Portrait (Libération, novembre 2007)
Hervé Morin
Haut fonctionnaire (administrateur à l'Assemblée Nationale, 1987-1993 et 1998), conseiller du ministre de la Défense François Léotard (1993-1995), conseiller municipal (1989), conseiller général (1992), maire (1995), député (1998), président du groupe UDF (Bayrou) à l'Assemblée Nationale (2002), rallié à Nicolas Sarkozy après le 1er tour de la présidentielle de 2007, ministre de la Défense dans le gouvernement Fillon1, puis Fillon2, rafalophobe.

Maurice Leroy
(Bio Express, 2007)
Ancien communiste reconverti en gaulliste pasquiste puis en centriste démocrate-chrétien ... puis en sarkoziste ...
Juillet 2008 : Le Clémenceau livré à la Perfide Albion ... ; Bavure de Carcassonne, démission du Commandant de l'Armée de terre, confusions
Juin 2007 : Hervé Morin, récompensé par le Peuple Souverain au 1er tour des législatives
Mai 2007 : Maurice Leroy quitte Bayrou pour Sarkozy, aurait, peut-être, été nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Fillon 1 si son anglais était meilleur ... ; Législatives 2007 : le système Leroy-Morin se défend ;
Mai 2006 : Leroy vote la censure contre le gouvernement Villepin ; Gilles de Robien crée son courant au sein de l'UDF
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(Maurice Leroy) Du PCF à l'UDF, un parcours atypique
Maurice Leroy a adhéré à 17 ans au PCF, où il a fait carrière pendant onze ans, avant de tourner casaque. C'était en 1992. Dominique Frelaut, ancien maire communiste de Colombes, s'en souvient: «A l'époque, Maurice était mon directeur de cabinet. Puis il est parti et s'est mis en phase avec ses opinions politiques en rejoignant Charles Pasqua. Mais sans jamais dire du mal de ses anciens camarades.» «Gamin, je n'avais connu que la droite au pouvoir, ce qui m'avait poussé à militer à gauche, explique Maurice Leroy. C'était une erreur, mais je ne regrette rien.» L'ancien fidèle de Georges Marchais est recruté par Charles Pasqua, le leader du RPR, qui cherche des collaborateurs bien implantés dans les municipalités de gauche pour mettre en place son «Pacte 92», un vaste plan lui permettant à la fois de peaufiner son image de «gaulliste social» et de verrouiller son département.
Quelques années plus tard, Leroy opère un nouveau revirement: il quitte la mouvance gaulliste et entre à l'UDF, un parti bien implanté en Loir-et-Cher. Ce qui n'empêche pas le député de Vendôme de continuer à participer aux activités du mouvement altermondialiste Attac, jusqu'en 2001. Un grand écart de plus? Sans doute. Mais le bonhomme est rodé à l'exercice. Comme il le répète à l'envi: «Avoir été dans le parti de la dialectique, ça aide à surmonter ses contradictions.»
L'Express, 29 septembre/5 octobre 2005, spécial Loir-et-Cher, Les secrets du système Leroy, pp. I-VIII.
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Bio Express
1959-1982 : Naissance et études à Paris. Expert-comptable.
1982 : Directeur du cabinet du maire communiste d'Orly (Val-de-Marne).
1984-1990 : Secrétaire général du groupe communiste au Sénat.
1989-2001 : Maire de la commune rurale Le Poislay (41210, Loir-et-Cher, 200 habitants).
1991 : Directeur du cabinet de la maire communiste de Nanterre (Hauts-de-Seine), puis du maire communiste de Colombes (Hauts-de-Seine).
1993 : Première reconvertion radicale : Chargé de mission auprès du président du Conseil général des Hautes-de-Seine, Charles Pasqua (gaulliste pasquaien).
1994 : Recommandé par Charles Pasqua : Conseiller général divers droite de Droué (Loir-et-Cher).
