Mai 2014 : Le triomphe du génial Commandeur, Hollande avoue presque tout

Novembre 2011 : La mort de l'euro avant Noël (spéculation ???)
Octobre 2010 : La France va faire faillite, sauf si ...

Chez son ami de vingt-cinq ans, Nicolas Sarkozy
Pour une relance de l'immigration (Janvier 2008)
Président d'une commission cosmopolite et hétéroclite (Août 2007)
"Je veux servir la France, en train de couler" (Août 2007)

Jacques Attali Biographie (2000)

Bernard Attali, frère jumeau de Jacques, haut fonctionnaire français reconverti en financier mondialiste américain
Bibliographie
Attali Jacques. Fils d'un bijoutier sépharade d'Alger, né le 1er novembre 1943, rapatrié d'Algérie, ayant merveilleusement bien réussi dans les affaires politiques et financières depuis 1981 (conseiller spécial du Président François Mitterrand).
Remarquable humaniste, auteur officiel d'un nombre considérable d'ouvrages, dont la somme "Les Juifs, le monde et l'argent", Fayard, Paris, janvier 2002, ouvrage dans lequel M. Jacques Attali écrit :
"En décidant de raconter cette histoire, on pourrait laisser croire qu'il existe un peuple juif uni, riche et puissant, placé sous un commandement centralisé, en charge de mettre en oeuvre une stratégie de pouvoir mondial par l'argent. On rejoindrait par là des fantasmes qui ont traversé tous les siècles, de Trajan à Constantin, de Matthieu à Luther, de Marlowe à Voltaire, des Protocoles des Sages de Sion à Mein Kampf, jusqu'à tout ce que charrie aujourd'hui anonymement l'Internet.
Pourtant, il est d'une importance capitale, pour les hommes d'aujourd'hui, de comprendre comment l'inventeur du monothéisme s'est trouvé en situation de fonder l'éthique du capitalisme, avant d'en devenir, par certains de ses fils, le premier banquier, et par d'autres, le plus implacable de ses ennemis. Il est aussi essentiel pour le peuple juif lui-même d'affronter cette partie de son histoire qu'il n'aime pas et dont, pourtant, il aurait tout lieu d'ëtre fier".

in Les Juifs, le monde et l'argent, 4ème de couverture.
Egalement très intéressant l'ouvrage de maître Edouard Valdman Les Juifs et l'argent, pour une métaphysique de l'argent, Galilée, Paris, 1994, Dora Editions, Paris, 2000 ; Le retour du saint, Dora Editions, Paris, 2000.

1
(Le départ d'Egypte)
Et à les laisser partir riches. Quatre textes l'établissent. D'abord, la prédiction faite longtemps auparavant à Abraham : «Vous sortirez de ce pays-là avec de grandes richesses» (Genèse 15, 13-14) ; puis l'ordre donné à Moïse devant le buisson ardent : « Chaque femme demandera à sa voisine et à son hôtesse des vases d'or et d'argent, des vêtements, vous en couvrirez vos fils et vos filles, et vous dépouillerez l'Égypte » (Exode 3, 21-22) ; puis l'ordre transmis par Moïse aux chefs de tribu juste avant le départ : « Que chacun demande or et argent» (Exode Il,1-2-3) ; enfin, le brutal résumé de la situation, un peu plus loin : «Ils demandèrent et dépouillèrent» (Exode 12, 35-36). À ceux qui s'étonnent de voir des esclaves fuir riches, les commentateurs répondront au fil des siècles que ces richesses leur sont dues en guise de compensation pour le travail fourni gratuitement pendant les années d'esclavage, ou de cadeau d'adieu, ou encore de tribut payé aux vainqueurs par une armée vaincue. Certains exégètes juifs du Moyen Age, tel Rachi de Troyes, noteront aussi que ces biens ne profiteront pas aux Hébreux : une fois parvenus en Canaan, ils les cacheront dans le Temple qui sera pillé par les Babyloniens, puis par les Grecs, puis « par les Romains qui l'ont repris aux Grecs, et l'argent est toujours à Rome ».
Nouvelle leçon d'économie : l'argent extorqué par la force ou par la terreur repart par le même chemin. Une partie, d'ailleurs, disparaîtra encore plus tôt : en prenant l'or des Égyptiens, les Hébreux prennent en réalité de quoi fabriquer un Veau d'or qui, on va le voir, coûtera la vie à presque tous les chefs de famille.
Les Juifs, le monde et l'argent, p. 28-29.

2
(Victime de Rome)
Alors qu'une ère nouvelle commence dans le triomphe de l'Occident romain, voici le peuple juif à nouveau jeté sur les routes. Son sort semble, cette fois, définitivement scellé : disparaître, comme l'ont fait avant lui d'autres peuples chassés de leurs terres ou soumis à des colonisateurs, tels les Hyksos ou les Scythes, et, comme le feront plus tard les Mèdes, les Gaulois, les Goths, les Vandales, fusionnant avec leurs vainqueurs sans guère laisser de traces de leur puissance, de leur foi, de leur culture et de leur langue.
Contrairement à eux, les Juifs vont pourtant réussir l'impossible : survivre dans les interstices des empires, y préserver l'essentiel de leur culture en l'adaptant sans cesse aux exigences de nouveaux lieux d'exil. De la destruction du second Temple jusqu'au début des croisades, ils vont traverser toutes les vicissitudes économiques, religieuses et politiques du premier millénaire chrétien. Dans les empires d'Orient et les premières puissances d'Occident, sous la domination de monarques, de princes, d'évêques, leur sort restera presque partout à peu près tolérable, sauf dans l'Empire romain.
Étonnant destin d'un peuple minuscule fait de paysans, de marchands, d'artisans, de commerçants, de financiers et de lettrés, mêlé aux principaux événements du monde. Peuple de passeurs participant au premier rang à la transformation progressive de l'ordre des empires en ordre de l'argent, maintenant des liens entre des communautés dispersées dans les différents camps en guerre, constituant ainsi un réseau culturel et commercial unique entre tous les peuples sédentaires dans la paix et dans la guerre.
Ibidem, p. 89-90.

3
(La conquête islamique)
En 672, c'est à des Juifs que les nouveaux maîtres arabes vendent le bronze du Colosse de Rhodes - l'une des sept merveilles du monde - qu'ils détruisent. Dans bien des villes et des émirats, les marchands juifs restent responsables de la perception des impôts. Certains deviennent fournisseurs des armées musulmanes tout en maintenant des liens étroits avec leurs communautés d'origine ; ils écrivent en hébreu ou en araméen, et parlent l'arabe dans la vie quotidienne.
Grande première : dans de nombreuses régions, certains Juifs deviennent les conseillers écoutés des émirs. Le phénomène est tout à fait nouveau : jusqu'ici, les Juifs n'approchaient les princes qu'au titre d'employés du fisc. La carence en élites musulmanes les pousse au premier plan. En 695, à Damas, un financier juif est même nommé responsable de la monnaie pour l'Islam tout entier par le calife Abd el-Malik.
En Tunisie, où des Juifs résident bien avant la conquête arabe, les troupes musulmanes se heurtent parfois à des tribus juives, telle celle des Ubaid Allah, installée sur l'île de Djerba. En Algérie, une femme, Dihya, dite «la Kahina », combat les Arabes en 703 aux côtés de Juifs et de Berbères judaïsés. Les conquérants musulmans trouvent des communautés juives, marchandes et agricoles, à Constantine, Fès, Marrakech. Au Sahara, la tribu des Daggatoun, qui combat l'Islam, serait juive.
Continuant de progresser, les troupes arabes débarquent en Espagne, d'où les Wisigoths viennent de chasser les derniers Byzantins ; les Juifs les accueillent en libérateurs. Avec leur aide, les troupes musulmanes battent le roi Roderic en juillet 711 et ont tôt fait de conquérir toute la péninsule, à l'exclusion de quelques enclaves dans le nord qui restent chrétiennes. Les relations entre Juifs et musulmans deviennent plus intenses. Ils discutent philosophie, littérature, science, théologie. Ils échangent des idées. Ils traduisent en arabe et en hébreu les textes grecs. Tâche immense : rav Ibn Abitur traduit la Mishna en arabe. Les marchands circulent ; les artisans prospèrent. Jamais les Juifs n'ont connu plus beau lieu de séjour que cet Islam européen du VIIIème siècle. .
Ibidem, p. 153-154.

