1er Avril 2011. Diabolisé par la Gauche-Caviar ??? Son "Vive Le Pen !" fait scandale chez les idéologiquement corrects
Mars 2011. Re-scandale : Bob ose dire ce que pense la France d'en Bas
Décembre 2010. Scandale à I>Télé (Canal Plus, socialiste) : l'"aiguilon" Robert Ménard choque le zozo Julian Bugier

Décembre 2010. Un portrait positif (Valeurs Actuelles)

Octobre 2008. Ménard Qatarisé
Septembre 2008. Remplacé par un jeune à la tête de RSF
Juin 2008. Un portrait dubitatif (Libération)
Avril 2008. Un portrait positif (Le Parisien)
Avril 2008. Un riche réseau international (Le Parisien)

Juillet 2008, JO de Pékin, le Président de l'Union européenne sera présent, accusé de lâcheté par l'ancien trotskiste, curé manqué ultra-médiatisé
Mai 2008, Les touristes chinois boycotteront-ils Paris ?
Avril 2008, Victoire d'un "Homme de Bien" : des chinois boycottent les (122) hypermarchés de Carrefour ; le gay maire de Paris aime le théocrate ... au précepteur SS
Mars 2008, J.O. 2008, Tibet : Ménard attaque la Chine
Robert Menard décoré par Bernard Kouchner

Robert Ménard

"Journaliste" agit-prop. Fondateur de Reporters sans frontières.

Pied-noir né d'un père communiste et OAS, curé manqué, ancien trotskiste (LCR), puis socialiste, reconverti en humanitariste occidental, puis observateur réaliste ...
Auteur, notamment, de Ces journalistes que l'on fait taire, Albin Michel, Paris 2001 ; et, avec Emmanuelle Duverger (son épouse), juriste internationaliste à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, de La censure des bien-pensants, Albin Michel, Paris 2003, ouvrage violemment attaqué, notamment, par Arno Klarsfeld, avocat d'affaires, internationaliste également.

1
Le milieu des droits de l'homme est à ce point pétri de bons sentiments qu'il lui semble inconcevable, inadmissible de prendre la défense, au nom pourtant des valeurs qu'il est censé défendre comme la liberté d'opinion et d'expression, de ceux qui incarnent le mal absolu : les racistes et les antisémites.
Et quand l'actuel président de la Ligue des droits de l'homme soutient qu'aucun «échange égal et équilibré» ne peut s'instaurer entre celui qui plaide pour 1'«unité de l'humanité» et celui qui affirme que certains hommes n'ont pas « les mêmes droits que tous », on peut se demander de quel côté est l'intolérance.
La censure, p. 18

2
L'affaire Faurisson éclate en novembre 1978. Si, dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un Maurice Bardèche ou un Paul Rassinier parlent déjà de « faux monnayeurs » ou de « mensonge » à propos du génocide juif, ce n'est qu'avec les premiers textes de ce professeur de l'université de Lyon que ces aberrations rencontrent un public.
L'écho donné par les médias à ses thèses - il n'y a pas eu de chambres à gaz, pas d'ordre donné par Hitler d'en finir avec les Juifs et, finalement, pas de génocide - et les polémiques qui s'ensuivent vont faire de ce spécialiste de Rimbaud le père du révisionnisme en France.
D'emblée, ceux qui contestent les affirmations de Robert Faurisson refusent de se placer sur le terrain de l'argumentation, de l'échange, de la discussion. Pas question, pour la plupart de ses détracteurs, de répondre point par point à ses allégations, de se donner la peine de montrer les dangers que recèlent de telles inepties. Dans un texte publié le 21 février 1979 dans Le Monde, trente- quatre historiens expliquent déjà : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement: il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz. »
En quelques années, loin de faire taire Faurisson et ses amis, ils réussiront le tour de force de donner à cette poignée d'inconnus,jusque-là totalement marginaux, le statut envié de martyrs de la liberté d'expression.
Ibidem, p. 70

3
Madeleine Rebérioux ne s'est pas trompée : avec la loi Gayssot, on a sacralisé une vérité historique définie par un tribunal militaire. On a choisi une vérité acceptée, acceptable contre la liberté de recherche, ses risques, ses dévoiements aussi.
Quand Claude Lanzmann, le réalisateur du film Shoah, parle de trois millions et demi de disparus à Auschwitz, l'historien Pierre Vidal-Naquet, peu suspect de révisionnisme, explique qu'un million de morts est une «hypothèse raisonnable». Que faire? Poursuivre Vidal-Naquet! Ou encore traîner en justice, maintenant que nos parlementaires ont décrété qu'il y avait bien eu un «génocide arménien », un orientaliste comme Bernard Lewis qui expliquait, dans les colonnes du Monde, que les accusations portées contre la Turquie sont une «version arménienne de l'histoire». On entrevoit le ridicule d'une telle démarche ...
Ibidem, p. 75

4
Laissons le mot de la fin à l'historienne Annie Kriegel qui écrivait à propos de la vague de mobilisation contre les révisionnistes : «11 n'y a aucun autre cas - pas même touchant aux bonnes mœurs ! - qui ait provoqué pareille mobilisation mariant excuse et indignation, il n'y a aucun autre sujet qui ait encouru pareilles foudres et interdictions. Dieu sait pourtant que, librement cultivé, le champ universitaire est fécond en âneries, provocations, transgressions, excès, outrances de toute nature! »
Il est en effet curieux que la contestation des crimes nazis soit la seule déviance intellectuelle réprimée par la loi alors que des tonnes d'œuvres littéraires ou historiques contestant les crimes de la Révolution française, de l'Eglise catholique, du colonialisme européen, du communisme soviétique ou chinois, et de multiples autres horreurs de l'histoire, ont valu à leurs auteurs des palmes académiques ou des prix Nobel.
Ibidem, p. 83

5
Un débat inégal.
Au sortir de la guerre, l'aura de la Résistance, son poids dans l'électorat, son influence chez les intellectuels font du Parti communiste un véritable rouleau compresseur qui n'a aucun mal à gagner cette nouvelle bataille. Finalement, la loi «sur les publications destinées à la jeunesse » est adoptée le 16 juillet 1949.
Sous le fallacieux argument d'empêcher qu'on présente «sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés de crimes ou délits de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse », elle va servir avant tout à protéger les publications éditées par les communistes : les revues qui vont tomber sous le coup de la nouvelle loi sont les concurrentes directes de Vaillant ou plus tard de Pif Gadget ...
Ibidem, p. 89-90

6
Pour avoir publié de belles inepties dans Le grand bazar, un livre paru en 1975, Daniel Cohn-Bendit s'est vu traîné dans la boue par nos nouveaux croisés. Ce qu'il écrit alors sur « ces gosses qui ouvrent sa braguette et commencent à le chatouiller» peut à juste raison heurter - même si « Dany » explique aujourd'hui qu'il s'agit de « littérature » -, mais de là à l'accuser de pédophilie ...
Parce qu'il faudrait alors s'interroger sur les errances de toute une génération d'intellectuels. Et se demander par exemple pourquoi personne ne dénonçait, en 1977, les signataires d'une pétition qui, après la condamnation de trois hommes pour «attentat à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de quinze ans », affirmaient : « Si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire? » Parmi les signataires, on trouvait les noms de Louis Aragon, Simone de Beauvoir, Patrice Chéreau, Bernard Kouchner, Jack Lang, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers ... Quelque temps plus tard, une lettre ouverte était adressée à la Commission de révision du Code pénal pour réclamer la modification des articles concernant les délits sexuels des mineurs. Françoise Dolto (notedt, pédopsy de grande réputation médiatique) comptait parmi les signataires.
Ibidem, p. 96

7
Où se trouve la frontière entre infonnation légi time et respect de la vie privée? Comment comprendre le volet Dumas de l'affaire Elf sans parler des affaires de « cœur » de nos ministres d'Etat?
Il faudra attendre des mois pour que la presse, la sérieuse dit-on, parle de Christine Deviers-Joncour comme la maîtresse du ministre des Affaires étrangères. On préfère, pendant longtemps, la présenter comme une «proche amie ». Quels tartuffes! Et après cela, on montre du doigt la presse « de caniveau », la presse jaune d'outre-Manche. Or, pas plus en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis, un président du Conseil constitutionnel mis en cause de cette manière n'aurait pu rester à son poste en refusant de démissionner pendant si longtemps.

L'« exception française », ce sont aussi ces archaïsmes. Dieu merci, se rassurent nos grandes consciences, une affaire Clinton est impensable en France. On ne va quand même pas demander des comptes au chef de l'exécutif. Les caisses noires et les faux électeurs de la mairie de Paris? Parlons plutôt de choses sérieuses. Assez de ragots. N'est-ce pas Robert Badinter lui-même qui a osé déplorer l'acharnement des «petits juges» : «Ce sont les puissants qui sont aujourd'hui, en justice, les plus fragiles. » Comme cela est bien dit ...
Ibidem, p. 112-113

8
La judiciarisation qui s'empare de notre pays prend le visage de la censure.
Aux exemples déjà cités dans ce livre, on peut ajouter pêle-mêle : les vingt-trois procédures engagées contre le livre d'Antoine Gaudino sur La mafia des tribunaux de commerce dont une décision de l'obscur tribunal des référés de Brest qui donna l'ordre à l'auteur et à l'éditeur de retirer quatre pages litigieuses de l'ouvrage, sans délai, et sous peine de devoir payer 100 000 francs (15 244 euros) d'astreinte par exemplaire vendu.
Résultat, cinquante-trois constats d'huissier sont venus s'empiler sur le bureau du PDG d'Albin Michel, moins de quarante-huit heures après le jugement! Faites le compte... un minimum de 5,3 millions de francs (807 979 euros) à débourser en perspective. Une décision aussitôt annulée, il est vrai, par les juridictions d'appel.

