"JE N'AI RIEN FAIT" (C'est Juppé ...) ET JE VOTE HOLLANDE

Mémoires, Tome 1, Chaque pas doit être un but (avec la plume de l'hitorien Jean-Luc Barré), Nil, Paris, 5 novembre 2009
Mémoires, Tome 2, Le temps présidentiel, 10 juin 2011

Liens : Chiraquie ; Chirac/Berlusconi ; Chirac-Bush ; Chirac/chauffeur ; Chirac/Ciolina ; Chirac_Claude ; Chirac/enquêtes ; Chirac/Franc_maçons ; Chirac-Jospin ; Chirac/Justice ; Chirac/OPAC ; Chirac/patrimoine ; Chirac/témoin ; Chirac/terrorisme ; Chirac/victime
Une bio "positive" : Chirac, l'inconnu de l'Elysée (P. Péan, 2007)
Une bio très critique : Le bel appétit (F-O. Giesbert, 2006)
Jacques Chirac, remarquable politicien "gaulliste" ayant réhabilité légalement Pétain

Octobre 2009 : Accusé implicitement par Charles Pasqua ; renvoyé en correctionnelle
Juin 2008 : La Fondation : avec, notamment, la mythomane Rigoberta Menchu prix Nobel de la Paix ...
Novembre 2007 : Première présence au Conseil constitutionnel ; mise en examen pour détournement de fonds publics
Mai 2007 : L'adieu à Angela, l'ancienne communiste de l'Est reconvertie ; Départ express de l'Elysée : bien qu'ayant des retraites cumulées de plus de 30.000 euros par mois, se fait loger à Paris par la famille de son grand ami Libanais, le richissime homme d'affaires Rafik Hariri, Premier ministre assassiné.
Mars/Avril 2007 : Il "soutient" la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy ; son épouse le confirme officiellement (une amie de trente ans ?)
Janvier 2007 : Dernière promesse présidentielle ? Plus de SDF en France, dans les années à venir ... ; avec les justes au Panthéon, c'est sans merci qu'il faut lutter contre le négationnisme ;
Juillet 2006 : Vers un troisième mandat ? ; Il pardonne le coup de tête de Zidane, qui nous prive de la coupe du Monde de Football
Juin 2006 : 26 juin, France 2, 20h, Jacques Chirac n'est pas mort, il résiste toujours à l'acharnement médiatique du microcosme "parisien" ; Verdun, l'enterrement de Pétain et la reconnaissance des combattants musulmans ; les "arts premiers" Quai Branly ;
Avril/Mai 2006 : Lynchage médiatique : c'est la rue qui gouverne, affaire Clearstream, compte bancaire au Japon
Janvier 2006 : Des voeux socialistes ? ;
colonisation positive : les blacks-beurs satisfaits
Octobre 2005 : A fond pour une europe enturquée
Juillet 2005 : Triomphe, et mémoire, à Madagascar
Les arts islamiques au Louvre avec Al-Walid ben Talal Al Saud

Homme politique français tenace, mais assez "imprévisible" ... élu par la droite il Attac le capitalisme à l'américaine ... ? Y compris à Davos, capitale du libéralisme mondial.
Un homme secret ? Un vrai social-démocrate, un ami du Guatemala .... ET de la Turquie ...

Qualifié de "bulldozer" par le président Georges Pompidou (1969-1974), il se querelle avec le président Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) dont il est le premier ministre (1974-1976) avant de devenir son principal opposant, et avant de le faire battre à la présidentielle de 1981 en se présentant contre lui.

Battu sévèrement, et contre toute attente, par le président François Mitterrand (1981-1995) à la présidentielle de 1988, après une cohabitation désastreuse de 1986 à 1988 lorsqu'il est une nouvelle fois premier ministre, il se présente à la présidentielle de 1995 alors qu'il est trahi par la plupart de ses "amis", dont le remarquable Nicolas Sarkosy, qui soutiennent la candidature d'Edouard Balladur, qu'il a lui-même propulsé à la place de premier ministre en 1993 ...

Président de la République en 1995 et disposant d'une énorme majorité parlementaire il dissout l'assemblée nationale en 1997 et doit cohabiter, péniblement, avec le dirigeant du parti socialiste Lionel Jospin.
Alors accablé d'enquêtes judiciaires, à propos de sa gestion en tant que maire de Paris, et à propos du financement de son parti, le RPR, il se présente à la présidentielle de 2002 à laquelle il n'obtient au premier tour que 19,88 % des suffrages exprimés.
Mais Lionel Jospin, dont on vient de découvrir opportunément qu'il fut une taupe trotskiste introduite au sein du parti socialiste, avec beaucoup de ses "amis", n'obtient, lui, que 16,18 % des suffrages exprimés et est battu par le candidat de la droite radicale, un adversaire acharné de Jacques Chirac et des gaullistes, Jean-Marie Le Pen, qui obtient 16,86 %.
On dit à cette occasion que c'est gràce au président Chirac, avec la collaboration d'un certain nombre de frères maçons, diligentés par le maire d'Auxerre, Jean-Pierre Soisson, que Jean-Marie Le Pen a pu obtenir, in extremis, le nombre de signatures requises de "parrains" pour avoir le droit de se présenter à la présidentielle.

C'est donc gràce à un raz de marée anti-Le Peniste que Jacques Chirac est élu, à l'africaine (82,21 %), au deuxième tour de la présidentielle. Il choisit le bonhomme Jean-Pierre Raffarin comme premier ministre plutôt que le "speedy" Nicolas Sarkozy qui s'est dépensé sans compter pour le soutenir, après l'avoir trahi en 1995, et qui devient ministre de l'Intérieur, où il se dépense toujours sans compter, avec l'aide affirmée de sa "charmante" épouse Cécilia.

En 2003 le président Jacques Chirac acquiert une notoriété mondiale en s'opposant vigoureusement, avec son ministre des affaires étrangères Dominique Galouzeau de Villepin, à George W. Bush et ses conseillers croisés à propos de l'Irak de Saddam Hussein, en affirmant haut et fort que les Etats-Unis ne peuvent pas faire la guerre à un Etat souverain sans l'accord du conseil de sécurité de l'ONU, accord que les Etats-Unis n'ont pas.

En 2005 double revers : 1. Alors qu'il dispose d'une majorité au Parlement pour obtenir l'autorisation de ratifier le traité constitutionnel européen, il décide, à la demande des socialistes notamment, de faire un referendum. Résultat : 54, 87 % de NON.
2. La France est favorite pour obtenir les Jeux Olympiques de 2012. Jacques Chirac décide, comme Tony Blair, d'aller sur place, à Singapour, pour "enfoncer le clou". Résultats : London 54 voix, Paris 50.

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Présidentielle de 2002
1er tour, Jacques Chirac 19,88 % des suffrages exprimés ; 2ème tour, Jacques Chirac 82,21 % des exprimés.
Le président sortant, qui a bénéficié, à égalité, des voix de gauche et de droite pour être élu contre M. Jean-Marie Le Pen (Front national), proclame le 5 mai 2002, Place de la République, à 22 heures, devant un premier rang de drapeaux tricolores, mais également des drapeaux algériens, tunisiens et marocains, que la télévision essaye de cacher :"Je salue la France, fidèle à elle-même, fidèle à ses grands idéaux, fidèle à sa vocation universelle et humaniste. Je salue la France qui, comme toujours dans les moments difficiles, sait se retrouver sur l'essentiel".

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Chirac démolisseur de la droite
14 juillet 2001 : Le Président de la République n'est pas un citoyen comme les autres.
14 décembre 2000 : Le Président de la République ne peut dépendre d'un juge.

PARIS, 14 décembre 2000 (AFP) - Demande d'audition de Jacques Chirac : les juges se déclarent "incompétents"
Les juges d'instruction parisiens en charge de l'affaire de la SEMPAP, une société d'imprimerie liée à la mairie de Paris, se sont déclarés jeudi "incompétents" à propos d'une demande d'audition de Jacques Chirac dans ce dossier, a-t-on indiqué de source judiciaire.
Selon les juges Armand Riberolles et Marc Brisset-Foucault, "la demande d'audition est formulée dans des termes accusatoires tendant explicitement à la mise en cause pénale" du président Jacques Chirac, ancien maire de Paris, a-t-on ajouté de même source.
Les magistrats soulignent également "l'absence de jurisprudence explicite émanant de la Cour de cassation" concernant d'éventuelles responsabilités pénales d'un président en exercice, selon cette même source.
Cette demande d'audition comme témoin avait été déposée le 21 novembre par Me Pierre-Olivier Divier au nom de Louis Breisacher, un militant associatif, qui estimait que l'ancien maire de Paris avait été alerté à plusieurs reprises sur les irrégularités de gestion de la SEMPAP sans mettre en oeuvre les mesures recommandées par son inspection générale.
M. Breisacher avait été autorisé en juillet dernier par le tribunal administratif de Paris à se constituer partie civile à la place de la mairie de Paris dans ce dossier.
La SEMPAP (Société d'économie mixte parisienne de prestations), imprimerie municipale, a été dissoute en 1996.
L'enquête a été ouverte en 1997 pour "détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d'intérêts". A ce jour, aucune personne n'est mise en examen.
Le 29 août dernier, le procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, avait décidé de ne pas soumettre à la Cour le problème posé par le cas du président Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs du RPR, instruite à Nanterre.
M. Burgelin avait été saisi le 6 juillet d'une requête du procureur de la République de Nanterre, Yves Bot, lui demandant de saisir la Cour d'un "pourvoi dans l'intérêt de la loi", afin qu'elle se prononce sur la possibilité, pour le juge d'instruction Patrick Desmure, d'examiner les éventuelles responsabilités de l'ancien maire de Paris.
A ce jour, toutes les demandes d'audition de Jacques Chirac, dont plusieurs déposées par Me Divier dans d'autres dossiers, ont été rejetées.

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Dans sa remarquable intervention télévisée du 14 décembre 2000, en direct sur TF1 (Bouygues), interviewé par le présentateur vedette Patrick Poivre d'Arvor (PPDA), le président Jacques Chirac refuse de se présenter comme témoin devant un juge, car étant chef de l'Etat, garant de l'indépendance de la magistrature et président du Conseil supérieur de la Magistrature, il ne saurait, au nom de la séparation du pouvoir exécutif et de l'autorité judiciaire, "dépendre" d'un juge, quelle que soit l'"affaire" en question :"Je nomme les magistrats je ne puis dépendre d'un magistrat tant que je suis en fonction".

