Philippe Jaffré

(Septembre 2007) Annonce de son décès
(Avril 2005) Témoin dans l'affaire Marciani
(Mai 2003) Elf La boîte à gifles de Jaffré
(Janvier 2002) Pour les stocks-options

(Mai 2003) C'est dans un silence sépulcral et avec les accents d'un Savonarole que Philippe Jaffré, 58 ans, cité « à titre de renseignements » dans le procès Elf, a sorti sa boîte à gifles devant le tribunal correctionnel.

Pour André Tarallo, l'ex-pilier du groupe, âgé de 76 ans, qu'il a gardé à ses côtés en raison de « son entregent », le successeur de Le Floch-Prigent à la présidence d'Elf en août 1993 a admis avoir éprouvé « beaucoup de sympathie » - « Une certaine sympathie », se reprend-il avant d'asséner, cruel : « Je regrette qu'au soir de sa vie professionnelle il se soit un peu laissé aller. Il avait besoin d'un président strict. »

Que Tarallo s'abrite derrière le président du Gabon pour justifier ses acquisitions pharaoniques de biens immobiliers hérisse Jaffré : « Le président Bongo a été mêlé à cette affaire de manière excessive. Il n'a rien à y faire. » De même réfute-t-il l'idée, sous le regard incrédule des prévenus et du président du tribunal, qu'avant et après Le Floch Elf ait financé les partis politiques.

Sur son banc, Le Floch-Prigent s'exaspère quand Jaffré évoque la rétribution des intermédiaires, qui serait passée de 100 millions de francs sous la présidence de ses prédécesseurs à 1 milliard sous celle de Le Floch. « La clé de voûte de ce système, c'est le président. Lorsqu'il arrive que le président défaille et court-circuite les instruments de contrôle, la voûte a tendance à se lézarder. Jusqu'à menacer ruine. Ce que j'ai fait en succédant à M. Le Floch-Prigent, c'est de refaire la voûte. »

Désengagements industriels, OPA ratée sur Total... C'est fort de ce traitement de cheval que le groupe Elf est mort guéri, après avoir longtemps été la première entreprise française
Denis Demonpion, le point 09/05/03 - N°1599 - Page 38

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(Avril 2005) Un ancien PDG d'Elf entendu comme témoin assisté au sujet d'une commission suspecte
Philippe Jaffré a été interrogé le 3 février

Le juge Renaud Van Ruymbeke a interrogé comme témoin assisté, le 3 février (2005), l'ancien PDG du groupe Elf (1993-1999) Philippe Jaffré. M. Jaffré avait été convoqué afin de s'expliquer sur une commission versée en 1997 par la compagnie pétrolière à l'Etat congolais et qui aurait profité pour partie à l'ex-député européen Jean-Charles Marchiani.
L'homme de confiance de Charles Pasqua a été mis en examen dans ce dossier le 28 janvier 2004 pour « recel d'abus de biens sociaux ».

Surnommée « Elf 2 », l'enquête de M. Van Ruymbeke - dans laquelle M. Jaffré avait été interrogé une première fois en octobre 2002 - se nourrit de l'exploitation par le juge genevois Daniel Devaud des archives de Rivunion (la filiale helvétique du géant pétrolier vouée au paiement des commissions), saisies par le magistrat suisse en septembre 2002. Quelques mois plus tard, M. Van Ruymbeke avait été informé par M. Devaud de l'existence d'un virement suspect de 5 millions de dollars datant de septembre 1997, au moment où M. Marchiani venait de quitter ses fonctions de préfet du Var.

L'enquête a établi que, le 13 septembre 1997, Elf, via Rivunion, avait versé une somme de 5 millions de dollars sur un compte ouvert au Crédit agricole de Genève et détenu par l'Etat congolais.
Deux jours plus tard, la même somme avait été transférée du compte de l'Etat congolais sur un compte détenu, au Crédit suisse de Zurich, par la Sopar, une fondation basée au Lichtenstein dont M. Marchiani serait l'ayant droit économique.

