Candidat député à Lyon (Mai 2007)
Azouz Begag

Chercheur-enseignant en économie et sociologie. Ecrivain et scénariste. Né à Lyon de parents algériens. Ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances du 2 juin 2005 au 5 avril 2007 dans le gouvernement Dominique Galouzeau de Villepin.

Candidat Mo-Dem (Bayrou-Sarnez) aux législatives de juin 2007 il obtient, au premier tour, 14,6% des exprimés et, pour le deuxième tour, "appelle à voter pour un médecin dont le nom n'est pas Dubernard", le candidat UMP sarkoziste.
En décembre 2007 il renonce à concourir à Lyon pour les municipales de 2007.
En septembre 2008 il est professeur invité à l'Université de Californie à Los Angeles.
Tête de liste du Modem en Rhône-Alpes aux régionales de 2010 il n'obtient pas les 5% au premier tour (4,70%).

En janvier 2012 il soutient la candidature présidentielle de Dominique Galouzeau de Villepin et devient l'un de ses "conseiller politique".
Le 17 avril 2012 il annonce qu'il votera dès le premier tour de la présidentielle pour François Hollande.

Auteur de plus de vingt ouvrages dont Un mouton dans la baignoire, Fayard, Paris, avril 2007, 377 pages, un très intéressant ouvrage dans lequel il relate, notamment avec humour, sa vie, pas toujours facile, de ministre villepiniste face aux adversaires sarkozistes ...

1

C'est un beau jour de printemps parisien. Nous sommes en l'an 2006. Je regarde ma main en train de signer un décret dans mon bureau de ministre de la Promotion de l'égalité des chances, derrière l'Assemblée nationale, rue Saint-Dominique...

Dominique comme Dominique de Villepin, que j'ai croisé un jour de novembre 2003 à la foire du livre de Brive-la-Gaillarde où il venait recevoir un prix pour un recueil de poésie. Il était alors ministre des Affaires étrangères. Ce jour-là, ma vie a pris un virage en épingle à cheveux. Je me trouvais avec quelques amis écrivains dans une salle de réception où était offert le dîner de gala.

J'étais assis entre Jacques Duquesne, avec qui j'avais noué une belle amitié, et son épouse corrézienne. Villepin était installé à la table officielle, à côté de sa jolie femme, entouré de plusieurs gens importants de la culture et de la politique. Tous les regards étaient tournés vers cet homme à l'élégance raffinée dont le discours du 14 février 2003, aux Nations unies, contre la guerre en Irak était resté gravé dans les cœurs et les esprits.

Je fixais, admiratif, cet orateur qui m'avait donné pour la première fois de mon existence l'immense fierté d'être français. Je frissonnais d'avoir vu à la télévision les représentants des nations du monde se lever et applaudir la position courageuse qu'il venait d'exprimer. Je me souvenais avoir eu envie de sortir sur mon balcon et de crier :"On a gagné ! Oui, c'est ça, bravo, vive la France ! On est en finale !" Envie de chanter à tue-tête La Marseillaise.
Un mouton dans la baignoire, pp. 11-12

2

Ce matin n'est pas comme les autres: je prends avec Sarko un petit déjeuner place Beauvau. Il y a eu la nuit dernière un tragique incendie boulevard Vincent-Auriol, à Paris: des Africains sont morts, des enfants. Le ministre d'État est rentré à trois heures du matin, il s'est rendu sur les lieux du drame. Je vois dans ses yeux de la lassitude.

Nous prenons un café sur la terrasse du ministère, avec vue sur un magnifique jardin où s'installe la lumière de l'aube aux doigts de rose. Nous parlons franchement de la discrimination positive dont il a fait un cheval de bataille politique et de la nomination à grand bruit médiatique du préfet Aissa Dermouche, dont il est l'instigateur.
Je lui dis que c'était une excellente connerie. Il n'apprécie pas mon franc-parler. Il me répond que c'est du « musulman culturel qu'il voulait parler, pas cultuel », quand il a fait ce choix.

