Commandant Jacques-Yves Cousteau (1910-1997)

Océanographe, auteur de nombreux documentaires pour la télévision et auteur ou co-auteur de nombreux ouvrages dont The Silent World, Harper & Brothers, New York, 1953, Le monde du silence, Robert Laffont, Paris, 1978.
Membre de l'Académie Française.

Selon Bernard Violet, biographe du commandant Cousteau (Cousteau, une biographie, Fayard, Paris, 1993), le commandant Cousteau aurait été antisémite, comme son frère Pierre-Antoine (Michaël Lenoire, Pierre-Antoine Cousteau, in L'antisémitisme de plume, Berg international, Paris, 1999, pp. 389-395).
La preuve en serait une lettre privée écrite à un ami le 1er mai 1941 (extrait ci-dessous).
Selon l'écrivain Erik Orsenna (Erik Arnoult dit, grand amateur de femmes, qui se réjouit d'avoir pu honorer les militantes de la gauche caviar à l'Elysée, entre deux portes, à l'occasion de la garden-party du 14 juillet...), membre de l'Académie Française, élu au fauteuil du commandant, le point de vue de Cousteau serait resté privé, comme, par exemple, le point de vue du capitaine Charles De Gaulle, qui écrivait à sa mère de Pologne le 23 mai 1919 :"Et au milieu de tout cela, d'innombrables [...] détestés à mort de toutes les classes de la société, tous enrichis par la guerre dont ils ont profité sur le dos des Russes, des boches et des Polonais, et assez disposés à une révolution sociale où ils recueillaient beaucoup d'argent en échange de quelques mauvais coups"(cité in Patrick Kéchichian, La plongée antisémite du commandant Jacques-Yves Cousteau, Le Monde, 18 juin 1999, p.1).

1
Ici, nous n'avons toujours pas de logement. Nous sommes actuellement campés dans un petit pavillon d'une pension de famille sur la Corniche. Ce n'est pas gai pour Simone, mais il n'y aura d'appartement convenable que quand on aura fichu à la porte tous les ignobles youtres qui nous encombrent.
Lettre de Jacques-Yves Cousteau à Philippe Tailliez du 1er mai 1941, publiée en fac-similé par France-Soir le 17 juin 1999.

2
L'océan est un monde silencieux. Je ne crains pas de l'écrire malgré toute la publicité faite récemment aux bruits de la mer. Des hydrophones ont capté des clameurs sous-marines que l'on a vendues sur disques, à titre de curiosité, mais ces enregistrements sont grossièrement amplifiés. Ils ne correspondent pas à cette réalité marine que nous avons scrutée de nos oreilles nues. Il y a certes des bruits sous la mer, il en est même de fort intéressants, que l'eau transmet remarquablement bien, mais le plongeur n'entend rien qui ressemble au halètement des machines à vapeur.
Le monde du silence, Robert Laffont, Paris 1978, Pocket 4667, p. 199.

3
Notre première lunette de plongée a provoqué dans notre âme une soif que nous ne pourrons plus étancher, une impulsion qui a engagé notre vie. Des joies enfantines de la chasse sous-marine, nous avons été conduits aux collections d'images, puis aux jeux de construction d'appareils respiratoires avant de faire nos études de physiologie de la plongée et enfin de choisir la carrière d'océanographe.
Ibidem, p. 219.

4
L'homme entrera dans la mer. Il n'a même plus le choix. La population de la terre s'accroît à un tel rythme que les ressouces du sol seront insuffisantes demain. Viande, végétaux, minéraux, engrais, limon, pétrole, antibiotiques seront abondamment fournis par la mer.
Ibidem, p. 219.

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