Selon le juge Devaud, M. Marchiani aurait conservé près de la moitié de cette somme, soit 2,3 millions de dollars. Il aurait transféré le solde sur le compte d'un agent d'affaires français qui, à son tour, aurait alimenté - à hauteur de 2,4 millions de dollars - un compte ouvert au nom du fils de Bernard Kolélas, l'ancien maire de Brazzaville.
Bernard Kolélas fut l'ultime premier ministre du président Pascal Lissouba - chassé du pouvoir en octobre 1997 par Denis Sassou Nguesso.

« JAMAIS RENCONTRÉ »

Ces mouvements de fonds sont intervenus alors que M. Jaffré, qui avait succédé en 1993 à Loïk Le Floch-Prigent, présidait le groupe Elf. Lors de son audition, M. Jaffré a déclaré qu'à l'époque il n'avait « jamais » eu affaire à M. Marchiani, qu'il a affirmé n'avoir « jamais rencontré ». « M. Marchiani était-il en relation avec le groupe Elf ? », a insisté le juge. « A ma connaissance, non », a assuré M. Jaffré.

Depuis le début de l'enquête, le groupe Elf assure que les 5 millions de dollars controversés ont été versés « de façon tout à fait officielle et légale à l'Etat congolais ».
La compagnie affirme ne pas être « concernée par l'utilisation faite par un Etat indépendant de son argent » et estime que, « si le Congo a souhaité rémunérer M. Marchiani, cela ne regarde pas notre entreprise » ( Le Monde du 2 février 2004).

Interrogé par Le Monde, le 23 décembre 2003, M. Marchiani avait assuré n'avoir « jamais touché un centime du groupe Elf ».
Faisant allusion à des « missions confidentielles » qui lui auraient été confiées par l'Etat français, l'ancien agent des services secrets avait précisé qu'il avait toujours eu « pour interdiction d'utiliser -pour ces missions- des fonds émanant d'entreprises publiques et de sociétés françaises ».
Fabrice Lhomme, lemonde.fr, Article paru dans l'édition du 01.04.05

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(Janvier 2002) PHILIPPE JAFFRÉ DÉFEND LES STOCK-OPTIONS. Le Monde, Article paru dans l'édition du 23.01.02 « Les Stock-options », qui paraît le 22 janvier dans une nouvelle collection, « Pour & contre », lancée par les éditions Grasset et le quotidien « Les Echos », oppose, dans un vif débat, Philippe Jaffré, ancien PDG du groupe Elf, et notre collaborateur Laurent Mauduit.

Laurent Mauduit : Comme le système des stock-options a longtemps été très opaque et que les obligations de publicité de la loi sur les nouvelles régulations économiques ne commencent qu'à peine à s'appliquer, on est, actuellement, encore dans une partie de poker menteur. Il arrive que des grands patrons accablent certains de leurs collègues, mais ne jouent pas eux-mêmes totalement franc jeu.

Philippe Jaffré : A qui faites-vous allusion ?

L. M. : A Jean-Marie Messier, notamment. Vous avez lu, n'est-ce pas, ce qu'il dit de vous dans son livre J6M.com (Hachette Littératures, septembre 2000) ? Eh bien ! Il vous accable. Il conteste absolument, dans votre cas, que vous ayez été seulement récompensé de vos initiatives et de vos efforts.
Voici très exactement ce qu'il dit de vous : « L'opinion publique s'est étranglée en découvrant les stock-options de Philippe Jaffré, à la présidence d'Elf Aquitaine. Et bien peu de voix patronales ont eu le courage de s'élever pour dire que, dans n'importe quelle société pétrolière du monde, il en aurait reçu au moins autant. Quant à ses plus-values, elles tenaient à la valorisation boursière qu'il a obtenue pour son entreprise, notamment lors de la défense qu'il a organisée contre l'OPA de Total. Le scandale, s'il y en a un, n'était donc pas là. Un point, selon moi, était beaucoup plus contestable. J'aurais été administrateur d'Elf, je n'aurais pas voté le golden parachute qui a été accordé à Philippe Jaffré.
L'éventualité d'être «viré» par ses actionnaires, lors d'une OPA ou pour toute autre raison, fait partie des risques normaux du métier de patron. Quand on est nommé à la tête d'une entreprise, petite ou grande, on sait que l'on est révocable ad nutum, c'est-à-dire à tout moment sur simple décision du conseil d'administration.
On est payé pour ça. Et bien payé. Les indemnités spéciales - ces golden parachutes qui défraient la chronique - ne se justifient donc pas. Mon contrat ne prévoit aucune clause de ce genre. Et je m'engage vis-à-vis de mon conseil d'administration à ne jamais en négocier. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre : des stock-options pour se constituer un patrimoine et un parachute au cas où cela tournerait mal. »