4
(L'exception carolingienne)
Cette paix carolingienne attire un nombre croissant de Juifs d'Asie Mineure, des Balkans et d'Italie du Sud. Malgré l'hostilité de l'Église et de l'aristocratie, des communautés s'installent ainsi en Provence, en Champagne, sur le Rhin, en Italie du Nord, partout sur le trajet des premières foires. Là comme à Cordoue, les Juifs apportent leur expérience en matière de viticulture et d'artisanat et leurs relations commerciales avec l'Asie Mineure ; ils participent au transfert de richesses et de savoirs en provenance d'Orient.
Églises et synagogues sont encore indiscernables ; les chants sont encore proches. Beaucoup de chrétiens célèbrent le repos le samedi ; curés et rabbins débattent, se mêlent, commercent, conversent. Des recueils du Midrash ou de la Haggadah traduits en langue d'oi1 par des Juifs convertis sont présentés comme des «fabliaux». La parabole de l'aveugle et du paralytique de Sanhédrin 9la devient l'histoire de saint Martin. A la fin du IXème siècle, environ vingt mille Juifs sont établis en Germanie et trente mille en Gaule.
Les Juifs avoisinent les cent mille dans toute l'Europe chrétienne, soit une fraction encore dérisoire des six millions à vivre alors de par le monde. Le reste se trouve pour l'essentiel en Islam et à Byzance, un peu aussi en Europe centrale. Au ~siècle, à Vienne (Autriche actuelle) où des marchands s'installent, apparaît le mot ashkénaze pour désigner les Juifs d'Allemagne, mot formé, dit-on, à partir du nom d'un arrière- petit-fils de Noé (dont le propre père s'appelait Gomen, nom dont les sonorités renvoient vaguement à Germania...).
Ibidem, p. 164-165.

5
(Victime des chrétiens : les croisades)
Tout s'annonce dès le milieu du XIème siècle. La situation en Europe n'est pas florissante. Des bandes de brigands pillent des villes, des seigneurs se battent entre eux. En 1073, un nouveau pape, Grégoire VII, en profite pour dénier à l'empereur romain germanique le droit d'intervenir dans l'élection pontificale. il l'oblige même, en 1077, à s'agenouiller devant lui à Canossa, et interdit aux seigneurs l'achat des charges ecclésiastiques. C'est encore vers le pape qu'en 1081 se tourne le nouvel empereur d'Orient, Alexis Comnène, dont les armées viennent d'être battues par les musulmans, pour solliciter l'aide des chrétiens d'Occident avec lesquels il a pourtant rompu depuis plus de vingt ans.
L'occasion est trop belle pour l'Église de Rome : en répondant à cet appel, elle peut espérer prendre le commandement des princes d'Occident, récupérer l'Église d'Orient, en profiter pour continuer jusqu'à Jérusalem et reprendre aux musulmans le tombeau du Christ. Grégoire VII n'a pas le temps de mettre ce projet à exécution. C'est son successeur, Urbain II, qui, lors d'un concile réuni à Clermont, le 27 novembre 1095, déclenche ce qu'on appellera plus tard la première croisade. Des chevaliers, des moines, des hommes du peuple venus de toute l'Europe, dirigés par des chevaliers francs, Godefroy de Bouillon et Raymond de Toulouse, se lancent ainsi au secours des Byzantins et à la conquête de l'Orient.
Pour financer leurs équipements et assurer la protection de leurs familles pendant leur absence qui s'annonce longue, les croisés manquent naturellement d'argent. Le seul endroit où ils imaginent pouvoir en trouver, ce sont les coffres des prêteurs juifs. L'Église les exonère d'ailleurs de tout remboursement d'emprunts antérieurs. Cela ne suffit pas : certains recourent au pillage. Sur la route de Jérusalem, les croisés - surtout ceux d'Allemagne, mais pas seulement eux - détroussent les communautés qu'ils rencontrent, raflant argent, or, perles et jusqu'aux bijoux des morts déterrés. Les appels au calme de certains évêques, comme les protestations de l'empereur Conrad m à qui les Juifs allemands sont assujettis, n'y font rien. À partir du 30 mai 1096, les communautés de Cologne, Mayence, Worms, Spire, Strasbourg sont mises à sac et massacrées - souvent après des offres refusées de conversion. Parfois, pour prévenir viols et tortures, des batailles débouchent sur des suicides collectifs, comme à Cologne et à Worms. Au total, trente mille morts en l'espace de quelques semaines. Jamais rien de pareil n'est advenu, nulle part au monde, depuis les massacres de Judée, mille ans auparavant. On en discute fiévreusement en Provence, en Espagne, en Italie et en Europe centrale, régions relativement épargnées.
En arrivant en Terre sainte en 1098, les croisés trouvent, rangés derrière les armées seldjoukides, quelques rares communautés juives correctement traitées par l'Islam. Aussi, quand le 15 juillet 1099, après cinq semaines de siège, il s'empare de Jérusalem et massacre les habitants, Godefroy de Bouillon rassemble les quelques milliers de Juifs de la ville dans une des rares synagogues encore intactes, et y met le feu. Les autres Juifs pris les armes à la main sont vendus comme esclaves à des prix inférieurs à ceux des soldats musulmans pour bien marquer leur humiliante infériorité.
Une fois installé, le royaume chrétien n'institue pas de taxation particulière sur les Juifs et n'impose pas de discrimination aux survivants, hormis l'interdiction d'habiter Jérusalem. Leur participation à l'économie du royaume des croisés restera marginale.
Ibidem, p. 207-208.