Il n'est pas concentré, je vois qu'il n'est pas dans son assiette. « Mais toi aussi, tu as défendu la discrimination positive! », il m'assène comme une récitation apprise par cœur avant le cours.
On lui a fait des fiches sur moi. Je lui réponds que c'était il y a dix ans; maintenant j'ai changé d'avis, mais il ne m'écoute pas vraiment. Il n'est pas là, et au bout d'une vingtaine de minutes, il s'en va. Je l'ai énervé. J'ai ajouté qu'il fallait laisser la religion musulmane à sa place dans la société française, comme les autres religions, que les musulmans devaient s'organiser entre eux. Je l'ai agacé.

Il a fini son café d'un trait, tourné les talons et est allé se coucher, peut-être.
Moi je suis resté pantois, je pensais que nous allions nous faire un petit déjeuner frugal, mais non, je suis un ministre qu'on peut quitter comme ça, sur un coup de vent. Tant pis pour moi, je n'aurais pas dû accepter son invitation. Voilà où me conduit ma vanité. C'était la première fois de ma vie que je voyais en tête à tête un des personnages les plus médiatisés de France. J'en avais envie. Voir le phénomène de près. Je ne regrette pas. Il a quelque chose qui dépasse l'humain, une puissance et une vulnérabilité qui cohabitent dans le même regard translucide.
Je sors de la place Beauvau avec un grand coup de griffes au cœur. Je dois être maso.
Ibidem, pp. 45-46

3

En politique, c'est comme avec la semoule de couscous, il faut rouler les mots plusieurs fois sur sa langue avant de les servir à l'air libre, je l'ai appris trop tard malgré les conseils précoces de Matignon.
Un jour, je suis invité à une émission matinale d'Europe 1 avec Jean-Pierre Elkabbach. C'est ma première prise de parole ministérielle à la radio. Je ne suis pas à l'aise. ...

... «Et la polygamie?» me questionne Elkabbach en :fin d'émission. Je m'embrouille; parmi les Africains décédés il y avait des membres de familles polygames, alors je raconte avec légèreté que l'un des Maliens relogés s'était plaint des temps de trajet trop longs entre les domiciles respectifs de ses deux épouses. Comme un benêt, je n'avais pas capté le sens politique de la question d'Elkabbach. Malheur, dans les heures qui suivent, mes propos me reviennent comme un boomerang sur Internet, par courrier: le ministre cautionne la polygamie! C'est ce qui reste de cette interview, avec ma défense de la loi SRU.

J'en prends plein les oreilles de la part des députés UMP, Éric Raoult en tête. La directrice de la communication de Matignon appelle mon cabinet pour dire de ne jamais nommer de ministre dans mes interviews et de faire du media training, sinon ça va être brûlant pour moi dans les prochaines semaines. Je suis dans le coma. Mes conseillers me rassurent: « C'était bien », mais ils se mentent à eux-mêmes. Je ne veux plus commettre de bourdes comme ça. De retour dans mon cabinet, j'ai hurlé en exigeant dorénavant d'être formé à cet exercice. «Vous ne pouvez pas m'envoyer sans préparation dans une émission politique aussi violente! » Je suis maintenant terrorisé quand je m'exprime dans les médias. Il faut que j'apprenne la langue de bois.

C'était la première invitation d'Elkabbach. La dernière, aussi. Plusieurs mois plus tard, j'ai appris comme tout le monde qu'il était l'ami de Sarko. Les portes d'Europe 1 se sont fermées pour moi comme sur un tombeau. Un an après je l'ai croisé à Roland-Garros, il m'a salué, tout sourire :"Il faut que vous sortiez de votre btrou, il faut vous montrer !" Toujours ce sourire. Je ne m'y fais pas.
Ibidem, pp. 51-53

4

Le mardi 27 octobre restera dans l'histoire de la France des banlieues.
À Clichy-sous-Bois, trois jeunes sont poursuivis par la police et se réfugient dans un transformateur EDF. Deux d'entre eux meurent électrocutés, le troisième est grièvement blessé.