1997 : Deuxième reconvertion "modérée" : Après la gauche nationale, la droite nationale, le centre européen : Député UDF (François Bayrou, social-démocrate mou) de Vendôme (Loir-et-Cher).
Réélu en 2002.
1999-2001 : Troisième tentative potentielle ? : Flirt avec l'ultra-gauche anti-mondialiste Attac ? (comité Attac de l'Assemblée nationale).
2001 : Président de l'Union des conseillers généraux de France (UCGF).
2004 : Président du conseil général de Loir-et-Cher. Vice-président de l'Assemblée nationale.
2005 : Membre du comité exécutif de l'UDF (François Bayrou).
2007 : Quitte son "ami" Bayrou entre les deux tours de la Présidentielle pour rejoindre Nicolas Sarkozy qui lui promet un ministère ...
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Onze députés UDF ont voté la censure 16 mai 2006, (Rubrique France)
L'initiative de François Bayrou a reçu peu d'échos au sein de sa propre formation.
Sur les trente députés UDF de l'hémicycle, seuls onze ont suivi leur chef.
Onze députés qui ont choisi de voter comme l'opposition, malgré les menaces de "représailles" brandies par l'UMP Bernard Accoyer.
Outre François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantique, il s'agit de Gilles Artigues (Loire), Bernard Bosson (Haute-Savoie), Anne-Marie Comparini (Rhône), Charles de Courson (Marne), Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis), Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques), Maurice Leroy (Loir-et-Cher), le président du groupe Hervé Morin (Eure), Rudy Salles (Alpes Maritimes) et Gérard Vignoble (Nord).
Le président de groupe UMP Bernard Accoyer avait prévenu: les députés UDF qui voteront la censure "en paieront le prix le moment venu".
L'initiative de François Bayrou a reçu peu d'échos au sein de sa propre formation.
lefigaro.fr, 16 mai 2006, (Rubrique France)
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Gouvernement de Nicolas Sarkozy - Maurice Leroy pressenti à l’agriculture
( Publié le 16/05/2007 à : 15H 57 min )
L’UDF Maurice Leroy est pressenti comme futur ministre ou secrétaire d’état à l’agriculture dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui vient d’entrer officiellement en fonction ce mercredi 16 mai après la passation de pouvoir avec Jacques Chirac à l’Elysée.
Maurice Leroy, âgé de 48 ans, économiste de profession, a une carrière politique très sinueuse : d’abord communiste, il se rapproche de Charles Pasqua, qui le nomme chargé de mission à son cabinet au Conseil général des Hauts-de-Seine en 1993. En 1997, il rejoint finalement l’UDF et devient député UDF du Loir-et-Cher. Depuis 2004, il est le président du conseil général de Loir-et-Cher et vice-président de l'Assemblée nationale.
Maurice Leroy, futur ministre de l'Agriculture ?
Maurice Leroy a soutenu la candidature de François Bayrou pendant la campagne présidentielle du premier tour. Il choisit de soutenir Nicolas Sarkozy au second tour. Il a par ailleurs refusé de rallier le Mouvement démocrate.
Parmi les autres pressentis à l’agriculture, deux autres UDF : Hervé Morin, député de l’Eure et président du groupe UDF à l’Assemblée nationale ou encore François Sauvadet, député de Côte d’Or.
Source : TV Agri, Auteur : Elise Moreau
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Les centristes s'accusent mutuellement de présenter des candidats bidons
Par Feiza BELHADI avec AFP et Reuters
LIBERATION.FR : jeudi 24 mai 2007
Les centristes ralliés à Nicolas Sarkozy et ceux qui sont restés fidèles à François Bayrou se sont démenés pour présenter des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, quitte à recruter des proches.
Pour la bonne raison que le financement public des partis dépend du nombre de voix recueillies aux élections législatives (1).
Chargé des élections au Mouvement démocrate (MoDem, le parti de François Bayrou), Eric Azière qualifie d'«armée de figurants» les candidats du Parti social libéral et européen (PSLE), le nouveau parti formé par les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy autour d’Hervé Morin, le ministre de la Défense.