6
(Chassé d'Espagne il découvre l'Amérique)
Au total, la plus grande partie des 145000 Juifs qui abandonnent la péninsule Ibérique finissent leur voyage en terre d'islam, dont 93 000 en Turquie et 30 000 au Maghreb (10 000 en Algérie et 20000 au Maroc) ; 9000 autres s'installent en Italie, 3 000 en France, 2 000 en Hollande, 2 000 en Égypte, 1 000 en Grèce, en Hongrie, en Pologne et dans les Balkans. Et 5 000 aux Amériques.
Car, à bord des caravelles de Colomb qui laissent derrière elles le port de Palos le 2 août 1492 - avec les derniers Juifs expulsés d'Espagne -, il y a au moins cinq Juifs baptisés à la hâte juste avant le départ : Alonso de la Cane ; Rodrigo Sanchez de Segovia, parent de Gabriel Sanchez, un des financiers du projet ; Marco, le chirurgien ; Bernal de Tortosa, médecin que l'Inquisition a relâché après l'avoir fait assister à la mort de sa femme ; et Luis de Torres, interprète pour le compte du gouverneur de Murcie, parlant l'hébreu, le chaldéen et l'arabe, dont la présence à bord de la Santa Maria n'a de sens que si Colomb espère retrouver l'Orient et ses tribus perdues, ou atteindre des terres déjà visitées par d'autres voyageurs juifs : qu' a-t-il donc appris des cartographes?
En débarquant dans la première grande île, baptisée par Colomb Hispafiola (aujourd'hui Saint-Domingue), Luis de Torres est envoyé en exploration par l'amiral qui lui remet des lettres de créance de la reine Isabelle et des cadeaux pour les princes de l'intérieur de ces terres nouvel1es :Luis ne découvre rien qui ressemble aux palais de Cipangu -le Japon - ni aux tribus perdues d'Israël. Il note la pratique de fumer des feuilles de tabac. Plus tard, il reviendra dans l'île comme agent du roi, obtiendra des terres du souverain local et y bâtira une sorte de petit empire avec Alonso de la Calle, l'un des cinq Juifs de la Santa Maria.
Ibidem, p. 258.

7
(Le point de vue des "Lumières")
Le 17 novembre 1787, Louis XVI charge Malesherbes, ministre d'État, de proposer une réforme du statut des Juifs de France. La même année, il les autorise à posséder des boutiques et à être admis dans les corporations. En 1788, des évêques s'inquiètent de la reconnaissance des non-catholiques : «Combien la révolution sera plus prompte encore dans les villes, au milieu des progrès effrayants de l'irreligion et de l'immortalité. »
À la veille de la Révolution, quarante mille Juifs résident ouvertement en France: cinq cents à Paris, vingt-cinq mille dans la « nation alsacienne », sept mille cinq cents en Lorraine, le reste en Guyenne et dans le Comtat Venaissin.
Les discussions entre les philosophes des Lumières traduisent aussi l'évolution du regard porté en France sur les Juifs : de moins en moins théologique, de plus en plus économique et politique. Il n'est pas spécialement aimable. En 1720, Montesquieu écrit : « Tu me demandes s'il y a des Juifs en France ? Sache que partout où il y a de l'argent, il y a des Juifs. »
En 1723, dans son Dictionnaire universel du commerce, Savary cite des proverbes désignant les Juifs comme de dangereux escrocs: «"Un vrai Juif" : marchand qui surfait et qui rançonne ; "tomber entre les mains des Juifs" : traiter avec des gens durs, tenaces et difficiles en affaires... » Il ajoute : « Les Juifs ont la réputation d'être très habiles dans le commerce ; mais aussi ils sont soupçonnés de ne pas le faire avec toute la probité et la fidélité possibles. Quoi qu'il en soit de ce reproche, il est certain que les nations mêmes qui sont les plus prévenues contre les Juifs, non seulement les souffrent parmi elles, mais semblent même se piquer d'en apprendre les secrets du négoce et d'en partager avec eux les profits. »
Dans l'édition de 1732 du Dictionnaire universel de Trévoux, on lit la définition suivante: « On dit "riche comme un Juif" pour dire qu'on est fort riche. On appelle aussi un marchand qui trompe ou qui rançonne, un "Juif', parce que les Juifs sont de grands usuriers, fripons et trompeurs. »
En 1764, dans une de ses lettres, reprise dans le Dictionnaire philosophique, Voltaire écrit: «Les Hébreux ont presque toujours été ou errants, ou brigands, ou esclaves, ou séditieux. Ils sont encore vagabonds aujourd'hui sur la terre, et en horreur aux hommes, assurant que le Ciel et la terre et tous les hommes ont été créés pour eux seuls [.. ,]. Vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition, et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. [,. ,] Vous [les Juifs] êtes des animaux calculants ; tâchez d'être des animaux pensants ! » Et, dans l'Essai sur les mœurs, il conclut : « On regarde les Juifs du même œil que nous voyons les Nègres, comme une espèce d'hommes inférieure. »
Ibidem, p. 327-328.

8
(Les juifs au commande des finances publiques britanniques)
De fait, dès le début du XVIème siècle, le judaïsme anglais est tout entier tourné vers la mise en place des finances publiques. Comme à chaque montée en puissance d'une nation, il n'est pas de prospérité privée qui ne soit précédée par l'instauration d'un Etat fort. Et i1 n'est pas d'Etat fort sans finances saines, donc sans financiers de confiance pour prêter à long terme. Tel va être, une fois de plus, comme si souvent dans l'histoire, le rôle des Juifs : bâtir les fondements financiers de la nouvelle puissance. La création de l'office de Lord Treasurer et la mise en place du Board of Treasury permettent d'organiser les finances publiques et de débarrasser l'État des intermédiaires féodaux qui le parasitent, cette kyrielle d'« officiers » ayant acheté leurs charges et incapables de financer l'État. S'amorce une sorte de nationalisation des finances publiques avec des Juifs aux commandes, apportant de l'extérieur les ressources nécessaires et aidant à les organiser.
En 1700, une première synagogue séfarade est édifiée à Londres, suivie d'une imprimerie de livres en hébreu. Ces deux piliers de toute communauté souveraine sont ainsi en place cinquante ans après l'avoir été aux Pays-Bas et un siècle avant qu'on ne les trouve en France.
La même année, un banquier juif hollandais, Sa1omon de Medina, est fait chevalier à Londres par Guillaume III. Medina a fait fortune en payant au maréchal de Marlborough, pendant toutes ses campagnes, une redevance annuelle de 6 000 livres sterling pour être le premier à apprendre de lui le sort des armes à l'issue des batailles de Ramillies, Oudenarde et Malplaquet (Blenheim pour les Anglais) - informations dont il tire aussitôt profit en Bourse. Tout est encore dans les réseaux de communication intellectuelle et marchande.
Et ces réseaux se reforment. D'autres marchands arrivent d'Amsterdam avec des marchandises venues du continent, qu'on échange encore contre des textiles de Manchester. The Spectator du 27 septembre 1712 découvre ce réseau qui n'a, en fait, pas cessé de fonctionner depuis plus de mille ans : «Les Juifs sont si disséminés à travers les ports commerciaux du monde qu'ils sont devenus les instruments par lesquels les nations les plus éloignées dialoguent les unes avec les autres et par lesquels l'humanité est maintenue en relation. Ils sont comme les chevilles et les clous d'un grand bâtiment, qui sont absolument indispensables pour que l'ensemble ne se disperse pas, bien que peu considérés. »
Et en effet, en Angleterre, malgré leur rôle essentiel dans l'éveil économique du pays, les Juifs sont encore «peu considérés ».
En 1753, un projet de Jewish Naturalization Bill, attribuant aux Juifs nés à l'étranger les mêmes droits qu'aux Juifs anglais, est rejeté. Cela n'empêche nullement nombre de Juifs d'Allemagne et de Pologne d'affluer en Angleterre. Beaucoup sont courtiers en marchandises (blé, colorants, épices, chanvre, soie) et en devises. D'autres, orfèvres ou banquiers ; certains se spécialisent dans le lancement d'emprunts d'État, mettant d'énormes sommes à la disposition de la Couronne. Parmi eux, un marchand venu d'Allemagne, Isaac Ricardo. La stabilité finan- cière et politique du pays, à laquelle ils participent, donne confiance aux prêteurs. Isaac de Pinto écrit en 1771 depuis Amsterdam, comme avec envie: « L'exactitude scrupuleuse et inviolable avec laquelle ces intérêts ont été payés et l'idée qu'on a de l'assurance parlementaire ont établi le crédit de l'Angleterre au point de faire des emprunts qui ont surpris et étonné l'Europe. » Il ajoute qu'en Angleterre «personne ne thésaurise plus dans des coffres-forts» et que «l'avare lui- même a découvert que faire circuler son bien, acheter des fonds d'État, des actions des grandes compagnies ou de la Banque d'Angleterre, vaut mieux que l'immobiliserl?».
La confiance est telle qu'en avril 1782, dans une situation financière difficile, le gouvernement anglais, qui cherche à emprunter trois millions de livres sterling, s'en voit offrir cinq! « Il a suffi d'un mot aux quatre ou cinq grosses firmes de la place de Londres.»
Ibidem, p. 339-340.