Sarkozy monte au créneau. Il se rend sur place avec les caméras et se fait caillasser sous les projecteurs. Deux jours auparavant, il a lâché à Argenteuil des mots durs contre la «racaille» à une dame qui se plaignait à son balcon des jeunes qui sèment la pagaille dans le quartier. C'est le tollé partout en France, l'embrasement général deux jours avant la fête musulmane de l'Aïd el Kébir. Des voitures brûlent à Clichy-sous-Bois, puis dans le reste de la banlieue parisienne.

À la télévision, les images chocs crépitent, enflamment les esprits. Le feu, la police, la haine partout dans le pays. Comme une traînée de poudre, les violences gagnent l'ensemble des cités. Des journalistes m'interrogent pour connaître ma réaction aux propos de Sarkozy. Je livre ce que j'ai sur le cœur à Libération; je suis opposé à cette « sémantique guerrière ».

Je n'ai pas peur. Je sens bien que je dois jouer ma partition.
Je ne réfléchis pas, j'avance. Mon destin est là, aux portes de mes tripes. Je dois y aller. De toute façon, je suis déjà allé trop loin. quand je pense que je n'ai rien calculé au moment d'accepter de commenter les déclarations de Sarkozy: j'ai dit qu'on ne pouvait pas, dans les banlieues, prononcer des mots pareils.
Ibidem, pp. 89-90

5

En pleine tempête, on m'a organisé un rendez-vous en tête à tête place Beauvau avec Sarko.
Il me reçoit dans son bureau, avec des sourires enrobés de mots doux et m'invite à m'asseoir près de la cheminée, au coin du feu. Il se met face à moi. Des bûches flambent dans le foyer, tranquilles, faisant minutieusement leur travail de combustion, exhalant une bonne odeur de pin. Il me fixe droit dans les yeux: « Pourquoi tu m'attaques, Azouz? Moi, je ne t'ai pas attaqué, jamais. Je n'ai même pas réagi à tes propos, tu as vu ? »
Il mène la danse des mots. Il joue le persécuté. Je suis insensible au charme. J'use de ma liberté de parole, comme lui. Il ment. Prétend qu'il n'a pas répondu à mes attaques, mais en fait les ripostes dans la presse se multiplient, orchestrées par ses proches. Ils font de moi l'Arabe ministre qui défend ses frères arabes des banlieues au lieu de défendre les citoyens contre la « racaille» qui infecte la vie des bons Français. Qgi est cet Aziz qui s'attaque à l'homme le plus fort de France? De quel pouvoir est-il doté pour oser cette insolence contre le roi des Hongraulois? Je ris sous ma djellaba. Personne ne peut imaginer que le fils de Bouzid le fellah a décidé tout seul, comme un grand garçon, de prendre son destin en main et de s' exprimer en homme libre. L'entretien tourne au surréalisme.

Comme dans la cheminée de Beauvau, ça brûle de partout en France, les CRS et les pompiers sont sur tous les fronts, les télés étrangères filment dans les quartiers, et moi je parle d'égal à égal avec Sarko devant les bûches d'une cheminée que lèchent de douces flammes. Son téléphone portable sonne en permanence. Il penche les yeux sur lui. «Excuse-moi, celui-là je dois le prendre.» Il se lève: « J'en ai pour dix minutes », s'évanouit dans une antichambre. J'ai envie de téléphoner moi aussi, mais je me retiens... Devant la chorégraphie des flammes sur les bûches, on ne sait jamais, il y a peut-être des micros dans ce bureau. Il revient trente minutes plus tard, s'excuse: «Je suis confus... »

Au passage, je lui glisse que mon grand-père est mort en 1918 dans le 23e régiment de tirailleurs algériens, dans la Somme. Qui est le plus français de nous deux?« C'est toi », il reconnaît. Il dit qu'il est hongrois. Puis il me montre son désir de résoudre au plus vite notre mésentente: «Alors, qu'est-ce qu'on fait? » Je vois qu'il me respecte. Nous sommes tous les deux des hommes courageux. Il reconnaît que j'ai fait des déclarations de mon propre chef. Il me dit même que cela le change « par rapport à tous ceux qui se chient dans leur froc ».
Il revient à sa question: «Alors? - Alors quoi? » je répète naïvement. Sans vergogne, il me propose le prochain mercredi, jour du Conseil, de venir le rejoindre place Beauvau et d'aller ensemble, à pied, à l'Élysée, sous l'œil des caméras. Je suis stupéfait. L'homme me prend pour un bouffon! Je scrute ses yeux pour voir s'il plaisante, mais non. Je dis:« OK, mais sans aucune caméra ni aucun photographe. Je n'aime pas faire de la publicité à mes démarches politiques. » Il fouille mon regard pour déceler si c'est du lard ou du cochon. Ses yeux bleu-vert brillent. J'aperçois les lueurs du feu de la cheminée qui s'y reflètent.

