Contre l'Union de la méditerranée de Sarkozy (Janvier 2008)
Contre Poutine (pour l'usaphile Kasparov Novembre 2007)
Angela déteste Nicolas (Octobre 2007)
Angela Kasner se rend à Yad Vashem (1er avril 2007)
Angela Dorothea Kasner, divorcée Merkel (1982), remariée le 30 décembre 1998 avec le professeur de chimie Joachim Sauer
10 octobre 2005 : Chancelière

Ancienne responsable de la "culture et de l'agit-prop" aux Jeunesses communistes de l'Allemagne de l'Est, puis social-démocrate à l'Est (porte-parole du dernier gouvernement social-démocrate que pilote Lothar de Maizière, 1990), puis démocrate-chrétienne à l'Ouest (1990).
Favorite du chancelier Helmut Kohl, qui fait d'elle une ministre des Femmes et de la Jeunesse (1990), elle le tue politiquement en 1999, et est élue en 2000 présidente de la CDU-CSU (démocrates-chrétiens).
Chancelière de la RFA en 2005, après une difficile victoire contre les sociaux-démocrates SPD, affaiblis gràce à l'emergence d'un parti d'extrême-gauche composé d'anciens communistes de l'Est et de gauchistes de l'Ouest.

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Un nouveau visage pour l’Allemagne
La vie d’Angela Merkel a été bouleversée le soir du 9 novembre 1989. Sa vie, comme celle de 16 millions d’Allemands de l’Est qui choisirent de passer à l’Ouest. Sans la chute du Mur, cette jeune femme, fille d’un pasteur évangélique de Templin, un village de la Uckermark, serait restée une obscure enseignante en physique à l’université de Berlin-Est.
C’est le chancelier Kohl, l’homme de l’unification, en quête de personnalités jaillies de cet «autre monde», qui lui met le pied à l’étrier durant l’hiver 1990. Dès lors, le parcours d’Angela Merkel sera exemplaire ! Elle est d’abord porte-parole du dernier gouvernement social-démocrate que pilote Lothar de Maizière dans les derniers souffles de la République démocratique allemande (RDA), avant d’être promue, moins d’un an plus tard, ministre de la Jeunesse et de la Condition féminine.
A 44 ans, elle devient secrétaire générale de la CDU (Union chrétienne démocrate, qui est le pilier de la droite d’outre-Rhin), puis chef de file des élus de la droite chrétienne au Parlement. Aujourd’hui, à 50 ans, la voilà première femme et plus jeune candidate au plus important poste de responsabilité politique du pays : la Chancellerie.

Mais qui est Angela Merkel, celle que les milieux politiques ont baptisée, avec une certaine condescendance, «das Mädchen» (la gamine) ?

Longtemps elle a été desservie par son image d’ «Ossi». C’est ainsi que les Allemands de l’Ouest nomment «ceux de l’Est», ceux de l’ex-RDA, perçus comme des râleurs, «jamais contents de ce qu’on leur donne» et, de plus, pleins d’ingratitude, «après tout ce qu’on a fait pour eux !»... Pourtant, il n’est que de comparer l’Angela Merkel d’hier, son air emprunté, ses robes déconcertantes, sa coupe de cheveux aléatoire et son visage sans fard, avec l’apparence d’aujourd’hui qui, à un certain charme «berlinois» contrôlé, mêle une assurance que n’avait pas, voilà dix ans, la jeune physicienne venue de l’Est !
Son ascension apparaît d’autant plus sympathique pour une majorité d’Allemands que ce parcours ne semble pas lui avoir tourné la tête. En dépit de sa notoriété et d’un agenda archiplein, on peut encore croiser Angela et Joachim Sauer (c’est le nom de son second époux) en tête à tête à La Vieille Lanterne, un vieux bistrot de Prenzlauer, dans l’ancien Berlin-Est, qu’elle avoue préférer à Borchardt sur la Gendarmenmarkt, où déjeunent habituellement les ténors de la politique. Et si un quidam profite de l’occasion pour l’aborder cavalièrement ? «Cela fait partie des responsabilités et des joies pour lesquelles j’ai opté en entrant en politique», confie-t-elle simplement.

