1976
1988
Jacques Martin (1933-2007)
Jacques Martin ou l’excellence insolente
Isabelle Nataf. Le Figaro. Publié le 14 septembre 2007 Actualisé le 14 septembre 2007 : 18h27
C’EST très injuste.
Mais, de Jacques Martin, certains ne retiendront sur le moment que cette image. Celle d’un homme penché sur un enfant, le micro tendu, la voix un peu mielleuse, et susurrant, « Et il fait quoi, ton papa ? Ah, c’est un bien beau métier, ça… hein, monsieur ? et il est où ton papa ? »
Ou bien celle d’un présentateur en blazer bleu marine, balayant d’un air satisfait son petit monde – « un public exceptionnel de générosité » –, et annonçant « sans plus attendre mesdames, messieurs… », telle personnalité en tenue de gala. Et toujours, « sous vos applaudissements… ».
L’homme aux innombrables talents s’était approprié les dimanches après-midi comme d’autres les bonnes consciences. La plupart du temps en direct du Théâtre de l’Empire, avenue Wagram à Paris, détruit un dimanche de février 2005 par une explosion accidentelle.
La pépinière Canal + – avec en tête « Les Guignols de l’info » , le journal de Jules-Édouard Moustic et celui de Karl Zéro à ses débuts – s’est directement nourrie des « Petit Rapporteur », « Par le petit bout de la lorgnette » ou « Ainsi font, font, font… » , des émissions créées par un Jacques Martin facétieux. L’air de ne pas y toucher avec sa « pêche aux moules, moules, moules, je veux pas y’aller, maman », il dynamitait le dimanche avec sa bande composée de fidèles amis : Pierre Desproges, Stéphane Collaro (« Tonton Mayonnaise »), Pierre Bonte, Piem, Daniel Prevost. Un numéro qu’il avait déjà affûté avec Jean Yanne, d’abord à la radio sur Europe 1, puis en 1964 sur la première chaîne avec le magazine « 1 = 3 ». L’ORTF croulait alors sur les lettres de louanges et d’injures. Le couple infernal ne passait pas inaperçu. Un avoué en retraite ira même jusqu’à attaquer l’ORTF et son ministre de tutelle pour « avoir ridiculisé l’Empire ». Il sera débouté un an plus tard par un tribunal jugeant que, n’étant pas descendant de Napoléon, il n’a pas d’intérêt dans l’affaire… Une revanche sur l’enfance Ce genre d’anecdotes ravissait Jacques Martin qui considérait souvent sa réussite comme une revanche sur l’enfance. Né le 22 juin 1933 à Lyon, son père industriel meurt quand il a cinq ans. Le jeune Jacques Martin passe alors plusieurs années en pension. Pas très gai, le collège des Dominicains à Oullins. Il n’a qu’une envie : sortir de cet univers étriqué. Les planches l’attirent. À l’âge de 15 ans, il monte – enfin – à Paris. Direction l’école de Charles Dullin, puis il file au Conservatoire. Il y reste peu de temps mais n’est pas découragé pour autant et pille le répertoire classique: Ruy Blas, Le Cid, Les Femmes savantes ou Le Barbier de Séville… Le matin, il fait des petits boulots et le soir est figurant au « Français ». C’est à l’époque du service militaire qu’il se découvre une voix de chanteur lyrique et se plonge dans le répertoire de l’opéra-comique. Un critique s’emballe et écrit : « Il chante admirablement, avec un registre de voix qui va de Sinatra à Régine Crespin, en passant par Mario del Monaco… »
-------
Né à Lyon le 22 juin 1933, fils d'industriel, Jacques Martin a d'abord été comédien de théâtre.------
Jacques Martin était père de huit enfants, de quatre unions différentes.
Céline, sa dernière femme, qu'il avait épousée en 1992, lui a donné deux enfants, Juliette et Clovis.
----
Dernier hommage rendu
à Jacques Martin à Lyon
NOUVELOBS.COM | 20.09.2007 | 18:05
Les obsèques de l'animateur sont célébrées à Lyon, sa ville natale. Cécilia Sarkozy figure parmi les personnalités présentes.
Cécilia Sarkozy et ses deux filles aux obsèques de Jacques Martin (Sipa)
Les obsèques de Jacques Martin ont eu lieu, jeudi 20 septembre, en la cathédrale Saint-Jean de Lyon, la ville natale de l'animateur. Jacques Martin devait par la suite être inhumé dans l'intimité au cimetière de la Guillotière, dans le caveau familial. La foule compacte qui se pressait tout autour de la cathédrale a applaudi à l'arrivée du cortège funèbre, composé d'un corbillard et de plusieurs limousines noires, sur le parvis de la cathédrale baigné de soleil.
Victime d'un accident cérébral au printemps 1998 qui l'avait laissé à moitié paralysé, Jacques Martin est décédé vendredi à Biarritz, où il vivait retiré depuis plusieurs années, à l'âge de 74 ans.
Cécilia Sarkozy présente
Jacques Martin était père de huit enfants, nés de quatre unions différentes, dont celle, en 1984, avec Cécilia Ciganer-Albeniz, future Cécilia Sarkozy.
Sa dernière femme, Céline, est arrivée avec leur fils Clovis, et une autre compagne de Jacques Martin, la comédienne Danièle Evenou.
Cécilia Sarkozy assistait également aux obsèques accompagnée des deux filles qu'elle a eues avec l'animateur, Judith et Jeanne-Marie. La Garde des Sceaux, Rachida Dati, amie proche de Cécilia Sarkozy, la ministre de la Culture Christine Albanel, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'Homme Rama Yade, ainsi que Christine Boutin, dont le ministère du Logement est "délocalisé" à Lyon,étaient également présentes à titre privé.
Plusieurs représentants du monde de la télévision, tels que Stéphane Collaro, Laurent Gerra, Pierre Bonte, assistent à la cérémonie. Le P-DG de France Télévisions, Patrick de Carolis, est également présent. On pouvait également apercevoir Chantal Goya et Enrico Macias.
Les journalistes à l'extérieur
Les enfants du défunt, qui se sont rendus à Lyon pour l'organisation des obsèques, ont souhaité que la cérémonie ne soit pas "triste".
La messe, célébrée par le recteur Michel Cacaud, assisté du père Vignon et de l'abbé Guy de Fatto, était animée par les petits chanteurs à la Croix de bois et la maîtrise de la Primatiale Saint-Jean.
A la demande des huit enfants du défunt, le trompettiste Bernard Soustrot, Lyonnais et ami de la famille, devait jouer l'un de ses airs préférés. Les enfants de Jacques Martin avaient prévu de lire chacun un passage de la Bible.
Toujours à la demande de la famille, les journalistes ne seront pas autorisés à pénétrer dans la cathédrale. Ils seront "conviés à rejoindre le carré presse sur le parvis, duquel ils pourront suivre la cérémonie grâce à une sonorisation prévue à cet effet", précise le service diocésain de la communication.
La cathédrale ne disposant que de 1.200 à 1.500 places, une sonorisation est installée sur le parvis à l'intention de la foule attendue en très grand nombre.
-------