Vous voyez !... Même dans le petit microcosme des grands patrons, l'un de vos confrères, et l'un des plus illustres, vous reproche d'avoir en quelque sorte bénéficié d'une rente de situation.

P. J. : Le livre de Jean-Marie Messier a été vite écrit. Je suis sûr que, s'il s'était mieux informé, il aurait évité de porter un jugement aussi péremptoire sur un sujet qu'il ne connaissait pas.
Les administrateurs d'Elf Aquitaine, parmi lesquels de nombreux patrons d'entreprise de taille mondiale, ont décidé à l'unanimité de mes conditions matérielles de départ.

Je crois que Jean-Marie Messier a confondu mon cas avec celui d'autres chefs d'entreprise révoqués ou incités au départ par un conseil d'administration mécontent des résultats obtenus. Il peut arriver qu'ils reçoivent de très confortables indemnités. C'est généralement en application de leur contrat initial. Le conseil d'administration a été les chercher pour faire face à un défi difficile et les candidats étaient peu nombreux. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. (...) Alors évidemment, lorsque cette indemnité est versée, elle choque. L'entreprise va finalement plus mal : on en attribue - et c'est légitime - la responsabilité au patron. Celui-ci s'en va avec des sommes importantes. Il a échoué et il apparaît récompensé. Il avait les stock-options en cas de réussite. Il avait un golden parachute en cas d'échec.

On peut s'en offusquer, condamner cette pratique, mais enfin elle résulte de la simple application de la loi de l'offre et de la demande entre des managers très compétents et peu nombreux et des conseils d'administration soucieux de les attirer.

Mon cas était différent. Les résultats d'Elf étaient excellents, et le conseil d'administration n'envisageait nullement l'idée de mettre fin à mon mandat et de chercher un meilleur président. Un événement extérieur est intervenu, l'offre de rapprochement, directement faite aux actionnaires d'Elf par TotalFina, offre immédiatement bien accueillie et qui avait ses mérites. Mon devoir envers les actionnaires, celui du conseil d'administration, était alors de faire en sorte qu'ils fassent la meilleure affaire possible.
Je me suis battu pour cela dans des conditions très difficiles et finalement de façon assez efficace puisque TotalFina a dû augmenter son offre initiale de plus de 10 %. Concrètement, cela voulait dire que nous avions obtenu, au profit des actionnaires d'Elf, 40 milliards de francs de plus que la proposition initiale qui leur avait été faite. Ce n'est pas une petite somme...

Eh bien ! Le conseil d'administration, qui évidemment suivait au jour le jour la situation, qui a pu mesurer les résultats de mon action pendant l'OPA, a considéré que cela valait une prime. Ce que j'ai reçu, ce n'était pas le bénéfice d'un « golden parachute », c'est une prime de résultat, un bonus de même nature que celui que reçoit Jean-Marie Messier lorsque les résultats d'une année de Vivendi sont bons.

L. M. : Le jugement de Jean-Marie Messier est donc injuste ?

P. J. : Disons... un peu hâtif. Mais là où je le rejoins sans réserve c'est que risque et espérance de rémunération élevée vont de pair, qu'on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Si les actionnaires voient leur investissement péricliter, il est normal qu'ils remercient le patron de l'entreprise sans le couvrir d'or. Il doit être traité comme un entrepreneur. Il réussit, il gagne beaucoup. Il ne réussit pas, il ne gagne rien. De ce point de vue, je ne crois pas avoir déçu, loin de là, les actionnaires d'Elf et ils m'en ont normalement su gré.

