Laurent Joffrin, Histoire de la gauche caviar, Robert Laffont, Paris, 2006

17 août 2011. Le riche co-propriétaire socialiste du Monde veut payer plus d'impôts et faire payer plus d'impôts aux riches (et moins riches des classes moyennes supérieures ?)

09/11 décembre 2010. Le riche ennemi du téléthon, mis en examen pour diffamation, réitère ses propos acerbes
29 juin 2010. Le "joyeux" anti-téléthon achète Le Monde, avec le minitel rose ...
28 janvier 2010. Europe1 chez Fogiel 8.47 : Toujours contre le Téléthon Pierre Bergé et Line Renaud demandent à Carla Bruni, Première Dame de France, d'intervenir en faveur du Sidaction
Novembre 2009. "Père" du Sidaction, il attaque violemment le Téléthon, qualifié de "populiste" ..., et réclame sa part du magot pour ses amis


Février 2009. Ventes joyeuses pendant la Crise : 373 millions d'euros en trois jours pour 50 ans de bonnes affaires ; bémol, la Chine réclame deux pièces volées en 1860 et vendues 30 millions ...
Décembre 2008. Soutien de Julien Dray "dans son épreuve"

Novembre 2007. Soutien de Ségolène Royal pour la direction du PS
Pierre Bergé (1930-)

Fondateur, avec son concubin Yves Saint-Laurent, décédé en juin 2008, de la société Yves Saint Laurent en 1961.
Ami du président François Mitterrand, qu'il soutient notamment par l'écrit (Globe).
Président de l'Association des amis de l'Institut François-Mitterrand.
"Joyeux" multi-millionnaire en euros, républicain "progressiste".
Auteur notamment de Liberté j'écris ton nom, Grasset, Paris 1991 ; L'Affaire Clovis, Plon, Paris 1996 ; Inventaire Mitterrand, Stock, Paris 2001.

1
Dans l'affaire de la francisque, le grand tord de François Mitterrand est d'avoir, pour des raisons liées au contexte politique de la Libération, un temps nié obstinément avoir reçu ce hochet avant de changer son fusil d'épaule et d'expliquer que, ce faisant, il avait agi sur ordre de la Résistance et qu'il n'avait pas assisté à la remise de la médaille parce qu'il se trouvait alors à Londres, ce qui est inéxact.
Le "mentir vrai" lui a joué un sale tour. S'il avait reconnu d'emblée le fait, nul n'aurait cherché à y déceler quelques motifs inavoués et inavouables. Après tout, Jean Pierre-Bloch, compagnon de la Libération, ancien député SFIO de l'Aisne, commissaire à l'Intérieur dans le gouvernement d'Alger, était le premier à recommander aux résistants de ne refuser aucune distinction de la part de Vichy afin de bénéficier de sésames pour leurs activités clandestines.

... S'il accepta la francisque, il ne prêta pas, lui, serment de fidélité au maréchal Pétain comme y furent obligés tous les membres de la haute fonction publique parmi lesquels Michel Debré (dont le père et la grand-mère étaient victimes du statut des Juifs du 3 octobre 1940), Maurice Couve de Murville ou Jacques Chaban-Delmas dont on ne saurait mettre en cause les qualités de résistants. Personne ne les qualifia de suppôts de Vichy et ne songea à leur reprocher ce serment, ce qui suscitait la colère teintée d'amertume de François Mitterrand.
Inventaire Mitterrand, p. 62-63, 64.

2
Qu'on le veuille ou non, la France de l'été 1940 était composée de quarante millions de pétainistes et d'une infime poignée de résistants dont certains ignoraient jusqu'au nom du chef de la France libre. Le basculement définitif de la majorité de l'opinion publique en faveur des Alliés - ce qui ne signifiait pas forcément un désaveu de Pétain - ne se produira qu'à la mi-1943, après la victoire de Stalingrad, la libération totale de l'Afrique du Nord, le débarquement en Sicile et la capitulation de l'Italie.
C'est à cette époque que François Mitterrand, déjà entré en dissidence, rompt définitivement tous les ponts avec Vichy et ses anciens protecteurs. De ce point de vue il est français, très français, trop français sans doute au goût de certains. Mais la réécriture de l'Histoire, si elle constitue un exercice intellectuel stimulant, ne permet pas d'abolir ou de modifier le passé.
Ibidem, p. 55.