Cette simplicité de ton, justement, et ce franc-parler, combinés avec un enracinement dans les réalités quotidiennes et un refus des promesses qui ont tant nui aux gouvernements d’Helmut Kohl puis de Gerhard Schröder, font qu’Angela Merkel incarne - pour l’instant - une forme d’exception sur la scène politique outre-Rhin. On est en face d’une femme expérimentée, avertie mais échaudée par les avatars et les pièges d’une réunification qu’elle a vécue aux premières loges.

Ses débuts correspondent en effet à une époque d’euphorie en Allemagne. C’était le temps où l’on promettait aux habitants de l’ex-RDA des choses mirobolantes. On restaurait les vieilles cités comme Weimar, Dresde ou Fulda. On planifiait à grande échelle des villes, des routes, des infrastructures sociales et sanitaires. A commencer par la nouvelle capitale de l’Allemagne réunifiée : Berlin ! C’est aussi dans ces années-là qu’a été restauré le patrimoine de la petite bourgade dont Angela Merkel est originaire, Templin, qui présente, depuis un mur d’enceinte, des portes médiévales et une petite église baroque pimpante.
Comment ce monde, qui semblait en plein essor, a-t-il pu, en quinze ans, devenir un pays presque en friche ? C’est une question qu’Angela Merkel a dû longuement méditer. Si elle en a tiré une leçon, c’est bien qu’il ne faut pas bercer d’illusions les électeurs, ni faire de promesse qui ne puisse être tenue. Un mot revient toujours dans ses prises de parole publiques : «responsable». Et son contraire : «irresponsable». Exemple : «Si la gauche est aujourd’hui abandonnée de la sorte dans les régions de l’Est, c’est en grande partie à cause de la politique irresponsable menée par la coalition SPD-Verts.»
Certes, il manque encore un peu de vernis à la candidate de la CDU. Mais les faits sont là ! Le papillon Merkel est sorti de sa chrysalide, et la presse people allemande s’interroge sur les conséquences de sa transformation. Qui coupe aujourd’hui ses cheveux ? Où s’habille-t-elle ? Fait-elle ou non la cuisine ? Qui décide - elle ou son mari - de l’endroit où ils vont passer leurs vacances ? Les activités scientifiques de son mari, Joachim, professeur de chimie, seront-elles compatibles avec sa position officielle d’époux de la chancelière, si elle emporte les élections du 18 septembre ? D’autant plus que ledit Joachim clame, dans les médias, qu’il n’a pas l’intention de tenir auprès d’elle le rôle d’un «figurant» ! Autant de questions qu’Angela Merkel écarte avec un sourire.

Alors qu’elle y aurait répondu, il y a deux ans à peine, sur ce ton un peu «pète-sec» propre aux gens du Brandebourg, elle répond : «Nous aviserons en temps voulu, afin d’éviter tout incident diplomatique.»

Indifférente aux petits potins de Berlin

Car la patronne de la CDU a une solide capacité à se moquer du qu’en-dira-t-on et des étiquettes dont raffole le microcosme politique allemand et que ses adversaires lui ont collées tout au long de sa rapide carrière : de «la jeune fille à tout faire de la CDU» à «Maggie-Merkel», en passant par «Angie-de-Fer» et «Ange-de-Glace» ou encore, dans le genre grosse cavalerie, «reine de la tromperie et de la dissimulation». Ni plus ni moins. Elle assume tous ces sobriquets comme une part inévitable du jeu du pouvoir. «On me prête des victimes que je ne reconnais pas pour telles !» soupire- t-elle. Une allusion très claire à son prédécesseur, Günther Krause, évincé de la tête de la CDU dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale, son fief politique du nord de l’Allemagne. «C’est ainsi, a-t-elle confié au journaliste Hugo Müller-Vogg. Lorsqu’une femme l’emporte sur son adversaire masculin, on attribue toujours sa victoire à une manoeuvre déloyale !»

Pour autant, la partie n’est pas gagnée. Y compris dans son propre camp : du côté des vieux électeurs traditionnels de la droite, nombreux sont ceux qui se demandent quels types de relations peut entretenir avec la Russie la représentante d’un pays qui, jeune femme, a travaillé pour et avec le régime communiste. Récemment, Angela Merkel racontait que, petite fille, les soldats soviétiques lui avaient volé trois vélos. Trois ! Une manière de dire qu’elle sait à qui elle a affaire quand elle croise des responsables politiques russes issus du système soviétique. Comme, par exemple, Vladimir Poutine, avec qui elle a discuté récemment sans interprète : sur les bancs de l’école, les cours de russe était sa matière préférée.