09
(L'Eden américain)
En 1728 s'ouvre la première synagogue en Amérique du Nord, à Philadelphie. Une autre voit le jour à Manhattan deux ans plus tard. En 1740, le Parlement britannique « autorise» les Juifs à s'établir dans les colonies anglaises... où ils sont déjà depuis plus d'un siècle ! De nombreux émigrants s'installent à Charleston, à Savannah, à Newport où une forte communauté de marchands tient le commerce des esclaves et du rhum. En 1750, on dénombre deux mille cinq cents Juifs dans toute l'Amérique du Nord. En 1768 est édifiée la première synagogue du Canada, celle de Shearith Issael à Montréal. Vers 1770, Aaron Lopez (le premier Juif naturalisé, en 1762, citoyen du Massachuets) à Newport, Isaac da Costa à Charleston participent, avec d'autres, au commerce d'esclaves.
Comme on utilise plusieurs devises avec des taux de change qui varient sans cesse, et comme on paie aussi bien en argent qu'en grains ou en fourrures, quelques Juifs deviennent, avec d'autres, courtiers. Ils encaissent des chèques, transfèrent de l'argent à l'étranger, achètent et revendent des obligations d'État et des marchandises. Comme en Angleterre à la même époque, certains assurent la mise en place d'une trésorerie publique, instrument essentiel de la souveraineté : pas d' État sans budget, c'est-à-dire sans impôt et sans capacité d'emprunter.
C'est d'ailleurs par l'impôt que commence en 1773 la guerre d'Indépendance : un groupe de colons, pour protester contre les droits de douane sur le thé, jettent à la mer la cargaison d'un bateau anglais ancré dans le port de Boston. Le 19 avril 1775, la bataille de Lexington marque le début des hostilités. La déclaration d'Indépendance, le 4juillet 1776, fait des États-Unis d'Amérique le premier pays au monde à accorder aux Juifs une totale égalité politique .
John Locke, qui a rédigé dès 1670 la Constitution des deux Carolines, y a inclus un article protégeant « les Juifs, païens et autres dissidents ». La Constitution de Pennsylvanie, composée en 1681 par William Penn et qui servira de modèle à celle des États-Unis, stipule dans son article 9 : «Tous les hommes ont reçu de la Nature le droit imprescriptible d'adorer le Tout-Puissant selon les inspirations de leur conscience.» Celle de Virginie, rédigée en 1776, affirme quant à elle: «L'homme peut bénéficier du libre exercice de la religion selon sa conscience."
Ibidem, p. 341-342.

10
(Un juif antisémite : Karl Marx)
Après l'amalgame entre Juif, argent et pouvoir d'État, voici celui entre Juif, argent et exploitation capitaliste. Alors que la doctrine juive impose aux communautés d'être utiles au monde, on les accuse de vouloir détruire. Tout comme le seul remède possible à la faillite a été l'élimination des Pereire, ici le seul remède à l'exploitation est, pense-t -on, la disparition du judaïsme, supposée entraîner celle du capitalisme. Ce lien entre capita- lisme et judaïsme, à détruire l'un par l'autre, constitue la thèse d'un jeune philosophe né dans une famille de rabbis et de marchands juifs de Trèves (son père est Hirschel Ha Levi, sa mère Henrietta Pressburg Hirshel) converti au protestantisme quand il avait six ans. En 1844, quatre ans avant le Manifeste qui le rendra universellement célèbre, Karl Marx - puisque c'est de lui qu'il s'agit - publie Sur la question juive, en réponse à Bruno Bauer qui, l'année précédente, proposait aux Juifs de s'assimiler pour s'émanciper.
Pour Marx, le Juif est la matrice du capitalisme; l'assimiler ne changerait donc rien à son statut. il ne peut s'émanciper qu'avec la disparition conjointe du capitalisme et du judaïsme. Dans ce texte épouvantable, l'une des sources involontaires de l'antisémitisme économique moderne, on peut lire27O: «Ne cherchons pas le secret du Juif dans sa religion, mais cherchons le secret de la religion dans le Juif réel. Quel est le fond profane du judaïsme? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif? Le trafic. Quel est son dieu profane? L'argent. [...] La nationalité chimérique du Juif est la nationa- lité du commerçant, de l'homme d'argent. Le judaïsme n'atteint son apogée qu'avec la perfection de la société bour- geoise ; mais la société bourgeoise n'atteint sa perfection que dans le monde chrétien [...]. Le christianisme est issu du judaïsme~ et i~a fini par se ramener au judaïsme. [...] Ce n'est donc pas Seulement dans le Pentateuque et le Talmud, c'est dans la société actuelle que nous trouvons l'essence du Juif de nos jours. [...] L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister. » Et Marx d'esquisser la théorie du capital, qu'il développera si longuement trente ans plus tard: «L'argent abaisse tous les dieux de l'homme et les change en marchandise. L'argent est la valeur générale et cons- tituée en soi de toutes choses27o. »
Puis, par un jeu sur le mot « émancipation », Marx entend démontrer que la libération du Juif implique que la société se libère du judaïsme: «L'émancipation politique du Juif, du chrétien, de l'homme religieux, en un mot, c'est l'émancipation de l'État à l'égard du judaïsme, du christianisme, de la religion en général27O. » Autrement dit, pour émanciper les Juifs - et avec eux les autres croyants -, il faut en finir avec toutes les religions et avec le capitalisme qu'elles fondent.
Dans ce texte terrible, Marx explique que judaïsme et argent sont inséparables, qu'on ne peut éliminer l'un sans éliminer l'autre, que le travailleur peut, par une révolution contre la propriété privée, en même temps libérer de Dieu et du capital. Bref, par son combat, « le travailleur peut se rendre libre ».
Anticapitalisme et antijudaïsme se mêlent ainsi dans une confusion dont beaucoup se nourriront après Marx. En effet, si pour lui c'est l'élimination du capitalisme qui entraînera celle du judaïsme, pour d'autres278, la réciproque sera également vérifiée: éliminer le judaïsme - c'est-à-dire, pour eux, les Juifs - permettra de se débarrasser du capitalisme dont les Juifs sont la source.
Ibidem, p. 385-387.

