession de foi) est la condition nécessaire pour intégrer la Oumma. Le bon musulman mourra en prononçant chahâda d'un cœur sincère. Mais de la communauté, le musulman ne peut pas sortir. De la communauté, on ne sort pas sinon c'est la peine de mort, si le droit musulman est appliqué, et la damnation éternelle.

En droit musulman, l'apostasie (ridda) est punie de mort.
Elle est rangée par le Coran dans les péchés d'incroyance (kufr). (Sourate 4, v. 136/137 : « Ceux qui auront cru puis auront été infidèles; puis auront cru puis auront été infidèles [...] Allah ne se trouvera point leur pardonner.» Sourate 16, v. 108/106: « Celui qui renie Allah après avoir eu foi en lui [...], ceux dont la poitrine s'est ouverte à l'impiété, sur ceux-ci tomberont le courroux d'Allah et un tourment terrible. »

.....Pour l'Islam, « tout homme naît musulman, c'est la famille qui le fait juif, chrétien ou zoroastrien » (Ibn Khaldoun). L'Islam est l'identité naturelle de l'homme.
Aussi la conversion à l'Islam est considérée comme un retour pur et simple à son identité originelle, tandis que tout abandon de l'Islam est une véritable trahison, une perversion par rapport au droit naturel, à la nature première.
Celui qui sort de l'Islam est un dénaturé, un pervers, car c'est un véritable crime d'abandonner la meilleure des religions. Et pour l'Islam juridique, il mérite la mort.
Ibidem, p. 90-91 et 92

8
L'Islam et la loi ?

Mais suivre la loi ne veut rien dire. Que trouve-t-on derrière la loi? L'INTERDIT.
Toutes les règles, quelque soit leur domaine d'expression, tournent autour de l'interdit, la sexualité comme l'alimentation, ou les multiples autres domaines.
La question essentielle demeure: « Est-ce conforme à la loi islamique? » et ceci pour chaque comportement. On confronte à la norme écrite. Si on se reporte aux recueils contemporains de consultations juridiques (fatwas), on voit ce genre de questions: la tranfusion sanguine est-elle permise? La transplantation cardiaque est-elle licite? La chirurgie esthétique est-elle autorisée?

On comprend l'importance du rôle du mufti. Il donne des consultations juridiques (fatwas). Il est chargé d'interpréter non pas le Coran et la Sunna, mais les traités de droit musulman.
Son rôle est de calmer les inquiétudes des fidèles. En effet, l'obsession du croyant musulman est de bien coller à la norme. Il veut être un musulman conforme à ce que veut la loi!

..... Les actes sont examinés toujours en fonction du licite et de l'illicite.
Et la recherche du licite fait qu'on scrute à la loupe le comportement du Prophète, ce qu'il faisait, comment il le faisait.

S'agissant de cette recherche du licite, Al-Ghazâlî au XIème siècle dira: « Il y a du clairement licite, du clairement illicite et entre les deux des cas équivoques [...]. Ceux qui se préservent des cas ambigus se mettent à l'abri dans leur honneur et leur religion. » Ghazâlî a tracé définitivement les frontières qui montraient jusqu'où le croyant pouvait ne pas aller trop loin. Au-delà de ces limites, le musulman n'avait plus l'assurance d'être dans la voie de l'orthopraxie, la voie du comportement vrai qui assure le salut. Si la recherche du licite est si importante c'est que « le monde d'Ici-bas, dit Al-Ghazâlî, est la terre dans laquelle est ensemencée la vie de l'Au-delà ».
Ibidem, p. 94-95 et 96

9
L'Islam et le mysticisme ?

La mystique musulmane est ce qui a conduit et conduit encore un grand nombre d'Européens à se convertir à l'Islam. Elle explique le titre d'un ouvrage d'Éva de Vitray-Meyerovitch, Islam, l'autre visage.
C'est un Islam christianisé, « el Islam cristianizado », pour reprendre le titre d'un orientaliste espagnol, Asin Palacios. Comment parler du mysticisme sans évoquer Mansur Al-Hallaj, né en 858, appelé par certains « le Christ de l'Islam ». Il était né en Iran. Ce qu'il préconisait, c'était l'amour de Dieu jusqu'à l'extase transfigurante.
Un procès fut ouvert contre lui en 910. Incarcéré jusqu'en 922, date de sa mort, il fut alors conduit sur la place publique, des bourreaux lui coupèrent les mains et les pieds, le flagellèrent de cinq cents coups de fouet.
Il fut mis en croix. Décapité, son corps fut arrosé de pétrole, brûlé et ses cendres furent dispersées. La tête fut exposée, piquée au sommet d'une lance, sur un pont du fleuve Tigre, deux jours durant.

