Boutros Boutros-Ghali (1922- )

Secrétaire général des Nations unies de 1992 à 1997.
Egyptien, copte, professeur de droit, francophile, les Etats-Unis oppose leur veto à sa réélection en 1997. Secrétaire général de la Francophonie.
A connu à la Sorbonne dans les années cinquante M. Kieu Samphan, l'un des futurs responsables Khmers rouges, en principe dirigés par Pol Pot, auteurs du génocide cambodgien entre 1975 et 1979 (entre cinq cents mille et deux millions de victimes).

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Le monde dans lequel l'ONU doit mener son action est radicalement différent de celui qui émergeait au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il ne s'agit plus seulement aujourd'hui de maintenir la paix entre les Etats, en respectant la souveraineté de chacun d'eux. Il faut trouver des remèdes à des déchirements qui divisent les peuples à l'intérieur même des Etats. En effet, chaque jour, ce sont à des conflits internes, à des guerres civiles, à des sécessions, à des partitions, à des affrontements ethniques, à des luttes tribales, que les Nations unies doivent faire face.
Démocratie et Droits de l'Homme. Nouveau champ d'action pour les Nations unies. Le Monde diplomatique, octobre 1993, p.32.

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Oui, il nous faut aujourd'hui promouvoir une véritable diplomatie de la démocratie et des Droits de l'Homme. Elle seule pourra contenir le déferlement des micro-nationalismes, porteurs de toutes les discriminations et de toutes les exclusions. Elle seule pourra repousser les pulsions fanatiques, le déchaînement des intolérances et le terrorisme le plus aveugle. Ibidem.

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Comment faire pénétrer le lien entre démocratie et Droits de l'Homme dans le droit positif ? Comment l'impératif démocratique peut-il devenir une norme de droit international ? Jusqu'où peut aller l'ONU dans la promotion et la garantie de la démocratie ? Cette réflexion nécessite que l'on s'interroge aussi sur la conception moderne de la souveraineté de l'Etat et sur ses limites. Ibidem.

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... de même que les Droits de l'Homme sont universels, le projet démocratique est adaptable à toutes les cultures. Oui, l'universalité est inhérente aux Droits de l'Homme. La Charte des Nations unies l'exprime de la façon la plus catégorique, et j'ai eu moi-même l'occasion de dire que les Droits de l'Homme constituent le langage commun de l'Humanité. Ibidem.

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... je reste convaincu que l'Etat est le meilleur garant des Droits de l'Homme. C'est à l'Etat que la communauté internationale doit, à titre principal, déléguer le soin d'assurer la protection de ces droits. Or seuls les Etats démocratiques sont capables de remplir, sans défaillance, cette impérieuse mission. Il en découle que l'Organisation internationale a, me semble-t-il, le devoir moral d'intervenir pour tenter de pallier les carences des Etats non démocratiques. Ibidem.

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Ces crimes, depuis longtemps, le droit international les condamne. Les conventions de Genève pour la protection des victimes de guerre, la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, la convention de la Haye de 1907 sur les lois et coutumes de la guerre, ainsi que les principes de Nuremberg ont, de la manière la plus ferme, créé un véritable droit humanitaire international.... A ce droit, il manquait une institution. Le tribunal (international, installé à la Haye le 17 novembre 1993) concernant l'ex-Yougoslavie fournit un exemple pour l'avenir.
Juger les crimes de guerre, Le Monde, 18 novembre 1993, p.5.

7
Après avoir rencontré Khieu Samphan à Phnom Penh le 30 décembre 1998 M. Boutros Boutros-Ghali déclare que l'"on ne pouvait s'ingérer dans les affaires intérieures du Cambodge, Etat souverain et membre des Nations unies".
in Le Monde, 1er janvier 1999, p.4.

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