Citons encore la condamnation de Mathieu Lindon et de son éditeur POL pour diffamation à l'encontre de Jean-Marie Le Pen pour des propos tenus... par un personnage de roman. Une première! Alain-Gérard Slama, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, le dénonce à juste raison : «En France, les querelles idéologiques ne se débattent plus sur la place publique, elles se règlent en justice.»
Une menace qui pèse en permanence sur l'information, sur la pensée. Et de conclure, pessimiste: « Le rétablissement du délit d'opinion n'est pas loin. »
Ibidem, p.160

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JEUX OLYMPIQUES Les membres de RSF interpellés en Grèce remis en liberté en attendant leur procès
NOUVELOBS.COM | 25.03.2008 | 08:44

Dénonçant les violences au Tibet, les trois militants de l'organisation pour la liberté de la presse ont été inculpés pour "insulte aux symboles nationaux". Ils avaient perturbé la cérémonie d'allumage de la flamme olympique. La date du procès a été fixée le 29 mai.

Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), à Olympie, en Grèce, lors du discours de Liu Qi, le président du comité d'organisation chinois des Jeux olympiques

Les trois membres français de l'association Reporters sans frontières (RSF), interpellés lundi 24 mars après déployé une banderole représentant les anneaux olympiques sous la forme de menottes pendant la cérémonie officielle d'allumage de la flamme sur le site d'Olympie en Grèce, ont été inculpés dans la soirée d"'insulte aux symboles nationaux", a annoncé RSF.

Les trois représentants de RSF, le secrétaire général de l'organisation Robert Ménard, le responsable de l'information Jean-François Julliard et le responsable de la zone Asie Vincent Brossel, ont été libérés dans l'attente de leur procès, dont la date a été fixée au 29 mai à Pyrgos (80km d'Olympie). En vertu de l'article 361 du code pénal grec, ils risquent jusqu'à un an de prison et une amende, a précisé dans un communiqué l'organisation de défense de la liberté de presse.

Neuf heures de garde-à-vue

Avant cette inculpation au parquet de Pyrgos, à 80 kilomètres au sud d'Olympie, les activistes ont été retenus plus de neuf heures au poste de police de la bourgade, où ils avaient été transférés après leur interpellation sur le site antique d'Olympie. Le gouvernement grec a condamné l'incident, dénonçant un acte n'ayant "aucune relation avec l'esprit olympique". "Cette inculpation est absurde et ridicule. Par notre geste, nous ne nous sommes en aucun cas attaqué ni à l'olympisme ni à la Grèce. Nous avons simplement dénoncé la politique menée en Chine en cette période de répression accrue", souligne RSF.

"Nous avons aussi voulu faire planer la menace d'un boycott de la cérémonie d'ouverture, auquel nous appelons, et encourager le Comité international olympique à plaider en faveur du respect des droits de l'homme, conformément à la charte olympique", ajoute l'organisation. Une autre militante suisse, d'origine tibétaine, interpellée après une manifestation à l'issue de la cérémonie, a été relâchée avant les Français, selon une source policière. (avec AP)

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20Minutes.fr, éditions du 24/03/2008 - 16h03 dernière mise à jour : 24/03/2008 - 16h03 Robert Ménard, nouveau chevalier de la Légion d'honneur

Le secrétaire général de Reporters sans frontière Robert Ménard figure dans la promotion de Pâques de l'Ordre national de la Légion d'Honneur, publiée ce dimanche au Journal Officiel.

Dans cette promotion figuraient également le couturier Azzedine Alaïa, le ténor Roberto Alagna, l'épouse de l'ancien président de la République Bernadette Chirac ou encore le comédien Christian Clavier.

Fondateur et dirigeant de Reporters sans Frontières (RSF), le Français Robert Ménard, âgé de 54 ans met depuis 23 ans son tempérament fougueux au service de la liberté de la presse et des droits de l'Homme.

Fait dimanche chevalier de la Légion d'honneur par le président de la république Nicolas Sarkozy, M. Ménard est en permanence sur le terrain pour défendre ses valeurs.

Un appel au boycott

A l'automne 2007, il était sous les feux des projecteurs en oeuvrant en faveur de la libération de trois journalistes et des membres de l'association l'Arche de Zoé, emprisonnés au Tchad pour avoir voulu faire venir illégalement des enfants en France.

En 2005, il s'était distingué en maintenant une très forte mobilisation en faveur de la libération de la journaliste de Libération Florence Aubenas, détenue en otage en Irak.

Cette année, après le début des émeutes au Tibet, sévèrement réprimées par Pékin, il a appelé les chefs d'Etat à boycotter la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques. Lundi, il a réitéré son appel au boycott promettant de continuer à "faire des actions comme ça jusqu'au 8 août" tout en affirmant ne rien avoir "contre les JO (et) rien contre les athlètes".

S'avouant autoritaire, ce partisan d'une conception radicale de la liberté de la presse agace parfois ses partisans, quand il affirme par exemple qu'il descendrait "dans la rue pour défendre la presse FN".

"Si on en parle pas, ça n'existe pas"

L'organisation, aujourd'hui présente à travers ses bureaux et des sections nationales sur les cinq continents, est financée grâce à la vente de calendriers, de photos, des subventions et des dons. Comme ceux, controversés, de fonds gouvernementaux américains via la fondation National Endowment for Democracy (NED) qui ne lui posaient "aucun problème".

"Si on en parle pas, ça n'existe pas" est un leitmotiv de RSF, qui publie chaque année un rapport annuel et plus de mille communiqués pour dénoncer les atteintes à la liberté de la presse et aux droits de l'Homme en général.

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Ménard, trublion contesté
Le Parisien Dimanche 13 avril 2008, P. 8, Catherine Tardew

IL A LES PHALANGES écorchées et les pieds couverts d'ampoules. Robert Ménard, 54 ans, secrétaire général de Reporters sans frontières, est tout fier de ses stigmates, récoltés lors d'une périlleuse ascension de Notre-Dame de Paris, par la face sud et sous la neige, dans la nuit du 6 au 7 avril (2008), effectuée avec des chaussons d'escalade d'emprunt « un peu petits ».

Il s'agissait de surgir, à l'improviste, armé d'un drapeau tibétain et d'une banderole noire, sur le passage parisien de la flamme olympique. «Je me suis fait mal. J'ai eu très froid, et très peur», confesse-t-i1 avec la candeur irritante des héros embarrassés par le succès de leurs exploits.

Un succès aux allures de triomphe. Depuis le passage chaotique de la flamme olympique à Paris, le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, auquel Robert Ménard appelle depuis des lustres, agite chancelleries et états­majors politiques.
« On m'a propulsé chef de file de la contestation. Cela me dépasse un peu », confie-t­il, un brin faux-cul.

Les tee-shirts noirs siglés d'anneaux olympiques transformés en menottes (une idée trouvée en 2001 par une agence de pub) se vendent mieux que des petits pains.
Carole Bouquet, Emmanuelle Béart, Pierre Arditi ont adopté le vêtement, imprimé en France et tissé en Inde, comme l'ont fait aussi quelques députés (toutes tendances confondues) et des milliers de jeunes gens devenus, en un clin d'œil, les ardents supporteurs de la cause tibétaine et du dalaï-lama.
Chaque jour, une vraie foule se presse dans les locaux de RSF, à côté de la place de la Bourse à Paris, pour acquérir le t-shïrt emblématique.
« Nous sommes en rupture de stock », jubile Ménard, avouant « 17 000 commandes en retard ». Il se félicite que les ventes aient rapporté« un million d'euros» à l'organisation.

"Il est surtout là où il y a les caméras"

Crâne dégarni, sec comme un coup de trique, court de taille, yeux de hibou, voix nasillarde, éternellement au bord de la crise de nerfs, Robert Ménard agace autant que ses causes émeuvent.
Cela fait plus de vingt ans que l'ancien militant trotskiste, obscur journaliste à Radio France Hérault, s'est imposé comme le chantre de la défense de la liberté de la presse, adoptant au passage quelques étrangers à la profession, comme le poète cubain Paul Rivero, les infirmières bulgares ou Ingrid Betancourt « On n'allait quand même pas exiger qu'elle ait sa carte de presse ! » s'indigne Robert.

Le militantisme, Ménard a ça dans le sang. Son père, imprimeur à Oran, avait épousé les luttes de l'OAS. Et si le fils trouve la cause odieuse, il «respecte le courage et le sens de l'engagement» paternels.

C'est en 1985 que Robert Ménard, Rony Brauman (de Médecins sans frontières) et le journaliste Jean-Claude Guillebaud fondent l'association RSF.
« Il s'agissait de défendre la liberté de la presse dans le monde, mais aussi de faire notre autocritique », explique ce dernier. Guillebaud a depuis quitté l'ONG, irrité par l'activisme à grand spectacle du survolté Ménard qui entendait aussi, par souci d'efficacité, mettre une sourdine à la critique des médias nationaux.
Brauman a fait de même, excédé par l'autoritarisme du secrétaire général. Ménard reconnaît volontiers être « colérique et caractériel » et « détester déléguer! » Son seul souci: l'efficacité. En dehors des opérations tapageuses et très médiatisées, RSF se préoccupe discrètement, et efficacement, du sort de milliers de journalistes à travers le monde.