Il résiste. Agile, il propose alors que nous allions ensemble dans un quartier de banlieue un de ces soirs. Je dis: « Oui, mais sans caméra. »Je souligne que ce sont les médias qui enveniment les situations, qu'il ne faut donc pas se rendre avec eux dans les quartiers. Il dit que cela ne sert à rien de sortir sans le faire savoir. Nous sautons à un autre sujet, histoire de donner à chacun la possibilité de faire le point. Puis il revient à la charge et me dit de l'inviter dans mon ministère pour un déjeuner, là je dis: « Oui, ça me va, mais sans journalistes, bien sûr.» Puis nous plaisantons sur les talents culinaires de mon cuisinier et nous nous quittons. Il me raccompagne à la porte.

Je me tape la main sur les genoux à la sortie de son bureau: il est quand même gonflé de me proposer un deal si pourri! Ils me prennent pour le bicot de service qui a accepté la fonction prestigieuse de ministre juste pour le joli costume, la 607 bleue, un chauffeur et un garde du corps. La colonisation a laissé de sérieuses séquelles dans les esprits.
Ibidem, pp. 105-107

6

L'atmosphère était apaisée quand un homme a demandé le micro, s'est levé et m'a chicané sur le projet de loi Sarkozy à propos de l'immigration. Moi, naturellement, j'ai répondu que, s'il avait des questions à poser à propos de l'immigration, ce n'était pas à moi mais à Sarko qu'il fallait les envoyer: «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy!»

Un autre homme a pris la parole pour dénoncer je ne sais quoi, et comme j'avais du mal à l'entendre, je lui ai fait une offre: «Venez donc sur scène, vous serez mieux pour parler! » Il est venu. Il a dit ce qu'il avait à dire. Tout s'est bien terminé. Marseille a le sang chaud. Ce n'est pas parce que je suis d'origine maghrébine que les syndiqués du Fasild allaient me faire cadeau de ma fonction ministérielle. Au contraire. Ils me voient comme un ministre de droite. Mais cela ne me gêne pas. J'aime la castagne argumentée, respectueuse.

*

Dans l'après-midi, de retour au ministère, consternation: la dépêche AFP qui fait état de ma rencontre avec les agents du Fasild n'a retenu qu'une seule chose de ces deux heures à Marseille: «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy! » Ça m'a fait rire. Libération en a fait le titre d'un article. ....

*

Je suis dans le TGV. Ce qui devait arriver arriva: un rocher me tombe dessus. Je reçois sur mon portable un appel de Matignon. C'est le Premier ministre qui veut me parler. Il est en train de faire un jogging. Il m'informe que Sarko fait une crise à cause des propos que j'ai tenus sur lui à Marseille. Je ne comprends pas tout de suite. Puis...

"Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy!" Ah, ça y est. Mes mains tremblent. Villepin me conseille de l'appeler immédiatement sur son portable pour lui dire qu'il y a un malentendu, n'importe quoi, mais quelque chose, sinon il va donner une conférence de presse, là-bas, à Madrid, où il se trouve en ce moment. Conférence de presse sur quoi? Sur moi? Je crains d'avoir provoqué cette situation qui met le PM en porte-à-faux. Si mes mots sont remontés aussi haut, c'est que ça bout dans la marmite sarkozienne. Je ne comprends pas l'ampleur de sa réaction.