3
"Qui veut noyer son chien l'accuse d'avoir la rage", François Mitterrand, au soir de sa vie, a fait l'amère expérience de cet adage populaire. Cet ami du peuple juif et d'Israël fut l'objet d'une campagne insidieuse et malsaine visant à le présenter si ce n'est comme un antisémite, du moins comme comptant au nombre de ses proches de farouches judéophobes et, pis encore, des artisans de la "solution finale de la question juive".
La "révélation", médiatiquement orchestrée, et la dénonciation de ses liens d'amitié avec René Bousquet suffirent à jeter sur lui le voile de l'opprobre et à réduire les manifestations passées de son philosémitisme à une simple attitude dictée par l'opportunisme et non par une conviction solidement ancrée dans son coeur.

... Je ne peux m'empêcher de m'indigner devant certaines soi-disant révélations récentes qui voudraient se faire passer pour des confidences de François Mitterrand, qui ne le sont pas et qui donnent à croire qu'ils considérait les Juifs "comme des étrangers". Lui, dont le plus cher ami, Georges Dayan, était juif, qui fut entouré de Juifs toute sa vie et qui n'eut qu'un seul tord au soir de sa vie : donner sa confiance à qui en était indigne. Il fut trahi, et disons-le, tous ceux qui l'on connu, admiré et accompagné se sentent trahis également.

... Ce fut l'oeuvre - le mot est lâché - d'un certain lobby juif dont je ne comprends pas qu'on s'évertue à nier, contre l'évidence, l'existence (En 1981, le Renouveau juif, fondé par Henri Hajdenberg, futur président du Crif, appela au vote-sanction contre Valéry Giscard d'Estaing et ses dirigeants ne cachaient pas leur volonté de créer en France un lobby juif sur le modèle de celui fonctionnant aux Etats-Unis) - que lui-même revendique - et qui est aussi légitime ou illégitime que le lobby protestant, le lobby gay, le lobby paysan ou le lobby féministe.
C'est à ce lobby qu'on doit toute la campagne orchestrée autour de la personnalité de René Bousquet et les pressions exercées sur le chef de l'Etat pour que celui-ci, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la rafle du Vél-d'Hiv, présente au nom de la République des excuses à la communauté juive pour le rôle joué par la France dans la mise en oeuvre de la solution finale, demande que les intéressés n'avaient pas osé formuler auprès de Charles de Gaulle, Georges Pompidou ou Valéry Giscard d'Estaing.
Et c'est parce que François Mitterrand s'était refusé à donner satisfaction à une requête qui aurait dérogé à l'attitude constante de tous les gouvernements de la IVè et de la Vè République que certains crurent déceler dans son refus la conséquence de la troublante amitié qu'il avait portée à René Bousquet.

... C'est d'ailleurs - je prends le risque de l'affirmer, persuadé de la véracité de la chose - parce que François Mitterrand avait des Juifs et de leur culture une très haute et très exigeante opinion que, conscient des dangers que représentait pour eux cette dérive potentielle du "devoir de mémoire", il se refusa d'une part à rouvrir le procès Bousquet, d'autre part à faire publiquement acte de repentance au nom de la France et de la République.
Il en fut bien mal récompensé par certains des intéressés qui l'accusèrent injustement de faire preuve d'une singulière indifférence envers la souffrance juive.

... Reste toutefois que, dans le long et passionné dialogue qu'il entretint toute sa vie avec le judaïsme ou, plus exactement, avec le "mystère juif", la Shoah tout comme l'existence de l'Etat d'Israël, à la sécurité duquel il veilla jalousement, ne jouaient qu'un rôle secondaire. Le président fraçais partageait sur ce point l'opinion de son vieil ami, Félix Houphouët-Boigny, catholique fervent :"Israël importe peu, ce qui compte, ce sont les Juifs."

... Ce qu'il aimait chez les Juifs, dans le judaïsme et dans l'histoire juive, ce n'était pas la vision saint-sulpicienne de celle-ci, version laïcisée du châtiment pesant sur le peuple déicide, c'était la capacité de questionnement, un humour corrosif, la soif de culture, l'appétit de vivre, le refus obstiné du malheur et de la prédestination, la faculté de surmonter les épreuves et de rebâtir sur les ruines encore fumantes la vie tout en demeurant fidèle à un héritage ancestral alors que cette fidélité pouvait être porteuse de drames et de tragédies.
Ibidem, p. 73, 74, 76-77, 91-92, 95.