L. M. : Et vous ne comprenez pas que l'opinion se soit émue de l'argent que vous avez gagné dans cette affaire ? Vous ne comprenez pas qu'on se soit dit, au lendemain de l'affaire Michelin : mais certains, à la tête des entreprises, s'en tirent toujours à leur avantage ?...

P. J. : Si, bien sûr. Si un Jean-Marie Messier a un peu de mal à comprendre et traite une situation qu'il ne connaît pas en quelques phrases lapidaires, comment voulez-vous que l'opinion publique comprenne ? Le raisonnement banal, immédiatement compréhensible, a été le suivant : Elf a été absorbée par TotalFina, c'est le signe que M. Jaffré était un mauvais président. Il convient donc qu'il soit chassé sans ménagement.

Le vrai raisonnement est le suivant : M. Jaffré n'était pas le propriétaire d'Elf Aquitaine, il était nommé par les actionnaires pour développer l'entreprise et valoriser leur patrimoine. De ce point de vue, a-t-il réussi ou a-t-il échoué ? Au moment de la privatisation, la valeur d'Elf était de 21 milliards d'euros. Au moment de la fusion, elle était de 60 milliards d'euros. Elle a triplé en six ans. Les résultats ont été de leur côté multipliés par six ! C'est, durant cette période, la meilleure performance de toutes les compagnies pétrolières du monde.

Ce qui est vrai, c'est que pour réaliser cette performance, il a fallu liquider un lourd passif. Il a fallu transformer radicalement l'entreprise. Cette liquidation, cette transformation ne m'ont pas valu que des amis, elles m'ont même valu beaucoup d'ennemis.

J'étais donc dans la situation du bouc émissaire idéal, et les chiens s'en sont donné à coeur joie. Et alors ? Exercer vraiment et pleinement les responsabilités qui vous ont été confiées, c'est se mettre en avant, c'est la certitude de prendre des coups.

L. M. : Je vous concède que les stock-options donnent lieu à beaucoup de comportements hypocrites.

P. J. : Si vous voulez. Mais c'est tellement humain.

L. M. : Si, je maintiens qu'il y a eu beaucoup d'hypocrisie, en tout cas, dans le débat public, autour de ce que l'on est convenu d'appeler l'« affaire Jaffré ». Car, vous en convenez vous-même : vous n'étiez pas mieux payé que beaucoup de grands patrons. Votre rémunération, au début, était même sans proportion avec celle atteinte aujourd'hui par certains de vos homologues : je pense, par exemple, aux quelque 28 millions de francs de salaire annuel brut affichés maintenant par Jean-Marie Messier (Vivendi Universal), aux 17,5 millions de Serge Tchuruk (Alcatel), aux 16,1 millions de Daniel Bouton (Société générale), aux 13,4 millions d'Alain Joly (Air liquide) ou encore aux 12,5 millions de Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain), tous ces chiffres étant calculés, selon Les Echos (3 mai 2001), hors stock-options.

Et la « prime » que vous percevez, après l'OPA réussie de Total sur Elf, ne déroge pas aux usages dans les milieux des grands patrons anglo-saxons et même maintenant français.

Le gouvernement avait donc, à l'époque, deux options devant lui. Il pouvait faire savoir qu'il trouvait cette pratique de prime - et au-delà le système des stock-options - dangereuse ; il pouvait s'inquiéter que l'on entre dans le système de l'« argent fou ». Ou alors, il pouvait se taire et accepter. Or le gouvernement n'a fait ni l'un ni l'autre. Il vous a condamné comme si vous étiez une exception ; mais dans le même temps, en sous-main, il a cherché à abaisser la fiscalité sur les stock-options, contre l'avis du groupe socialiste de l'Assemblée nationale.