Un monde que l'infatigable trublion Ménard arpente sans relâche. Il est partout « Surtout là où il y a des caméras », susurrent ses ennemis. Du Cameroun au Kosovo, en passant par la Grèce et la Tunisie. On l'aperçoit en Asie ou en Amérique latine, revendiquant haut et fort son devoir d'ingérence.

Il adore se faire arrêter ou expulser, multiplie les opérations coups de poing contre les ambassades ou les compagnies aériennes de pays qu'épinglent les rapports de RSF.
Entre deux voyages, il hante les plateaux télé où sa verve, son mauvais caractère et son sens de la répartie font merveille, mobilisent les téléspectateurs et ... font grimper l'audience.

Le défenseur des libertés de la presse est devenu défenseur des libertés tout court, des droits de l'homme.
Et sa petite entreprise n'a pas connu la crise.
RSF compte aujourd'hui 25 personnes au siège, une trentaine à l'étranger et plus de 100 correspondants, dispose d'un budget annuel de 4 millions d'euros par an (voir ci-dessous).

« RSF est financé par la CIA », dénonce Maxime Vivas, auteur de « la Face cachée de Reporters sans frontières », écrit au vitriol. Une accusation qui amuse Ménard: « Et pourquoi pas le KGB ? » rétorque-t-il.

"On peut ne pas m'aimer"

II n'empêche! Les choix de Robert Ménard ont parfois suscité l'incompréhension, voire l'indignation: défense de l'humoriste Dieudonné, invitation dans une revue du pamphlétaire d'extrême droite Alain Soral, rallié à Jean-Marie Le Pen, indulgence vis-à-vis des Etats­Unis, soutien sans condition des journalistes vénézuéliens hostiles au président Chavez, critique virulente, dans les années 1990, des autorités algériennes...

Il avoue « s'être trompé sur l'Algérie », mais revendique « être allé à Guantanamo, à la différence de bien de ceux qui me critiquent ». « On peut ne pas m'aimer, admet l'agité du bocal médiatique, mais pas dire que je suis de mauvaise foi ! »

Dans le civil, Robert Ménard est désespérément conventionnel. Enfin, presque ... Arrivé en France à l'âge de 9 ans, il a été éduqué chez les bons pères et a failli devenir prêtre.
Père d'une famille recomposée, il « aime » sa femme, la journaliste Emmanuelle Duverger, « est fou » de sa fille Clara, âgée de 6 ans, qu'il ne voit « pas assez souvent ». Son grand fils Michel, 32 ans, est « fier de son père ».

Pis encore! le secrétaire général de RSF fait partie de la dernière promotion de la Légion d'honneur, celle de Christian Clavier et de Bernadette Chirac.
Et c'est Bernard Kouchner,jadis autre champion de l'ingérence à tous crins, aujourd'hui ministre d'un gouvernement de droite, qui lui remettra sa décoration.
Catherine Tardrew.

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D'où vient l'argent?
Le Parisien 13 avril 2008, p. 8, Rosalie Lucas

MAIS qui finance Reporters sans frontières?
L'organisation fondée en 1985 dispose d'un budget de près de quatre millions d'euros, et c'est sur la question de ses fonds que les détracteurs de Robert Ménard attaquent

La moitié du financement de RSF (58 %) provient de ses ressources propres.

Neuf pour cent viennent des cotisations et dons, et la même proportion de financement public.

Le mécénat compte pour 24 %. Le grand groupe pharmaceutique Sanofi Aventis soutient l'organisation depuis sa création en 1985.

« C'est un lien historique, explique Jean-Marc Podvin, chargé de presse chez Sanofi. Notre premier centre de recherche se trouvait à Montpellier, où se trouvait également Robert Ménard. » Depuis, le laboratoire continue chaque année ce mécénat, comme Benetton, «sans intervenir dans les campagnes de RSF ».

Mais l'ONG, comme on peut le lire sur son site, reçoit aussi des fonds du National Endowment for Democracy (NED, fondation nationale pour la démocratie et du Center for a Free Cuba.

Garder son esprit critique

Deux organisations américaines, recevant des fonds du département d'Etat américain, qui font dire aux ennemis de Robert Ménard qu'il est un allié de la politique américaine, voire un sous­matin de la CIA, et qu'il ne s'attaque qu'aux pays qui sont dans la ligne de mire des Etats­Unis.

Enfin, l'organisation a pour partenaires des grands groupes tels que PinauIt ou de nombreux médias, ce qui l'empêcherait d'entrer en conflit avec les patrons de la presse française. Autant d'accusations que rejette formellement Robert Ménard. Selon lui, le fait de percevoir ces fonds n'empêche en aucun cas RSF de garder son esprit critique.
Rosalie Lucas

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Marianne, PAR PHILIPPE COHEN, Robert Ménard, marchand de bien

En théorie, Robert Ménard est un journaliste. D'ailleurs, il a la carte. En pratique, il est un activiste des droits de l'homme et du journalisme. Du coup, ça fait déjà vingt-trois ans qu'il n'en fait plus, du journalisme, depuis qu'il a fondé avec le journaliste-éditeur Jean-Claude Guillebaud et Emmanuelle Duverger, sa compagne, Reporters sans frontières. Sur le modèle, bien sûr, de Médecins sans frontières.

Rony Brauman figurait d'ailleurs parmi les parrains de l'association. A l'origine, RSF marchait sur deux jambes: la défense des journalistes réprimés dans le monde et la réflexion critique sur le métier de journaliste.
Un second volet auquel tenait beaucoup Guillebaud. «Quand on interpelle les leaders des pays du tiers-monde sur les atteintes aux libertés de la presse chez eux, a-t-il expliqué à marianne2.fr, la question qui se pose automatiquement à nous est de savoir quel usage nous faisons de notre liberté.
Or, au bout de sept ans, Robert Ménard a arrêté la critique des médias au prétexte que l'on ne pouvait à la fois tendre la sébile aux médias d'une main et leur donner des coups de bâton de l'autre.

RSF a donc remisé son bâton, et Jean-Claude Guillebaud a poursuivi ailleurs son travail de critique des médias. RSF est devenu une PME de l'humanitaire, et Ménard a repris, vingt ans plus tard, la revue Médias, un trimestriel de réflexion sur les médias, financé notamment par Stéphane Courbit. Avec le double coup d'éclat de Ménard à Athènes puis à Paris, la PME RSF prend des allures de multinationale du bien: 50000 T-shirts noirs vendus en une Journee, par ici la monnaie!

En tout bien tout honneur, rétorquera Ménard en ex-trotskiste roué.
Et il aura raison. Car ce n'est pas un garçon intéressé.
Critiqué par les « alters » pour son « antichavisme primaire », Ménard développe une conception absolue de la liberté de penser.
Sauf que la transparence s'arrête là où commence le sponsoring: à leur demande, il ne cite pas le nom des entreprises qui le subventionnent pour ne pas gêner leur business en Chine... .

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Le Journal du Dimanche Samedi 19 avril 2008, 18h49 Manifestations anti-françaises en Chine: Carrefour prend la situation "très au sérieux"

La situation en Chine, où des manifestations anti-françaises ont éclaté samedi contre Carrefour pour protester contre l'attitude de la France à propos du Tibet et des Jeux Olympiques, est prise "très au sérieux", a déclaré José Luis Duran, président du directoire de l'enseigne.

Dans une interview à paraître dans le Journal du Dimanche, M. Duran a précisé que mis à part "quelques incidents localisés, nous n'avons pas senti à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires" des 122 hypermarchés que compte le distributeur en Chine.

"Mais nous prenons la situation très au sérieux", a-t-il ajouté.

Des manifestations anti-françaises ont eu lieu à Pékin, Hefei (est), Wuhan (centre) et Qingdao (est), a indiqué Chine Nouvelle, sans préciser le nombre des manifestants.

Ces derniers se sont rassemblés devant des magasins Carrefour, appelant au boycott du distributeur très présent en Chine et entonnant des slogans hostiles à "l'indépendance du Tibet", a ajouté l'agence officielle.

"Il faut comprendre qu'une grande partie de la population chinoise a été très choquée par les incidents" qui ont eu lieu le 7 avril lors du passage de la flamme olympique à Paris, selon M. Duran qui s'est lui-même déclaré "peu fier" à la vue des images.

Le distributeur "dément avec la plus grande fermeté" des informations diffusées par les médias chinois selon lesquelles Carrefour aurait soutenu le dalaï lama.

"Carrefour ne s'implique jamais dans les affaires politiques ou religieuses des pays où il est implanté", a-t-il assuré, avant d'ajouter: "La situation au Tibet est complexe (...) je ne me permettrais pas de porter de jugement".

"Boycotter les JO serait une erreur", selon lui. Il rappelle que le groupe "a soutenu depuis longtemps la candidature de Pékin". "Les jeux ont été donnés à la Chine pour lui permettre de montrer les progrès qu'elle a accomplis depuis vingt ans. Je ne vois pas pourquoi on lui enlèverait cette opportunité aujourd'hui".