La candidate de la CDU a beau avoir grandi en Allemagne de l’Est, elle a découvert au fil de la campagne qu’elle ne parle plus le même langage que ses anciens concitoyens. Elle en a même fait l’expérience désagréable dans la petite ville brandebourgeoise de Cottbus, où elle a essuyé des sifflets lorsqu’elle a évoqué son passé en RDA. En effet, un écart grandissant s’est creusé entre les intérêts de la classe politique qu’elle représente aujourd’hui et les réalités d’où elle est sortie.

Anti-Schröder ? "Là n’est pas la question !"

A Templin, à une centaine de kilomètres au nord de Berlin, Angela Merkel et son époux possèdent une petite maison de week-end. L’endroit est l’exemple même de la petite bourgade de l’Est qui connaît aujourd’hui de sérieuses difficultés. Elle ressemble à ces centaines d’autres petites villes de Saxe, du Brandebourg, du Anhalt ou du Mecklembourg : trop à l’écart de l’Europe et de ses centres d’intérêts économiques pour espérer voir s’implanter chez elles un groupe leadership.
Il n’y a pas longtemps, le magazine Newsweek demandait : «Combien de temps encore les Allemands vont-ils investir des milliers d’euros pour doter d’infrastructures modernes un pays qui n’en a pas besoin ?» Plus loin, à Pasewalk, vers la frontière polonaise, on construit une nouvelle autoroute. Pour aller où ? Une fois leur baccalauréat dans la poche, les quatre cinquièmes des jeunes quittent la région pour se rendre à l’Ouest. Il n’y a presque plus de médecins ; d’un point de vue social, les gens ne sont pratiquement plus assurés ; de moins en moins de parents sont en mesure même de régler les quelques euros exigés par l’administration ou les transports scolaires. «Dans moins de cinquante ans, affirme le dernier boulanger de Eisenhüttenstadt-sur-Oder, une de ces petites bourgades au fin fond du pays, il y aura ici des loups en liberté et l’on pourra marcher des jours entiers sans rencontrer âme qui vive !»

Cette Allemagne-là est au coeur de la bataille électorale du 18 septembre. Angela Merkel sait qu’elle ne peut faire abstraction des réalités de l’Union européenne en 2005 : les grandes heures de la réunification sont loin, les paysans de la Uckermark ne sont désormais plus prioritaires. Pourra-t-elle faire mieux que Gerhard Schröder qu’elle espère terrasser ? «Là n’est pas la question !» La réponse fuse et le regard se fait perçant : «Il ne s’agit pas d’opposer telle ou telle personnalité politique. Dans quatre ans (NDLR : au bout de la mandature) , je souhaite montrer aux Allemands que, ensemble, nous aurons réussi à redresser la croissance et l’emploi, et que l’Allemagne sera redevenue un pays sur lequel on peut compter, tant sur le plan des investissements que des innovations ou du modèle de vie. Et enfin, donner à tous, du concierge au prix Nobel, le sentiment que c’est une chance que d’y vivre et d’y travailler !»

On dirait du Sarkozy. La patronne de la CDU entretient d’ailleurs de bonnes relations avec le président de l’UMP. A vrai dire, ils se connaissent peu. Mais à Paris comme à Berlin, les proches de l’une et de l’autre soulignent leur goût commun pour l’action politique, le travail et le mérite : «Nicolas et Angela sont sur la même longueur d’ondes.» Dans le même temps, la «chancelisable» déclare aussi vouloir «se rapprocher du modèle économique d’un Tony Blair en Grande-Bretagne».
Mais sa véritable référence, celui dont elle admire le parcours et avec lequel elle apprécie - avec une pointe d’orgueil - qu’on la compare, c’est Ludwig Erhard (1897-1977). Un adversaire du nazisme qui devint ministre de l’Economie dans le gouvernement de Konrad Adenauer avant de devenir lui-même chancelier et d’apparaître, au seuil des années 60, comme le principal artisan du «miracle allemand».
Le Figaro magazine, Par Léopold SANCHEZ, (10 septembre 2005)