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M. Chirac, démolisseur et reconstructeur de la droite
ON COMPREND Jacques Chirac et ses plus proches lieutenants : depuis deux décennies, la droite n'a gouverné que six ans, ne retrouvant fugitivement le pouvoir en 1986 et en 1993 que par le bénéfice de l'essoufflement de la gauche à la fin du premier septennat mitterrandien, puis de son affaissement au terme du second. Incapable de convaincre durablement, impuissante à s'organiser, elle s'est épuisée de ses propres déchirements, de ses rivalités de caciques, de ses impitoyables combats de chefs.
Le Monde, Article publié le 26 Décembre 2001, p. 1 et 9, par GERARD COURTOIS

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Un président très secret

Jacques Chirac, très combatif sur la scène internationale, donne en revanche aux Français le sentiment de s'éloigner de leurs préoccupations.

ON L'AVAIT CONNU fan de sumo, buveur de Corona, grand spécialiste des Inuits. Jacques Chirac, désormais, a une nouvelle passion : le Maroc. Au point qu'en fin de repas, raconte un député qui a récemment partagé sa table, il a remplacé le traditionnel café par... du thé à la menthe. Une touche d'exotisme, sous les ors de l'Elysée, pour un président en mal de confiance. Pour la première fois depuis juin 2002, il est passé hier en dessous de la barre des 50 % d'opinions favorables dans le baromètre « IFOP-JDD » (avec 49 % de satisfaits et 48 % de mécontents). En mars dernier, consensus sur l'Irak oblige, il avait atteint les 67 % de « satisfaits ». Si on osait paraphraser le président, on pourrait dire que « la maison brûle ».

Comment en est-on arrivé là ? Pour Stéphane Rozès, de l'institut CSA, « il y a un trop grand hiatus entre le volontarisme dont il fait preuve sur la scène internationale et cette sorte de fatalisme à l'intérieur quand, le 14 juillet, il dit que les Français doivent s'adapter à la mondialisation ». Du coup, tous les politologues le relèvent, les Français ont un sentiment d'abandon. Ils ont d'autant plus mal pris son absence cet été pendant la canicule qu'ils ont connu Chirac, en d'autres temps, attentif à leurs moindres bobos.

« Il n'a pas confiance en nous », dit un député

Lionel Jospin en sait quelque chose, qui l'a vécu à ses dépens pendant les cinq ans de la cohabitation. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'ancien Premier ministre, dans sa tribune de « Libération » il y a une semaine, lui rend la monnaie de sa pièce, lui reprochant de « s'évader vers les questions de politique étrangère, en laissant le Premier ministre se colleter avec les problèmes intérieurs ». Et de se « tenir à distance dès qu'une difficulté se présente ».

Pourtant, il serait faux de dire que Chirac ne s'intéresse plus à la politique intérieure. Les critiques violentes de François Bayrou l'ont, dit-on, fortement mis en colère. Ce qui ne peut que réjouir l'intéressé, qui rêve de bâtir sa carrière sur son opposition à Chirac, comme un certain Chirac, il y a près de trente ans, avait bâti la sienne sur son opposition à... Giscard. Mais que sait-on, au juste, de ce que pense aujourd'hui Jacques Chirac ? Peu de choses. Le mot-clé du 14 juillet, c'était « dialogue ». Celui du discours d'Auxerre, le 16 septembre, « optimisme ».

Il faut s'en remettre à des indiscrétions distillées (avec parcimonie) par l'Elysée pour savoir qu'il désapprouve les députés qui souhaitent réformer les 35 heures, ou qu'il a interdit à ses ministres de s'afficher dans des émissions de télé réalité. Comme si, dans son entourage, on avait peur de l'abîmer en l'exposant sur des sujets d'actualité. Pas question, non plus, d'être associé aux mauvaises nouvelles économiques. « Chirac est né dans une autre époque. L'économie, il n'en a rien à faire. Pour lui, ce sont des histoires de comptables », s'agace un sénateur. Il se méfie, aussi, de sa majorité. « Il n'a pas confiance en nous. Il nous trouve beaucoup trop à droite », raconte un député, qui regrette que, comme en 1995, « les vieux briscards, ceux qui connaissent leurs électeurs » soient tenus en lisière quand les portes de l'Elysée, en revanche, sont grandes ouvertes au monde associatif et intellectuel.

Et s'il n'en fallait qu'un exemple !... A peine l'Assemblée avait-elle mis en place une mission d'information sur les « signes religieux », et précisément le voile, présidée par Jean-Louis Debré que Chirac, méfiant, installait la « commission Stasi », qui travaille sur le même thème, mais qui, elle, comprend des personnalités de tous horizons politiques et philosophiques. Une commission dont il suit fidèlement les travaux sur la chaîne câblée Public Sénat.
Myriam Lévy, Le Parisien, lundi 20 octobre 2003, p. 3

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GUATEMALA. Chirac triomphe loin de Paris
Reçu hier (27 mai 2004) en héros (ou presque) dans le petit pays de son amie Rigoberta Menchu, Jacques Chirac, sans tenir des propos blessants pour George Bush, a tout de même à nouveau mis en garde Washington. Dossier clé : l'Irak.

«Vous êtes l'homme politique le plus important du monde actuel »: président du Guatemala, Oscar Berger ne lésine pas sur les compliments au moment d'accueillir hier son homologue français. Un peu plus tard dans la journée, il en rajoute, et fait cette fois de Jacques Chirac « le leader le plus important de la planète ».

Le chef d'Etat français, qui a fait un crochet par le Guatemala avant de participer aujourd'hui au Mexique au troisième sommet Amérique centrale - Union européenne, ne regrette sûrement pas ses longues heures d'avion.

Pour sa deuxième visite en six ans dans ce petit pays, il est l'objet de toutes les attentions de ses « amis » guatémaltèques: cérémonie prestigieuse dans le patio du palais national ; garde d'honneur au grand complet ; femmes mayas en tenue folklorique ; enfants agitant les drapeaux nationaux ; visite d'Antigua, la cité coloniale.
Et, surtout, Chirac a droit, pour son action internationale, à des éloges sans fin. Il y a un an, le Guatemala, comme l'ensemble des pays d'Amérique latine, avait soutenu la France, il est vrai, dans l'affaire irakienne. Une première dans ce qui constitue encore un pré carré américain.

Vive la hausse des impôts !

Au premier rang de ses « amis » figure, bien sûr, la Prix Nobel de la paix Rigoberta Menchu.
Inlassable défenseur des pauvres et du peuple maya, ce petit bout de femme de 55 ans a acquis une notoriété internationale et, depuis peu, obtenu le rôle officiel d'« ambassadrice de bonne volonté pour les accords de paix », au Guatemala.
Présente toute la journée dans le sillage de Chirac, elle ne se lasse pas de saluer son « extraordinario amigo ». Dans son discours, son ami français lui renvoie l'ascenseur et se pose en protecteur des Indiens du Guatemala. Il vante la « société multi-ethnique et multiculturelle ». Un thème récurrent que Chirac colporte partout dans le monde.
Au Guatemala, le chef de l'Etat reprend aussi son antienne sur la fracture sociale et l'impératif de la réduction des inégalités. Dans la foulée, le voici qui indique aux pays d'Amérique centrale et latine la « voie à suivre ». Et c'est inattendu. Tel Don Quichotte, il apporte un spectaculaire soutien au projet d'Oscar Berger d'augmenter les impôts pour aider au développement des richesses du pays.
Un thème très « sensible » au point d'avoir provoqué hier, sous les fenêtres du palais national, une importante manifestation d'enseignants opposés à ce projet. Apôtre de la hausse des impôts dans les pays pauvres, Chirac la justifie au Guatemala au nom de la lutte contre les inégalités. Ne l'entend-on pas fustiger les riches, « ceux qui sont crispés sur leurs privilèges » ?

Conscient tout de même des paradoxes de son discours, il nuance ensuite sa démonstration en rappelant que la pression fiscale est de 8,5 % au Guatemala quand elle atteint, voire dépasse, 50 % en Europe.
Héraut des pauvres, Chirac profite de son passage au Guatemala pour s'en prendre à George Bush. Deux jours après sa dernière conversation téléphonique avec le président américain, il le met une nouvelle fois en garde en émettant de sérieuses réserves sur le projet de résolution que Washington veut présenter à l'ONU.
« Il doit être sérieusement amélioré, dit Chirac. Le gouvernement intérimaire irakien, qui sera mis en place après le 30 juin, doit pouvoir exercer une souveraineté dans tous les domaines : sécurité, justice, économie et contrôle des ressources naturelles. »
Exactement l'inverse de ce que défend Bush.
Bruno Jeudy, Le Parisien, vendredi 28 mai 2004, p. 4

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Jacques Chirac et Lula veulent un impôt mondial contre la faim

Devant une cinquantaine de chefs d'Etat réunis à New York, les deux présidents devaient présenter, lundi 20 septembre, plusieurs propositions de taxe internationale pour relancer l'aide au développement. Plus de 2,8 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. Jacques chirac est parti, lundi 20 septembre à l'aube, pour New York. Il sera de retour à Paris mardi matin. Un déplacement éclair, la veille de l'Assemblée générale de l'ONU, le temps de participer à deux réunions sur la mondialisation. "C'est un choix éminemment politique, il n'y va que pour ça", insistent ses conseillers, qui connaissent la marotte du président pour tout ce qui peut corriger les fractures économiques et sociales qu'engendre la mondialisation. Dès son arrivée à New York, en compagnie du directeur général du Bureau international du travail, Juan Somavia, le président devait rappeler que la "préoccupation sociale doit irriguer l'ensemble de l'action internationale". Comment justifier la mondialisation devant les travailleurs dont l'emploi est délocalisé, demande Jacques Chirac, qui estime que la recherche du profit pour les entreprises "ne saurait tout autoriser".

Mais c'est au chef d'Etat brésilien que le président français doit cet aller-retour au siège des Nations unies. Les deux hommes partagent la même révolte contre la pauvreté et la faim "qui tue le plus dans le monde", a coutume de dire le président Luiz Inacio Lula da Silva. "Elle tue les enfants, même ceux qui se trouvent dans le ventre de leur mère, et ce n'est pas une statistique." Le chef de l'Etat français a donc accepté l'invitation de son homologue brésilien à venir plaider en faveur d'un impôt mondial pour lutter contre ces fléaux. D'ailleurs, ne font-ils pas désormais équipe depuis leur rencontre le 31 janvier à Genève, où le président Lula était venu chercher des appuis pour lancer un fonds mondial contre la faim ?

Le projet s'est depuis élargi à la lutte contre la pauvreté avec, en ligne de mire, les objectifs du millénaire (diviser par deux la pauvreté d'ici à 2015). De nouveaux partenaires sont arrivés : le président chilien, Ricardo Lagos, et l'Espagne, qui s'est jointe au projet au lendemain de l'élection de José Luis Rodriguez Zapatero. A eux quatre, avec la bénédiction du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, ils forment une sorte de "groupe pionnier" converti à la nécessité d'un impôt mondial.