Azière a affirmé sur France Inter que, parmi les candidats du PSLE aux législatives, on trouve «un paquet de collaborateurs de l’ex-groupe UDF à l’Assemblée nationale, secrétaire, chauffeur, avec un paquet de membres de la famille d’Hervé Morin, épouse, frère, cousin, amis.»
De fait, on retrouve sous l’étiquette PSLE plusieurs personnes portant le patronyme Morin,
comme Catherine Broussot-Morin,
Philippe Morin,
Lisa Morin,
Julien Morin,
Micheline Morin, tous candidats à la députation pour le PSLE.
Un «hasard», selon l'attachée de presse d'Hervé Morin, qui reconnaît tout de même que certains d'entre eux sont des proches du ministre de la Défense.
«Tous les partis ont des candidats» bidons «pour être présents dans le maximum de circonscriptions aux législatives» explique, sur France Inter, Maurice Leroy, député centriste rallié à sarkozy, pour légitimer les actes de son collègue ministre de la Défense.
«François Bayrou lui-même a des candidats totalement pipeaux, qui sont faits pour récolter 1,63 euro par voix» affirme-t-il. «En 2002, Bayrou avait 200 candidats totalement bidons pour le financement public dans les circonscriptions, donc je vois pas pourquoi Morin serait interdit de le faire, faut arrêter les conneries».
«On est obligés parce que la loi dit "qu'il faut 50 candidats", sinon tu perds le pognon qui justement te permet de créer le parti», poursuit Maurice Leroy. «Il faut qu’on arrête de faire des procès en sorcellerie contre Hervé Morin, on se fout de notre gueule là.»
Rudy Salles, un des députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, tente de ramener les centristes au calme et à la raison. Interrogé par l'AFP, il leur a demandé d'«arrêter ce genre de mauvais procès et passer à des sujets plus sérieux.»
*La loi sur le financement public des partis prévoit que les mouvements politiques ayant atteint au moins 1% dans 50 circonscriptions touchent ensuite pendant cinq ans un financement public en fonction des voix obtenues aux législatives.
Par Feiza BELHADI avec AFP et Reuters
LIBERATION.FR : jeudi 24 mai 2007
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Législatives. A droite toute
Les ralliés du Nouveau Centre raflent la mise
Avec Hervé Morin, ils devraient remplacer le groupe parlementaire de l'ancienne UDF.
Par Nathalie RAULIN, Libération,
QUOTIDIEN : lundi 11 juin 2007
N'en déplaise à François Bayrou, les centristes seront bel et bien représentés à l'Assemblée nationale. La vingtaine de députés UDF qui, conduits par leur chef de file Hervé Morin, ont appelé à voter Nicolas Sarkozy au lendemain du premier tour de la présidentielle devraient recouvrer sans difficulté leur siège au Palais-Bourbon. A une exception près : Bernard Bosson, mis en ballottage défavorable par un divers droite en Haute-Savoie.
Siège pour siège .
Mieux, ils devraient former un groupe parlementaire étiqueté Nouveau Centre, une formation dont le congrès constitutif est prévu pour octobre. Conformément au voeu du président de la République, ce nouveau parti centriste viendra physiquement et presque siège pour siège remplacer l'UDF-Modem de Bayrou dans l'hémicycle. La différence, c'est que ceux-là n'ont aucune velléité de «résistance» ou d' «indépendance» vis-à-vis de l'UMP qui, d'ailleurs, s'est abstenue de présenter des candidats contre eux.
A défaut d'avoir signé un engagement écrit, les élus du Nouveau Centre ont, par oral, promis de voter les principaux textes du gouvernement la confiance et les projets de loi de finances , et de ne pas voter la censure.
Remercié.