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(10 octobre 2005) La gauche obtient la parité dans le gouvernement d'Angela Merkel

Qu'éprouve réellement Angela Merkel en cet après-midi du lundi 10 octobre, lorsqu'elle prend acte de la décision de ses adversaires sociaux-démocrates de lui confier la chancellerie allemande, après trois semaines de rudes négociations ? Toutes émotions contenues, cette fille de pasteur âgée de 51 ans sourit et glisse, devant la presse réunie à Berlin, qu'"il serait malvenu d'être grincheuse" un jour pareil. "Je me sens bien, mais il reste beaucoup de travail à faire", se contente-t-elle d'ajouter. Nul doute que la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui a dû faire des concessions pour en arriver là, mesure déjà l'ampleur de la tâche qui l'attend.

Les réformes réalisées par le chancelier Schröder, allié aux Verts, ont redonné du muscle aux entreprises allemandes. Mais le chômage frappe 11,5 % de la population active, la croissance ne décolle pas, l'Etat est lourdement endetté et les finances publiques seront, cette année encore, beaucoup plus déficitaires que ne l'autorise la Commission européenne. Or, pour relancer l'économie, Mme Merkel devra composer avec ses rivaux sociaux-démocrates au sein du second gouvernement de grande coalition de l'histoire allemande depuis la guerre.

Le Parti social-démocrate (SPD) du chancelier sortant, Gerhard Schröder, et les Unions chrétiennes (CDU/CSU) de Mme Merkel ont prévu d'engager, lundi 17 octobre, des négociations officielles en vue de former un tel cabinet. Cette décision n'a pu être prise qu'après un accord sur le détenteur de la chancellerie, la répartition des ministères entre les deux partis, ainsi que sur une série de priorités pour la future action gouvernementale.

L'accord a été long à mettre au point. Il aura fallu trois réunions "entre huit yeux" ­ Mme Merkel et M. Schröder, flanqués respectivement d'Edmund Stoiber, le président de l'Union chrétienne-sociale (CSU), et de Franz Müntefering, le président du SPD ­ pour y arriver. Le principal parti de la coalition sortante a chèrement vendu sa participation. Arrivé le 18 septembre avec un petit point de retard sur les chrétiens-démocrates, le SPD, fort d'un score inespéré deux mois plus tôt (34,2 %), a même refusé d'admettre sa défaite trois semaines durant.

Le chancelier sortant a finalement admis la vérité des urnes. A 61 ans, il semble prêt, selon toute vraisemblance, à renoncer à une carrière politique nationale. En contrepartie, le SPD a obtenu des concessions importantes de la part de Mme Merkel.

L'accord rendu public attribue la moitié des ministères (seize au total) aux sociaux-démocrates, dont les portefeuilles des affaires étrangères, des finances et du travail. La CDU en obtient quatre, dont l'intérieur et la défense. Lui échoient donc la chancellerie, plus le poste de ministre à la chancellerie, promis au secrétaire général du parti, Volker Kauder. Quant à la CSU, elle reçoit deux portefeuilles, dont un grand ministère de l'économie et des technologies, taillé sur mesure pour M. Stoiber, candidat malheureux de la droite en 2002.

Les noms des autres titulaires ne seront connus que plus tard. Justifiant cet équilibre, Mme Merkel a jugé "impossible que l'un parle d'une voix plus forte que l'autre".

APPROCHE CONSENSUELLE

L'accord entérine également des concessions programmatiques de la part de la droite. Ainsi celle-ci a-t-elle promis de "discuter avec les syndicats" de la possibilité de faciliter les accords d'entreprise dérogatoires aux conventions collectives, au lieu de les imposer comme elle en avait l'intention. Elle apaise ainsi un conflit ouvert avec les organisations de salariés. Ensuite, une "simplification" de l'impôt sur le revenu, qui prévoit de limiter les niches fiscales, est annoncée, mais la CDU/CSU précise qu'elle ne tient plus à son projet, très critiqué à gauche, de taxer au passage les primes de travail de nuit, de week-end et de jours fériés.