Quelques minutes plus tard, le directeur de cabinet m'appelle sur mon portable: il faut rédiger un communiqué de presse pour dire que je ne voulais pas dire ce que je voulais dire, mais que je regrette si mes propos ont blessé quelqu'un... Au préalable, il me propose de joindre Sarko sur son portable. Je n'ai pas son numéro. "Demande-le place Beauvau." Les minutes passent vite dans ce TGV qui roule à trois cents kilomètres à l'heure et qui traverse des zones où mon portable n'a plus accès au réseau.

Ça sonne de nouveau. Je décroche. C'est l'offensé. Il me passe un savon tellement incroyable que je ne peux m'empêcher de le consigner sur-le-champ: «Tu es un connard! Un déloyal, un salaud! Je vais te casser la gueule! Tu te fous de mon nom... Azouz Sarkozy !Je vais te montrer moi, Azouz Sarkozy... Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud! Connard !"

Je suis cloué à mon téléphone. A chaque fois que j'essaie de placer un mot, il me coupe: «J'en ai rien à foutre de tes explications! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule... » Il raccroche. Je n'ai pas pu placer un mot. Je transpire à trois cents kilomètres à l'heure. Je reprends contact avec Matignon, les mains moites. J'ai provoqué une crise gouvernementale. Je rédige par téléphone avec mon directeur de cabinet une dépêche pour dire que mes propos ont été mal interprétés, que je ne suis pas en opposition avec Nicolas Sarkozy... que j'exprime mes regrets s'ils ont été mal compris, que je m'en suis même expliqué ce matin au téléphone avec l'intéressé.

Voilà pour la façade. Le texte rédigé, j'en ai encore des frissons. Jamais je n'ai reçu d'insultes pareilles de la bouche d'un ministre de l'Intérieur candidat à la présidentielle. J'ai relu la dépêche AFP avec mon directeur de cabinet qui était toujours au Sénat à midi. Tout est allé si vite. Pourquoi me mets-je dans de telles embrouilles? Je l'ignore. Le ministre de l'Intérieur m'a conseillé, dans une ultime menace, de ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir, sinon il allait m'en cuire, « sale connard! » que je suis. Je ne sais combien de fois il a projeté ces mots contre mes tympans. Je ne pardonnerai pas.
Ibidem, pp. 155, 160-162

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Elections 2007 Rhône: Azouz Begag candidat aux législatives sous l'étiquette du MoDem
lenouvelobs.com AFP | 15.05.2007 | 16:29

L'ancien ministre Azouz Begag a annoncé mardi à Lyon qu'il se présentait comme candidat dans la 3e circonscription du Rhône sous l'étiquette du Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou, qu'il avait soutenu à la présidentielle.

M. Begag a précisé lors d'une conférence de presse qu'il venait de prendre sa carte du MoDem, alors qu'il n'a jamais adhéré à aucun parti, étant entré en tant que "membre de la société civile" au gouvernement Villepin comme ministre délégué à la promotion de l'Egalité des chances, poste dont il a démissionné en avril après avoir publié un livre très hostile à Nicolas Sarkozy.

M. Begag a déclaré qu'il n'avait pas encore le nom de son suppléant, mais qu'il s'agirait d'une femme. Il sera notamment confronté dans cette circonscription lyonnaise au député UMP sortant Jean-Michel Dubernard et au socialiste Jean-Louis Touraine.

"Je pouvais difficilement me présenter à titre individuel. Pour avoir une chance de gagner, il me fallait une famille politique", a-t-il ajouté.

"Le choix de Bayrou s'est fait naturellement, il convient à l'esprit non-clivé qui est le mien depuis toujours", a expliqué M. Begag.

Interrogé sur son attitude s'il devait ne pas être au second tour des législatives, il a répondu qu'il se "rangerait à la stratégie d'ensemble de (sa) nouvelle famille politique".