Après avoir pendant des années raillé les altermondialistes et leur taxe Tobin, impraticable et farfelue à ses yeux, Jacques Chirac avait, l'année dernière, demandé à un groupe d'experts de tourner autour de cette idée de taxation. Le rapport Landau, rendu public il y a quelques jours, retient une série d'options (commerce des armes, transactions financières, transport aérien et maritime, environnement, achat par carte de crédit...), "toutes techniquement faisables et économiquement rationnelles". Cette étude est venue alimenter la réflexion du groupe quatripartite sur le même sujet et qui conduit grosso modo aux mêmes conclusions. C'est ce rapport qui sera présenté, lundi, devant une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement.

"UNE GOUTTE D'EAU"

Il manque au bas mot 50 milliards de dollars (près de 42 milliards d'euros) par an pour espérer atteindre les objectifs du millénaire selon le calendrier prévu. Pour combler ce fossé, il faudrait que l'aide publique au développement passe de 60 milliards de dollars actuellement à 110 milliards - impensable en période de contraintes budgétaires. Ou trouver des mécanismes de financement alternatifs.

"50 milliards, c'est beaucoup et presque rien", dit le président Lula. Pour fixer les idées, le commerce mondial global représente chaque année 8 000 milliards de dollars, et le PNB de la planète, la richesse qu'elle engendre chaque année, s'élève à près de 40 000 milliards de dollars. "C'est en réalité une goutte d'eau - moins de deux mois de dépenses pour les subventions agricoles, moins de trois mois de dépenses militaires -, à condition de pouvoir et de savoir la récupérer."

M. Chirac va plaider pour que ces nouvelles sources de financement soient examinées en dépit de l'opposition farouche des Etats-Unis et du scepticisme de nombreux autres pays, y compris européens. Il argumentera qu'il s'agit non seulement d'un "devoir de solidarité" mais aussi d'"un acte de raison et de paix" pour éviter de nouveaux foyers d'instabilité dans le monde, a dit la porte-parole de l'Elysée, Catherine Colonna.

Un large consensus existe désormais pour reconnaître l'insuffisance du système actuel de financement du développement, estime le président. Plus de deux milliards d'hommes et de femmes connaissent la misère et la faim. Pour Jacques Chirac, l'"un des grands scandales de notre temps, c'est notre incapacité à les libérer de ces maux alors que nous en avons les moyens".

Les quatre présidents parviendront-ils à élargir leur coalition ? La déclaration publiée à l'issue de la réunion devrait être rédigée "de façon telle qu'elle puisse permettre l'adhésion d'un certain nombre d'Etats", confie-t-on dans l'entourage du président français. Même s'ils rechignent à l'admettre, MM. Chirac, Lula da Silva, Zapatero et Lagos savent qu'une taxe internationale a peu de chance de voir le jour dans un proche avenir, faute d'un nombre suffisant de convaincus. Comme le reconnaît le rapport Landau, "le consensus aujourd'hui n'existe pas".

"Nous avons un an pour redresser la barre", prévient Jacques Chirac. C'est-à-dire jusqu'à la prochaine assemblée annuelle de l'ONU qui marquera sa 60e année d'existence et où sera fait un premier bilan de l'état d'avancement des objectifs du millénaire.

Sans un sursaut international, ce n'est pas en 2015 que les petits Africains pourront tous aller à l'école primaire, mais en 2129. L'extrême pauvreté ne pourra être divisée par deux en Afrique qu'en 2147, et il faudra attendre 2165 pour réduire des deux tiers la mortalité infantile.
LE MONDE | 20.09.04, Babette Stern, lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.09.04

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Chirac vote Erdogan


BERLIN (ALLEMAGNE), HIER (26 octobre 2004). Jacques Chirac et Gerhard Schröder, partisans de l'entrée de la Turquie de Tayyip Erdogan (au centre) dans l'Europe , ont signé avec lui un contrat de vente de 36 Airbus . (AP/M. SCHREIBER.)

Hier, lors du quatrième Conseil des ministres franco-allemand à Berlin, le chef de l'Etat a affirmé avec force son soutien à l'entrée de la Turquie dans l'Union. « Mon voeu le plus cher », a-t-il dit. Schröder a approuvé et Erdogan, apprécié.

POUR Jacques Chirac, c'est comme si c'était fait : l'Europe dira oui le 17 décembre (2004) à l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie.
Jamais le chef de l'Etat n'était allé aussi loin dans son soutien à la candidature turque. « Mon voeu le plus cher », a-t-il expliqué, hier à Berlin, au côté du chancelier Gerhard Schröder, autre fervent supporter de l'entrée de ce pays dans l'Union.

Jamais il n'avait tancé de la sorte les opposants à ce projet : il classe leurs arguments au rayon de la « mauvaise foi ».

« Moins de passion dans quinze ans »

La journée avait commencé par le rituel Conseil des ministres franco-allemand : deux fois par an, la moitié du gouvernement d'un des deux pays se transporte chez l'autre, avec l'objectif de travailler ensemble, sans que le citoyen, pour l'instant, en ait entrevu les effets.

Mais la rencontre Chirac-Schröder-Erdogan vole vite la vedette à la photo de famille franco-allemande. Chirac et Schröder utilisent leur conférence de presse commune pour mettre en scène leur accord sur la Turquie, juste avant de rencontrer Erdogan.
Et, échange de bons procédés, de signer avec lui un contrat pour l'achat de 36 Airbus par la compagnie Turkish Airlines. Le Premier ministre turc en est reparti tout sourire. Ouvrir des négociations avec Ankara, dit Chirac, « c'est l'intérêt de l'Europe et de la Turquie », « c'est l'intérêt de la stabilité et de la paix dans le monde ».
Des négociations qui s'ouvriront dès 2005, ou, au plus tard, début 2006. « Mais, souligne-t-il, la réponse ne viendra que dans dix ou quinze ans. Créer une polémique aujourd'hui n'a pas de sens et ne peut pas être de bonne foi. »

Quant à ceux qui seraient tentés de dire non à la Constitution européenne par opposition à la Turquie, Chirac (qui dit connaître « cette arrière-pensée »), les balaie d'un revers de main : « Ils le font par esprit politique, par esprit de polémique ou par mauvaise foi. »
Des propos qui lui valent une réaction quasi immédiate du président de l'UDF, François Bayrou, regrettant ce « passage en force » : « Comment peut-on à ce point ignorer le sentiment des Français et réduire à néant le débat sur l'avenir de l'Europe ? »

Jacques Chirac répète, bien entendu, qu'il prendra les dispositions nécessaires pour que l'entrée de la Turquie, même dans quinze ans, fasse automatiquement l'objet d'un référendum. Il faudra pour cela modifier la Constitution française.
Mais cet argument n'a jamais calmé les critiques des opposants à la Turquie. Ils voient dans les propos enthousiastes du président une nouvelle preuve qu'une fois enclenchées, des négociations ne peuvent que déboucher sur une adhésion. Chirac n'en pense d'ailleurs pas moins. Dans dix ou quinze ans, dit-il, quand aura lieu le référendum, « je suis persuadé que le problème se posera avec moins de passion ».
Myriam Lévy, Le Parisien, mercredi 27 octobre 2004, p. 4

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(Janvier 2005) Jacques Chirac plaide pour la solidarité internationale au Forum de Davos

Le président de la République a plaidé, mercredi 26 janvier, pour un prélèvement international afin de financer la lutte contre le sida. "Il permettrait de mobiliser dix milliards de dollars par an", a-t-il estimé.
Dans un discours adressé en visioconférence au Forum économique mondial qui rassemble chaque année à Davos (Suisse) de nombreux dirigeants économiques et politiques de la planète, le président français a prononcé un vibrant plaidoyer pour le "respect des droits sociaux" dans le monde. La catastrophe du raz de marée du 26 décembre en Asie "doit provoquer un éveil des consciences", a-t-il lancé.

"Le monde souffre de façon chronique de ce que l'on a appelé (...) les tsunamis silencieux. Famines, maladies infectieuses qui déciment les forces vives de continents entiers, violences et révoltes, régions livrées à l'anarchie, mouvements migratoires non maîtrisés, dérives extrémistes, terreau fertile au terrorisme." "Ces drames, ces dérèglements exigent une réaction collective et solidaire. Ce n'est pas seulement un devoir d'humanité, c'est aussi l'intérêt bien compris des pays les plus favorisés. Car le monde ne s'arrête pas aux limites de leur prospérité. Il ne se borne pas aux certitudes de ceux que la fortune sert aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Jacques Chirac, qui milite avec le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, pour l'élaboration de nouveaux dispositifs de financement du développement, a proposé la création "à titre expérimental" d'un prélèvement international pour financer la lutte contre le sida, notamment dans les pays sous-développés.

En raison du mauvais temps dans cette station de ski du canton des Grisons, couverte d'une épaisse couche de neige, M. Chirac a dû renoncer à venir en personne à Davos mais a promis, à l'invitation de Klaus Schwab, le président de Davos, de venir en 2006.

Au même moment a débuté à Porto Alegre (Brésil) le Forum social mondial, rassemblement annuel des opposants à la mondialisation libérale. Plus de 100 000 altermondialistes vont y débattre de l'aide au développement et de l'annulation de la dette des pays pauvres.

10 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN

Affirmant que la communauté internationale était "en train d'échouer face à cette terrible pandémie", Jacques Chirac a souligné qu'il fallait "mobiliser au moins 10 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros) par an" pour enrayer la progression du sida.

Il a évoqué plusieurs pistes : "Une contribution sur les transactions financières internationales", pouvant rapporter dix milliards de dollars par an, une autre sur "les flux de capitaux sortants et entrants" dans les pays qui maintiennent le secret bancaire, "une contribution sur le carburant utilisé par le transport aérien et maritime", et "un faible prélèvement", par exemple d'un dollar, "sur les trois milliards de billets d'avion vendus chaque année dans le monde". Le président français a reconnu qu'"il était normal que ces propositions fassent débat", allusion à l'hostilité déclarée des Etats-Unis à toute idée de taxe international obligatoire.