Il est indéniable que le soufisme, mysticisme de l'Islam, est violemment condamné par tous les intégrismes, sunnite et chi'ite.
Le musulman sunnite a une répulsion instinctive pour le soufisme qu'il voit comme un Islam christianisé; l'Européen islamophile est subjugué pour des raisons radicalement inverses à celle du musulman intégriste pour qui le seul Islam est celui qui s'appuie sur la loi!
Ibidem, p. 105-106

10
L'Islam et les droits de l'homme ?

Il faut oser le dire: il n'y a pas de droits de l'homme en Islam au sens où on l'entend dans le christianisme (même si l'Église catholique n'a admis la notion de droit de l'homme que depuis un demi-siècle seulement), et dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU, du 10 décembre 1948.

Pour l'Islam, l'homme est esclave ('abti) serviteur de Dieu et il n'a aucun droit par lui-même.
Seul Dieu a des droits, Dieu seul est Seigneur (rabb). L'homme, lui, n'a que des devoirs. L'homme étant l'esclave de Dieu, le plus beau prénom pour lui est celui d'Abdallah (Esclave de Dieu).
L'homme n'est pas, par lui-même, sujet de droits. Cette conception de l'homme sans relation à Dieu qui pourrait avoir des droits, simplement parce qu'il est homme, est inconcevable et insupportable pour l'Islam.

C'est le fait d'être croyant musulman qui lui donne le droit d'être respecté, pas le fait qu'il soit homme.
De plus, qu'un homme athée, mécréant, pécheur, homosexuel, adultère, puisse avoir des droits, qu'une femme puisse avoir les mêmes droits que l'homme, et ceci sans considération de Livre Révélé, de respect des prescriptions énoncées par les prophètes, est impensable pour l'Islam.
Même l'homme croyant des autres religions n'a pas un statut identique à celui du musulman.
Ibidem, p. 107-108

11
Mais pourquoi les musulmans intégristes en veulent-ils autant à l'Occident?

C'est que ce dernier a en particulier déculpabilisé la sexualité, la jouissance libre. Or la tradition musulmane entoure la sexualité d'une série d'interdits.
Le musulman trouvera-t-il un attrait aussi grand au paradis musulman alors qu'il peut en Occident boire du vin, de l'alcool, de la bière, dans les cafés comme il le veut; et les femmes? Il ne sera pas tué s'il prend des maîtresses!

Bref, l'Occident et ses plaisirs libres devient aussi attrayant que le Paradis musulman et en plus, est accessible ici-bas. Alors reste le spectre de l'enfer, la souffrance décrite comme intenable, insupportable. Il faut redonner au musulman vivant en Occident cette peur de l'enfer qui, seule, peut conduire à une réislamisation.
Ibidem, p. 111

12
La limitation des naissances est vue avec horreur par le musulman croyant.

La femme musulmane doit être d'abord une génitrice de musulmans. C'est la famille musulmane nombreuse qui finira par redonner aux pays musulmans leur force, tandis que l'Occident décadent et stérile s'enlisera avec sa population vieillissante, parquée dans des asiles, véritables mouroirs.
Et l'Occident finira par être vaincu par l'Islam parce que ce dernier symbolise la vie, la vitalité et ceci, bien sûr, dans l'immobilisme de la tradition!
Ibidem, p. 113

13
L'Islam et la démocratie ?

S'agissant de la démocratie, il est évident qu'elle se conjugue en Occident avec le principe de laïcité. Il s'agit d'obéir non pas à une loi divine mais aux lois de « la conscience et de la raison », comme le souligne Ferdinand Buisson, l'un des grands théoriciens de la philosophie laïque.
Peu importe les origines de cette morale laïque, qu'elle soit chrétienne sécularisée, gréco-romaine, bouddhiste ou un mélange indistinct, elle conduit au concept de citoyen laïc. Le citoyen laïc a une religion, c'est la « religion civile laïque de la république ».
La place centrale n'est plus Dieu mais l'Homme. Quant à la religion, elle est devenue « une affaire de conscience individuelle », selon l'expression d'Ernest Renan.