4
Mais ce qui pose surtout problème, c'est la signature apposée par François Mitterrand le 17 mars 1956 au bas d'un texte de loi relatif à "l'organisation, la compétence et le fonctionnement de la justice militaire en Algérie" qui autorise la saisie des juridictions militaires, même pendant les phases de l'instruction, pour tous les crimes commis sur le sol algérien après le 1er novembre 1954, et, surtout, autorise les perquisitions diurnes et nocturnes au domicile des suspects.
En acceptant de déléguer aux militaires des pouvoirs spéciaux dont on savait ce qu'ils en feraient, le gouvernement Mollet, par l'intermédiaire de son garde des Sceaux, se privait délibérément de tout moyen de freiner l'escalade de la répression en Algérie et de mettre au pas ceux, militaires ou civils, qui pratiquaient allégrement la torture et qui ont fait, mais tout récemment, d'étonnantes révélations sur l'ampleur de ce phénomène.
Ibidem, p. 114-115.

5
Cette volonté de tranquille modernisation du pays me semble caractériser l'action de François Mitterrand dans bien des domaines. Celui-ci eut ainsi, à mes yeux, l'immense mérite de faire disparaître d'autres vestiges d'archaïsme, notamment en ce qui concerne les moeurs. Sur ce plan, pour des raisons éminemment personnelles, il sut indéniablement se libérer des préjugés de son milieu et de son époque ...

... Cette fameuse indifférence aux dogmes et aux conventions, dont nous avons déjà eu l'accasion de parler à propos de son attitude envers la question juive, explique sa volonté de faire disparaître de notre arsenal répressif certaines dispositions visant spécifiquement les homosexuels, en particulier l'article 331 du Code pénal, hérité d'une ordonnance de Vichy en date du 6 août 1942, qui interdisait aux homosexuels d'avoir des relations entre eux en dessous de dix-huit ans alors que l'âge de la "majorité sexuelle" était fixée à quinze ans.
Ibidem, p. 173-174.

6
François Mitterrand s'était refusé à cette prudence qu'il jugeait indigne de lui et de la cause qu'il défendait. Il avait procédé de la même manière en ce qui concernait l'une des plus importantes, si ce n'est la plus importante réforme de son premier septennat, l'abolition de la peine de mort.

.... Il fut aidé en cela par un homme dont Edmond Maire a pu dire qu'il était à lui seul "l'honneur de la gauche", Robert Badinter.
Avocat de Bontemps, condamné à mort en 1973 en même rtemps que Buffet, il avait publié cette même année un livre terrible, L'Exécution, récit minutieux et insoutenable des derniers moments qu'il avait passés avec son client avant que le bourreau ne fasse sa sinistre besogne.

.... S'il est bien un moment de grâce du premier septennat qu'il faut retenir, c'est celui-là. Allant à l'encontre de l'opinion de la majorité, François Mitterrand se résolut à supprimer de notre Code pénal l'un des vestiges de la barbarie, considérant qu'en agissant de la sorte, il redonnait à la France son rang parmi les nations civilisées.
Ibidem, p. 176, 177, 180.

7
Force est d'ailleurs de constater que c'est sous ses deux septennats que notre pays prendra définitivement conscience de son caractère multiculturel.

... La fameuse "génération Mitterrand" est, elle, tout entière contenue dans cette remarque du chef de l'Etat ; "Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être, qui sait, polonais et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ?" et le fait qu'il ait réussi à faire partager à l'immense majorité de ses concitoyens cette conviction restera à son actif.
Ibidem, p. 209-210.

8
On assista en France à une véritable mobilisation des intellectuels en faveur de la Bosnie, certains allant même jusqu'à dénoncer un nouveau "Munich de l'esprit" et à fustiger la prudence de la diplomatie française alors qu'ils rêvaient de constituer de nouvelles "Brigades internationales" pour venir en aide à un pays considéré comme un modèle de coexistence entre les différents peuples qui la composaient.
Cette vision péchait par angélisme et par une singulmière propension qu'ont certains à se passionner pour ceux qu'ils parent de toutes les vertus et à diaboliser ceux qu'ils décrètent être leurs adversaires.

La réalité, on s'en doute, était singulièrement différente. Le président Alija Izetbegovic était loin d'être un démocrate convaincu. Armé par l'Iran, militant intégriste musulman, il avait, sous Tito, prôné l'instauration d'une "république islamique" à Sarajevo et les seuls brigadistes internationaux qu'on vit affluer dans cette ville furent des "fous d'Allah" qui, après avoir écumé l'Afghanistan, considéraient que les Balkans devaient être le théâtre d'un nouvel affrontement entre la Croix et le Croissant.
Ibidem, p. 231-232.