Nicolas Sarkozy a déjà remercié, ou s'apprête à le faire, les principaux exécutants de ce coup de maître politique : réélu au premier tour dans l'Eure, Hervé Morin, l'ex-fidèle de François Bayrou, a été gratifié du ministère de la Défense dans le gouvernement Fillon. Il a promis à ses amis «au moins trois secrétariats d'Etat» au lendemain du 17 juin.
Par Nathalie RAULIN, Libération,
QUOTIDIEN : lundi 11 juin 2007
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RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES
DIMANCHE 10 JUIN 2007
EURE (27) -- 3ème circonscription (résultats complets)
Nombre % Inscrits
78 232 100,00
Abstentions 28 732 36,73
Votants 49 500 63,27
Nombre % Votants
Blancs ou nuls 1 078 2,18
Exprimés 48 422 97,82
Noms Voix % Exprimés
M. Régis LOUVION Les Verts 920 1,90
M. Charles REP Extrême droite 251 0,52
Mme Corinne MORIN Communiste 1 533 3,17
M. Philippe PICHON Extrême gauche 494 1,02
M. Thierry MARTIN Extrême gauche 1 245 2,57
M. Francis COUREL Socialiste 7 779 16,07
M. Marc LE TANNEUR Front national 1 923 3,97
Mme Christiane CARVALHO Chasse Pêche Nature Traditions 1 207 2,49
M. Robin BRANCHU Divers 258 0,53
M. Hervé MORIN (ELU) Majorité présidentielle 24 235 50,05
Mme Christelle POIRIER Mouvement pour la France 564 1,16
Mme Carole BLAMPIED Ecologiste 399 0,82
M. Philippe RAVIART UDF-Mouvement Démocrate 2 617 5,40
Mme Nathalie ZANON Socialiste 4 997 10,32
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Hervé Morin :
Rire aux armes
Ancien second de Bayrou,le nouveau ministrede la Défense perturbe ses troupes par sa décontraction et sa gouaille.
NATHALIE RAULIN, Libération,
QUOTIDIEN : vendredi 9 novembre 2007, p. 40
Soudain, Hervé Morin quitte son fauteuil et se met au garde-à-vous. «Vous ne remarquez rien, bien sûr, mais pour un militaire, c’est désastreux.» Le ministre de la Défense dit ça, puis rectifie la position pour une revue de troupes imaginaire.
Dans le spacieux bureau en rez-de-jardin de l’hôtel de Brienne, son claquement de talons implore l’indulgence pour le néophyte qu’il fut. Un plaidoyer mimé, à la mesure de la consternation dans laquelle ses premiers pas ont plongé l’institution la plus policée de la République.
«C’est remonté de partout», confie un conseiller.
Moins d’un mois après son entrée en fonction, les militaires épinglent sans ménagement celui qui, prenant Nicolas Sarkozy au mot, prétend «rester lui-même». Son manque de tenue, son ton gouailleur, son apparente désinvolture insupportent.
Habituée à la raideur châtiée d’une Michèle Alliot-Marie, la Défense se navre de voir sa nouvelle tête d’affiche zieuter les filles ou toucher, en marchand de souk, les tapis d’ambassade. Hervé Morin, ses SMS en rafales et ses éclipses téléphoniques au cours de brainstormings formels, n’est décidément pas le genre de la maison.
Alarmé par la virulence des critiques, l’entourage du ministre lui inculque le b.a.-ba du code militaire de bonne conduite. Le nouveau venu s’exécute, un an de service national comme «seconde pompe» à l’école militaire de Paris, refuge des étudiants comme lui pistonnés, ne lui ayant rien appris d’impérissable. Morin soigne la forme, mais le style reste direct. «Je n’ai jamais pensé que l’autorité dépend du niveau de froideur et de distance avec les gens.»
La fraîcheur de l’accueil des galonnés ne le décourage pas.
Morin est un habitué des débuts poussifs et des percées remarquées. Cela commence à l’adolescence. Même «dorlotée», la sienne devient violemment rebelle. Il redouble sa seconde, puis sa première, est viré de l’internat du lycée public de Deauville, puis, deux mois avant le bac, d’un lycée privé de Caen.