"La Chine a une importance stratégique évidente pour Carrefour", a reconnu M. Duran, avant de préciser que l'enseigne a beaucoup investi dans ce pays, ouvrant une vingtaine d'hypermarchés et avec l'intention de poursuivre à ce rythme cette année.

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Citoyen (ou bras) d’honneur Jacques Camus La République du Centre Publié le 22 avril 2008 - 09:20

Voici donc la dalaï lama élevé au rang de « citoyen d’honneur » de la Ville de Paris à l’unanimité... des votants. Accessoirement, c’est également un « bras d’honneur » que Bertrand Delanoë a spectaculairement adressé aux autorités chinoises en pleine crise des relations diplomatiques entre Paris et Pékin.

On peut évidemment s’interroger sur la nécessité de ce geste symbolique au moment où Nicolas Sarkozy cherchait à jouer l’apaisement avec la Chine. Au final, c’est la France qui, après avoir voulu donner des leçons, offre le spectacle désolant de ses divisions à un pays autrement rompu à cacher ses turpitudes.

Le maire de Paris, nous l’avons dit, a d’ailleurs été loin de rallier l’ensemble du Conseil à son initiative. C’est qu’au-delà de l’aspect éventuellement inopportun de la démarche, beaucoup ont estimé que Bertrand Delanoë se faisait plus boudhiste que le dalaï lama lui-même.

Le chef spirituel en exil, n’en demandait sans doute pas tant. Et l’on s’inquiète alors de savoir si Bertrand Delanoë n’a pas cédé, lui aussi, à cette surenchère émotionnelle qui semble actuellement animer les leaders socialistes en quête de positionnement.

C’est à qui, au PS, en fera le plus dans la vénération et l’exaltation des grandes causes pour se singulariser. Après Ségolène Royal qui, sans attendre, voulait arracher Aimé Césaire à sa terre et le faire entrer au Panthéon, Bertrand Delanoë n’a pas voulu être en reste. Sous les nobles mobiles de façade, se dissimulent parfois des ambitions moins avouables. Jacques Camus

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Le dalaï-lama et l’honneur nazi
laurent dispot rédacteur à la Règle du jeu. Libératon QUOTIDIEN : vendredi 25 avril 2008

En juillet 1938 (anniversaire en 2008), un SS champion d’alpinisme est vainqueur de la face nord de l’Eiger, en Suisse : une «première».
Il s’appelle Heinrich Harrer. Le récit de son exploit, et sa photo avec Hitler, sont aussitôt diffusés massivement en Europe et dans le monde par la machine de propagande de Goebbels.

Il s’est inscrit à la SA en 1933, à la prise de pouvoir par Hitler (trois quarts de siècle en 2008). Passé à la SS, il est un favori du Reichsführer Heinrich Himmler.

Quelques mois après, autre «première» : ses camarades SS et lui-même sont vainqueurs des synagogues brûlées et des familles juives terrorisées, sur tout le territoire de l’Allemagne, lors de ce qu’ils nomment par dérision «la nuit de Cristal», le 9 novembre 1938.

Pendant que les Juifs passent à la nuit et au brouillard, Harrer est investi d’une mission par Hitler et Himmler en personnes : s’infiltrer au Tibet, en accord avec les ministres régents du dalaï-lama enfant, pour devenir précepteur de celui-ci. En pleine guerre d’agression contre la Chine de l'allié japonais des Nazis, il s’agit de conquérir Lhassa comme nœud stratégique sur l’axe Berlin-Tokyo.

2008 est l’anniversaire de la «reconnaissance» par Hitler en 1938 de la stratégie de morcellement de la Chine menée par le Japon. Autrement dit la Mandchourie occupée par l’envahisseur fasciste.

Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.

Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque.
Il a été transformé en film de propagande mondiale, en 1997, par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud. Sept ans au Tibet, produit à Hollywood n’était qu’un «Bienvenue au nazi chez les Tibétains» avec dans le rôle du «gentil SS» un Brad Pitt aux cheveux très blonds, aux yeux très bleus, assorti de tout plein de beaux drapeaux à croix gammée.

A la mort de Harrer en 2006, et encore ces jours-ci, le dalaï-lama a diffusé de ce SS une apologie sans réserves : c’est-à-dire sans les mots «nuit de Cristal», «Himmler», «Hitler», «Juifs». Où qu’un SS ait été en mission, il était à Auschwitz. Il n’y a pas de «voie médiane» entre les Juifs martyrs dès 1938 et le champion nazi de 1938 encensé par le dalaï-lama en 2008.

L’«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l’histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n’est pas soluble dans les neiges éternelles.

Le maître (spirituel) a eu ce maître (d’école). Il lui reste fidèle. Il y met son honneur. Sur le ceinturon des SS figurait la devise : «notre honneur est notre fidélité». Le dalaï-lama met, depuis soixante ans, son point d’honneur à ne pas parler de la mission au Tibet confiée en 1938 à son précepteur par Hitler et Himmler, ni des motifs mystiques, racistes et stratégiques de cette mission.

Il pourrait invoquer son enfance, regretter d’avoir été manipulé par un plan des nazis et de leurs alliés japonais : ceux qui violaient Paris, Oradour, Tulle ; ceux qui violaient Nankin. Au lieu de cela, il traite la destruction des Juifs d’Europe de rétribution, forcément juste, de fautes antérieures : il jette la Shoah à la poubelle du «karma». Et il ne cesse de ressasser son remerciement à un SS d’avoir été son «initiateur à l’Occident et la modernité» .
En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur.

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A Pékin, les tours-opérateurs rayent Paris de leur carte
ARNAUD VAULERIN Le Monde QUOTIDIEN : samedi 31 mai 2008

Une querelle de plus ? Le possible boycott touristique de la France par Pékin risque de compliquer une relation franco-chinoise déjà chaotique depuis le fiasco de la flamme olympique à Paris, le 7 avril.

«Conséquence».
Ce nouvel épisode a démarré jeudi. Sans que l’on s’explique pourquoi il intervient maintenant. Des tours-opérateurs chinois ont indiqué à l’AFP avoir retiré la France de leurs brochures, précisant suivre ainsi une consigne donnée par la municipalité de Pékin.
L’administration du tourisme de la capitale chinoise a démenti vendredi. Mais la porte-parole du Quai d’Orsay ne s’est guère satisfait du communiqué. «Qu’il y ait un démenti c’est une chose, mais nous aimerions des informations plus précises. Il faut absolument que nous ayons des explications pour que nous puissions en tirer les conséquences, a déclaré Pascale Andréani. Car ce serait préoccupant si ce devait être confirmé.»

Au bureau économique et commercial de l’ambassade de Chine à Paris, un interlocuteur, qui tient à rester anonyme, dément toute démarche officielle : «C’est la propagande de quelqu’un qui n’aime pas la Chine. C’est impossible et illogique pour le gouvernement de décider de supprimer des tours-opérateurs la destination France.»

L’ambassade de France en Chine cherchait encore vendredi à «se faire expliquer les raisons qui pourraient avoir motivé cette décision», a indiqué le ministère des Affaires étrangères. Pascale Andréani a tenu à préciser que la France suivait avec «une très grande attention ce dossier».

Depuis près de deux mois, Pékin et Paris traversent une sérieuse crise de confiance. Les manifestations autour du passage de la flamme en France ont été très mal vécues en Chine. Et l’incertitude persistante sur la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux, le 8 août, n’arrange rien.
Mi-avril, Pékin a fait mine de calmer les protestations antifrançaises après des rassemblements devant les magasins Carrefour en Chine, des appels au boycott des produits français et le barbouillage de drapeaux tricolores avec des croix gammées. Sans convaincre.
Dans le même temps, la France a multiplié visites, cadeaux et courbettes et s’est posée en médiatrice dans le conflit entre le dalaï-lama et Pékin. Pour un maigre résultat.

«Morose».
Le tourisme deviendra-t-il le nouveau terrain de bataille franco-chinois ? «Sur Internet, les appels au boycott du voyage en France, qui n’ont rien d’officiel, sont réels», témoigne Pierre Shi, directeur général de China Travel Service qui indique qu’une «dizaine de groupes chinois se sont décommandés depuis jeudi».
A moyen terme, le directeur général de l’office du tourisme de Paris, Paul Roll, «n’est pas inquiet». Il indique qu’à cause des Jeux, «2008 sera morose. Les Chinois ne voyageront pas beaucoup». Près de 600 000 d’entre eux ont visité Paris en 2007. Avant la querelle olympique.

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L’agité du vocal
Robert Ménard. Le succès de la campagne de Reporters sans frontières à l’occasion des JO de Pékin, expose son remuant secrétaire général à la curiosité et à la critique. Qu’il supporte mal.
CHRISTOPHE AYAD photo Frédéric Stucin.MYOP Libération QUOTIDIEN : jeudi 5 juin 2008

Robert est amer, Ménard est furibard. C’est pourtant son heure de gloire : depuis le coup d’éclat d’Olympie, où, surgissant tel «Bob Morane contre tout chacal», il a perturbé la cérémonie d’allumage de la flamme olympique, jamais Reporters sans frontières n’a eu un tel impact. Le tee-shirt est en rupture de stock, le standard explose, les demandes d’entretien aussi. Mais il n’est pas content. Déprime post-partum ? Depuis qu’il est entré dans la quatrième dimension, celle de ceux qui font l’actu, sa vie, son œuvre, tout est passé au microscope déformant des médias. Autant le préciser : Libé a offert sa une à RSF le jour du passage de la flamme à Paris et vend le tee-shirt aux menottes olympiques. Nous voilà donc en flagrant délit de renvoi d’ascenseur. Et puis, est-il possible d’être objectif envers un type qui s’est dépensé sans compter pendant l’enlèvement de Florence Aubenas et Hussein Hanoun ? Cela dit, au boulot.