11
(Epilogue)
Cette histoire ne parle donc pas seulement d'un peuple démographiquement dérisoire, mais elle révèle le rôle de toutes les minorités dans l'histoire humaine. Elle souligne le dilemme auquel sont tôt ou tard confrontés tous les peuples : disparaître dans l'indifférence de l'uniformité ou mourir de l'intolérance à la singularité. Elle annonce la transformation en dernière instance de toutes choses et de toutes relations socia1es en argent, la conversion de tous aux cultures dominantes. Elle souligne la menace qui plane sur toutes les minorités, désignées comme boucs émissaires par ceux dont elles défient les conservatismes, enviées parce qu'elles durent et persécutées pour ce qu'elles donnent. Elle montre aussi que les diasporas qui réussissent sont celles qui attachent le plus d'importance à l'éducation, à la mémoire, à l'excellence, à la longue durée, au respect des autres. Elle indique que l'avenir appartient aux nations ouvertes aux diasporas des autres et aux leurs propres. Elle illustre le fait qu'il n'y a pas de sédentaires sans nomades, ni de nomades sans sédentaires. Elle annonce enfin que l'Occident n'a intérêt à la paix avec l'Islam et l'Orient que s'il est prêt à s'ouvrir à leurs cultures et à leurs diasporas.
Tous les peuples du monde seront confrontés, d'une façon ou d'une autre, à ces enjeux. Tous ont une dimension à la fois nomade et sédentaire, avec une diaspora plus ou moins impor- tante. Tous seront mêlés à ces diverses formes de guerre ; le terrorisme nomade n'épargnera personne. Tous seront confrontés à l'exigence de se définir par une identité culturelle, par une langue, et non pas seulement par un territoire. Aucun ne pourra, sauf en se ghettoïsant, être autre chose que le creuset d'un métissage. Tous devront redonner du sens à des valeurs éthiques, à des morales, pour servir de garde-fous dans les folies du monde. L'histoire du peuple juif, dans ses rapports avec l'argent et le monde, n'est qu'une avant-garde, précieuse pour tous, par les lois qu'elle enseigne, de ce qui attend chacun.
C'est encore en Orient que se trouvent aujourd'hui les diasporas les plus prometteuses. D'abord la chinoise, vingt fois plus nombreuse que la juive, trente fois plus riche qu'elle, tout aussi orientée vers la famille, l'éducation, l'effort, tout aussi capable de se nourrir des autres en protégeant son identité.
Demain, la mondialisation poussera à la multiplication de telles diasporas, tantôt disparaissant dans les nations qui les accueillent, tantôt renouvelées par de nouveaux apports d'immigrants, parfois sans racines, parfois sans nation. De cette mosaïque mouvante sera fait le monde. Il ne pourra survivre qu'en s'acceptant comme tel, qu'en apprenant à chacun ce qu'il doit attendre des autres et ce qu'il doit leur donner.
Au moins, que l'histoire des Juifs, du monde et de l'argent enseigne cette leçon : tout homme a besoin des autres pour être sauvé.
Ibidem, p. 590-591.

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Biographie

Date et lieu de naissance : 1er novembre 1943, Alger (Algérie)
Etudes : 1963-1965 : Polytechnique
1965-1967 : IEP de Paris
1966-1968 : Ecole des Mines de Paris
1968-1970 : ENA
1979 : Docteur d'Etat en sciences économiques à l'Université de Paris IX Dauphine
Fonctions actuelles : Président de Attali and Associés Président de PlanetFinance

Ingénieur des Mines de 1966 à 1970, Jacques Attali est nommé, en 1970, au Conseil d’État en tant qu’Auditeur ; il devient Maître des Requêtes en 1977 et Conseiller en 1989. Simultanément, entre 1970 et 1985, il enseigne les Sciences Économiques à l’École Polytechnique, à l’École des Ponts et Chaussées, à l’École du Génie Rural et à l’Université de Paris IX-Dauphine. De mai 1981 à avril 1991, il est Conseiller Spécial du Président de la République Française.
Entre avril 1991 et juin 1993, il est Fondateur et premier Président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) à Londres et, à partir de juin 1993, il est Conseiller d’État.
En 1997, il assure la présidence de la Commission de réforme du système d’enseignement supérieur français.
Il est actuellement président de A&A.

Cursus universitaire
1963-1965 : École Polytechnique (Major de la promotion 1963)
1965-1967 : Institut d’Études Politiques de Paris
1966-1968 : École des Mines de Paris
1968-1970 : École Nationale d’Administration
1979 : Docteur d’État en Sciences Économiques à l’Université de Paris IX- Dauphine
Jacques Attali est docteur Honoris Causa de l’Université de Kent (U.K.) et de l’Université d’Haïfa (Israël). Il est membre de l’Académie Internationale des Cultures et chevalier de la Légion d’honneur.

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Bibliographie officielle (2000)

Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973.
Modèles politiques, PUF, 1974.
L'Anti-économique (avec Marc Guillaume), PUF, 1975.
La Parole et l'Outil, PUF, 1976.
Bruits, PUF, 1977, nouvelle édition Fayard, 2000.
La Nouvelle Économiefrançaise, Flammarion, 1978.
L'Ordre cannibale, Grasset, 1979.
Les Trois Mondes, Fayard, 1981.
Histoire du temps, Fayard, 1982.
La Figure de Fraser, Fayard, 1984.
Un homme d'influence, Fayard, 1985.
Au propre et au figuré, Fayard, 1988.
La Vie éternelle, roman, Fayard, 1989.
Lignes d'horizon, Fayard, 1990.
Le Premier Jour après moi, roman, Fayard, 1990.
1492, Fayard, 1991.
Verbatim l, Fayard, 1993.
Europe(s), Fayard, 1994.
Il viendra, roman, Fayard, 1994.
Économie de l'apocalypse, Fayard, 1994.
Verbatim II, Fayard, 1995.
Verbatim III, Fayard, 1995.
Manuel, l'enfant-rêve (ill. par Philippe Druillet), Stock, 1995.
Chemins de sagesse, Fayard, 1996.
Au-delà de nulle part, roman, Fayard, 1997.
Mémoires de sabliers, éditions de l'Amateur, 1997.
Dictionnaire du XXI siècle, Fayard, 1998.
Les Portes du Ciel, théâtre, Fayard, 1999.
La Femme du menteur, roman, Fayard, 1999.
Fraternités, Fayard, 1999.
Blaise Pascal ou le génie français, Fayard, 2000.