De ces années d’école buissonnière, le ministre garde une faiblesse au tendon de la main droite, usé par les flippers. Peu lui importent les livres, il se veut paysan. Quinze jours avant le bac, il change d’avis sur un coup de foudre, épousé huit ans plus tard.
Hervé le fonceur enquille les années de droit, Sciences-Po, et se réveille à 25 ans administrateur de l’Assemblée nationale. Fonctionnaire, enfin. «Je pensais que c’était le meilleur moyen pour faire de la politique.»
Comme ses grands-pères, maires paysans et mendésistes, comme son père, petit patron et gaulliste encarté, son cœur bat pour «la chose publique» : «Il me semblait que c’était ce qu’il y avait de plus noble.» L’administration l’ennuie.
Aux hauts fonctionnaires, qui «souffrent d’un complexe de supériorité assez insupportable», ce libéral revendiqué préfère la fréquentation des grands patrons. «Avec eux, je me sens naturellement en phase, admet-il. On parle pareil, on a le même comportement pragmatique et concret.»
La bise facile et le mot pour rire, Morin gagne toutes les campagnes normandes.
Municipale et cantonale d’abord («J’ai fait du porte-à-porte dans toutes les maisons du canton»). Puis législative en 1998, Ladislas Poniatowski, partant pour le Sénat, ayant choisi ce «bosseur efficace» pour tenir sa circonscription de l’Eure anciennement socialiste. Les électeurs chaque fois en redemandent.
Parisien la semaine (ses jumeaux sont scolarisés dans la capitale), Morin marque sa préférence pour son fief : il est locataire à Paris XVIIe (dans le même immeuble que son comparse au gouvernement Hervé Novelli) et propriétaire près d’Epaignes (Eure), son berceau et sa mairie.
La reconnaissance vient en 2002, quand les députés UDF le choisissent comme chef de file. Morin fréquente les maîtres à penser de la droite parlementaire, François Bayrou quasi quotidiennement, Nicolas Sarkozy de loin en loin. L’élu normand qui, en vrai terrien, n’a de rêve qu’accessible commence à songer au gouvernement.
La Défense, Morin l’a désirée. Trop sans doute pour avoir pris la mesure du corset. De ses deux ans passés au cabinet de François Léotard, alors maître des lieux, il avait gardé un souvenir enchanté et pas mal d’amis. Revenir quinze ans plus tard en patron à l’hôtel de Brienne avait de la gueule.
«Quand Nicolas Sarkozy m’a appelé, j’étais vachement content», confirme celui qui, dans la seconde, oublie ses chahuts de conscience. Car entre les deux tours de la présidentielle, Morin, fidèle parmi les fidèles de Bayrou, le même Morin qui n’avait pas de mots assez durs pour qualifier les centristes passés à l’ennemi sarkozyste, change d’auge avec perte et fracas : la quasi-totalité des députés UDF lui emboîtent le pas, privant du jour au lendemain de représentation nationale une formation centriste qui drague trop ouvertement à leur gré les sociaux-démocrates.
On le soupçonne de double jeu. Morin, qui a sa fierté, jure : «Rien n’était prémédité.» Il contre-attaque :«C’est François qui nous a trahis.»
Mais Sarkozy veut davantage que le renfort tardif d’une poignée de centristes : que Morin fonde au débotté un nouveau parti de centre droit (le Nouveau Centre) et prive d’espace politique son ancien mentor.
L’ambitieux consent à tout. Au moment de sacrifier l’ami, le cynisme pourtant lui manque. Devant Bayrou, Morin pleure. «Il a vécu la rupture comme un divorce», confirme un de ses proches.
Avec le député des Pyrénées-Atlantiques, le député de l’Eure partageait plus qu’un parti, une passion dévorante pour les chevaux de course. C’est à l’éleveur Bayrou que le turfiste Morin doit d’avoir rencontré son entraîneur, monté son écurie (il a onze chevaux en copropriété) et déniché le champion (Literato) qui fait aujourd’hui sa fortune.