Enfin, M. Begag, originaire du quartier sensible de La Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, a ajouté qu'il "aimerait bien jouer un rôle aux municipales", saluant "le bastion de la résistance démocratique, grâce notamment à l'esprit centriste" qu'avait toujours été la région lyonnaise.
lenouvelobs.com, AFP | 15.05.2007 | 16:29

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MUNICIPALES - LibéLyon 04/12/2007 Azouz Begag se retire (encore)

Azouz Begag n'est plus candidat à l'investiture du MoDem pour les prochaines municipales à Lyon. Il a annoncé mardi soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus, qu'il se retirait de la course. Un abandon à deux jours du scrutin de jeudi soir, au cours duquel les militants devaient choisir entre Begag et son concurrent, Christophe Geourjon, ancien responsable de la fédération du Rhône de l'UDF. Un débat était prévu ce mardi soir entre les deux hommes. Mais Begag a préféré déserter, pour réserver aux télespectateurs l'annonce de son retrait prématuré. L'ancien ministre à l'Egalité des chances avait déjà abandonné le gouvernement cette année, quelques mois avant les présidentielles...

A Lyon, la nouvelle est d'importance dans la perspectives des municipales. Une partie des militants se battait depuis plusieurs semaines entre pro et anti-Begag. Les premiers affirment que l'écrivain, malgré ses tendances incontrôlables et dilettantes, offre la meilleure notoriété, et une garantie de liste indépendante aux prochaines élections. Chez les anti-Begag, pour l'essentiel des ex-UDF dont beaucoup sont partants pour un ralliement à Dominique Perben, on accusait le gône du Châaba d'avoir déjà scellé une alliance avec Gérard Collomb.

"Dans la confusion où se trouve notre mouvement aujourd'hui, j'ai décidé de laisser à mon adversaire resté en lice le soin de conduire ce mouvement", a-t-il expliqué sur le plateau de Canal Plus. Azouz Begag reproche le manque de transparence et de démocratie interne au sein du Modem. Notamment le fait que, contrairement à ce qu’avait annoncé François Bayrou, ce ne sont pas les adhérents du MoDem qui auront le dernier mot dans le choix des candidats, mais les instances nationales. Jusqu'à sa défection, Azouz Begag tenait la corde.

"Il a eu le sentiment de ne pas avoir été soutenu dans sa démarche", explique un de ses proches. Christophe Geourjon, celui qui devait être le concurrent de d'Azouz Begag, dit ne pas comprendre. "Je regrette profondément sa décision. Il aurait été normal et sain d'aller au bout de ces primaires", explique-t-il. Ajoutant qu'il s'agit selon lui "d'un coup dur pour le MoDem".

Mardi soir, après l'annonce du retrait de Begag, la plus grande confusion régnait chez les militants réunis pour ce que devait être le dernier débat entre Begag et Geourjon avant leur vote jeudi soir. De débat, il n'y a pas eu mais la tension était telle que certains ont failli en venir aux mains selon une adhérente présente. Visiblement déstabilisés, les partisans des deux camps ne savent plus quelle sera la suite de la campagne. "Il y aura une liste autonome MoDem", assure Christophe Geourjon. Gilles Vesco, vice-président du Grand Lyon et proche Begag, ne sait pas encore ce qu'il va faire. Il précise cependant que "la décision d'Azouz Begag n'engage que son nom".

Les militants locaux du MoDem voulaient faire de leur ville un modèle de démocratie interne pour le parti lancé officiellement ce week-end. Il faut souhaiter aux nouvelles troupes de Bayrou que ce ne soit pas le cas.

Quant à la suite des aventures d'Azouz Begag, l'ancien ministre est resté vague. "On ne peut pas dire que je me retire de la vie politique. Quand on est né dans un bidonville et qu'on a passé 20 ans dans une cité, les petits bobos de la politique, ne sont rien du tout, ce sont des bobos de luxe", a-t-il expliqué. Selon un de ses proches, il devrait continuer "à lutter contre le sarkozysme". Un sport qu'il affectionne particulièrement depuis qu'il quitté le gouvernement en avril dernier. Ol.B. et A.Gd.

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L'ex-premier ministre a présenté ce lundi l'équipe qui l'accompagnera dans la course à la magistrature suprême. lyonmag.com Actualité 17-01-2012 à 10:22

A l'issue d'un discours très offensif sur le thème de la dette, Dominique de Villepin a annoncé qu'Azouz Begag ferait notamment partie du groupe.
Le Lyonnais, ex-ministre sera l'un des sept "conseillers politiques" du candidat de République Solidaire.