Bruits par Jacques Attali (Broché - 3 mai 2001)
Un homme d'influence par Jacques Attali (Broché - 29 juin 2001)
Les juifs, le monde et l'argent par Jacques Attali (Relié - 15 janvier 2002)
La Confrérie des Eveillés par Jacques Attali (Broché - 13 octobre 2004)
Karl Marx ou l'esprit du monde par Jacques Attali (Broché - 11 mai 2005)
C'était François Mitterrand par Jacques Attali (Broché - 1 octobre 2005)
Une brève histoire de l'avenir par Jacques Attali (Broché - 31 octobre 2006)
Gândhî ou l'éveil des humiliés : Biographie par Jacques Attali (Broché - 24 octobre 2007)

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Une commission cosmopolite et hétéroclite Libération, QUOTIDIEN : jeudi 30 août 2007, p. 4

Au sein de sa commission, Jacques Attali sera notamment entouré de la conservatrice espagnole Ana Palacio, ancienne ministre des Affaires étrangères, de l’ex-ministre italien de gauche Franco Bassanini, et de Mario Monti, ancien commissaire à la Concurrence, italien lui aussi.
Ils y côtoieront, outre Boris Cyrulnik, Theodore Zeldin, écrivain, de grands patrons, comme le PDG de Nestlé, Peter Brabeck, ou celui de Volvo, et des syndicalistes comme l’ancien secrétaire général de la CFDT, Jean Kaspar.
Parmi les rares économistes : Philippe Aghion, professeur à Harvard, et Christian de Boissieu, président du Conseil d’analyse économique.

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Jacques Attali fait l’économie des économistes
A la tête d’une commission sur les freins à la croissance, il s’en prend à ces experts qualifiés de «rebouteux».
Par Christian Losson et Grégory Schneider, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 30 août 2007, p. 4

Jacques Attali aime faire parler de lui.
Il le fera doublement aujourd’hui. D’abord parce qu’il installe sa commission sur «les freins de la croissance», dont il a pris la tête à l’appel de l’Elysée. Et dans laquelle 40 personnalités, dont une ridicule poignée d’économistes (lire encadré) vont plancher jusqu’à décembre, date de remise d’un rapport destiné à «libérer» une croissance française qui, loin de décoller, a tendance à piquer du nez.

«Art de se vendre».

Il le fera doublement aussi parce que dans son édito hebdomadaire dans l’Express, repris sur son blog (1), Attali étrille les économistes avec une vigueur vitrioleuse. «Leur réputation est sulfureuse et chacun les considère au mieux comme des experts aussi doués que les météorologues et au pire comme des rebouteux, estime Attali. Et, comme le disait très justement un des meilleurs prêtres de cette église […], Kenneth Boulding, Un économiste est un expert qui saura parfaitement vous expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas passé aujourd’hui’’.»

Pourquoi une telle sortie, la veille d’une mission chargée, justement, de se pencher sur l’économie ? «Je n’y ai même pas pensé, confie Attali. Même si je suis sûr que vous allez adorer faire monter la sauce. J’ai fait un premier livre sur la question il y a trente-cinq ans et il se trouve que c’est un des rares sujets sur lequel je n’ai pas changé d’avis.»
Il persiste plutôt. «Cette science n’excelle que dans l’art de se vendre : comme le disait un des plus lucides de ses maîtres, John Kenneth Galbraith ! Un économiste, c’est quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle, et qui vous fait sentir que c’est de votre faute .»

La sortie de l’ex-sherpa de Mitterrand commence à susciter un tollé parmi les intéressés. Qui ne s’étonnent plus, du coup, de ne voir qu’une poignée d’entre eux figurer au sein de la commission.

«Démagogie».

Premier à réagir, Olivier Bouba-Olga (2), professeur à Poitiers et à Sciences-po Paris. «Le discours d’Attali rejoint celui de Sarkozy, qui assure ne rien comprendre à la théorie économique et qu’il faut s’inspirer de ce qui marche, souffle-t-il. Bien sûr, si vous avez une panne de voiture, vous irez sûrement voir un garagiste, mais s’agissant d’économie, pourquoi diable demander leur avis aux économistes ?»

Directrice du laboratoire d’économie d’Orléans, Anne Lavigne, trouve, elle, que les diatribes d’Attali ne sont que «démagogie et populisme, de l’anti-intellectualisme». «On attend des économistes qu’il vous balance les prévisions du Cac 40 pour fin 2007 ou trouve des formules magiques, simples, note-t-elle. Or, être économiste, c’est aussi faire de la recherche, des hypothèses, des analyses.»

Dans son blog (3), son dernier post daté de trois jours, s’intitule : «Economistes, préparez votre reconversion», dans lequel elle revient sur les attaques du ministre de l’Education, Xavier Darcos, contre les «filières sans débouchés», comme «l’économique et le social», ou les piques de l’UMP Jean-François Copé, contre le Conseil d’analyse économique…

«Ecrivailleurs».

«Il ne faut pas jeter l’anathème sur une profession, regrette Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l’Institut d’études politiques. Ces arguments ne sont ni très convaincants, ni très scientifiques.»
Si Jacques Attali cite Galbraith, Fitoussi convoque lui Keynes : «Généralement, les hommes politiques ou les technocrates sont victimes de la pensée d’un écrivailleur universitaire défunt il y a quelques décennies», rappelle-t-il.

Economiste de banque, Marc Touati, abonde : « Les freins à la croissance, on les connaît depuis trente ans. Le truc d’Attali, avec ses économistes de salon, c’est un énième rapport destiné à finir dans un tiroir comme celui de Camdessus [ex-patron du Fonds monétaires international, ndlr]. Le drame français, c’est l’instrumentalisation de l’économie à des fins politiques.»
(1) blogs. lexpress. fr/attali (2) obouba. over-blog. com (3) legizmoblog. blogspot. com

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Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand «je veux servir la france, en train de couler»
Magazine Challenges | 30.08.2007 | p. 35

Jacques Attali s'est vu confier par Nicolas Sarkozy la tête de la nouvelle Commission pour la libération de la croissance française (CLCF), installée le 30 août (2007).
L'ancien conseiller de François Mitterrand tente vigoureusement de défendre le principe d'une énième commission sur le sujet.

Challenges. Que venez-vous faire dans cette commission ?

Jacques Attali. C'est une occasion qui m'est donnée de servir mon pays.
Je ne vois pas de raison de la refuser.
On m'a demandé de créer une commission afin de proposer un ensemble de réformes pour que la France cesse de croître deux fois moins vite que ses voisins et cinq fois moins vite que les plus grands pays.
Je ne suis pas sûr d'apporter quelque chose d'original, mais j'ai réussi à rassembler une équipe formidable de chefs d'entreprise, de sociologues, d'économistes, de syndicalistes. Et je veux essayer.

Mais combien de commissions ont déjà rendu des rapports comparables ?

Vous avez raison. J'ai d'ailleurs commencé par faire parvenir à tous nos membres un résumé des rapports innombrables qu'il y a eu sur la question.
Il ne s'agit pas de redire ce qui a été dit, mais de savoir pourquoi ce qui a été proposé n'a pas été fait.
Le rapport Rueff-Armand de 1960 sur les obstacles à la croissance, auquel on compare ma commission, contenait beaucoup de propositions dont aucune n'a été appliquée.
Petit exemple : le rapport préconisait de faire passer le nombre de taxis parisiens de 17 000 à 22 000, cela n'a jamais été fait, et il y a aujourd'hui moins de taxis qu'à l'époque.
Il y a un grand risque que notre travail ne soit qu'un rapport de plus, ma mission sera justement que ce ne soit pas le cas.

Vous réfléchissez depuis longtemps aux questions de croissance. Vos idées ne sont-elles pas déjà formées ?

On peut dire cela.
J'ai d'ailleurs écrit un livre sur le sujet il y a moins d'un an.
Mais c'est la première fois qu'est réunie une équipe aussi diversifiée, incluant des étrangers, des sociologues et même un psychanalyste qui travailleront ensemble.
La France ne peut pas échapper à cette question fondamentale : comment peut-on passer de 2 à 5% de croissance ?