A l'adresse des dirigeants les plus riches du monde, il a également plaidé pour une dimension "éthique" de la mondialisation, afin que celle-ci soit un "projet d'espoir". "Il nous revient aussi de promouvoir la responsabilité sociale et environnementale des entreprises comme des Etats. L'avenir de la mondialisation n'est pas dans une économie de dumping social ou de gaspillage des ressources naturelles mais dans le respect des droits sociaux, dans l'élévation générale du niveau de vie et dans un développement respectueux des équilibres écologiques."
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Au total, l'édition 2005 du Forum rassemble quelque 2 250 participants dont un millier de chefs d'entreprise, avec une forte participation européenne mais, contrairement aux précédentes éditions, une représentation américaine plus timide.
LEMONDE.FR | 26.01.05 • MIS A JOUR LE 26.01.05 | 20h48

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Un homme politique "imprévisible"

Trois exemples :
1: En 1997 Jacques Chirac dissout une assemblée nationale dans laquelle il a une énorme majorité. Les élections législatives permettent aux gauches, sous la direction du premier ministre Lionel Jospin, de revenir au pouvoir pour cinq ans ;
2: En 2005 Jacques Chirac dispose d'une majorité au Parlement pour obtenir l'autorisation de ratifier le traité constitutionnel européen. Il décide, à la demande des socialistes notamment, de faire un referendum. Résultat : 54, 87 % de NON.
3: En 2005 encore (errare humanum est, sed perseverare ...) la France est favorite pour obtenir les Jeux Olympiques de 2012. Jacques Chirac décide d'aller sur place, à Singapour, pour "enfoncer le cloup". Résultats : London 54 voix, Paris 50.
A suivre ?

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(Juillet 2005) Madagascar: Chirac rappelle une page noire de la colonisation
Le chef d'Etat, en visite dans la grande île, rend hommage aux victimes de 1947.

Jacques Chirac prépare sa sortie... et sa modeste place dans l'Histoire.
Après avoir été le premier Président à reconnaître les crimes de l'Etat français sous Vichy, le voilà qui se penche sur le passé colonial de la France. Et tance les élus de l'UMP qui tentent de réhabiliter certains aspects de la colonisation, notamment par la loi du 23 février 2005 qui incite «les programmes scolaires» à «reconnaître le rôle positif de la présence française outre-mer», ou ceux d'extrême droite qui prétendent transformer en héros des bourreaux de la guerre d'Algérie avec des stèles à la gloire de l'OAS. A Madagascar, où il a reçu hier à son arrivée, au nord-ouest de l'île, un accueil triomphal de la part de près de 100 000 personnes, le chef de l'Etat a abordé à deux reprises une des pages les plus sombres de l'histoire de la colonisation française du XXe siècle : les massacres de 1947, qui auraient fait de 15 000 à 100 000 morts. Alors que Madagascar était une colonie française, une insurrection indépendantiste fut réprimée de manière sanglante par l'armée (lire ci-dessous).

Hommage.
«Il n'y a aucune raison de ne pas tenir compte de l'histoire. De vouloir ignorer tel ou tel aspect d'une évolution. Nous devons être conscients des bons et des mauvais moments et les assumer. ça ne veut pas dire nourrir indéfiniment de l'aigreur et de la haine. L'histoire est ainsi faite d'affrontements et de réconciliations. Elle n'est pas faite automatiquement d'oubli», a affirmé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse à Majunga, aux côtés du président malgache Marc Ravalomanana. Dans la soirée, à Antananarivo, Jacques Chirac s'est montré encore plus précis au cours d'un dîner avec son homologue. Sans aller jusqu'à exprimer explicitement de la repentance, il a évoqué «le caractère inacceptable des répressions engendrées par le système colonial». Et en visant ceux qui, en France, ont la tentation de minimiser certains méfaits de la IVe République dans les colonies, il a rendu «hommage» aux victimes de 1947car «rien ni personne ne peut effacer le souvenir de toutes celles et tous ceux qui perdirent injustement la vie».

Contrairement à l'Algérie, où les régimes successifs entretiennent la mémoire des meurtrissures de la lutte d'indépendance, Madagascar, confrontée à une extrême pauvreté généralisée, semble avoir d'autres priorités que de s'appesantir sur l'histoire. «Tout ça c'est du passé, moi je regarde l'avenir. [...] Je suis né en 1949, pas en 1947. On ne peut pas oublier ce qui s'est passé mais moi je pense d'abord aux générations futures», a ainsi assuré le président malgache aux côtés de Chirac un brin interloqué.

Papamobile. Quoi qu'il en soit, les voyages à l'étranger ont le don de requinquer le chef de l'Etat. Impopulaire et discrédité en France par ses échecs à répétition, il s'est offert un de ces bains de foule à l'africaine dont il raffole. Juché sur une sorte de papamobile à ciel ouvert, il a distribué, deux heures durant et sous une chaleur saisissante, saluts et bises à la foule massée sur une dizaine de kilomètres. Avec des hordes d'enfants, pieds nus pour la plupart, courant derrière son véhicule, il a défilé sous des banderoles à sa gloire («Merci pour la visite, président Chirac», «Vive la coopération franco-malgache», «Chirac-Ravalomanana confiance-volonté») avant de s'extasier devant les danses traditionnelles puis les patates douces, les oignons et les haricots du marché de Majunga. Là, il a offert un chèque de 8 millions d'euros «pour doter cette superbe ville» d'un nouveau marché.

«Quand je suis à l'extérieur de la France, je ne me sens absolument pas en défense, je me sens sûr de moi», avait assuré Jacques Chirac à la télévision le 14 juillet. A observer sa prestation à Madagascar, cela ne faisait guère de doute.
Par Antoine GUIRAL, vendredi 22 juillet 2005 (Liberation - 06:00)

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(Madgascar 1947) 15 000 ou 100 000 morts?
Les chiffres de la répression coloniale sont l'objet de controverses.

Evénements, rébellion, insurrection... Ce qui s'est passé le 29 mars 1947 à Madagascar, et les mois qui suivirent, n'a pas encore trouvé son nom. C'est dire, cinquante-huit ans après, l'embarras, tant malgache que français, à parler de «ces choses-là» et plus encore à chiffrer les morts de la répression coloniale. Le bilan oscille encore entre 15 000, selon les dernières évaluations universitaires, et 80 000 voire 100 000 morts, estimation qui figure dans les livres d'histoire.

«La répression fut bien moins excessive que ce que l'on propage depuis plus d'un demi-siècle», explique Jean Frémigacci. Maître de conférences à Paris-I, cet historien coordonne les travaux d'une équipe franco-malgache dirigée par Lucile Rabearimanana, de l'université d'Antananarivo. L'ouverture, il y a deux ans, des archives militaires permet d'aller dans le sens d'une diminution du nombre des victimes, initialement établi «sur les exagérations démesurées du Parti communiste», rapportait Jean Frémigacci dans les Nouvelles, un quotidien d'Antananarivo. «Il y a eu moins de 10 000 morts de mort violente, soit un peu moins de 2 000 Malgaches tués par les insurgés, entre 1 000 et 2 000 victimes de crimes de guerre, et 5 000 à 6 000 insurgés tués par les forces coloniales, disait-il. Avec les morts de misère physiologique, de malnutrition et de maladie en forêt, dont nombre d'enfants, de femmes et de vieillards, nos évaluations se situent entre 20 000 et 30 000 morts, qu'il n'est pas possible de présenter comme "tués par les forces coloniales".»

Cette révision à la baisse fait bondir le Fifanampiana Malagasy (Comité de solidarité de Madagascar, de sensibilité communiste) pour qui «le temps est venu pour les dirigeants français d'examiner les mesures concrètes de réparation auxquelles a droit le peuple malgache, en raison de l'importance des pertes en vies humaines, des dommages matériels et des traumatismes causés par la répression colonialiste consécutive à la révolte populaire de 1947».
Par Christian CHADEFAUX, vendredi 22 juillet 2005 (Liberation - 06:00)

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Le Musée du Louvre adopte un tapis des "Mille et Une Nuits" pour les arts de l'islam

Heureuse conjonction astrale pour le Musée du Louvre : alors que tant de consultations font plancher des architectes de renom pour aboutir, faute d'enthousiasme, à des lauréats par défaut, le concours pour les nouvelles salles des arts de l'islam, cour Visconti, a permis d'accoucher d'un projet remarquable, signé Rudy Ricciotti et Mario Bellini (Le Monde du 28 juillet).

La liste des sept candidats comportait deux de ces noms inévitables qui conduisent à s'interroger sur la pertinence des organisateurs d'un concours, parce que le travail et le style de ces architectes, très caractérisés, laissent prévoir un inévitable hiatus avec le programme, le contexte et l'esprit même du projet. L'agence autrichienne Coop Himmelblau a ainsi livré une sorte de version tourmentée de Vulcania, le musée des volcans d'Auvergne, signée Hans Hollein. Quant au projet de l'Anglo-Irakienne Zaha Hadid, sorte de pierre de La Mecque, Kaaba de sept étages, il tombait dans la cour Visconti avec autant de douceur qu'une comète dans le bassin des Tuileries.

Parmi les quatre autres projets perdants, deux ou trois ­ - c'est beaucoup ­ - auraient fait d'honorables lauréats s'ils n'avaient eu pour point commun le principe d'une couverture de l'ensemble de la cour Visconti, quand Ricciotti et Bellini ont pris au contraire le parti de laisser dégagée la presque-totalité d'un des deux poumons qui restent au Louvre, avec la cour Lefuel.

Les deux architectes, l'un provençal, Ricciotti (son agence se trouve à Bandol), l'autre milanais, Bellini, proposent d'installer les salles des arts islamiques sur deux niveaux, l'un en sous-sol, mais éclairé par des trémies, l'autre en rez-de-chaussée et recouvert par un "voile" lumineux, tendu au-dessus de la cour Visconti. Cette couverture ondulante dont la face extérieure sera composée d'une myriade d'éléments de verre incolore est susceptible de diffracter la lumière.

13 000 PIÈCES, 3 500 M2

Aperçu des étages supérieurs du Louvre, ce tapis des Mille et Une Nuits, à peine volant, devrait clairement désigner les objets qu'il recèle. La transparence de ce voile permettra de laisser passer jusqu'à 80 % de la lumière naturelle. Sa structure, techniquement sophistiquée, sans appuis intermédiaires, pourra abriter un éclairage artificiel différencié selon le besoin de chaque oeuvre, tout en laissant la plus grande liberté à la muséographie.

Ce choix architectural et muséographique constitue une rupture à la fois franche et douce avec l'imaginaire anglo-saxon du Louvre de Ieoh Ming Peï, défendu par François Mitterrand : un musée rationaliste, transparent, géométrique. On retrouve ici, dans les propositions de Ricciotti et Bellini, une certaine opacité, un mouvement et des couleurs propre au sud de l'Europe. Ce n'est pas un hasard si les deux architectes lauréats ont été les seuls - ­ avec Zaha Hadid ­ - parmi les sept candidats à refuser de clore hermétiquement la cour.