Les deux hommes ont même eu un canasson en commun. «Il a été vendu il y a quatre mois», coupe Morin. Un déchirement parmi d’autres. «Avec François, on n’a plus de rapports du tout. Il ne veut plus me parler», soupire le ministre. Ce qui les sépare ? La réponse est curieusement respectueuse : «François est dans la construction. La politique, c’est son destin, sa vie.»
Le tempo de l’amateur de poker et d’hippodromes est plus saccadé. Ses ambitions plus immédiates. Il tranche : «En politique, il n’y a pas d’amis possibles au sens où j’entends les amis : des frères.»
De son titre régalien, Morin dit aujourd’hui qu’il ne lui monte pas à la tête.
On le croit. Même avec ce «poids, terrible, lourd sur les épaules», la gravité ne lui vient pas. Il enchaîne : «J’ai conscience du côté très intérimaire de l’affaire.» Et puis encore : «Pour moi, la vie est une succession de parenthèses.»
Au rythme de ses embardées médiatiques (sur le Rafale, le remaniement, le «chipotage» avec l’OTAN), celle de la Défense pourrait se refermer vite. Il esquisse un geste d’impuissance. N’exclut pas de faire «autre chose» (ouvrir un hôtel-restaurant, monter une entreprise).
Mais travaille en sous-main à conserver la présidence, déjà convoitée par d’autres, de ce Nouveau Centre, auquel il a déjà tant sacrifié. «L’important, c’est d’avoir toujours le choix», soutient-il. Avec l’air de croire en ce qu’il veut.
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Hervé Morin contre Rafale
jeudi 20 septembre 2007 Par bcarayon, dans Humeur -# 75 - Fil RSS
Les déclarations d'Hervé Morin sur le prix du Rafale et les choix « hyper-technologiques » de notre industrie d'armement ne sont pas convenables de la part d'un ministre de la Défense.
En invitant nos industries à faire le choix de la rusticité, il oublie que la principale valeur ajoutée des industries de défense occidentales réside en leur niveau exceptionnel de recherche: autant acheter immédiatement du matériel copié !
D'un ministre de la Défense, on attend qu'il sache anticiper, que son administration aide nos industriels contre les manoeuvres astucieuses ou déloyales de leurs concurrents, qu'il fasse la promotion, becs et ongles, comme le fait le Président de la République, Nicolas Sarkozy, de nos atouts industriels et humains.
Pas qu'il sabote l'image de nos fleurons industriels alors, que partout ailleurs, nos concurrents s'éveillent au patriotisme économique: c'est à dire la mobilisation de toute les énergies, de toutes les expertises pour comprendre la mondialisation, défendre et promouvoir nos intérêts comme nos valeurs.
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Créé le 01/07/2008 à 19:39 - Modifié le 01/07/2008 à 19:40 Le Point.fr
Par Clément Daniez (avec agence)
L'ex porte-avions français Clemenceau sera démantelé en Grande-Bretagne
L'ancien fleuron de la marine française va terminer son existence en Grande-Bretagne. Après maints rebondissements, le Clemenceau sera finalement démantelé par la société britannique Able UK ltd, dont le chantier est situé dans le nord-est de l'Angleterre. L'ex porte-avions, désigné désormais sous le nom de Coque Q790, est à quai depuis mai 2006 dans le port militaire de Brest, après un périple de 18.000 km entre Toulon , l'Inde et la Bretagne, sur fond de vive polémique autour de la présence d'amiante à son bord.
Able UK, qui précise avoir "la plus grande cale sèche du monde", a annoncé que Q790 arriverait à son port de Graythorp "au cours de l'été" et que "le travail de recyclage", qui comprend notamment du désamiantage, serait accompli "en même temps que sur les autres bateaux déjà amarrés sur le chantier, notamment quatre navires de la flotte de réserve américaine et trois bateaux britanniques". Il ajoute que ce sera "le plus gros projet de recyclage d'un navire jamais entrepris par un chantier européen".