D'accord, mais la réponse est, avant tout, politique. Il y aura, d'un côté, ceux qui vous diront de libérer les forces de travail, de l'autre, de mieux les partager...

Il est important de regarder ce qui s'est fait dans d'autres pays depuis deux ou trois ans.
En Italie par exemple. C'est pour cela que j'ai demandé à Franco Bassanini, l'ancien ministre de la Fonction publique de Romano Prodi, de nous rejoindre.
L'Espagne, le Canada, l'Allemagne, la Suède ont, eux aussi, mené de fantastiques réformes de l'Etat en baissant les coûts sans perdre en efficacité.

Il faut dépasser les clivages partisans et se rendre compte que notre pays est en train de couler, parce qu'il croît moins vite que les autres.
Il ne pourra se remettre à niveau qu'en se réformant profondément.
Notre rôle, c'est de le faire savoir.
D'ailleurs, nous allons créer un site avec 19 blogs qui permettront aux Français de participer au débat.
Stéphane Soumier (BFM)

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Le rapport Attali prône la relance de l'immigration, révèle la presse
AFP - Jeudi 10 janvier, 08h36PARIS (AFP) -

La relance de l'immigration et la disparition progressive des départements sont deux des mesures phares que Jacques Attali proposera à Nicolas Sarkozy dans son rapport sur la libération de la croissance, révèle jeudi Le Figaro.

Le recours à l'immigration serait justifié par la nécessité de "faire face à un marché du travail en tension" et par le fait que "l'immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance", écrit le quotidien.

Le rapport de la commission pour la libération de la croissance, dont Le Figaro assure avoir eu connaissance, doit être remis par son président Jacques Attali à Nicolas Sarkozy le 23 janvier.

L'ancien sherpa de François Mitterrand préconiserait également de faire "progressivement disparaître" les départements. Les membres de la commission considèrent en effet que "cet échelon administratif, créé en 1790, est aujourd'hui dépassé", selon le quotidien. Ils proposent que les compétences exercées par les conseils généraux soient dévolues aux Régions et aux structures intercommunales.

Le rapport Attali devrait compter "plus de trois cents propositions", affirme également Le Figaro. La commission avait rendu ses premières propositions sur la distribution et l'immobilier à la mi-octobre.

Le rapport d'étape établissait notamment un constat d'"échec" des lois Galland, Royer et Raffarin sur les prix, la création d'emplois et la protection du petit commerce, estimant qu'"une abrogation de ces lois serait positive pour la croissance".

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QU'EST-IL DEVENU? L'ex-PDG d'Air France travaille pour un fonds américain Le Parisien, jeudi 9 avril 2009, p. 5 MARC LOMAZZI

RAPPEL DES FAITS. L'ex-PDG d'Air France Bernard Attali a démissionné à l'automne 1993. Il est aujourd'hui conseiller en France de Texas Pacifie Group (TPG).

A 65 ANS, Bernard Attali est (beaucoup) plus discret que Jacques, son frère jumeau. Bernard, l'ancien patron des assurances GAN, s'est rendu célèbre en prenant en 1988 les rênes d'Air France alors que la compagnie nationale absorbe Air Inter et UTA.

IL jette l'éponge cinq ans plus tard, après une grève épique de deux semaines. On le donne alors au Club Méditerranée.
Enarque et diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il rebondira à la banque Arjil, avant de devenir le vice-président Europe de la deustche Bank (banque d'investissements).
Il bifurque ensuite vers le monde de la finance. En novembre 2003, Bernard Attali se met en disponibilité de la Cour des comptes pour rejoindre Texas Pacific Group (TPG).

Il est depuis lors « senior advisor » (conseiller principal) de ce fonds américain d'investissement, l'un des plus importants du monde, qui se fit remarquer en France en mettant la main sur Gemplus, le numéro un mondial des cartes à puce.
Dans cette fonction, Bernard Attali a renoué avec ses anciennes amours. Au cours des dernières années TPG s'est intéressé au transport aérien en étant candidat, un temps, au rachat de la compagnie espagnole Iberia puis d'Alitalia

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16/10/2010 09:12 - Modifié le 16/10/2010 à 15:42 | Jean-Pierre Bédéï ladepêche.fr Le docteur Attali et sa potion contre le déficit

L'amère potion du docteur Attali Jacques Attali a remis à Nicolas Sarkozy un rapport sur la croissance dans lequel il préconise des mesures portant atteinte au pouvoir d'achat des fonctionnaires, aux prestations sociales, et prévoyant la participation financière des malades de longue durée.

En remettant hier soir à Nicolas Sarkozy son rapport de la commission sur la croissance qu'il préside, Jacques Attali a frappé fort. Il a formulé vingt-cinq propositions qui, visant principalement la réduction des déficits, renforcent l'austérité. Les pistes qu'il envisage ciblent notamment les fonctionnaires, les prestations sociales, les allocations familiales et la santé (voir ci-dessous).

Ces propositions, que Nicolas Sarkozy examinera sans forcément les reprendre à son compte, ont déjà déclenché des réactions hostiles de la part des syndicats de fonctionnaires qui voient dans gel jusqu'en 2013 de leur point d'indice, base de calcul des salaires,un nouveau «matraquage» de la Fonction publique.

D'autant que le gouvernement considère que le point d'indice n'est qu'un élément de la rémunération des fonctionnaires, qui outre le traitement indiciaire, compte aussi les primes (avancements, primes de fonction et de résultats, etc.), les avantages sociaux, les mesures catégorielles, etc. «Au nom de la crise, on nous met beaucoup de choses sur le dos», souligne aussi Anne Baltazar (FO), qui rappelle que «déjà avec la réforme des retraites, les fonctionnaires sont attaqués sur leur pouvoir d'achat», avec l'augmentation de leur taux de cotisation de 7,85% à 10,55% comme dans le privé, sur 10 ans.

« Si le gel du point d'indice se confirmait, le gouvernement prendrait le risque d'un affrontement majeur», a menacé Jean-Marc Canon (CGT). «Cela devient facile, quand il faut faire des économies, on vise les salaires des fonctionnaires», remarque aussi Mylène Jacquot (CFDT), soulignant une situation déjà difficile sur le terrain avec le non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, qui a fait fondre les effectifs de 100.000 personnes en trois ans.

Le rapport Attali prévoit également la mise sous conditions de ressources des allocations familiales. Cette fois, c'est Nadine Morano,secrétaire d'État à la Famille, qui est montée au créneau :«Les allocations familiales sont universelles et ne sont pas octroyées en fonction des revenus, donc il n'est pas question de prendre en compte cette préconisation.» Quant au PC, il s'indigne : «Jacques Attali, fidèle à lui même, est victime de bouffées ultralibérales délirantes.»

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Attali : "est-ce que l'euro existera toujours à Noël ?" le 25 novembre 2011 à 11h00 , mis à jour le 25 novembre 2011 à 15h04 tf1news.fr

Il y a urgence. Voilà, peu ou prou le message que veut faire passer l'économiste Jacques Attali dans une interview au quotidien 20 Minutes vendredi. Selon lui, "on va au désastre".