Les autres priorités inscrites dans l'accord reflètent davantage une approche consensuelle des deux camps. L'objectif de consacrer 3 % du produit intérieur brut (PIB) allemand aux dépenses de recherche et de développement d'ici 2010 est réaffirmé. Il faisait consensus entre la droite et la gauche. Parallèlement, l'accent est mis sur la formation. Par ailleurs, les deux partis ont décidé de mélanger leurs propositions sur la famille, à la fois en retenant la proposition de la CDU d'augmenter le quotient familial dans l'impôt sur le revenu, et celle du SPD d'améliorer les conditions du congé parental.

Enfin, une baisse des cotisations sociales à l'assurance-chômage de deux points est bien à l'ordre du jour, comme promis par la droite. Mais la hausse de deux points de la TVA qu'elle avait annoncée parallèlement pour financer cette mesure n'est plus mise en avant, même si Mme Merkel ne l'a pas totalement exclue.

A part le retrait de la mesure fiscale sur le travail de nuit, de week-end et de jours fériés "qu'il aurait été impossible de faire adopter au SPD", tout le reste de son programme serait encore au menu des négociations, a-t-elle insisté, le soir, dans un entretien télévisée, pour rassurer ceux qui, dans son parti, s'inquiètent d'un trop grand recul face à la gauche.

Au sein de la CDU, la ligne sociale semble cependant pousser Mme Merkel à retirer ses innovations les plus libérales ou les plus impopulaires chez les salariés. Au nom du SPD, M. Müntefering n'a pas caché sa satisfaction : "Je crois que nous nous sortons très bien de cette première séance de pourparlers."
LE MONDE | 11.10.05 | 14h01, Mis à jour le 11.10.05 | 14h08, Antoine Jacob et Adrien de Tricornot Article paru dans l'édition du 12.10.05

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dimanche 1 avril 2007, 11h51 Angela Merkel, à Jérusalem, rend hommage aux victimes du génocide nazi

JERUSALEM (AFP) - La chancelière allemande Angela Merkel a rendu hommage dimanche aux six millions de victimes juives de la Shoah lors d'une visite au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem consacrée à l'étude et au souvenir du génocide nazi.

"L'Humanité grandit en assumant la responsabilité du passé", a-t-elle écrit en allemand sur le livre des hôtes de marque de l'institution.

Vêtue d'un costume noir et accompagnée du directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, elle a ravivé la flamme éternelle dans la crypte du souvenir et déposé une gerbe au son d'une chorale d'enfants.

Mme Merkel, qui est présidente en exercice de l'Union européenne, est arrivée samedi soir en Israël, en provenance de Jordanie, dans le cadre d'une tournée régionale axée sur le processus de paix au Proche-Orient.

Elle s'est entretenue dimanche matin avec la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni et devait rencontrer le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Selon son programme, elle devait être nommée Docteur honoris causa de l'Université hébraïque de Jérusalem, puis se rendre dans les territoires palestiniens pour des entretiens avec le président Mahmoud Abbas, avant de gagner lundi Beyrouth, dernière étape de sa tournée.

En Jordanie, les entretiens de la chancelière allemande avec le souverain jordanien ont porté sur l'initiative de paix arabe, relancée cette semaine à Ryad.

"J'ai discuté avec la chancelière de la dynamique née de l'initiative de paix et la nécessité d'aller de l'avant pour que la paix et la stabilité s'instaurent dans la région", a dit le roi cité dans communiqué officiel.

"L'initiative arabe reflète la volonté des peuples arabes de vivre en paix avec Israël", a ajouté Abdallah II, exprimant le souhait que l'Etat hébreu "réponde positivement à cette offre afin que les négociations avec les Palestiniens reprennent et que l'espoir renaît pour ce peuple".

Réunis à Brême (Allemagne), les ministres européens des Affaires étrangères ont soutenu samedi cette initiative de paix arabe, qu'Israël a rejetée en l'état.

L'initiative que le sommet arabe de Ryad a décidé de relancer offre à Israël une normalisation de ses relations avec tous les pays arabes en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967, de la création d'un Etat palestinien et d'un règlement de la question des réfugiés palestiniens.

Mme Merkel avait déjà effectué début février une tournée dans le Golfe et en Egypte, avec le même objectif d'accompagner les efforts de paix dans la région.