Sale engeance les journalistes !
Toujours les premiers à l’appeler en cas de pépin, pour ensuite le canarder afin de prouver leur indépendance. «Que ce soit une organisation française de journalistes, putain, on pourrait être fiers de ça… Et parfois, je lis des choses qui me blessent parce que je les trouve injustes.»
Ce samedi matin, il reçoit chez lui, les nerfs à fleur de peau mais rasé de près. Il y a du lapin Duracell chez cet homme, qui carbure à l’adrénaline et l’amnésie. Comme les journalistes.

Jusqu’à présent, dans la profession, on le traitait avec un mélange de mépris et d’affection. Ancien journaliste au Petit Biterrois et à Radio France Hérault, il n’a jamais été ni un baron ni une plume. Un brave gars efficace et sympathique, toujours prêt, comme les scouts. On le brocardait dans son dos : «Bob Ménard», «Robert al-Manar», etc.
Mais depuis que Kouchner lui a offert la Légion d’honneur, depuis que RSF est devenu le fer de lance - presque à l’insu de son plein gré - du débat sur le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO à Pékin, Ménard est devenu un sujet, une cible. Comme Kouchner, il abhorre les «pisse-vinaigre» et traite les critiques en ennemis, «connards», «salauds».
Les journalistes sont peut-être - souvent - de mauvaise foi, mais sur ce terrain, Ménard se défend bien : il met tout dans le même sac, les piques de la presse française et les insultes des journaux tunisiens. Il fait comme s’il découvrait le «cynisme ricanant des médias», leur propension à simplifier jusqu’à la «caricature». Comme s’il ne récoltait pas ce qu’il a semé.

D’où lui vient cette rage, ce goût de la castagne verbale, qui fit un jour sortir Arno Klarsfeld de ses gonds au point de lui balancer un verre d’eau au visage chez Ardisson ? Ménard aime la tchatche. Sa voix est une arme de précision : débit rapide et clair, gouaille adolescente façon Besancenot et chaud accent du Midi pour enrober le tout.
C’est son côté pied noir assumé, revendiqué. «Ma famille s’est installée en Algérie en 1850. Un mois avant l’indépendance, jamais mon père n’aurait imaginé qu’on partirait.»
Son père, communiste et cégétiste, a rejoint un temps l’OAS (Organisation armée secrète, pour l’Algérie française). Avec les tripes plus que la tête, c’est de famille. «Cinq ans plus tard, il est revenu à gauche et a toujours voté Mitterrand.»
C’est à cause de ce père aujourd’hui disparu, qu’il dit avoir accepté la rosette. «La facilité aurait été de refuser.» C’est aussi ce père qui lui a appris qu’il valait mieux se tromper que de ne pas s’engager. On ne sait pas s’il vote à gauche et il ne veut ni confirmer ni infirmer.

Ado, il a grandi dans l’Hérault avec la nostalgie du paradis algérien perdu. Faute de devenir curé, à cause d’un veto maternel, il entre à la LCR, où il a passé six ans et dont il a gardé un talent certain pour l’agit-prop. «J’étais un peu idiot. En fait, je ne partage pas ce discours. Je suis traditionaliste, réactionnaire même.»
Gauchiste en peau de lapin, journaliste en mal de cause («J’ai toujours eu plus envie de dénoncer que de décrier»), il a trouvé son filon au mitan des années 80 en fondant RSF avec trois copains de Montpellier. Ils sont restés, lui est monté à Paris.
Au départ, l’idée consistait à défendre la liberté de la presse dans le monde et de proposer une information alternative. Rony Brauman de MSF et Jean-Claude Guillebaud de l’Obs parrainent le zébulon. Rapidement, Ménard veut laisser tomber le volet critique des médias. Il assume : «Je suis pas un redresseur de torts de la presse, le débat franco-français ne m’intéresse pas. Mon boulot, c’est de faire sortir des gens de prison.»

Pour ça, il faut le soutien de la «grande presse» et de ses patrons. Il «réseaute» à mort et ne parle donc jamais de ce qui fâche. «RSF n’est pas un syndicat.» Brauman puis Guillebaud partent, laissant Ménard seul maître à bord, enfin débarrassé des «intellos» : désormais, la liberté de la presse sera exotique ou ne sera pas. On parlera de droits et plus de devoirs.
A RSF, il règne en autocrate. Soit on adhère, soit on part. Beaucoup sont partis, épuisés, lassés des engueulades et de ses inconséquences, comme celle consistant à défendre Dieudonné mais à oublier Genestar.

RSF décolle grâce à la guerre en Bosnie et son soutien à Oslobodjenje, quotidien multi-ethnique de Sarajevo. Pour faire tourner la machine, il faut des noms et des fonds. Les premiers ne se font pas prier : les inévitables BHL-Gluck-Fink, mais aussi PPDA, trop content de faire oublier ses casseroles professionnelles.

Quant aux seconds, c’est son sujet de dispute préféré avec la gauche de la gauche, en particulier les pro-chavistes, qui lui reprochent son acharnement contre Cuba et le Venezuela et sa mansuétude envers les Etats-Unis.

Ce qui n’est pas faux mais n’en fait pas un agent de la CIA pour autant. L’argent ? Il y a eu celui d’Omar Harfouch, proche de Kadhafi. Il y a toujours celui de François Pinault et de Sanofi-Avantis, celui du National Endowment for Democracy, un think tank américain de droite, du Center for a Free Cuba (pas besoin d’un dessin).
Et aussi, mais de moins en moins, l’UE, la France, l’Allemagne, la Suède. Bientôt l’émir du Qatar.

RSF compte 25 permanents et brasse 4 millions d’euros, sans compter les pubs offertes par les médias. La vente d’albums photos représente 60 % des recettes, au point que certains prennent l’ONG pour une maison d’édition. Au point qu’on en oublie le travail de fourmi de recension des violations dans les pays «oubliés» comme l’Erythrée.

Ménard avoue un salaire de rédacteur en chef sans vouloir le publier. Il habite un grand appartement dans le XIVe, a un fils de 32 ans et une petite fille de 6, avec sa jeune compagne, Emmanuelle Duverger, qui cosigne ses livres et codirige la revue Médias.
Il a le teint hâlé, le ventre plat et s’habille en noir, comme le parfait bobo soixante-huitard. Mais quelque chose ne colle pas : cette fierté d’être «un plouc de pied noir», cette façon d’avouer «je ne sais pas de quoi je suis capable si on touche un cheveu de ma fille», cette inconscience du ridicule lorsqu’il escalade Notre-Dame.

Quand il n’est pas sa caricature, Ménard mérite d’être écouté, comme lorsqu’il explique qu’il ne sert à rien d’interdire Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, ou de vouloir combattre les négationnistes par la loi Gayssot, plutôt que par la pensée. «Plus jamais je n’écrirai là-dessus. Ça a été terrible par ricochet pour RSF.» Dommage.

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Nicolas Sarkozy ira aux JO de Pékin
Par Neila Latrous le 04/07/2008

BFM TV nous annonce ce matin que la décision de Nicolas Sarkozy est prise. Il irait aux JO de Pékin, décision dont il aurait fait part aux parlementaires lors du petit déjeuner de la majorité mardi matin.

Robert Ménard se dit scandalisé par cette information. Pour lui, Nicolas Sarkozy a trahi l'un de ses engagements de campagne, celui de se faire le défenseur des droits de l'homme partout dans le monde. Robert Ménard qualifie en outre cette décision de "lâche".

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est la Maison Blanche qui a annoncé hier que Georges W. Bush sera lui aussi à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.

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Publié le 26/09/2008 à 19:06 Reuters Clément Dossin, édité par Sophie Louet
Robert Ménard quitte la tête de RSF et songe à la politique

Vingt-trois ans après avoir cofondé Reporters sans frontières, Robert Ménard, 55 ans, a démissionné de son poste de secrétaire général de l'organisation et sera remplacé par Jean-François Julliard, 35 ans, qui travaille pour RSF depuis 1998.

Robert Ménard a démissionné de son poste de secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) et déclare qu'il n'exclut pas, entre autres pistes, une reconversion dans la politique.
Robert Ménard, 55 ans, sera remplacé par Jean-François Julliard, 35 ans, qui travaille pour l'organisation depuis 1998.

"Il y avait des mois que j'y réfléchissais, presque deux ans, mais je voulais mener la campagne sur la Chine jusqu'au bout", a expliqué Robert Ménard à Reuters, précisant qu'il resterait un "simple militant" de RSF.

"Je voulais aussi que la passation de témoin soit un succès. Ma plus belle réussite serait que ça marche mieux demain qu'aujourd'hui", a-t-il ajouté.

"Pour RSF, c'est une bonne décision, même si à titre personnel, elle me serre le coeur. Mais il fallait une équipe plus jeune, différente, avec d'autres personnalités, qui connaissent mieux internet."