9
La fantastique opération de désinformation à laquelle a donné lieu récemment la guerre du Kosovo montre d'ailleurs qu'on eût gagné à faire preuve de la plus grande prudence sur l'imbroglio yougoslave d'autant plus que les nouvelles autorités de Belgrade, dont l'arrivée au pouvoir a été saluée à juste titre par tous les démocrates, ne sont guère moins nationalistes que les partisans de Slobodan Milosevic, ce qui pour l'instant ne semble pas leur valoir l'opprobe ni la condamnation des âmes bien pensantes.
Ibidem, p. 232.

10
Par bien des aspect, François Mitterrand me fait penser à une autre figure de l'histoire de France dont on célébrera, l'année prochaine, le deux centième anniversaire de la naissance, Victor Hugo.
... Les deux hommes ont eu un parcours quasi identique. Ils ont commencé tous les deux leur carrière à droite et l'ont terminée à gauche.
... Converti sur le tard au socialisme, ce personnage dont la vie privée n'était pas moins tumultueuse que celle de notre Charentais, finit par se confondre avec la République, aimable figure tutélaire dont on connaissait par coeur les écrits et dont on écoutait cependant, parfois avec impatience mal déguisée, les oracles et les vaticinations ...
Entre Victor Hugo et François Mitterrand, les similitudes sont frappantes au même titre que le génie, l'un littéraire, l'autre politique. Tous deux furent surtout de grands penseurs. Le premier incarna la transition entre l'Ancien Régime, dans lequel il se reconnut, l'Empire qui baigna son enfance et la République. ...
... D'une certaine manière François Mitterrand fit mieux que lui. Il était, on l'a dit, un homme du XIXè siècle égaré dans le XXè siècle qu'il mit du temps à comprendre et à s'approprier. Homme de gauche par ses convictions, son éloquence et son amour de la justice, qui s'était substitué, chez lui, à la charité, il était à bien des égards un homme de droite par sa culture et par ses goûts. ... C'est pourtant cet homme, ce même homme, qui a accompagné, éclairé et, d'une certaine mesure, préparé et guidé la véritable révolution économique, sociale, morale, intellectuelle et politique qui s'opéra en France sous ses deux septennats et qui nous fit définitivement quitter non seulement le XIXè siècle, avec ses archaïsmes et sa morale étriquée, mais aussi le XXè siècle pour nous faire entrer de plain-pied dans le XXIè siècle, dont certains des grands travaux qu'il mit en chantier semblent un symbole éclatant. ...
... Et c'est peut-être Jacques Chirac qui a le mieux compris ce qui faisait sa singularité en prononçant un éloge funèbre qui avait l'intelligence et le courage, émanant d'un adversaire politique, d'être un message d'espoir qui s'inspirait des valeurs défendues contre lui.
Ibidem, p. 268, 269, 270-271-272.

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Pierre Bergé investit sur Ségolène Royal Le Point.fr 28/11/2007-17h39 - Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé -

Pierre Bergé, qui finance déjà les nouveaux locaux de Ségolène Royal -150 m2 Bd Raspail-, veut réactiver Les Amis de Ségolène, l'association qui a soutenu l'ex-candidate durant la campagne présidentielle.

Le patron de la Fondation Yves Saint Laurent souhaite organiser, dès le début 2008, des colloques de réflexion publics à l'École normale supérieure.

Il y conviera, outre Ségolène Royal, des scientifiques, des chercheurs, des artistes et des intellectuels comme Bernard-Henri Lévy.

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Juin 2008. interview «Il est né avec une dépression, il n’avait pas le talent de la vie»
Pierre Bergé, compagnon du créateur et cofondateur de la maison Yves Saint Laurent :
Recueilli par OLIVIER WICKER Libération QUOTIDIEN : mardi 3 juin 2008

Comment s’est passée votre première rencontre avec Yves Saint Laurent ?

J’ai d’abord assisté à son premier défilé pour Christian Dior. Trois jours plus tard, nous étions réunis dans un dîner organisé par Marie-Laure Bousquet, correspondante du Harper’s Bazaar. A 21 ans, celui qui s’appelait encore Yves-Mathieu Saint Laurent dégageait une grande timidité et en même temps une volonté inexpugnable.

Comment avez-vous scellé votre pacte ?