Le nouveau département du Louvre, qui répond à une demande explicitement formulée par Jacques Chirac en 2002, réunira les collections du Louvre (10 000 pièces) à celles mises en dépôt par le Musée des arts décoratifs (3 000 pièces), notamment un ensemble exceptionnel de tapis qui n'ont pas été montrés depuis plus de vingt ans. Le tout doit occuper 3 500 m2, être réparti de façon fluide et continue selon un parcours chronologique, ponctué par des "échappées thématiques" (l'écriture, les mathématiques, le livre, la ville) et par un "cabinet des clefs", espace d'approfondissement de ces civilisations dont les mystères devraient nous être révélés en temps utile.

Le financement, estimé à 56 millions d'euros, sera assuré à hauteur de 26 millions par l'Etat. Un appel au mécénat a déjà permis de réunir 21 millions d'euros. 4 millions proviennent de Total, qui recherche la même somme auprès d'autres entreprises françaises.
De son côté, le prince saoudien Al-Walid Ben Talal Al Saud a versé 17 millions d'euros. Ce riche propriétaire (le grand hôtel parisien Georges-V lui appartient) donne ainsi un sérieux coup de pouce à l'ambition du Louvre : présenter à partir de 2009 l'une des plus belles collections d'arts islamiques au monde, dans les meilleures conditions possibles.
Frédéric Edelmann et Emmanuel de Roux, Article paru dans l'édition du 29.07.05, LE MONDE | 28.07.05 | 12h28, Mis à jour le 28.07.05 | 12h28

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(Septembre 2005) Turquie: Jacques Chirac assume seul contre tous

PARIS (AP) - La décision des Vingt-Cinq d'ouvrir des négociations avec la Turquie a mis en évidence mardi l'isolement de Jacques Chirac au sein d'une classe politique française majoritairement hostile à Ankara.

Quasiment seul contre tous, du moins à droite, le chef de l'Etat a vigoureusement réaffirmé son soutien à la candidature turque lors d'une conférence de presse commune avec Silvio Berlusconi à l'Elysée.

Jacques Chirac a exhorté les Français à "penser à l'avenir". "Au nom de quelle tradition humaniste, européenne, nous pourrions dire à des gens qui disent: 'nous voulons avoir les mêmes valeurs que vous': 'on ne vous veut pas'. Au nom de quoi?", a-t-il demandé. Alors, "ayons l'élégance, et c'est conforme à nos intérêts, de discuter".

Combatif, il a visé les opposants à la candidature turque, tels que Nicolas Sarkozy pour l'UMP ou François Bayrou pour l'UDF, en critiquant ceux qui "s'arrogent le droit de parler au nom de nos enfants ou de nos petits-enfants".

Il a aussi développé des arguments de fond en expliquant que la Turquie apportera "une puissance considérable" à l'Europe. Le chef de l'Etat a également mis en garde les Français contre le risque de "basculement" de ce pays "dans l'intégrisme" si les Européens lui claquent la porte au nez.

Il a cependant concédé que l'adhésion à l'UE exigeait "un effort considérable" de la part de la Turquie et qu'il n'était "pas sûr du tout" qu'elle puisse y arriver. En tout état de cause, "il faudra du temps, beaucoup de temps, c'est une affaire de 10 à 15 ans, minimum" et les Français seront consultés par référendum, a rappelé le président.

Si Jacques Chirac a défendu avec enthousiasme la candidature turque, Dominique de Villepin, pris en tenaille entre sa loyauté à l'égard du chef de l'Etat et une majorité hostile, a fait le service minimum. Devant les députés, le Premier ministre a estimé que le processus "contrôlé", "long", "ouvert" et "conditionnel" lancé lundi à Luxembourg offrait "toutes les garanties" à la France.

Il n'a cependant pas convaincu à droite. Farouchement hostile à l'élargissement de l'UE à la Turquie, le président de l'UDF François Bayrou a interpellé le Premier ministre pour dénoncer une décision "prise contre l'avis des peuples européens et contre l'avis du peuple français". L'hostilité des Français à l'adhésion turque est considérée comme une des causes du rejet de la Constitution européenne lors du référendum du 29 mai dernier.

Très critique contre une décision qui équivaut selon lui à faire de l'UE une "zone vague de libre échange sans volonté politique", François Bayrou a rappelé à Dominique de Villepin ses déclarations du 2 août dernier. Le Premier ministre avait alors dit qu'il n'était "pas concevable" que les négociations puissent s'ouvrir avec la Turquie si elle ne reconnaissait pas auparavant la République de Chypre.

A l'UMP, où Nicolas Sarkozy a calmé le jeu ces derniers temps sur ce dossier, tout en réaffirmant son opposition à la candidature turque, les réactions étaient plus mesurées. Le président de l'UMP n'a pas réagi mardi à l'ouverture des négociations, envoyant au front son conseiller politique Patrick Devedjian. Ce dernier a jugé que le processus était "réversible".

"Il faut bien rappeler à l'ensemble des Français que la négociation ne vaut pas adhésion", a déclaré de son côté le premier-vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean Leonetti.

Mais beaucoup s'inquiétaient des conséquences électorales d'une décision que "l'UMP et ses électeurs ne comprennent pas", selon Michel Herbillon. "Si on ne fait pas de pédagogie sur l'Europe, on va avoir un rendez-vous cruel en 2007", a averti le député du Val-de-Marne.

Hormis Jacques Chirac, seuls les "nonistes" se réjouissaient à droite de la décision des Vingt-cinq, en y voyant la fin d'une Europe intégrée. "C'est la mort de l'Europe de papa", s'est enthousiasmé le député UMP Jacques Myard.

A gauche, tandis que la direction du PS brillait par sa discrétion sur ce sujet, Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, opposé à l'adhésion turque, a estimé que la Turquie "sera un marqueur essentiel pour la prochaine élection présidentielle". AP
yahoo.fr, actualités, mardi 4 octobre 2005, 18h53

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(Nouvel an 2006) Pour 2006, Chirac s'inspire à gauche
Hier lors de la cérémonie des voeux à la presse, le Président a lancé plusieurs pistes de réformes, empruntant des idées au PS ou aux syndicats.

Un vrai bouquet final.
Pour ses voeux new look à la presse (lire ci-contre), Jacques Chirac s'est lâché hier sous les ors du grand salon de l'Elysée. Grand classique chez lui lorsqu'il est en difficulté, il n'a pas hésité à se grimer en champion de la gauche. Pour un peu, on l'aurait cru en plein démarrage d'une nouvelle campagne. En une petite demi-heure, le chef de l'Etat a fait étalage de toutes ses facettes de bonimenteur en fin de carrière, multipliant les annonces et les promesses de réformes. Tout cela en se drapant dans la défense des grands principes républicains et discourant sur la France qui gagne. Sans oublier le fait divers du jour à haute charge émotionnelle, alors que certains des événements qui se sont produits dans le train Lyon-Nice n'étaient pas encore éclaircis (lire événement page 6).

Le chef de l'Etat a aussi repris à son compte une proposition de la CFDT sur «la sécurisation des parcours professionnels centrée sur la formation tout au long de la vie». Elle correspond pour lui «au pendant de l'assouplissement du marché du travail». Au passage, il a rendu hommage ­ sans le citer ­ à Michel Rocard pour avoir créé la CSG, qui a permis de «franchir une étape capitale de la réforme du financement de la protection sociale». Un comble lorsque l'on se souvient que le RPR présidé par Chirac avait déposé en 1990 une motion de censure à l'Assemblée pour s'opposer à la CSG.

Toujours dans ce registre des emprunts à la gauche, il a souhaité que la parité instaurée par Jospin aille plus loin encore avec, à la clé, le renforcement des «sanctions financières» à l'encontre des partis politiques qui ne respecteraient pas la loi. Sur l'école enfin, il s'est lancé dans un plaidoyer en faveur «d'un droit d'accès garanti» aux classes préparatoires des grandes écoles pour les meilleurs bacheliers de chaque lycée.

«Chirac agit comme un buvard en pompant les idées des autres», s'indignait hier Stéphane Le Foll, député européen PS et directeur de cabinet de François Hollande. Henri Emmanuelli, qui défend depuis longtemps l'idée de cotisations patronales appuyées sur la valeur ajoutée, s'étonnait que «Jacques Chirac attende la dernière année de son mandat». Plus modeste, un autre dirigeant socialiste relevait que le PS «n'est pas très habilité à faire la leçon à Chirac, puisque nous ne l'avons pas fait non plus».

Contre la volonté des parlementaires UMP, le chef de l'Etat est aussi revenu sur le fameux article 4 de la loi du 23 février 2005 évoquant les aspects positifs de la colonisation, en assurant qu'«il doit être réécrit». Et d'expliquer que le président de l'Assemblée nationale, son ami Jean-Louis Debré, déposera prochainement une proposition de loi «afin de parvenir à une rédaction qui rassemble et apaise les esprits». Le socialiste Dominique Strauss-Kahn affichait du coup sa «satisfaction», mais aussi sa «vigilance». «La déclaration du président de la République est une victoire pour tous ceux qui ont combattu pour [son] abrogation. La gauche s'est rassemblée pour la demander. Plus de 45 000 citoyens ont soutenu cette démarche», notait-il tout en soulignant que «l'annonce de Jacques Chirac doit maintenant se traduire en acte, un acte simple : l'abrogation de l'article 4.»

Très enclin en ce début d'année à évoquer les échéances de 2007, le Président a réclamé qu'elles se déroulent dans un «esprit de sérénité et de responsabilité». Bien décidé aussi à ne plus laisser trop d'espace à Nicolas Sarkozy, il a fait la leçon sur le «modèle social français» avec lequel le président de l'UMP entend rompre. «Sortons de ce débat qui tourne en rond, a lancé Jacques Chirac. Il faut évidemment réformer pour changer ce qui fonctionne mal ou ce qui n'est plus adapté. Mais on ne change pas ce que l'on est.» Lui, effectivement ne change pas.
Libération, par Antoine GUIRAL et Paul QUINIO, QUOTIDIEN : jeudi 05 janvier 2006, p. 2-3

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(Nouvel an 2006 vandalisme) Insécurité Train Nice-Lyon : questions sur un «far west»
L'enquête se poursuit sur les agressions commises le 1er janvier dans un TER de 600 voyageurs.

Que s'est-il réellement passé dans le train n° 17430 parti, le 1er janvier à 6 heures, de Nice à destination de Lyon ? Un vaste racket des 600 voyageurs par des bandes de jeunes, dont certains auraient également commis des violences et des attouchements sexuels ? Ou quelques agressions dans un train d'après-réveillon ? Beaucoup d'interrogations subsistaient hier sur l'ampleur des actes qui ont été commis dans ce TER. Mais, déjà, c'était l'emballement sur cet «Orange mécanique» et sur des «scènes de Far West».