Interrogé sur son avenir personnel, il a évoqué plusieurs hypothèses, du retour à son métier d'origine - journaliste - à une entrée en politique, même s'il dit n'avoir "aucun contact" dans ce milieu.

"J'ai quelques idées mais je n'ai honnêtement pas eu le temps de m'en préoccuper. (...) La politique fait partie des options car je ne fais pas partie de ceux qui disent que les tous les hommes politiques sont des pourris."

"AUCUNE LASSITUDE"

Robert Ménard, qui avait fondé RSF en 1985 avec trois autres journalistes avant d'en devenir secrétaire général en 1990, refuse d'évoquer une forme de "lassitude".

"J'ai 55 ans et je vous garantis que je n'ai pas envie de pré-retraite. J'ai aussi entendu dire que j'avais des problèmes de santé, c'est complètement faux."

Il dit avoir pris sa décision "au moment où tout va bien pour Reporters sans frontières. Jamais notre organisation n'a été aussi présente dans le monde, n'a eu une telle notoriété, n'a disposé d'autant de moyens humains et financiers."

Fondée en 1985 à Montpellier avec Emilien Jubineau, Rémi Loury et Jaques Molénat, RSF compte aujourd'hui une quarantaine de permanents, dont une quinzaine à l'étranger.

Concernant son successeur, Jean-François Julliard, Robert Ménard évoque un garçon "aussi robuste physiquement qu'intellectuellement".

"C'est un homme fidèle dans ses engagements, qui connaît très bien RSF. Il est là depuis dix ans et dirige depuis quatre ans l'équipe des chercheurs de l'organisation. Nous sommes très différents mais nous avons tout fait ensemble depuis des années. j'ai une complète confiance en lui."

Robert Ménard doit publier le mois prochain un ouvrage intitulé "Des libertés et autres chinoiseries", dans lequel il revient largement sur la campagne pour les libertés fondamentales en Chine menée en cette année des Jeux olympiques à Pékin.

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17 oct. 6h51 Libération p. 12 Robert Ménard s’installe au Qatar

Quelques jours seulement après son départ de Reporters sans frontières, dont il était le secrétaire général, Robert Ménard a pris la tête du Centre de Doha pour la liberté de l’information, basé au Qatar.

Ce centre, parrainé par la femme de l’émir, cheikha Moza Bent Nasser al-Missned, a pour objectif de défendre, soigner et accueillir des journalistes blessés ou menacés dans leurs pays, en les prenant en charge trois à six mois.

Le conseil d’administration du centre compte, entre autres, Dominique de Villepin, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, l’écrivain brésilien Paolo Coelho, le chef du bureau du New York Times à Jérusalem Ethan Bronner.

Le Qatar, une pétromonarchie qui se veut moderne, est le siège de la chaîne d’information Al-Jazira.

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Portrait. Sur iTélé comme sur RTL, l’ex-patron de RSF reste fidèle à sa seule passion : la liberté d’expression.

Robert Ménard, un esprit libre Bénédicte Fournier le jeudi, 09/12/2010 dans Société Valeurs Actuelles

Pour le grand public, l’histoire de Robert Ménard se confond avec celle de Reporters sans frontières (RSF). Il faut dire que ce trublion à l’accent méridional en est resté le “patron” pendant plus de vingt ans, jusqu’en septembre 2008.

Lors de la fondation de RSF, en 1985, c’était déjà la liberté d’expression qui mobilisait toute son énergie.
Redevenu simple journaliste, il n’a pas abandonné ce combat. Une chose a changé cependant : à l’époque, il était de gauche. Il ne l’est plus et ne s’en cache pas.

Mais des étiquettes, il se moque bien ! Rien ne compte plus pour lui que la liberté de penser : la sienne et celle des autres. Sur iTélé, on peut le voir trois fois par jour : une revue de presse, un débat (face à Claude Askolovitch) et, surtout, Ménard sans interdit, à 17h45. Il y reçoit des politiques, des responsables associatifs, des militants, des écrivains qu’il interroge dans le but de «déjouer les vérités officielles». On l’entend aussi sur RTL, dans On refait le monde, après le journal de 18 heures et, chaque samedi, il trousse le portrait d’une personnalité qui marque l’actualité.

Robert Ménard ne fait pas mystère de ses origines pieds-noires : il est né à Oran, en 1953. Sa famille, rapatriée en 1962, s’était installée là-bas en 1850. «À la maison, on ne parlait que de ça. Pour nous, le paradis n’était pas devant nous, mais derrière nous », se souvient-il.

Dans les années 1970, le jeune homme poursuit des études de philosophie à Montpellier et fait ses premières armes dans le combat pour les radios libres et à l’extrême gauche.

D’abord anarchiste, il rallie la Ligue communiste révolutionnaire, mais ne s’y sent pas à l’aise : «Trop sectaire. » Il adhère ensuite au PS « parce qu’il y avait tout à faire », mais il en démissionne six mois après la victoire de 1981, stupéfait par tous ceux « qui se précipitaient sur les places ». François Mitterrand soutiendra quand même la fondation de RSF.

« Quel chemin parcouru depuis les premiers jours de notre association, montée avec quelques copains dans un quartier de Montpellier…», se souvient-il avec nostalgie. Son plus grand fait d’armes ? « Sans aucun doute, la campagne menée au moment des jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Elle n’a pas porté tous ses fruits à l’époque, mais c’était l’aboutissement d’une méthode de travail. » Malgré les polémiques qu’il provoque alors, il assume tout.
Même l’athlète handicapée renversée à Paris alors qu’elle portait la flamme olympique ? « C’est un Tibétain qui a fait ça, pas un militant de chez nous », corrige-t-il.

Depuis qu’il a quitté RSF, Robert Ménard a monté sa propre revue, Médias, et une maison d’édition, Mordicus, pour « faire entendre des points de vue qu’on n’entend pas ailleurs et que les gens se fassent une idée eux-mêmes ». « Je ne suis pas directeur de conscience », précise celui qui ne se soumet pas aux nouveaux clercs. Il est régulièrement accusé de « déraper ».

« Je ne dérape pas, je dis ce que je pense », rétorque celui qui est l’auteur, avec Emmanuelle Duverger, de la Censure des bien-pensants (Albin Michel, 2003). Récemment encore, on lui a reproché d’être homophobe : il avait osé dire, sur Paris Première, qu’il préférerait que ses enfants soient hétérosexuels.

Il a reçu par le passé de nombreuses menaces

Rétif à tout esprit de système, Robert Ménard pense qu’il faut arrêter les flux migratoires mais répète à l’envi que la loi contre la burqa est une « ineptie ». Les “laïcards” de tout poil ne trouvent pas grâce à ses yeux même si, fidèle à ses principes, il leur donne la parole régulièrement.
Lui assume l’identité chrétienne de la France : « Je n’ai aucune envie qu’il y ait autant de mosquées que d’églises dans notre pays. »

Sa liberté de parole dérange d’autant plus qu’il a longtemps occupé le terrain de la défense des droits de l’homme : un milieu qui entretient, selon lui, « des rapports incestueux avec la gauche ». Mais les attaques ne lui font pas peur. Des menaces, il en a reçu de nombreuses depuis qu’il milite. Les dernières en date ont été portées contre sa famille pendant la campagne sur les JO en Chine.

Robert Ménard ne craint pas non plus la justice. De toute façon, il estime que toutes les lois qui bafouent la liberté d’expression, à commencer par la loi Gayssot, doivent êtres supprimées. « Les gens veulent la liberté d’expression pour leurs copains. Mais il faut être pour celle de vos pires ennemis, assène-t-il. Sinon c’est trop facile. »

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Peine de Mort: I>télé récuse Robert Ménard TVMag Le 16/12/2010 à 11:09 par Benjamin Rabier
Regrettant, en direct, l'abolition de la peine de mort, le polémiste a vu son point de vue récusé par le journaliste d'I>Télé, Julian Bugier

La séquence est inattendue et pour le moins surprenante. Mercredi, après un duplex en direct de la cour d'assises de Pontoise (Val-d'Oise) Robert Menard s'est fait remettre à sa place par le présentateur vedette du 17h-20h d'I>Télé, Julian Bugier.

Alors que Laurie Milliat est sur place pour annoncer la décision de la cour d'assises dans le procès du meurtre d'Anne-Lorraine Schmitt fin 2007, le polémiste de la chaine d'informations déclare, « Julian, on regrette parfois qu'il n'y ait pas la peine de mort ». Sans attendre, le journaliste lui rétorque alors un cinglant : « Je ne suis pas d'accord avec vous Robert. Rien ne justifie qu'on enlève la vie à mon sens. Merci Robert ».

Ce n'est pas la première fois que l'ancien président de Reporters sans frontières (RSF) prône le retour de la peine de mort. En mars dernier, invité de France Inter pour discuter du cas Hank Skinner, un condamné à mort Texan qui réclamait des tests ADN pour se faire innocenter, Robert Ménard avait ouvertement déclaré « être (un) partisan de la peine de mort. Ça ne fait pas de vous un monstre qui serait lui-même exclu de l'humanité bien pensante, convenable » avait-il déclaré.

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31/03/11 17:45 83 Info Obs : Robert Ménard publie "Vive Le Pen !" Marie Guichoux Article publié dans Le Nouvel Observateur du jeudi 31 mars, sous le titre: "Dans les filets de Marine ?"