On est tombé amoureux. C’est simple. En 1960, durant la guerre d’Algérie, il avait été appelé sous les drapeaux. Il n’avait pas très envie de faire l’armée, certes, mais sa dépression l’avait envoyé à l’hôpital du Val-de-Grâce, en section psychiatrique. Je suis allé lui annoncer sur son lit d’hôpital que Dior l’avait renvoyé. Il m’a dit : «Il n’y a rien d’autre à faire que de créer une maison.» Je me suis dit que ça devait être possible même si je n’ai jamais respecté les hommes d’affaires. J’ai trouvé un financier américain, J. Mack Robinson, pour lancer la première collection.

Rétrospectivement, pensez-vous que vous avez eu du mal à lancer la marque ?

Non, car Yves a toujours eu - ou presque - du succès avec ses créations. Une seule fois, il s’est fait étriller (en 1971), avec sa collection inspirée des années 40. Une journaliste américaine avait décrété que c’était »totalement hideux». Je précise que des femmes portent encore cette collection aujourd’hui.

Pour ceux qui ne le connaissaient pas, il donnait l’impression d’un homme en retrait, voire au bord d’un gouffre.

Il a toujours baigné dans la souffrance. Dans son travail, il était d’une gentillesse totale, mais pour 1 mm d’une robe, il pouvait exiger que son équipe travaille toute la nuit. J’ai tendance à penser qu’il n’était heureux que le jour de la présentation de sa collection et déjà un peu moins le lendemain. Il est né avec une dépression nerveuse, il n’avait pas le talent de la vie. Certains se sont moqués des malheurs de cet homme riche, mais la vérité c’est qu’il vivait depuis sa naissance la mélancolie (la bile noire, selon l’étymologie grecque).

Comment dans ce cas a-t-il pu sentir les mouvements de la société ?

C’est un mystère. Il était retiré du monde, solitaire, ne voyant que peu de gens. Son chauffeur l’emmenait des Invalides jusqu’à l’avenue Marceau. Ça lui a suffi pour faire sortir la mode, avec Coco Chanel, du simple territoire esthétique à celui de territoire social. Avec lui, les femmes ne sont plus des objets qu’on habille, ni des créatures sur lesquelles les couturiers projettent des fantasmes.

Beaucoup de bruits ont couru sur son état de santé ces derniers mois…

Depuis avril dernier, il avait une tumeur au cerveau. Ses deux épaules avaient été cassées par des chutes, il ne pouvait plus se déplacer. Mais, depuis très longtemps, il était déjà en dehors du monde.

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Vente YSL-Bergé - 373,5 millions d'euros et au moins 25 records ! La dispersion de la collection Yves Saint-Laurent-Pierre Bergé a bien porté son nom de vente du siècle !
L'Etat français a lui-même acquis pour plus de 13 millions d'euros d'oeuvres. Les fruits de la vente doivent être reversés à la Fondation Pierre Bergé et à la recherche contre le sida. LCI.fr S.O. et D.H. avec agence - le 25/02/2009 - 23h14

"Je suis très heureux ce soir. Je suis sûr que ceux qui ont acquis toutes ces oeuvres d'art vont les aimer", a commenté Pierre Bergé, 78 ans, qui a constitué durant 50 ans cette collection avec son ancien compagnon, le couturier Yves Saint Laurent, décédé le 1er juin dernier. Les superlatifs n'ont cessé de tomber dès le début lundi soir des enchères de la collection. Déjà annoncée comme la "vente du siècle", la dispersion de la collection YSL-Pierre Bergé, qui s'est achevée ce mercredi soir, a pulvérisé plusieurs records. Dès le premier soir de la vente, elle était déjà devenue la plus grosse vente d'une collection privée. En trois jours, elle a finalement engrangé 373,5 millions d'euros. Le précédent record remontait à 1997 avec 163 millions d'euros lors de la dispersion de la collection Victor et Sally Ganz à New York.

Et au moins 25 records ont été battus. Sept pour des oeuvres d'art moderne et impressionniste lundi, six pour des dessins ou peintures de maîtres anciens et 12 pour des œuvres d'Art déco. Et puis cette belle dernière vente, mercredi soir : les deux bronzes, qui font l'objet d'un contentieux avec la Chine qui les réclame (lire notre article), ont été vendus bien au-delà de leur estimation (20 millions), à 31,4 millions d'euros la paire. Parmi les ventes d'Art moderne et impressionniste, le tableau d'Henri Matisse "Les coucous, tapis bleu et rose" ont été vendus 35,905 millions d'euros, frais compris, soit un record mondial pour une oeuvre de l'atriste. C'est aussi la pièce la plus chère vendue à ce jour aux enchères YSL-Bergé.

