Jean-Pierre Chevènement

Républicain souverainiste, hostile à la construction européenne de type fédéral et à la politique libérale des Etats-Unis.
Ministre socialiste de l'Intérieur dans le gouvernement Jospin (1997), il démissionne en 2000 pour protester contre le projet de réglement de l'affaire Corse (autonomie).
Ministre de la Défense dans le gouvernement Rocard (1991) il démissionne pour protester contre l'intervention militaire de la France dans la guerre du Golfe.
Dit ses réserves lors de l'intervention de l'OTAN en Serbie le 24 mars 1999.
Fondateur-président du Mouvement des citoyens.
Auteur de Le Temps des Citoyens, Le Rocher, Monaco, 1993.

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Les Etats-unis, qui sont un grand pays et un grand peuple, ont pris sans l'avoir vraiment cherché le relais de l'hégémonie européenne au XXème siècle. Notre rôle devrait être de les aider à ce concevoir autrement que comme un Empire mondial, ce dont je pense qu'à long terme ils n'auront d'ailleurs plus les moyens.
Nous devrions plutôt les aider à se concevoir comme la grande nation qu'ils sont : une grande nation parmi d'autres, mais pas un empire. Cela supposerait que l'Europe soit capable de s'organiser par elle-même, non pas comme une réplique des Etats-Unis, mais comme une confédération souple de nations. Ce serait l'intérêt bien compris de l'humanité et des Etats-Unis eux-mêmes. Cela favoriserait la naissance d'un monde pluriel et stable à la fois, propice à l'apparition dans le Sud de nouveaux pôles de développement.
Il faudrait, pour cela, trouver à l'intérieur de l'Europe des équilibres entre les vielles nations de l'Ouest - essentiellement la France et la Grande-Bretagne, auxquelles il faudrait maintenant ajouter l'Italie et l'Espagne qui sont devenues des pays industriels majeurs - et d'autre part l'Allemagne, qui se retrouve aujourd'hui - même si elle n'en a pas le désir - en position hégémonique au coeur du continent.
Le Temps des Citoyens, p. 235.

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