Dans ce pamphlet, l'ex-patron de Reporters sans Frontières part en guerre contre la petite élite qui "traite les électeurs du FN comme des crétins égarés".
Une conversion médiatique qui risque d'enchanter les frontistes. Par Marie Guichoux.

"Ecoutez-moi avant de vous faire une idée", insiste Robert Ménard.

Qu'arrive-t-il au petit père des reporters ? Agité des justes causes, agent provocateur des droits de l'homme, Robert Ménard s'était hissé au top de la notoriété en défendant la liberté de la presse sur tous les fronts.

Il a tiré sa révérence de Reporters sans Frontières à 55 ans, pour ne pas finir comme retraité de son ONG. Deux années, presque trois ont passé et ses amis de gauche ne reconnaissent plus « Bob ».

Bien sûr, ils savent son goût pour les saillies, ses réflexes dogmatiques, son côté anar despotique, ils l'ont éprouvé à RSF, mais l'entendre, lui, se faire l'avocat de la peine de mort, souhaiter que ses enfants ne soient pas homosexuels et, au lendemain du premier tour des cantonales sur RTL, « approuver» les électeurs du Front national, ils en sont restés bouche bée.

L'impétueux n'en avait pas fini : « Quand on a vu l'affaire MAM à droite et Guérini, le conseiller général des Bouches-du-Rhône, à gauche, on peut se poser des questions sur cette classe politique-là. »

Hé, Bob, où vas-tu ?

Serais-tu de ces passeurs d'idées tombés dans les filets de Marine ? Ce n'est pas le petit pamphlet - une vingtaine de pages - qu'il met actuellement sous presse dans sa maison d'édition Mordicus qui va les rassurer. Le titre en est : « Vive Le Pen ! », sortie prévue le 5 mai. Ainsi, il aurait abjuré, se demande la bobosphère médiatique. A moins qu'il ne se soit joué d'eux. Ou de lui-même.

"Tout m'exaspère !"

«Ecoutez-moi avant de vous faire une idée », a-t-il demandé. On le retrouve donc à i>Télé, où il officie désormais dans « l'Info sans interdit », le JT de fin de journée. Autrefois, il livrait un émetteur en pièces détachées aux journalistes bosniaques muselés par les Serbes pendant le siège meurtrier de Sarajevo, aujourd'hui il émet ses opinions. Il scande les reportages et titres successifs, à l'invitation du présentateur. Pour donner « un ton ». Comme un jingle. «Alors, Robert, ces soldats français tués en Afghanistan ? - La présence de la France en Afghanistan, ça oui, c'est une erreur !» Alors, Robert, le match décisif de ce soir, l'islam en France, la déclaration du pape... Et le super-gros lot du Loto, Robert ? «Je n'ai pas joué, mais ma femme a joué. »

Il y a du Colombo chez cet homme.

Dégaine froissée, regard en veilleuse sous les paupières. Sauf que là où l'inspecteur se taisait pour trouver la solution, Ménard déborde de mots pour dire son indignation. Dans la ouate d'un bar qui jouxte la chaîne, il lance haut et fort : « Tout m'exaspère !», avant même la première question et son premier Orangina ; Eva Joly « la vengeresse », Jean- François Copé «ce pingouin », tous ces ducs et duchesses de la classe politique et de l'élite médiatique qui « traitent les électeurs du FN comme des crétins égarés ».

Il se fait fort, tous ces grands du pays, de les déchiqueter. Journaliste en forme de procureur ou procureur en habit de journaliste, il les reçoit dans son « Interview sans interdit » sur i>Télé, les commente chez Christophe Hondelatte dans « On refait le monde » sur RTL (l'émission lui a décerné l'année dernière la récompense enviée de « langue de vipère ») ou sur toute autre onde qui voudrait de ses services. «Mais je dis des bêtises aussi. »

Alors, chaque soir, sitôt sorti d'un studio, il téléphone à sa femme et à sa mère pour connaître le verdict. «Ma femme m'a dit tu n'aurais pas dû dire ça sur les électeurs FN. »
Emmanuelle, 15 ans de moins que lui et 10 centimètres de plus, est rédactrice en chef de la revue trimestrielle « Médias », qu'il a rachetée avec quelques soutiens, comme celui sonnant et trébuchant de Stéphane Courbit.
Roberte, 88 ans, veuve de son Emile depuis trente ans, lui dit, de Béziers, que son langage manque de tenue. « Quand un type est un gros con et vous donne envie de gerber, vous le dites », réplique le fils, qui se sait à l'avance pardonné. « C'est le Midi, ça ! Il ne faut pas châtrer la langue. » Entend-elle, Roberte, la colère derrière l'accent de Robert ?

Globe-trotteur sur l'échiquier politique

Car, avant le Sud, il y a eu Oran. Et très vite la guerre et la fureur. Robert a 8 ans quand un homme vient livrer des cartons de papier carbone à son père dans l'imprimerie-papeterie qui assure la prospérité familiale. Sous les papiers, il voit des armes. Il y a aussi cet oncle habillé en prêtre alors qu'il ne fréquente pas l'église. Et ce code, frappé sur le toit de la maison, pour ceux qui devaient montrer patte blanche : trois coups pour O-A-S, suivi de deux coups pour ami.

«On était chez nous, madame !», dit, solennel, Robert Ménard en reprenant un Orangina. Adieu Oran, la plage, l'écho des mitrailles, le cinéma, les morts, les bouffes à 10 heures du soir. Bonjour Brusque, commune de l'Aveyron, la bien-nommée dans les yeux de ces Français d'Algérie devenus des pieds-noirs en France. Emile vire catholique, relégué au fond de l'église. Robert, qui, petit, se voyait bien curé, s'enflamme pour Marx, Raoul Vaneigem et la philo, « un truc de glandeur qui permettait de la ramener devant les filles».

Emile vit reclus, s'endette à vouloir élever abeilles, cochons et autres bêtes. Il faut taire son passé, assister à sa relégation sociale, grandir du côté des réprouvés, porter la honte. Robert veut en découdre. Ce sera la Ligue communiste révolutionnaire. « Quand je pense à la révolte de Kronstadt et Trotski qui disait : on les tirera comme des lapins ! Les conneries qu'on a pu dire !»

Ce n'était que le début de ses aventures de globe-trotteur sur l'échiquier politique. Conquis par François Mitterrand dans les années 1980, il se convertit pour Nicolas Sarkozy vingt-cinq ans après. Et l'âge venant, à 58 ans, vire Marine ? Le pamphlet qu'il s'apprête à publier s'ouvre ainsi : « Oui, vive Le Pen ! Comme une bravade, comme un gant jeté au visage de ce monde de la presse qui joue les matamores face au Front national. (...) Il ne s'agit pas ici de défendre Le Pen, père ou fille, mais de dénoncer cette traque de tout ce qui est supposé exprimer sympathie ou même vague intérêt pour des idées, des analyses qu'il est si aisé de proscrire d'un retentissant «facho». »

Robert Ménard s'est-il senti visé ? « Réac », reconnaît-il, « sur les questions de société », macho comme il faut, adepte du mariage, même s'il a vécu « dans le péché » avant de faire famille recomposée. Il vénère «la Marseillaise », emmène Clara, 9 ans, voir le défilé du 14-Juillet et espère qu'elle lui donnera des petits-enfants.

La naissance d'une fille sur le tard (il a un grand fils issu d'une autre union) l'a changé, la peur des pédophiles l'a saisi. «J'étais à Bruxelles avec la maman de Florence Aubenas, nous manifestions pour réclamer sa libération et celle de son guide Hussein Hannoun. Et puis on est venu me présenter la mère d'une des jeunes filles victimes de Dutroux. Eh bien moi, cet homme-là, ça ne me gênerait pas qu'il ne vive plus ! »

Ménard, sur les ondes, popularise la peine de mort « dans certains cas ». Sa femme, Emmanuelle, une ancienne de la FIDH rencontrée voilà dix ans, cosigne « Vive Le Pen ! ». A ses côtés, il va à la messe. « Ma femme, je peux lui parler de tout. Elle m'a apporté quelque chose : je n'ai plus honte de ce que je pense. »

Alors, sur le discrédit des politiques, la sécurité, l'immigration, il peut dire que le Front national a raison, il est un point sur lequel il ne transige pas : « l'insupportable, son attitude sur l'islam et la défiance vis-à-vis des musulmans ». C'est ce qui le sépare d'«Eric » (Zemmour), qui l'irrite. Mais «Eric » qu'il va défendre au tribunal, comme Dieudonné, un autre réprouvé.
Notre homme applique avec esprit de système ce qu'il tient de Voltaire : «Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire librement. »

Toutefois, quelque chose le tracasse. « Ce qui m'inquiète, c'est de m' être foutu dans un personnage. » Il ne faudrait pas qu'il mette en péril sa petite entreprise journalistique. Carte de presse numéro 46 243, il a ramé à ses débuts à Radio-France Montpellier. C'est au titre de Reporters sans Frontières qu'il l'a conservée. Il a pris des risques et il a adoré ses heures de gloire. Il a frémi de bonheur à la libération des journalistes retenus en otages en Irak, dans l'euphorie il a parlé des rançons au risque de faire monter la mise à prix. «Reporter sans cervelle», maugréa un patron de presse.