Selon la SNCF, le train, composé de dix voitures, a quitté Nice à 6 heures dimanche matin avec 600 personnes à bord, dont une soixante de «personnes dissipées». Des jeunes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, descendus réveillonner à Nice. Certains voyageurs bénéficiaient de l'offre de billets à 1,20 euro sur la région Paca proposée depuis 2002 par le conseil régional à l'occasion du nouvel an. Déjà, le samedi 31 décembre, à l'aller, entre Marseille et Nice, des incidents avaient eu lieu, ponctués d'interpellations. A 23 h 30, 70 contrôles d'identité en gare de Nice s'étaient soldés par 22 personnes gardées à vue et libérées le 1er janvier à 16 heures. D'où une forte présence policière, le dimanche matin, sur le quai de la gare de Nice. Le directeur régional de la SNCF, Jean-Jacques Henry, reconnaît «une certaine tension», mais l'embarquement s'était bien passé. A bord du train on comptait 3 contrôleurs et 4 agents de la police ferroviaire (surveillance générale de la SNCF ou Suge) dont un maître-chien. Jusqu'à Saint-Raphaël (Var), aucun incident «grave ou notable» : «Ça chahutait, mais rien de surprenant par rapport aux autres années», raconte le directeur régional de la SNCF. L'équipe de la Suge quittait le train à 6 h 50 en gare de Saint-Raphaël pour d'autres missions.

Gendarmes en renfort.
Erreur : c'est là que tout s'emballe, entre Saint-Raphaël et les Arcs, entre 6 h 52 à 7 h 14. «Plusieurs voyageurs ont été victimes de menaces, de vols d'objets, et certains d'agressions physiques», affirme la SNCF. Une «vingtaine de jeunes auraient été actifs», selon un policier. Le contrôleur appelle la SNCF à Marseille, qui prévient les gendarmes. A 7 h 30, le train s'arrête aux Arcs, arrêt non prévu, où trois militaires attendent sur le quai. «Ça c'est calmé dès qu'ils sont montés dans le train», affirme un officier, soit à 7h35. Vingt-deux autres gendarmes arrivent en renfort. Selon le ministère de l'Intérieur, ils recensent «quatre victimes dont trois déposent immédiatement plainte pour vols, menaces de mort et une pour attouchement sexuel». Six individus, dont quatre mineurs, sont interpellés. Les deux majeurs âgés de 19 ans, nés au Maroc, sont placés sous mandat de dépôt. Leur procès a été renvoyé au 6 mars. Les quatre mineurs font l'objet d'une convocation devant le juge des enfants.

Après un long arrêt, le train repart à 9 h 01, avec une quinzaine de gendarmes. Jusqu'à Toulon, on ne note plus «aucun incident notable», selon la SNCF. Les gendarmes descendent, remplacés par trois agents de la Suge, trois policiers et un maître-chien. A l'entrée de la gare Saint-Charles à Marseille, certains tirent les signaux d'alarme pour pouvoir descendre et éviter des interpellations sur le quai. Trois individus y sont interpellés pour infraction à la législation sur les stupéfiants et port d'arme. Au final, la SNCF fait état de «deux personnes dépouillées» de leur portable ou portefeuille, et d'une jeune femme qui dénonce des «attouchements sexuels» ­ elle serait «très éprouvée» selon son père. La SNCF a déposé deux plaintes pour «dégradation de matériel» sur deux voitures.

«Larmes aux yeux».
Pour un train de 600 voyageurs, les témoignages étaient hier maigres. Libération a recueilli deux versions indirectes. Linda Gasmi, serveuse au bar-hôtel L'Avenir, près de la gare des Arcs, était derrière son comptoir : «Il était environ 7 heures. Un jeune couple d'une trentaine d'années arrive. Ils avaient les larmes aux yeux. Ils m'ont raconté que le train était bondé, qu'il y a eu des agressions. Ils m'ont dit que même une personne âgée a été agressée. On lui a volé son argent. Ils m'ont aussi dit qu'une jeune fille avait subi des attouchements. D'après eux, il y a eu de nombreuses agressions, surtout verbales. Il paraît que les jeunes étaient une quarantaine, très chauds, mais je ne crois pas qu'ils aient frappé. Une demi-heure plus tard, deux jeunes filles qui étaient dans le même train sont arrivées. Elles ont raconté la même chose.» Une serveuse du buffet de la gare raconte, elle, que les «jeunes étaient à peu près une dizaine et auraient fait des attouchements sur une jeune fille... La dame qui fait le ménage à la gare aurait retrouvé des sacs vides sur le quai».

Hier soir, un haut fonctionnaire de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur analysait ainsi les événements : «Il y a une disproportion très forte entre la réalité des faits et leur écho. Le service commercial de la SNCF et la Suge ont mis en place un dispositif, apparemment efficace à l'aller mais pas au retour. Il faudra en tirer les conséquences. Lorsqu'est prévu un déplacement massif de supporters de football vers Marseille, les autorités les accompagnent et ça se passe bien.»
Libération, par Ludovic BLECHER, Jacky DURAND, Fabrice TASSEL et Michel HENRY (à Marseille), QUOTIDIEN : jeudi 05 janvier 2006, p. 6

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(Janvier 2006) Chirac, grand pacificateur des colonies
Les députés UMP se plient à la décision de saisir le Conseil constitutionnel.

Maître du jeu politique et arbitre des grands débats nationaux. Soit, Jacques Chirac tel qu'il a toujours rêvé d'exercer sa fonction présidentielle. C'est peu dire si le chef de l'Etat et son entourage savouraient, hier, les réactions à sa décision d'enclencher le processus institutionnel destiné à supprimer l'article de la loi du 23 février 2005 reconnaissant le «rôle positif» de la colonisation.

A Alger comme aux Antilles, où la «loi de la honte» avait ravivé toutes sortes de cicatrices, l'heure était hier à la satisfaction et au soulagement. Le ministre d'Etat et représentant personnel du président algérien Bouteflika s'est «félicité du fait que la France officielle ait tourné le dos à la France coloniale».
Et un proche du chef du gouvernement algérien estimait que les déclarations de Chirac relançaient la possibilité de signer le traité d'amitié entre les deux pays, mis sur la touche par Alger notamment à cause de la loi sur la colonisation.

En France, le «climat empoisonné né de cette polémique qui n'aurait jamais dû voir le jour», comme l'expliquait début janvier un collaborateur du Président, a, lui aussi, commencé à s'apaiser. En certaines occasions, Jacques Chirac ne déteste pas la grandiloquence. Dès mercredi soir, il affirmait : «La nation doit se rassembler sur son histoire.»

Et puis il y a aussi pour le président de la République une jubilation non négligeable : celle d'avoir mouché Nicolas Sarkozy qui s'était permis de créer une mission parallèle à celle qu'il avait confiée à Jean-Louis Debré. L'Elysée n'avait pas apprécié cette immixtion du président de l'UMP et jugeait «ahurissant» son choix de demander à l'avocat Arno Klarsfeld, ex-soldat de Tsahal, de formuler des propositions.

Dans cette perpétuelle course de vitesse au sommet de l'Etat (lire encadré), les sarkozystes faisaient hier profil bas. Un proche du ministre de l'Intérieur assurait qu'Arno Klarsfeld avait, lui aussi, remis son rapport mercredi. Le jour où Debré est allé à l'Elysée pour présenter ses conclusions à Chirac... Et, à l'inverse du président de l'Assemblée, préconisait que le Parlement intervienne sur le contenu des manuels scolaires.

En déplacement dans le Doubs, Nicolas Sarkozy a salué le «geste d'apaisement» de Chirac. Tout en ajoutant : «De ce que j'ai compris, le reste de la loi restera en vigueur. C'était très important pour un certain nombre de nos compatriotes. Je pense notamment aux harkis». A l'UMP, les députés qui avaient voté ce texte refusaient de se déjuger en passant à nouveau par la voie législative. Parce qu'elle leur évite d'avoir à le faire, la couleuvre chiraquienne est donc plutôt bien avalée. Le rapporteur de la loi controversée, Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône), a jugé qu'il s'agissait de «la solution la plus raisonnable pour apaiser une polémique dont l'ampleur dépassait, désormais, largement l'intention formelle du texte».

Autre grand défenseur de l'article 4, Lionnel Luca (UMP, Alpes-Maritimes) se réjouissait «que l'article 4 ne soit pas réécrit par une nouvelle proposition de loi», tout en déplorant «que l'on ait cédé à l'agitation de groupuscules qui ne représentent qu'eux-mêmes». D'autres, comme l'ancien militant d'extrême droite pro-Algérie française Claude Goasguen (UMP, Paris), regrettaient qu'on «écarte le sujet sans le régler». Jean-Marie Le Pen (FN) a fustigé le ralliement chiraquien à l'une «des pires positions idéologiques de la gauche» qui «salissent la mémoire nationale».

A l'UDF, si François Bayrou a approuvé la suppression du texte, il a souligné qu'«on le fait sans repasser devant le Parlement et que ça, ça pose question». A gauche, Victorin Lurel, président (PS) du conseil régional de la Guadeloupe, a «salué la décision de la présidence de la République» et souhaité «que la loi de la honte ne puisse fêter son premier anniversaire et soit donc supprimée avant le 23 février». DSK a lui déploré «le tour de passe-passe qui vise à ne pas désavouer l'UMP», tandis que Ségolène Royal s'est réjouie de «la correction d'une faute politique». Hier, Jacques Chirac n'avait finalement contre lui que l'extrême droite et les nostalgiques de l'Algérie française. De quoi flatter sa fibre gaulliste.
liberation.fr, par Antoine GUIRAL, QUOTIDIEN : vendredi 27 janvier 2006, p.

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(Le bel appétit) Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président, Scènes de la vie politique, 1986-2006, Flammarion, Paris, 2006, pp.26-28

On a tout dit sur Chirac. À juste titre. Un coup travailliste, le lendemain bonapartiste avant de tourner libéral, puis social-modéré, il aura fait tout le spectre politique, et dans les deux sens. C'est Triplepatte. Jamais là où on l'attend, toujours en recherche, pas fini.