La diplomatie allemande, a relevé vendredi le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm, est consciente qu'elle ne peut pas "remplacer les acteurs de la région", mais entend "utiliser toutes (ses) possibilités pour accompagner et soutenir leurs actions".

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Europe Le couple franco-allemand est au bord du divorce
par Emmanuelle Belohradsky & Odile Benyahia-Kouider Magazine Challenges | 18.10.2007

Les relations entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, réunis au sommet européen de Lisbonne, n'ont jamais été aussi glaciales.

Elle ne supporte plus qu'il l'embrasse comme du bon pain.

Alors sans doute lui fera-t-il un baisemain, cette fois. Pendant deux jours, au sommet européen de Lisbonne, les 18 et 19 octobre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy feront bonne figure. La chancelière et le président souriront aux caméras. Feindront de grands éclats de rire. Peut-être même aurons-nous droit au numéro bien rodé de la France et de l'Allemagne unies dans l'effort pour donner naissance au nouveau traité constitutionnel.

Mais ne nous y trompons pas ! En coulisse, le spectacle est désolant, l'amitié franco-allemande en miettes, et les relations entre Merkel et Sarkozy plus tendues que jamais.

Depuis le 6 mai (2007), les crises se succèdent entre Paris et Berlin.

A peine investi, le nouveau président français réclame pour lui le succès du minitraité au sommet de Bruxelles en juin. La chancelière allemande, qui préside alors l'Union européenne, n'a qu'à se satisfaire du rôle de figurante. Tout comme son ministre des Affaires étrangères, Frank- Walter Steinmeier, outré de voir Sarkozy lui voler la vedette dans l'affaire des infirmières bulgares. Une libération obtenue au prix «de nombreuses années de négociations [...] en coulisse», souligne Steinmeier lorsque la Bulgarie lui remet la décoration suprême de la Stara planina à Sofia le 21 septembre... treize jours avant Nicolas Sarkozy !

«La stratégie de communication du président est si bien orchestrée que vos médias n'ont même pas relevé, s'agace Martin Koopmann, expert des relations franco-allemandes à la DGAP. Mais Merkel a pris le parti de ne broncher que lorsque la ligne rouge est dépassée.»

Comme ce lundi 9 juillet à la réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe à Bruxelles, à laquelle Sarkozy s'invite au côté d'une Christine Lagarde condamnée au silence. «Seul Berlusconi l'avait osé avant lui», souligne Henrik Uterwedde, de l'institut franco-allemand de Ludwigsburg.

Lorsque le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, fustige la «politique française des cadeaux fiscaux», le président français s'offusque qu'un simple ministre ose s'adresser à lui sur ce ton et réclame à Angela Merkel que l'importun soit blâmé publiquement...

Le 30 juillet, nouvel incident diplomatique, cette fois à l'Elysée. Lorsque Peter Ammon, l'ambassadeur fraîchement nommé par Berlin, remet ses lettres de créance au président, Nicolas Sarkozy sort de ses gonds, accuse l'Allemand d'«hypocrisie», et signale à son interlocuteur blêmissant qu'il savait «ce que l'on disait de lui à Berlin».
L'affaire est étouffée. Mais dans les couloirs feutrés de la diplomatie franco-allemande, on spécule que Peter Ammon cumule les défauts aux yeux de Sarkozy. «Il est de très grande taille, s'amuse un diplomate. Et, surtout, c'est un technocrate allemand très sûr de lui, économiste de surcroît.»

Une concurrence nouvelle

Voilà un homme qui incarne tout ce que Sarkozy déteste et craint. Une Allemagne décomplexée politiquement, libérée du traditionnel rapport dominant à dominé avec la France, et dont la puissance économique n'a sans doute jamais été aussi menaçante pour Paris. Alors que les réformes de l'Agenda 2010 engagées par Gerhard Schröder portent déjà leurs fruits, tout reste à faire dans l'Hexagone. «Nous avons trois ans de retard sur eux», confie Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

Pis, «nous sommes devenus des concurrents, décrypte Markus Gabel, chercheur au Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine. Alors que l'Allemagne dispose d'un tissu d'entreprises moyennes ultradynamiques, véritable bras armé de ses exportations, la France ne peut compter que sur quelques champions nationaux essentiels à sa survie.» D'où les crispations sur les dossiers chauds du moment...