Le boycott des JO en Chine fut son apothéose internationale. Et puis après, comme un trou noir. «Je suis même a l l é pointer au chômage », quelques mois. Maintenant que la lumière est revenue sur lui, il ne voudrait pas se priver des chauds rayons de la reconnaissance. Avec des étoiles dans le regard, il raconte ce Noël où il a remplacé «Eric» (Zemmour) sur RTL : « I l était parti en vacances. RTL ! Il y a tellement de gens qui vous écoutent ! J'ai envie de faire passer des idées mais parfois je me dis : au nom de quoi tu dis ça ?»

Des idées, il en a tout le temps. Comme de lancer une petite collection chez Mordicus en demandant à des gens célèbres : si vous deviez écrire votre dernier texte, que diriez- vous de votre vie ? Robert Ménard, lui, écrirait : « Ne jamais avoir honte de son père. » Comme un message à Clara.
Marie Guichoux Article publié dans Le Nouvel Observateur du jeudi 31 mars, sous le titre: "Dans les filets de Marine ?"

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01/04/11 06:34 L'édito de Laurent Joffrin - "Adieu Ménard" Laurent Joffrin (Le vendredi 1er avril 2011) lenouvelobs.com

J'ai connu Robert Ménard il y a longtemps, aux débuts de "Reporters sans frontières", quand il défendait les journalistes en difficulté à l'étranger.

Ménard n'était pas intellectuel. Fallait-il l'être ? Il agissait avant de réfléchir mais il était utile, chaleureux, opiniâtre. Comme disait à peu près Audiard, un con qui marche va toujours plus loin que deux intellectuels assis.

A Sarajevo, il nous avait conduits au chevet d'un journal progressiste, "Oslobodjenje" (« Libération »), qui continuait à paraître sous le feu des snipers serbes, petit sémaphore démocratique au coeur d'une guerre des ethnies.

Ménard était, comme toujours, décidé, courageux, imperturbable sous les balles, âme d'un petit complot médiatique et voyageur destiné à aider un journal libre au siège démoli par les obus serbes, étranger aux querelles nationalistes.

Contre les dictatures, pour défendre la liberté fragile des journalistes, pour sauver Florence Aubenas, pour rappeler à l'ordre une profession oublieuse, Ménard était précieux.

Le voilà donc lepéniste.

Tout est possible en ce bas monde. Il avait commencé chez Trotski, le voilà chez Maurras. Il a créé « Reporters sans frontières ». Il n'aime plus les reporters, trop à gauche, il s'est converti aux frontières, qui doivent arrêter les arabes.

A près de soixante ans, il considère, donc, qu'il s'est trompé toute sa vie. Il veut réhabiliter la peine de mort. A-t-il lu Hugo ? Sait-il que les pays où elle est appliquée ne sont pas plus sûrs que les autres ? Veut-il faire marcher la civilisation à reculons ?

Il veut défendre les électeurs lepénistes méprisés par l'intelligentsia. Mais ce n'est pas les mépriser que de les contredire. Au contraire, cette démagogie qui consiste à adopter les idées fausses du peuple en croyant le servir est le pire des mépris. Ménard n'en a cure. Il a rompu avec les intellectuels assis. Il marche... Laurent Joffrin (Le vendredi 1er avril 2011)

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Vive Le Pen ! (avec Emmanuelle Duverger, Editions Mordicus, avril 2011)

pp. 26-36
Défendre la liberté d'expression en France, c'est, nous l'avons déjà dit, défendre, de fait, les points de vue classés le plus à droite sur l'échiquier politique. Souvenez-vous d'un Alain de Benoît, cloué au pilori dans les années 70 parce que sa «nouvelle droite» était assimilée à une résurgence du fascisme.
Foin de semblable précaution avec Alain Badiou, nouveau héraut de l'extrême gauche et des gazettes qui assainissent l'air du quartier latin, de Télérama aux Inrocks. Notre professeur émérite à l'Ecole normale supérieure a beau avoir applaudi le Grand bond en avant, la Grande révolution culturelle prolétarienne, la pensée-maotsetoung, il a beau avoir expliqué que « du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant », il a beau avoir justifié « l'écrasement du régime fantoche cambodgien» par les Khmers rouges, on lui passe ces « broutilles» : c'est aujourd'hui un penseur respecté, adulé.

Au même titre qu'une autre idole de la presse de gauche, Toni Negri, qui, après avoir été un activiste de « l'insurrection armée » de l'Italie des années de plomb, nous explique aujourd'hui doctement : « Je ne suis certainement pas de ceux que l'alliance de Staline avec les nazis scandalise. En effet, je l'ai toujours considérée comme un acte de lucidité stratégique [. . .). Bien sûr, le stalinisme a été quelque chose de monstrueux et de tout à fait inacceptable pour une infinité de raisons. Mais il a été, d'un autre côté, un phénomène productif » Un phénomène productif? Oui, de dizaines de millions de morts ...

Pour avoir scandaleusement réduit les chambres à gaz à un « détail» de la Seconde Guerre mondiale, d'autres n'ont pas bénéficié de pareille mansuétude. Le prix des morts est, hélas, indexé sur la couleur politique de ceux qui insrallent barbelés et miradors.

On l'aura compris, vous avez le droit de proférer toutes les énormités possibles si vous le faites au nom des bons sentiments et d'un combat que la doxa juge légitime. Quelques exemples? Le « génocide» au Darfour n'a existé que dans les diatribes enflammées des orateurs de la salle de la Mutualité. La Maison des esclaves de l'île de Gorée, à quelques encablures de Dakar, classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco alors qu'elle n'a jamais été un centre de traite. Qu'importe dès lors que ces exagérations, ces pieux mensonges participent de "La fraternité entre Les peupLes".

Mais que vous vous interrogiez sur la nécessité de programmer un dessin animé sur l'homosexualité dans les classes primaires ou le rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus odieux, et vous voilà un pestiféré sommé par la gente journalistique de faire amende honorable, de présenter vos excuses à ceux que vous avez offensés, de vous auto­flageller sous ['oeil des caméras. Au mieux, vous êtes un réac. Plus sûrement, un populiste, lequel fait, bien sûr, le jeu du Front national et de la famille Le Pen. Et cela, on ne vous le pardonnera pas.

Même les mots sont piégés. Parler à l'antenne d'Arabes, de Noirs fait sursauter le confrère le mieux disposé à votre égard. Il est tellement plus policé de dire «beur» ou « black ». Même si les auditeurs ou les téléspectateurs ne sont pas dupes. Ils ont appris à comprendre à demi-mot. Ils déchiffrent ou, plus exactement, comme le dit très bien Renaud Camus dans « J'y crois pas », sa réponse à Stéphane Hessel : « Ils traduisent quand ils entendent ou lisent que "des jeunes" ont fait ceci ou cela, ils traduisent quand ils entendent ou lisent "quartier difficile'; ils traduisent quand ils entendent ou lisent "diversité'; "populaire'; "incivilité" et tant d'autres termes, tant de tournures bizarres péniblement bricolées pour ne pas appeler un chat un chat. TOut un peuple passé traducteur officieux de la langue officielle! »

Les mots font peur. On a beaucoup moqué cette manie de rebaptiser les personnes qui font le ménage en «techniciens de surface» mais, aujourd'hui, le médiatiquement correct s'est emparé des rédactions. On préférera ne pas donner les prénoms de jeunes délinquants de peur de faire comprendre qu'ils sont d'origine maghrébine ou africaine. Et tout à l'unisson: n'est-ce pas notre pays qui bannit les « statistiques ethniques» de crainte de regarder les réalités en face ?

Un journaliste peut aller écouter un concert à la Fête de l'Humanité mais il est interdit de rentrer dans sa rédaction en disant qu'on a passé le week-end à la Fête des bleu-blanc-rouge. On répondra sans hésitation à l'invitation d'une radio communautaire mais on se rendra à Radio Courtoisie en rasant les murs. On débattra, bien sûr, mais pas avec n'importe qui. Il est des gens peu « fréquentables " qu'on classera, cela va de soi, à l'extrême droite. Rien n'est vraiment prohibé mais ce n'est pas « conseillé ". « Reçois-le, si tu veux" sauf que la moue du rédac'chef de service en dit long sur ce qu'il pense de la personne dont vous venez d'évoquer le nom. En vérité, il ne sait à peu près rien d'elle, sinon quelques on-dit, des résumés de résumés de livres. Au mieux, il l'aura « googelisé". C'est dire ...

On est loin de la censure « classique », ou même d'un Orwell. Pas de « Big Brother», pas de sujets impossibles à traiter, pas de « listes noires» en bonne et due forme. Une coercition douce, enfin pas si douce que ça, et son code de conduite, tacite mais inflexible, gagne la partie à l'usure. Une lassitude, un découragement s'emparent de vous à force d'avoir toujours à vous justifier, à répéter, en préambule au moindre avis, que « non, vous n'êtes pas ceci ou cela", mais juste curieux d'autres sons de cloche, d'analyses différences, iconoclastes, de personnalités non formatées.

Grâce à Dieu, il reste des espaces de liberté. Qui tiennent à la personnalité de tel ou tel.
Mais combien d'insoumis face à l'armée des conformistes, leçons de morale et règles d' éthiq ue à la bouche? Ces îlots de résistance n'ont rien à voir avec la taille de l'entreprise ou son statut.
Ainsi, le « service public» ne protège-t-il guère contre la sourcilleuse omnipotence du discours convenu ... Mais ces îlots, combien de temps résisteront-ils?

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