La sculpture de Constantin Brancusi "Madame L.R" à été adjugée à 29,185 millions d'euros. Le tableau de Piet Mondrian "Composition avec bleu, rouge, jaune et noir" est parti à 21,569 millions d'euros. Le Marcel Duchamp, qui a détourné avec Man Ray l'étiquette d'un flacon de parfum, vendu avec sa boîte en carton (Belle haleine - Eau de voilette) pour 8,913 millions d'euros. Autres records mondiaux pour le Giorgio de Chirico "Il ritornante", à 11,041 millions d'euros, préempté par l'Etat français, le James Ensor pour "Le désespoir de Pierrot" à 5 millions d'euros et le "Gartenfigur" de Paul Klee a été vendu 3,9 millions d'euros.

L'ensemble de la somme receuillie pour la recherche médicale

Même l'Etat a fait plaisir à ses musées : il a acquis des oeuvres d'art pour un montant de 13,135 millions d'euros, a annoncé mercredi soir la ministre de la Culture Christine Albanel. Entre autres achats : trois tableaux modernes ("Les Lilas" d'Edouard Vuillard et "Au Conservatoire" de James Ensor pour le musée d'Orsay, "Il Ritornante" de Georgio de Chirico pour le Centre Pompidou) ainsi qu'un portrait miniature de Louis XIV, par Petitot, pour le musée du Louvre ou encore trois pièces destinées au musée national de la Renaissance au Château d'Ecouen.

Pierre Bergé a décidé de mettre en vente la totalité de sa collection commune avec le couturier et de créer une nouvelle fondation consacrée, pour l'essentiel, à la recherche scientifique et à la lutte contre le Sida. Les fruits de la vente doivent être reversés à cette Fondation Pierre Bergé.

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Société Vente YSL-Bergé: les deux têtes de bronze chinoises de la discorde adjugées 14 millions d'euros chacune AP | 25.02.2009 | 20:19

Deux têtes de bronze de collection d'art Yves Saint Laurent/Pierre Bergé que la Chine souhaitait récupérer ont finalement été adjugées 14 millions d'euros chacune mercredi soir lors de la toute dernière session de la dispersion de la collection sous la nef du Grand Palais à Paris.

Ces deux lots rares, une tête de rat et une tête de lapin en bronze, proviennent toutes deux de la fontaine zodiacale du Palais d'été de l'empereur Qianlong. Elles avaient été volées lorsque le palais fut brûlé par les forces franco-anglaises durant la deuxième guerre de l'Opium en 1860.

Avec une enchère débutant à 10 millions d'euros pour la tête de rat, ce lot a finalement été adjugé à 14 millions d'euros par un enchérisseur anonyme au téléphone. Sa comparse, la tête de lapin, semblait d'abord susciter un peu plus d'intérêt pour finalement être à son tour adjugée par téléphone également à 14 millions d'euros.

Le 17 février dernier, le gouvernement chinois avait adressé un courrier à la maison Christie's lui demandant de bloquer la vente de deux bronzes. Cinq jours plus tard, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris autorisait leur vente, déboutant ainsi l'Association pour la protection de l'art chinois en Europe (APACE), qui affirmait vouloir défendre le patrimoine culturel chinois mais ne pas agir au nom du gouvernement de Pékin. AP

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Pierre Bergé, critique vis-à-vis du Téléthon, est myopathe Cyrille Louis 23/11/2009 | Mise à jour : 07:21 |

L'homme d'affaires, qui estime que le Téléthon «parasite la générosité des Français», assure ainsi «savoir de quoi (il) parle».

Incidemment, Pierre Bergé a précisé samedi dans l'émission «Parlons net !» qu'il est lui-même atteint d'une maladie neuro-musculaire d'origine génétique. «Je suis probablement l'une des rares personnes qui puissent s'opposer au Téléthon, parce que je suis myopathe, a-t-il indiqué, avant de marteler : Comme je suis myopathe, je sais de quoi je parle.»

En 2004, Pierre Bergé avait fait une semblable allusion à sa maladie dans un entretien au Figaro. Intervenant à l'occasion du lancement du Sidaction, le président de l'association Ensemble contre le sida avait déjà déploré que pour l'essentiel les dons faits par les Français soient attribués à la lutte contre la myopathie et contre le cancer, avant d'assener, énigmatique : «Et je sais de quoi je parle !» Manifestement très agacé par les difficultés rencontrées dans la collecte de fonds pour la lutte contre le VIH, il avait ajouté : «Le sida s'attrape aujourd'hui à tous les coins de rue, à la différence de la myopathie et du cancer. Il faudrait que les gens soient aveugles, sourds et égoïstes pour ne pas donner.»