Numéro un sur la liste : Areva. Sarkozy songe à laisser Alstom fusionner avec l'entreprise publique. Seulement voilà, la filiale qui fabrique les réacteurs nucléaires, dont l'EPR, est détenue à 34% par Siemens. Or le conglomérat allemand n'a pas l'intention de sortir par la petite porte en cédant sa participation aux nouveaux entrants. Plusieurs épisodes industriels ont laissé un arrière-goût amer de l'autre côté du Rhin. Les Français ont réduit Hoechst à néant dans Sanofi-Aventis, empêché le rachat d'Alstom par Siemens, et tenté de faire éjecter Tom Enders d'EADS - on murmure même à Berlin que l'affaire du délit d'initié pourrait être orchestrée par l'Elysée, qui rêve de prendre le pouvoir au sein de l'avionneur européen. Siemens, c'est l'affaire de trop !

Techniquement, les Allemands savent qu'ils ne peuvent pas imposer Siemens dans le nouvel ensemble, puisque, au terme du pacte qui les unit aux Français, Areva peut exercer en 2012 son option d'achat sur les parts du munichois. Mais l'hyper- président n'a pas l'intention d'attendre autant. Profitant du sommet franco-allemand à Meseberg, le 10 septembre, Sarkozy a reproché à l'Allemagne ses contradictions, estimant que Berlin ne pouvait pas à la fois exiger le maintien de Siemens dans Areva et mener une politique de désengagement du nucléaire.

Pure provocation à l'égard de la chancelière chrétienne-démocrate, qui n'est pas opposée à l'énergie nucléaire. Mais l'engagement de fermer les centrales d'ici à 2020, qui avait été pris par Gerhard Schröder avec les Verts, est l'une des clés de voûte du pacte de coalition signé par Merkel avec les sociaux-démocrates. «La France peut faire sans Siemens, mais nous ne le lui conseillons pas», souligne un proche de la chancelière. «Pousser Siemens dehors est un choix lourd sur le plan politique au moment où la France va prendre la présidence de l'Union, en juillet 2008», prévient un porte-parole de la société.

Les crispations sont d'autant plus grandes que les Allemands voient avec terreur la montée en puissance des entreprises françaises comme Renault ou Veolia sur leur traditionnel terrain de jeu, l'Europe de l'Est. Autre source d'inquiétudes : l'émergence, avec GDF-Suez, de géants français dans l'énergie. «Pourquoi ferions-nous des cadeaux aux Allemands, s'agace un grand banquier. Merkel ne nous apporte aucune aide sur l'euro fort. L'Allemagne, qui vend des biens de consommation durables, se moque totalement de savoir si la France, plus tournée vers le tourisme, souffre d'une monnaie surévaluée.» Ambiance !

Rarement le couple franco-allemand a eu des intérêts aussi antagonistes, rarement surtout ses dirigeants ont été plus opposés. Quand Yasmina Reza constatait dans son dernier livre, s'adressant à Nicolas Sarkozy, «tu te sens mieux à Séville qu'à Oslo», le président français remplaçait immédiatement Oslo par Berlin, ajoutant : «Je suis terrorisé moi à Berlin ! Et à Francfort aussi !»

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26.11.2007 courrier international. com

La Communauté Internationale réagit aux arrestations d'opposants russes

A une semaine des élections législatives du 2 décembre, les manifestations des partis d'opposition L'Autre Russie et Iabloko se sont soldées par de nombreuses arrestations. 200 personnes, dont Garry Kasparov et Boris Nemstov ont été interpellées à Moscou et St Petersbourg. Des réactions ont commencé à pleuvoir dès lundi et attestent de la protestation unanime de la part de l'étranger.

L'Union européenne a appelé ce lundi Moscou à "éviter toute action qui pourrait être perçue d'une façon ou d'une autre comme nuisible pour la réputation internationale de la Russie", dans un communiqué.
Le président José Manuel Barroso s'est par ailleurs déclaré inquiet quant aux récentes vagues d'arrestations et rappelle que "les libertés d'association, de rassemblement et d'expression font partie des droits que l'UE considère essentiels".
"La Russie en tant que signataire de la Convention internationale sur les droits civiques et politiques partage l'engagement de l'UE en faveur de ces valeurs et de ces obligations. Respecter ces droits est fondamental", ajoute la présidence.