On a souvent mis cette propension herculéenne à virer de bord sur le compte d'une rouerie qui pourtant n'est pas son fort. Non, c'est l'instinct, plutôt que le cynisme, qui l'emmène d'un bout à l'autre du champ politique, au gré du vent qu'il vient de humer. Cet homme donne le tournis. Après avoir été, dans les années soixante-dix, le chantre du travaillisme, à la Harold Wilson, qui a laissé le Royaume-Uni en ruines, il a défendu la cause du libéralisme façon Reagan, dans les années quatre-vingt, avant de militer pour un étatisme tempéré, dans les années quatre-vingt-dix, et de finir en avatar de Mitterrand comme petit père de la nation, à l'aube du nouveau siècle.

C'est beaucoup pour un seul homme. Mais celui-là est gargantuesque et protéiforme. Il ne sait pas toujours où il va, mais il y va, la narine palpitante, les bras en avant, l' œil à l'affût. Il fait penser à l'ogre de Charles Perault qui «flairait à droite, à gauche, disant qu'il sentait la chair fraîche ».

Telle est la vraie nature de Jacques Chirac: c'est un ogre. Il engloutit tout avec la même gloutonnerie. Les hommes, les femmes, les idées, les kilomètres, les amours, les défaites ou les plats canailles. Tout, dans sa vie, est rythmé par le même cycle: ingestion, digestion, rejet. Il ne garde rien. Même pas ses amis. «La faim est un infidèle », dit un proverbe arabe.

Qui n'a pas vécu une journée avec lui passe à côté de la vraie nature de Chirac. Du matin au soir, il est tourmenté par un vertige compulsif qu'il comble en s'empiffrant, comme s'il avait à nourrir une armée de ténias. Jamais il ne semble repu.

Récapitulons. Après s'être levé, vers 7 heures du matin, il se gorge de tartines beurées avec du miel ou de la confiture. De quoi soutenir un siège. Mais sur le coup de 10 h 30, il a toujours un petit creux. Alors, il remet ça et casse la croûte, comme les cantonniers de son enfance, avec des sandwichs au pâté et au saucisson. Sans oublier les cornichons.

À 13 heures, il a encore la dent. Le déjeuner sera complet ou ne sera pas. À sa panse qui crie famine, il ne fera grâce de rien. Ni de pain, ni de fromage, ni de dessert. «Il faut que ça me cale », dit ce grand gosier. C'est pourquoi il affectionne particulièrement les plats à l'ancienne comme la tête de veau ravigote.

À 16 h 30, il a de nouveau les crocs. C'est l'heure du goûter. Avec des sandwichs au pâté et au saucisson, comme d'habitude. Ainsi dévore-t-il, en plus des repas, l'équivalent de deux baguettes et demie. Sans parler des biscuits qu'il grignote entre-temps.

Après ça, on se dit qu'il devrait en avoir jusqu'au goulet, les dents de derrière baignant dans le beuue et la charcuterie. Mais non. Le dîner est aussi consistant que le déjeuner. Chirac nettoie les plats et ne saute ni le fromage ni le dessert. S'il rentre tard, il avalera encore une omelette d'au moins quatre œufs.

Le tout aura été arrosé de ses cinq ou six bières quotidiennes. Ne crachant pas non plus sur les punchs, il a parfois du vent dans les voiles. Mais quand il est pompette, il cuve toujours avec une grande dignité. N'était son visage tuméfié des lendemains de goguette, il pourrait faire illusion. Chirac est un phénomène sorti de l'œuvre de Rabelais qui écrivait, entre autres: « Le grand Dieu a fait les planètes et nous avons fait les plats nets. »
Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président, Scènes de la vie politique, 1986-2006, Flammarion, Paris, 2006, pp.26-28

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mardi 9 mai 2006, 20h50 Chirac n'a pas de compte à la Sowa Bank, dit son entourage

PARIS (Reuters) - L'entourage du président Jacques Chirac a catégoriquement démenti les informations rapportées par le Canard enchaîné selon lesquelles le président posséderait un compte dans la banque japonaise Tokyo Sowa Bank.
"Le président dément catégoriquement les informations rapportées par le Canard enchaîné", a déclaré à Reuters l'entourage du chef de l'Etat français.

L'hebdomadaire satirique, dans son édition à paraître mercredi, révèle que le général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, a déclaré à des magistrats français que Jacques Chirac détenait un compte bancaire au Japon ouvert en 1992 et crédité de 300 millions de francs.

Jacques Chirac "n'a jamais possédé aucun compte à la Sowa Bank", affirme son entourage selon lequel "ces allégations sont à rattacher à une campagne de calomnies qui avaient été lancées à l'encontre du président en 2001 et dont il a été établi qu'elles étaient sans aucun fondement".

"A ma connaissance, ce compte avait été ouvert en 1992", a déclaré Philippe Rondot, conseiller de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie jusqu'à la fin 2005, dans le procès-verbal de son audition reproduit par le Canard enchaîné.

Il avait été entendu le 28 mars par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons comme témoin dans l'enquête sur les faux listings de la société financière luxembourgeoise Clearstream.

Selon la déposition du général Rondot, les fonds du présumé compte Chirac auraient été versés par une fondation culturelle japonaise, dont Jacques Chirac était administrateur. L'actuel locataire de l'Elysée était en 1992 maire de Paris.

Le patron de la Tokyo Sowa Bank, Soichi Osada, est un ami de Jacques Chirac, qui l'a fait décorer de la Légion d'honneur en 1994, écrit le Canard. Il a été arrêté dans son pays en 2000 pour faillite frauduleuse.

Les liens du président avec l'archipel nippon, où il a effectué une cinquantaine de voyages, sont de notoriété publique. Les découvertes concernant le compte de Jacques Chirac ont été faites par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets, souligne le Canard.

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mercredi 10 mai 2006, 8h55 Le général Rondot dénonce l'utilisation tronquée de ses propos

PARIS (AFP) - Le général Philippe Rondot a dénoncé mardi soir dans un communiqué transmis par son avocat Me Eric Morain une utilisation "tronquée" de propos qu'il a tenus devant les juges de l'affaire Clearstream sur l'existence d'un compte de Jacques Chirac au Japon.

Dans son édition à paraître mercredi le Canard Enchaîné affirme que le général Rondot, citant des documents de la DGSE, a fait état devant les juges de l'affaire Clearstream, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, le 28 mars, d'un compte du président Chirac à la Tokyo Sowa Bank avec un montant de 300 millions de francs versé par une mystérieuse "fondation culturelle".

"L'utilisation répétée et tronquée des propos du général Rondot lors de son audition démontre une fois de plus une manipulation de l'instruction", indique le communiqué de Me Morain.

L'audition du général a été intégralement publiée sur le site internet du magazine L'Express (www.lexpress.fr), qui rapporte donc ses propos concernant le prétendu compte bancaire du président Chirac au Japon: "Ce compte était alimenté par le versement régulier d'une somme très importante, dont je n'ai pas le montant précis en tête, provenant d'une fondation culturelle dont M. Chirac était membre du conseil d'administration. Il est indiqué sur les documents que vous avez saisis à mon domicile que ce compte a été ouvert à la Tokyo Sowa Bank et a été crédité d'une somme totale évaluée par les services de la DGSE à 300 millions de francs. A ma connaissance, ce compte avait été ouvert en 1992."
Dans son communiqué, le général Rondot rappelle "qu'il avait été chargé de vérifier si des fonctionnaires de la DGSE n'avaient pas essayé, hors de leur hiérarchie, de monter un dossier contre le Président de la République à quelques semaines de l'élection présidentielle". La mission du général Rondot a conclu au "caractère trouble des agissements de certains fonctionnaires de la DGSE et au fait que la manipulation était avérée", poursuit le communiqué.
Le général concluait à une affaire "assez trouble" dans laquelle il y avait un "fond de vérité". Cette conclusion visait "la réalité des agissements troubles des fonctionnaires et non l'existence d'un prétendu compte sur lequel il n'a jamais été chargé d'enquêter", affirme le communiqué.

Enfin, le général Rondot par l'intermédiaire de son avocat a réitéré sa demande d'avoir accès au dossier en bénéficiant du statut de "témoin assisté".
Yahoo.fr, actualités, mercredi 10 mai 2006, 8h55

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dimanche 25 juin 2006, 17h08 Sur Pétain, Chirac rompt avec les présidents de la Ve République

PARIS (AFP) - Jacques Chirac a brisé dimanche à Douaumont le tabou entourant Philippe Pétain, en reprochant au vainqueur de Verdun, sur les lieux mêmes de la bataille de 1916, d'avoir couvert "de sa gloire le déshonneur de la Collaboration" comme chef de l'Etat Français de 1940 à 1944.

Cette déclaration, qui marque une rupture avec ses prédécesseurs, a été immédiatement saluée par Serge Klarsfeld, président de l'association Les Fils et Filles des déportés juifs de France, qui y a vu "la ferme cohérence" de Jacques Chirac.

"Un homme a su prendre les décisions qui conduiront à la victoire. Il restera comme le vainqueur de Verdun. Cet homme, c'est Philippe Pétain, hélas. En juin 40, le même homme, parvenu à l'hiver de sa vie, couvrira de sa gloire le choix funeste de l'armistice et le déshonneur de la collaboration", a lancé le chef de l'Etat, lors du 90e anniversaire de la bataille de Verdun.

Le 16 juillet 1995, tout juste élu président, il avait déclaré, à l'emplacement de la rafle du Vélodrome d'Hiver à Paris (XVe), que la "France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable".
Les 16 et 17 juillet 1942, la police française avait raflé 12.884 Juifs en région parisienne, dont plus de 8.000 avaient été rassemblés au Vélodrome d'Hiver, avant d'être déportés.

"Jacques Chirac achève son quinquennat" en "rompant avec ses prédécesseurs qui n'ont parlé que de l'Etat", a souligné M. Klarsfeld pour qui le président "a eu le courage de dire la vérité et d'en tirer les conséquences".

Dès son élection en 1995, M. Chirac avait pris le contre-pied de ses prédécesseurs en refusant d'honorer la mémoire du Maréchal Pétain.

Depuis le général de Gaulle et le cinquantenaire de l'armistice de 1918, la tradition s'était instaurée pour les présidents de faire fleurir tous les dix ans la tombe du vainqueur de Verdun à l'île d'Yeu.

Cette tradition avait été respectée en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing et en 1988 par François Mitterrand. Celui-ci a fait déposer une gerbe sur la tombe du maréchal Pétain chaque année de 1984 à 1992, date du 50e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.

En 1992, ce geste avait suscité un tollé parmi les associations juives et d'anciens résistants, dénonçant une "insulte aux victimes de Vichy". Quelques mois plus tard, affirmant "comprendre l'émotion" des associations de déportés, M. Mitterrand décidait de ne plus déposer de gerbe.

Le rôle de Vichy dans le sort réservé aux Juifs a longtemps été occulté par les deux chefs d'Etat qui occupèrent, jusqu'à Jacques Chirac, le plus longuement leurs fonctions: Charles de Gaulle et François Mitterrand.