Outre la maladie de Duchenne, qui est considérée à la fois comme la plus fréquente et la plus grave des myopathies de l'enfant - elle entraîne la perte de la marche avant l'adolescence et réduit l'espérance de vie à une vingtaine d'années - les médecins recensent de nombreux types de myopathie présentant un tableau clinique et une sévérité très variés.

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Bergé/Téléthon suite : un pot commun pour la recherche ! France Info - 24 novembre 2009 16:37 Cécile Quéguiner

Et si on "mutualis[ait] les dons en faveur de la recherche médicale en France" ? Suggestion de Pierre Bergé, le président du Sidaction, dans une tribune, dans Le Monde daté de demain. Suggestion surtout après le tollé suscité par ses critiques à l’égard du Téléthon, qu’il accusait de "parasiter la générosité des Français" !

Pas question de retirer ce qui a déjà été dit (dans Parlons net sur France Info)... Dans sa tribune, cosignée par Line Renaud (vice-présidente du Sidaction) et Bertrand Audouin (directeur-général), Pierre Bergé réitére ses critiques grinçantes contre cette "exhibition populiste et indécente" des malades, organisée par l’AFM. Pour autant, "nous n’avons jamais voulu la mort du Téléthon ", se défendent les trois auteurs.

Et d’aller plus loin : "dans la lutte contre les maladies, aucune cause n’est, per se, meilleure qu’une autre, car il n’y a pas d’échelle du malheur ", précise-t-il. "Cancers, myopathies, sida, maladies rares, nouveaux virus, d’autres encore, tous devraient pouvoir travailler ensemble et à armes égales dans un objectif commun : le mieux-être de l’humanité".

Or, si le Téléthon récolte environ 100 millions d’euros de dons chaque année, le Sidaction n’en collecte que sept. Mieux répartir cette générosité, c’est donc l’idée des trois signataires de cette tribune.

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Téléthon : Pierre Bergé demande à l'Etat de "mettre de l'ordre" (vidéo) OZAP

Au mois de décembre dernier, Pierre Bergé avait suscité la polémique en expliquant que, selon lui, le Téléthon capte la générosité des Français d'une « manière populiste ». Le président du Sidaction s'était également interrogé sur l'utilisation des dons par l'association (lire notre brève). Invité ce matin de Marc-Olivier Fogiel sur Europe 1, l'homme d'affaires a envoyé une nouvelle charge pour le Téléthon.

« Une association caritative a t elle besoin de 200 millions de réserves, 150 millions d'euros de placements et 7 millions d'euros par an de produits financiers ? » s'est-il notamment interrogé.

Mais Pierre Bergé compte aller plus loin en réclamant une intervention de l'Etat au sujet de la polémique qu'il a suscité.

« En 2010, je vais m'adresser où il faudra, j'irai trouver qui il faudra pour que les choses changent et que l'Etat prenne ses responsabilités devant le Téléthon. Voilà ce que je vais faire en 2010. Je veux que ce scandale cesse et je pense que l'Etat doit regarder ça de près. Il faut mettre de l'ordre dans cette affaire, mais je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas de Téléthon » a-t-il précisé.

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Reprise du "Monde" : le trio Bergé-Pigasse-Niel l'emporte au conseil de surveillance pour Le Monde.fr | 28.06.10 | 18h32 • Mis à jour le 29.06.10 | 08h48

Le conseil de surveillance du Monde et Partenaires associés (LMPA), structure de tête du groupe Le Monde, s'est prononcé lundi 28 juin par 11 voix sur 20, et 9 abstentions, en faveur de l'offre déposée par le trio d'hommes d'affaires Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse ("BNP"), suivant en cela le choix fait par les sociétés de personnels vendredi 25 juin, à une très large majorité.

Ces actionnaires dits "internes" représentaient 9 voix sur 20 au conseil. Les deux votes décisifs ont été ceux de Louis Schweitzer, président du conseil de surveillance, et de Claude Perdriel. Le patron du Nouvel Observateur, qui défendait une offre concurrente avec France Télécom et le groupe espagnol Prisa, a annoncé au début du conseil qu'il retirait son offre, afin de se conformer au vote des sociétés de personnel, et qu'il voterait en faveur du l'offre concurrente. Il a été fortement applaudi.