Le gouvernement allemand a réagi lui aussi aux évènements de ce week end par l'intermédiaire du porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm, lors d'une conférence de presse régulière.
"Le gouvernement allemand exprime son inquiétude quant à l'attitude des organes de sécurité à Moscou et dans d'autres villes face aux manifestations de l'opposition. Nous jugeons nécessaire la libération immédiate du champion d'échecs Garry Kasparov."
Arguant que toutes les formations politiques avaient le droit d'exprimer leurs opinions dans le cadre de la campagne électorale, la porte parole du ministère des affaires étrangères Julia Gross, a pour sa part appelé les autorités russes à "réagir avec mesure".

Le chef de la Diplomatie française Bernard Kouchner avait déclaré tôt ce matin que La répression de manifestations de l'opposition en Russie, avec l'arrestation du champion d'échecs Garry Kasparov, ne donne "pas une belle image" de la Russie. "Je m'étonne de ces violences. Que je sache, le champion du monde d'échecs ne menaçait pas la sécurité de la Russie" a t'il ajouté au micro de RTL.
Affirmant que si elle voulait conserver une place durablement dans le concert des nations les plus puissantes la Russie doit évoluer et ne pas sembler menaçante.
A la question portant sur la nature du régime russe, le ministre assure que Moscou n'est pas une dictature et que "l'élection se fait. Il y a des partis d'opposition, malmenés c'est vrai, mais n'oublions pas d'où vient la Russie", a-t-il déclaré, en ajoutant qu'on "ne change pas en moins d'une génération tout un régime et des habitudes".

Vivement critiquée par l'occident depuis ce week end, la politique de Vladimir Poutine suscite de nombreuses réactions auxquelles le maître du Kremlin a répondu ce lundi.

Il accuse en substance Washington et l'OSCE d'avoir piloté les manifestations des partis d'opposition afin de semer le trouble à une semaine des législatives.

L'organisation européenne avait renoncé à remplir sa mission d'observation au sein de la Fédération car Moscou lui avait imposé des cotas dérisoires (ndlr : quelques dizaines pour l'OSCE et moins de 400 observateurs en tout).

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Sarkozy et Merkel à fleurets mouchetés sur l'Union Méditerranée REUTERS | 30.01.2008 | 17:08

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a défendu son idée d'Union méditerranéenne, lors d'une convention de l'UMP consacrée à l'Europe à Paris, devant laquelle Angela Merkel venait d'émettre à nouveau des doutes, lui préférant une coopération renforcée.

La chancelière allemande et le président français ont en revanche redit au diapason leur opposition à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

"Je veux être l'ami de la Turquie mais je dis que la Turquie n'a pas sa place en Europe parce qu'elle se trouve en Asie mineure (....) Elle doit bénéficier d'un partenariat privilégié", a fait valoir le président français.

Avant lui à la tribune, Angela Merkel a rappelé que l'UMP et la CDU-CSU étaient "d'accord pour exprimer un doute" sur l'entrée de la Turquie.

"Nous avons une offre positive à faire à la Turquie : faire un partenariat privilégié", a-t-elle dit. "C'est quelque chose que nous devons réussir à faire passer sans leur donner l'impression erronée que nous voulons les repousser", a ajouté la chancelière.

Pour les pays de la zone Méditerranée, elle a plaidé pour un intensification de la coopération et non une Union en tant que telle. Pour autant, a-t-elle remarqué, "on ne peut pas faire en sorte que certains s'intéressent à la Méditerranée, et d'autres à l'Ukraine".

"S'il y a des pays qui n'en veulent pas, il faut faire une coopération renforcée, c'est une possibilité que nous permet le traité" européen simplifié, a-t-elle souligné.

"C'est un sujet sur lequel nous devons trouver un accord avec Angela Merkel", a concédé Nicolas Sarkozy lors de son allocution.

"Il est parfaitement normal que l'Allemagne et les démocraties du nord de l'Europe puissent s'associer au projet d'union de la Méditerranée. Mais que ceux qui ne veulent pas avancer n'empêchent pas ceux qui veulent avancer", a-t-il mis en garde.

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Elizabeth Pineau


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Das Lied der Deutschen, Franz Joseph Haydn (1797), August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (1841)