"Aujourd'hui, la note (le AAA français, ndlr) est perdue. La question désormais est la suivante : "est-ce que l'euro existera toujours à Noël ?" Il y a plus d'une chance sur deux pour que la monnaie unique ne soit plus là ou du moins qu'elle soit en train de se défaire."

Pour Jacques Attali, il y a urgence à agir en Europe. L'économiste répondait aux questions de quotidien 20 Minutes de vendredi.

La troisième principale agence de notation estime mercredi que la note de la France serait fragilisée si la crise de la zone euro s'aggravait et entraînait l'utilisation de la totalité des engagements français du fonds de sauvetage européen.

Il préconise un plan à trois niveaux : permettre à la Banque Centrale européenne de racheter des obligations d'Etat, contrôler les déficits des autres pays européens - "c'est-à-dire perdre de la souveraineté au bénéfice des autres et pas des marchés" - et réformer les traités pour permettre à l'Europe d'avoir des recettes fiscales et d'émettre des euro-obligations.

Plus de rigueur en France ?

Si ce premier point a été repoussé jeudi par le trio franco-germano-italien, les deux autres aspects sont sur la table des négociateurs avant le prochain sommet européen du 9 décembre (Voir l'article : Berlin, Paris et Rome réunis pour une sortie de crise : qu'en est-il ressorti ?).

Quant à la France, selon Jacques Attali, le gouvernement devra mettre en place un nouveau plan de rigueur avant la présidentielle. le 25 novembre 2011 à 11:00

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Hollande a-t-il été convaincant? Le match des éditorialistes H.F. Le 06/05/2014 à 13:46 Mis à jour le 07/05/2014 à 7:50 http://www.bfmtv.com/politique/hollande-bfmtv-match-editorialistes-768845.html

Deux ans jour pour jour après son élection, François Hollande était l'invité mardi matin de BFMTV et RMC. Le président le plus impopulaire de la Ve République a dit comprendre l'impatience des Français à son égard et demandé à être jugé à la fin de son quinquennat, en 2017.
A-t-il été convaincant? Le point de vue de nos éditorialistes Ruth Elkrief et Eric Brunet.

Hollande a-t-il été convaincant sur le fond ?

Eric Brunet: "Non. Sur les 28 pays d’Europe, la France est le seul qui n’a jamais eu le courage d’entrer dans l’austérité. Dans l’intervention de François Hollande, je n’ai pas entendu l’annonce d’une véritable réforme structurelle. Les réformes picrocholines annoncées sont dignes de Jacques Chirac. Les petites mesures concernant la simplification du mille-feuille administratif, relèvent de l’anecdote. Assez curieusement, le Président s’est fait le commentateur de son action politique. Il s’est décerné des satisfécits.
Il a même amorcé une autocritique pathétique: je n’ai pas assez communiqué, et je ne suis pas allé assez vite, a-t-il argué en substance. C’est tout sauf une autocritique, car c’est le genre d’argument qu’on met en avant quand on est content de soi."

Ruth Elkrief : "Sur le fond, François Hollande a fait, ce mardi matin, un mea culpa. Son message? Il a des regrets ne pas être allé assez loin et assez vite... Pour l'an III de son quinquennat, le chef de l'Etat promet d'accélérer et d'aller encore plus loin. Concrètement, François Hollande espère des résultats rapides pour crédibiliser l'ensemble de sa politique."

Le Président a-t-il su insuffler un nouveau souffle?

Ruth Elkrief : "François Hollande était très à l'aise face à la contradiction: le style de Jean-Jacques Bourdin lui a réussi. Le président de la République a été mis en valeur par les questions directes et le ton "punchy" du journaliste de BFMTV et RMC. En fait depuis que François Hollande est président, il s'était contenté d'une communication solennelle et convenue. Aujourd'hui, il n'a 'plus rien à perdre', pour reprendre ses propres termes. Il doit se livrer à une sorte de corps à corps avec les électeurs pour tenter de les reconquérir".
"François Hollande était satisfait en sortant, il a dit: 'j'ai trouvé, ce que j'étais venu chercher, la contradiction et la proximité avec les auditeurs' ".

Eric Brunet : "Il a été extraordinaire. Le président de la République, hyper communicant, c’est lui, pas Nicolas Sarkozy."
"Quand Jean-Jacques Bourdin l’interroge sur ses échecs depuis 2012, il ose répondre: 'quels échecs?'. Alors que François Hollande a fait montre d’une incroyable apathie pendant deux ans, alors que la France ne sait rien sur la façon dont ce gouvernement va économiser 50 milliards d’euros, il parle maintenant d’alléger les impôts. Il donne le sentiment d’un Président hyper actif, sur la brèche, 'le Président du rebond', dit-il…
C’est fascinant pour cet héritier de Jacques Chirac, qui a osé lancé des réformes pour l’année 2020 et même 2021… Alors qu’en Italie, Matteo Renzi enclenche les réformes pour l’année prochaine."

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La droite, sans vergogne… le 4 mai 2014 16H00 | par Jacques Attali http://blogs.lexpress.fr/attali/2014/05/04/la-droite-sans-vergogne/

Que le président actuel, et ses gouvernements successifs, n’aient pas encore réussi à sauver le pays, personne ne peut le contester : le chômage a, depuis 2 ans, augmenté de 500.000 personnes et la dette publique de 150 milliards ; le déficit extérieur atteint des niveaux extrêmes. Les départs de cadres, de jeunes, de chercheurs, de fortunes, de centre de décisions, se sont accélérés. Et, depuis deux ans, les réformes tardent à commencer.

Mais la droite française est la plus mal placée pour le dénoncer. Ses dirigeants ont pourtant atteint le sommet de l’impudeur avec leurs déclarations au moment du débat au Parlement du plan d’économies. Selon eux, la gauche n’aurait fait, depuis deux ans, que défaire un pays où tout allait bien. Et on les a entendus, sans vergogne, recommander à la gauche de se lancer d’urgence dans des réformes qu’ils n’avaient pas osé entreprendre quand ils étaient au pouvoir.

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Mon profil http://blogs.lexpress.fr/attali/about/ (notedt, très modeste ...)

Professeur, écrivain, conseiller d’Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993, je suis maintenant président de A&A, société internationale de conseils, spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance, organisation internationale à but non lucratif, rassemblant l’ensemble des institutions de microfinance du monde.

J’ai fondé en 1980 Action Contre la Faim; en 1984 le programme européen Eurêka (programme majeur européen sur les nouvelles technologies qui a inventé, entre autres, le MP3). J’ai aussi lancé, en 1989, un programme international d’action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh.

Ensuite, j’ai conseillé le secrétaire général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire.

Je suis à l’origine de la réforme de l’enseignement supérieure, dite LMD, qui harmonise tous les diplômes européens. Docteur d’Etat en Sciences économiques, je suis diplômé de l’Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l’Ecole des Mines, de l’Institut d’Etudes Politiques et de l’Ecole Nationale de l’Administration.

J’ai enseigné l’économie théorique à l’Ecole Polytechnique, à l’École des Ponts et Chaussées et à l’Université Paris-Dauphine. Je suis docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie Internationale des Cultures.

Je suis chroniqueur à L’Express et l’
auteur de plus de cinquante livres, traduits dans plus de vingt langues et diffusés à plus six millions d’exemplaires dans le monde entier: des essais (traitant de sujets variés allant de l’économie mathématique à la musique), des romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre.

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