Azouz Begag avait été ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances entre 2005 et 2007 dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Il avait quitté ses fonctions à l'époque pour prendre une part active dans la campagne présidentielle de François Bayrou, le président du MoDem.

Autre surprise dans l'équipe Villepin 2012, la nomination du dramatrurge Jean-Claude Carrière au poste de coordinateur de campagne. C'est Brigitte Girardin, l'ancienne ministre, qui sera la directrice de campagne de Dominique de Villepin.

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Azouz Begag votera pour François Hollande Le Monde.fr | 17.04.2012 à 17h12 • Mis à jour le 17.04.2012 à 17h31 Par Sylvia Zappi et Patrick Roger lemonde.fr

Azouz Begag, ancien membre du gouvernement de Dominique de Villepin et soutien du candidat éphémère à la présidentielle, votera pour François Hollande.
Ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances, de juin 2005 à avril 2007, il a longtemps navigué d'une rive à l'autre de l'échiquier politique.

L'auteur du Gone de Chaâba (Seuil, 1986), fils de maçon algérien, a grandi à Villeurbanne (Rhône) puis dans le quartier de La Duchère à Lyon. Il a commencé sa vie politique en frappant à la porte du Parti socialiste de Lyon en 1992 : il souhaitait alors figurer sur les listes pour les élections régionales. En vain. Il réitère son offre de service en 1995 mais Gérard Collomb, le patron du PS de la ville, s'y oppose.

Le diplômé d'économie, chercheur au CNRS, ne se démonte pas et rencontre Jacques Chirac puis est reçu par Alain Juppé à Matignon à qui il expose son projet de devenir le "premier représentant des banlieues à l'Assemblée nationale".
La droite lyonnaise le rejette à son tour et lui préfère une figure locale pour les législatives de 1997. M. Begag s'entête en présentant sa candidature comme "divers gauche" dans la 2e circonscription du Rhône avant de se retirer devant le tollé déclenché à gauche par sa candidature.

RALLIEMENT À FRANÇOIS BAYROU

Aux élections européennes de 1999, c'est Robert Hue, numéro un du PCF, qui lui propose une place sur sa liste "Bouge l'Europe". Il refuse, se réservant pour les municipales de 2001 à Lyon avec sa casquette de spécialiste des banlieues. Mais là encore, il doit passer son tour. Il ne sortira de l'ombre que grâce à Dominique de Villepin, alors ministre de l'intérieur, qui lui commande un rapport, en 2004, sur l'égalité des chances dans la police.

Nommé premier ministre, M. de Villepin appelle M. Begag à ses côtés comme ministre délégué. Mais, sans administration ni budget propres, ce dernier a du mal à se faire une place au sein du gouvernement. Il démissionne le 5 avril 2007 à un mois de la présidentielle après avoir annoncé son soutien à François Bayrou.

Entré en guerre contre Nicolas Sarkozy qu'il accuse d'"insulter les musulmans", il déclare à la veille du second tour du scrutin présidentiel qu'il "ne votera jamais pour Nicolas Sarkozy". M. Begag se présentera aux élections législatives puis aux régionales sous l'étiquette MoDem. Il écrit ensuite un livre à charge contre le chef de l'Etat Un mouton dans la baignoire (Fayard, avril 2007).

Une fois M. De Villepin déclaré candidat, M. Begag le rejoint et adhère à son mouvement République solidaire. Il sera nommé conseiller politique dans l'équipe de campagne de l'ancien premier ministre.

Ce qui n'empêchera pas M. Begag de participer à la primaire socialiste et de le faire savoir.
"A la primaire socialiste, j'avais eu la révélation : il faut absolument aider les socialistes à choisir le bon candidat, c'est pour cela que j'ai voté Hollande", a-t-il dit au Monde. "J'ai soutenu Dominique de Villepin parce que je lui étais reconnaissant de m'avoir mis le pied à l'étrier. Maintenant, sur l'échiquier politique, il n'y a pas d'alternative : c'est battre Sarkozy", assure-t-il encore. Sylvia Zappi et Patrick Roger

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