Or cela, pour l'Islam, c'est la négation de la séparation des sexes, la négation de la distinction musulman/non-musulman, la négation de la distinction croyant et incroyant. C'est la négation de la distinction entre le Bien et le Mal, entre le Sacré et la Corruption, la négation de la distinction entre Dieu et le Diable.

La démocratie avec les mots Liberté, Égalité, Fraternité, va à l'encontre de la philosophie qui soustend l'Islam.

Dans ses textes fondateurs, l'Islam est contre l'égalité. Le droit musulman est profondément inégalitaire.
Le musulman est au-dessus du non-musulman, le croyant au-dessus de l'athée, l'homme au-dessus de la femme, l'homme libre au-dessus de l'esclave.

Le droit musulman est contre la liberté.
Pas de liberté de sortir de l'Islam, de changer de religion, pas de liberté sexuelle, pas de liberté de comportement. Enfin pas de fraternité au sens occidental. Le musulman est le frère du croyant musulman. Il ne se sent pas le frère du chrétien, le frère du juif. Encore moins le frère de l'athée, de l'impie.

Et quand l'Arabie saoudite interdit l'exercice des religions autres que l'Islam sur son territoire, ce n'est que l'application du propos du Prophète d'après lequel on ne saurait tolérer plusieurs religions en Arabie!
Le Vatican ne s'était pas opposé à la construction à Rome d'une grande mosquée financée par l'Arabie. A quand la réciprocité et la construction à La Mecque d'une grande cathédrale financée par le pape?
Jusqu'à maintenant, avec une rare arrogance, les autorités saoudiennes ont interdit non seulement la construction d'églises, de temples, de synagogues, sur le sol sacré d'Arabie, mais célébrer un culte non musulman, même en privé, est passible de peine de prison!
Ibidem, p. 123-124

14
Conclusion

Depuis le 11 septembre 2001, on répète que ce n'est pas cela l'Islam, que le Coran est un message de paix et d'amour, qu'il s'agit là d'une dérive politique, d'une maladie! Une mauvaise fièvre en quelque sorte!
Mais si le Coran était uniquement une parole de compassion, de douceur et de pardon, valable pour tous et pour tous les temps, pourquoi ces versets autorisant le talion, prescrivant le combat? Pourquoi ces prescriptions sur l'amputation pour vol, la flagellation pour adultère?
Pourquoi cette autorisation de la polygamie, même accompagnée de mise en garde, pourquoi ces versets sur la répudiation, même si c'est le licite le plus haïssable? Pourquoi cette différence de traitement entre l'homme et la femme dans l'héritage et le témoignage ? Pourquoi cette autorisation donnée à l'homme de frapper la femme, même si c'est en dernier recours? Pourquoi cette sourate sur le butin, les dépouilles de guerre?
Pourquoi ce rappel du massacre de la troisième tribu juive de Médine? Pourquoi ces versets contraignants sur la tenue vestimentaire des femmes? Pourquoi le verset sur la menstruation qualifiée de souillure? Pourquoi tous ces versets stigmatisant les juifs? Pourquoi ces invectives contre ceux qui sèment la corruption sur la terre?

Si le Coran ne mentionnait rien de ce genre, si la vie du Prophète et son comportement ne contenaient aucune trace d'appel à la vengeance, bref, si le Coran, la Sunna (imitation du Prophète) étaient au-dessus de tout soupçon concernant ce qui est reproché aux intégristes islamistes, comment ces derniers pourraient-ils justifier l'imposition du voile à la femme, la polygamie, la peine de flagellation pour la femme adultère, l'amputation de la main pour vol?
Ces versets sont bien dans le Coran. Ils n'ont jamais été supprimés et le musulman, même le plus modéré, peut lire ces prescriptions. Il n'est pas juste, et surtout pas très judicieux, de laisser croire aux non-musulmans que ce sont là pures inventions, sans fondements religieux, de fanatiques musulmans, d'excités, de malades, de fous de Dieu et ceci en Iran, en Arabie saoudite, au Soudan, en Libye, en Indonésie, au Pakistan, en Algérie et aujourd'hui au Maroc.
Ibidem, p. 139-140

Vers Première Page