Le conseil de surveillance de Le Monde SA (LMSA), dont LMPA est actionnaire à 60,40 % et où siègent les groupes Lagardère et Prisa, a ensuite voté à son tour pour l'offre "BNP" par 13 voix pour et 5 abstentions.

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11 Décembre 2010 lejdd.fr Téléthon: Bergé ne désarme pas

Le président du Sidaction, Pierre Bergé, a réitéré samedi ses propos polémiques à l'encontre du Téléthon. En 2009, l'homme d'affaires avait accusé ce rendez-vous de "parasiter la générosité des Français".

Pierre Bergé réitère ses critiques à l'encontre du Téléthon. (Reuters)

En 2009, ses propos sur le Téléthon – qui, selon lui, "parasite la générosité des Français" – avaient défrayé la chronique. Un an plus tard, Pierre Bergé ne désarme pas. "Ce que j'ai dit, je le répète. Je dis qu'il n'est pas normal qu'une association caritative ait 200 millions d'euros de réserves, sept millions de financement par an, achète des immeubles et place de l'argent dans des lieux divers", a réaffirmé le président du Sidaction sur RTL samedi.

Avant d'ajouter: "Voilà, je ne vais pas m'étendre davantage". A l'époque, la responsable de l'Association française contre les Myopathies (AMF), Laurence Thiennot-Herment, avait déclaré ne pas pouvoir "imaginer qu'un homme d'affaires comme Pierre Bergé ne comprenne pas l'obligation pour une association, qui dépend entièrement de deux jours de dons, de disposer d'une année d'avance".

Accusé de diffamation par l'AMF, l'homme d'affaires, qui avait révélé à cette occasion être myopathe, a été mis en examen jeudi pour avoir critiqué la gestion financière de l'association. "Ça s'est passé en une minute avec le juge d'instruction", a relaté Pierre Bergé sur RTL.

Reste que le Téléthon 2010 ne semble pas trop avoir souffert de la polémique suscitée par le président du Sidaction. L'Association française contre les Myopathies (AMF) a en effet indiqué samedi dans Le Parisien que les dons avaient dépassé, cette année, le cap des 90 millions d'euros. L'émission s'était clôturée samedi dernier avec une cagnotte de 84 millions, mais les Français ont continué à donner tout au long de la semaine.

"Une fois de plus, la générosité des Français est extraordinaire", s'est félicité, dans Le Parisien, le chercheur Marc Peschanski, patron du laboratoire I-Stem, financé à 50% par le Téléthon. Une somme qui reste toutefois inférieure à 2009, où le Téléthon avait permis de récolter plus de 95 millions d'euros.

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17/08/2011 | 23:25 Pierre Bergé : "Il est amoral que les plus fortunés soient moins imposés" latribune.fr Propos recueillis par Isabelle Moreau - 17/08/2011, 23:25

L'avis de Pierre Bergé, fondateur de la maison Yves Saint Laurent

Le milliardaire américain Warren Buffett réclame une hausse des impôts pour les « mégariches », tandis que Maurice Lévy, président de l'Association française des entreprises privées (Afep), plaide pour une contribution des plus hauts revenus pour réduire le déficit budgétaire. Partagez-vous leur point de vue ?

Pierre Bergé : Je suis d'accord avec Warren Buffett qui explique dans une tribune publiée lundi par le « New York Times » que son taux d'imposition par l'État fédéral représentait 17,4 % de ses revenus imposables l'an dernier alors que celui des vingt personnes travaillant dans son bureau était compris entre 33 et 41 %. Il est anormal, voire amoral, que pour des raisons fiscales, les plus riches soient moins imposés que les autres. Ils doivent payer autant que les autres.

Voire davantage comme le propose Maurice Lévy ?

Je suis de gauche et mitterrandiste. Et si je suis contre l'ISF tel qu'il a été créé en 1981 car il pénalise les Français propriétaires des fameux « champs de l'île de Ré », je suis favorable à un impôt sur la fortune qui soit plus égalitaire. Je ne fais pas partie comme François Pinault ou Bernard Arnault des mégariches. Et je ne veux pas envoyer des percepteurs chez eux. Mais je suis d'accord avec Maurice Lévy. Au-delà d'un certain seuil de revenus, il faut taxer davantage les hauts revenus.

Pensez-vous qu'une telle mesure a des chances de voir le jour ?

Cela dépendra du nombre de personnes riches amies du président de la République qui lui téléphoneront...

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