"Délivrer une autorisation de transfert transfrontalier"
Le groupe n'était pas présenté comme favori pour l'obtention du chantier du Clemenceau . Dans un article de décembre dernier, Ouest France le citait parmi les outsiders, tout comme Sita, filiale de Suez, ou l'Italien Simont. Le Belge Galloo Recycling et le Français Veolia Propreté semblaient alors mieux placés. L'annonce du choix de Able UK préfigure la signature d'un contrat officiel. La Grande-Bretagne et la France doivent encore "délivrer une autorisation de transfert transfrontalier", une procédure qui "va prendre quelques semaines, à l'issue desquelles l'ex Clemenceau pourra quitter la rade de Brest", a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué.
Il y a deux ans, la ministre de la Défense d'alors, Michèle Alliot-Marie, avait "garanti" que l'ex Clemenceau ne serait plus amarré à Brest lorsque débuterait "Brest 2008", le grand rassemblement de vieux gréements qui se tiendra du 11 au 17 juillet. "Il est très probable qu'il n'aura pas quitté Brest à cette date", indique cependant une source proche du dossier. Dans sa longue carrière, le Clemenceau a parcouru près d'un million de milles nautiques, soit une cinquantaine de tours du monde, en 3.125 jours de mer, et effectué 70.000 catapultages. Quelque 20.000 marins ont servi à son bord. Il était le frère jumeau du Foch , cédé en 2000 à la marine brésilienne et qui continue de naviguer sous le nom de Sao Paulo .
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Carcassonne - Pour Morin, les critiques de Sarkozy ne visaient pas l'armée LCI.fr - le 02/07/2008 - 10h42
Pour Morin, les critiques de Sarkozy ne visaient pas l'armée
Le ministre de la Défense a précisé mercredi que les critiques du chef de l'Etat portaient uniquement sur "l'incident" de Carcassonne, "pas l'institution militaire".
Les propos en cause, rapportés notamment par les sites Internet du Point et de Libération, visaient, selon ces derniers, le général Bruno Cuche, numéro un de l'armée de terre.
Dans ses critiques après le drame de Carcassonne, Nicolas Sarkozy ne visait en aucune façon l'armée, mais uniquement l'incident en lui-même, a précisé mercredi le ministre de la Défense Hervé Morin sur Europe 1. "J'étais présent, il vaut mieux arrêter de raconter n'importe quoi. Ce qu'a visé le président de la République en disant 'tout ça n'est pas responsable' ou 'tout ça n'est pas professionnel' ce n'était pas l'institution (militaire), c'était le fait divers en lui-même".
Les propos en cause, rapportés notamment par les sites Internet du Point et de Libération, visaient, selon ces derniers, le général Bruno Cuche, numéro un de l'armée de terre, démissionnaire mardi. "Le 3e RPIMa de Carcassonne est un régiment formidable, c'est un des grands régiments de l'armée française", a affirmé Hervé Morin.
Mais le ministre de la Défense a rappelé qu'il y avait eu 17 blessés, soulignant "l'ampleur du drame" et le "choc que cela a pu à être pour nous tous". "C'est cela qui était visé" par Nicolas Sarkozy "et en aucun cas l'institution militaire", a-t-il insisté appelant à ne pas faire "d'un fait divers un amalgame général".
Peillon demande la démission de Morin
Le député européen socialiste Vincent Peillon a demandé mercredi "la démission" du ministre de la Défense Hervé Morin après la bavure au 3e RPIMa de Carcassonne qui a fait dimanche 17 blessés. "Ca serait quand même plus logique que ce soit le ministre de la Défense qui démissionne", a-t-il déclaré sur i-Télé. "On va aussi maintenant mettre en accusation l'armée, la hiérarchie, les militaires", s'est-il demandé en mettant en cause "la méthode" de Nicolas Sarkozy consistant selon lui à toujours "désigner un ennemi".
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