Et je trouve qu'il y a dans ce comportement schizophrénique un aspect très révélateur du comportement de la gauche face à cette mutation du capitalisme français : comme elle ne la combat pas et que même souvent elle contribue à l'accélérer, mais comme dans le même temps elle ne veut pas l'avouer, elle est obligée de prendre des postures. De jongler avec des mots. Ou alors, comme dans votre cas, de prendre un bouc émissaire.

Vous vous souvenez ainsi que le ministre des finances de l'époque, Dominique Strauss-Kahn, pourtant partisan des stock-options, vous avait condamné publiquement...

P.J. : C'est un homme politique. Ecartons l'affectif, le personnel. On ne peut pas demander à un homme politique d'être téméraire et d'aller contre l'opinion commune. Il s'agit alors d'un homme d'Etat et ils sont si rares ! Son comportement était blessant mais logique. comme je pense qu'il a trouvé blessant mais logique le comportement de ses amis politiques lorsque lui-même a été injustement impliqué dans des procédures judiciaires.

L. M. : Logique. vraiment ? Je trouve, au contraire, que c'est profondément illogique et qu'on touche là, même sous forme anecdotique, à l'impuissance de la gauche face à ce bouleversement économique. Observez le paradoxe : Dominique Strauss-Kahn cherche à abaisser à 26 % la fiscalité sur les plus-values des stock-options - fiscalité qui a été durcie à 40 % par... Alain Juppé ! Mais ce paradoxe, vous le savez bien, n'est pas le seul : dans la même veine, on pourrait également dire que Lionel Jospin a beaucoup plus privatisé qu'Alain Juppé et qu'Edouard Balladur.

P. J. : Il a eu nettement plus de temps qu'eux et il le fait sans vision, comme à reculons, contraint et forcé alors qu'Edouard Balladur avait, et a toujours, une vision. La gauche française, dans ses tréfonds, est très loin des pratiques du libéralisme. Le fonds de l'électorat du Parti socialiste, ce sont les enseignants - et il n'y a pas moins libéraux qu'eux. Le fonds de l'électorat du Parti communiste ce sont les ouvriers. La gauche plurielle c'est une galaxie qui, culturellement, est tout... sauf libérale ! C'est la France bloquée, repliée sur le passé.
Alors, bien sûr, dans cette galaxie. On trouve aussi des personnalités qui font entendre une petite musique différente. Celle de l'acceptation, les yeux ouverts, de la nouvelle organisation du monde et par là même celle de l'organisation des mutations inévitables, bref de la modernisation. C'est une musique que n'aiment ni leur électorat, ni leurs militants, ni leurs élus. Ces personnalités-là lancent donc des perches, des ballons d'essai en espérant qu'on ne le remarquera pas trop, que cela ne provoquera pas de vagues. Et quand c'est le cas, elles font machine arrière en plus ou moins bon ordre.
lemonde.fr, Article paru dans l'édition du 23.01.02

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L'ancien PDG d'Elf Philippe Jaffré est mort
lemonde.com, AFP | 09.09.07 | 19h21

Philippe Jaffré, ancien PDG du groupe pétrolier Elf, est mort, mercredi, à l'âge de 62 ans, a annoncé, dimanche 9 septembre, le groupe Alstom, dont il était le vice-président exécutif.

M. Jaffré a dirigé Elf de 1993 à 1999, avant le rachat du groupe par son ancien rival franco-belge TotalFina, devenu depuis le groupe Total.

Il a notamment participé au sauvetage du groupe industriel Alstom, qu'il a rejoint en 2002 comme conseiller, avant d'en devenir le directeur financier.

Au début de sa carrière, cet inspecteur des finances a été l'un des artisans de la première vague de privatisations en 1986 au sein de la direction du Trésor, où il a participé à une vaste réforme en 1984 du système bancaire français.

Patrick Kron, PDG d'Alstom, a souligné "le rôle essentiel qu'a joué Philippe Jaffré dans (son) redressement"."Alors que le groupe se trouvait dans une situation critique, en 2003 et 2004, Philippe Jaffré a apporté une vision, des compétences et une disponibilité qui ont contribué (...) à la mise en oeuvre des solutions qui ont permis de sauver l'entreprise", a-t-il déclaré.

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