Pour le général de Gaulle, "La République n'a jamais cessé d'être et Vichy fut toujours nul et non avenu". Son successeur, Georges Pompidou, qui a fait fleurir une seule fois la tombe de Pétain, avait suscité un grand émoi en graciant le milicien français Paul Touvier le 23 novembre 1971.

Valéry Giscard d'Estaing, qui eut comme ministre du Budget Maurice Papon (condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité), gardera aussi le silence sur cette question.

M. Mitterrand partagera la vision gaullienne de la nécessaire réconciliation du pays, résumant ainsi sa pensée fin 1992 : "La Nation française n'a pas été engagée dans cette affaire, ni la République. L'Etat français, qui a assumé cette terrible responsabilité, c'est le régime de Vichy". Il ajoutait ne pas comprendre le langage de ceux qui lui demandent de "s'excuser au nom de la France".
Yahoo.fr, actualités, dimanche 25 juin 2006, 17h08

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dimanche 25 juin 2006, 14h04 Jacques Chirac a inauguré un mémorial dédié aux musulmans morts à Verdun

VERDUN (AP) - Jacques Chirac a inauguré dimanche, à l'occasion du 90e anniversaire de la bataille de Verdun, un mémorial dédié aux soldats musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918.
Le chef de l'Etat a exalté dans son discours le rassemblement de "la France dans sa diversité" qui a permis à l'armée française de tenir pendant les "300 jours et 300 nuits" de la bataille la plus meurtrière de la Première guerre mondiale.

Alors que des monuments sont dédiés depuis les années 30 aux chrétiens et aux juifs morts à Verdun, seule une modeste stèle rappelait jusqu'à aujourd'hui le sacrifice des 28.000 musulmans des troupes coloniales tombés durant la bataille.
L'injustice a été réparée avec l'inauguration dimanche par Jacques Chirac d'un monument de style mauresque sur le site de Douaumont (Meuse). Composé d'un vaste déambulatoire et d'une coupole, l'édifice côtoie le carré de 592 tombes musulmanes orientées vers la Mecque.

Le chef de l'Etat a dévoilé la plaque inaugurale en présence de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, du ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, des présidents de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, et du Sénat, Christian Poncelet et du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur. Il a ensuite déposé une gerbe devant le monument israélite et enfin à l'ossuaire de Douaumont, où il a prononcé une allocution.

Jacques Chirac a insisté sur la diversité des combattants français à Verdun. "Durant cette interminable année 1916, toute la France était à Verdun, et Verdun était devenu toute la France", a rappelé le chef de l'Etat. "L'armée de Verdun, c'était l'armée du peuple, et tout le peuple y prenait sa part. C'était la France, dans sa diversité".

Il a remarqué que des hommes de "toutes les conditions, toutes les opinions, toutes les religions", "toutes les provinces", et de "toutes les origines" ont participé à la bataille. "Ces hommes se battaient pour leur terre, ils se battaient aussi pour leurs valeurs", celles de la République, a rappelé le chef de l'Etat.

"Ces hommes qui se battaient avec acharnement n'étaient pas mus par le nationalisme, ni par la haine de l'ennemi. Leur âme n'était pas militariste. Leur âme était patriotique. Elle était républicaine", a-t-il souligné.
Le chef de l'Etat a également eu une pensée pour les centaines de milliers de victimes allemandes de la bataille. L'Allemagne était représentée à la cérémonie par son ambassadeur à Paris.
Se félicitant que la réconciliation franco-allemande soit "une chose acquise", il a plaidé pour la construction d'une "Europe de paix, de sécurité, de justice et de solidarité". "Aujourd'hui, nous pouvons le dire avec la confiance qu'autorise l'amitié: plus jamais ça!", a-t-il lancé.
"Nos grands-parents, nos arrière-grands-parents ont consenti, à Verdun, le sacrifice ultime. Aujourd'hui encore, ce sacrifice nous engage", a conclu Jacques Chirac, en s'inclinant devant la mémoire des 160.000 soldats français morts à Verdun et des 220.000 "gueules cassées". La France "n'oubliera jamais le sacrifice que vous avez consenti pour elle", a-t-il lancé.
Après son discours, Jacques Chirac a passé en revue les anciens combattants au son des hymnes français et européens. AP
Yahoo.fr, actualités, dimanche 25 juin 2006, 14h04

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20.06.06 | 16h28 Chirac: une passion pour les arts premiers, symbole du dialogue des cultures

Jacques Chirac, qui a voulu et porté le Musée du quai Branly, à Paris, est un passionné des arts premiers et des civilisations lointaines qui illustrent à ses yeux ce "dialogue des cultures" qu'il ne cesse de promouvoir sur la scène mondiale.

Le chef de l'Etat a inauguré mardi (20 juin 2006) ce musée, seul "chantier" de pierre qu'il laissera après ses douze ans à l'Elysée, un héritage dans la lignée de ses prédécesseurs Georges Pompidou (Centre Pompidou), Valéry Giscard d'Estaing (musée d'Orsay) et François Mitterrand (le Grand Louvre).
L'idée a été lancée dans les jours qui ont suivi son installation à l'Elysée en 1995. Ensuite, il a été "très présent, à toutes les étapes du projet architectural et muséographique", se rendant à plusieurs reprises sur le chantier ou recevant les responsables du musée, a-t-on assuré dans son entourage.

Celui qui, dans sa jeunesse, était souvent raillé pour son inculture supposée, avec son goût pour les westerns, s'est imposé avec les années comme un amoureux véritable et même un expert reconnu des arts d'Asie, d'Océanie et d'Afrique.
A tel point qu'il a lui-même signalé certaines pièces aux responsables du "MQB". Il avait ainsi repéré dans une galerie parisienne un "homme-oiseau" de l'île de Pâques, une statuette en bois extrêmement rare dont il n'existe qu'une douzaine d'exemplaires connus dans le monde, raconte un proche. Après de nombreuses expertises, cet objet s'est révélé authentique et a pu être acquis par le musée.
Il a aussi été surpris, lors d'ennuyeux sommet internationaux, à feuilleter des catalogues de vente d'arts asiatiques.

Cette passion lui vient de loin: selon ses biographes, le jeune Chirac, à peine âgé de 14 ans, séchait les cours du lycée Carnot pour traîner dans les salles du musée Guimet d'arts asiatiques.
Connaissant son goût, ses collaborateurs ont pris l'habitude de lui offrir pour son anniversaire un objet d'art premier, comme cet objet rituel des indiens Tinglit, de Colombie britannique, qu'il a reçu pour ses 72 ans.

Son grand bureau donnant sur les jardins, au premier étage du palais de l'Elysée, est devenu comme un petit musée où s'accumulent les objets, telle cette statuette boli, représentant un animal, en provenance du Mali.

Mais, au-delà de leur beauté ou de l'intérêt ethnographique, Jacques Chirac voit dans ces objets venus de civilisations disparues ou lointaines une manifestation du "dialogue des cultures" qu'il défend dans toutes les enceintes mondiales.
Cette confrontation pacifique des civilisations est, pour lui, le meilleur antidote au risque d'affrontement entre l'Islam et l'Occident ou à la suprématie américaine.
Car le président "est choqué par l'ethnocentrisme et la prétention d'une culture à se penser comme dominante", déclare un proche qui rappelle qu'il avait organisé une exposition sur les Taïnos, ce peuple des Caraïbes disparu, "un geste de justice" en contrepoint des célébrations sur la découverte des Amériques.
20Minutes.fr avec AFP | 20.06.06 | 16h28

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vendredi 14 juillet 2006, 13h50 Présidentielle: Chirac ne tiendra aucun compte de la décision de l'UMP

PARIS (AP) - Jacques Chirac a déclaré vendredi que la désignation par l'UMP de son candidat à l'élection présidentielle n'influera "en aucun cas" sur sa décision de briguer ou non un troisième mandat.

Lors de son intervention télévisée du 14 Juillet, le chef de l'Etat a été interrogé sur le calendrier choisi par Nicolas Sarkozy pour son entrée en campagne, qui fait grincer les dents de ses partisans. L'UMP réunira son congrès le 14 janvier 2007 pour désigner son candidat.

Prié de dire si cela influencerait sa décision, Jacques Chirac, qui n'exclut pas de se représenter, a répondu: "En aucun cas". "L'UMP est un parti politique que je respecte et pour qui j'ai une certaine affection, notamment pour l'avoir créé", a rappelé le président. "Elle prend ses responsabilités (...) comme elle l'entend et je n'ai rien à y voir", a-t-il ajouté. "Comme le PS, comme les autres partis politiques le font".

Jacques Chirac a répété qu'il annoncerait au premier trimestre 2007 sa décision de se représenter ou non. "Je donnerai la réponse à cette question, dont je conçois qu'elle puisse avoir un intérêt pour quelqu'un et pour vous en particulier, au premier trimestre de l'année prochaine", a-t-il dit.

Il s'est refusé à tout autre commentaire, affirmant que la question "n'était pas d'actualité". "Lorsque l'on a fait la réforme du quinquennat, on n'a pas dit qu'on allait rester pendant un an à ne rien faire en France sous prétexte qu'il y avait des élections présidentielles. On est responsable jusqu'au terme de son mandat", a-t-il dit.

"Tout le reste, c'est de la politique fiction et je ne tomberai pas dans cette politique fiction. La seule chose qui m'intéresse, ce sont les résultats. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire", a martelé le chef de l'Etat.

Interrogé sur les qualités d'homme d'Etat de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac s'est contenté de répondre qu'il ne "voyait pas ce qui permettrait d'en douter". AP
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1er janvier 2007 Jacques Chirac s'engage sur le droit au logement

Lors des derniers voeux aux Français de son quinquennat, dimanche 31 décembre, le chef de l'Etat a demandé au gouvernement de prendre des mesures pour instaurer un droit au logement "opposable"

Jacques Chirac a demandé dimanche 31 décembre au gouvernement d'avancer dans la mise en oeuvre du droit au logement "opposable" afin de faire de ce droit "une réalité".

Un rapport sur le sujet demandé au Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, présidé par Xavier Emmanuelli, doit être remis au gouvernement "dans les jours qui viennent", précisait-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

Le premier ministre Dominique de Villepin, avec les ministres chargés de la cohésion sociale Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin, prendra alors "des décisions opérationnelles dans les toutes prochaines semaines". En tout état de cause, ce droit devrait être en vigueur avant le scrutin présidentiel.

Le droit au logement opposable est une vieille revendication des associations. Il permet à toute personne privée de logement de poursuivre en justice les pouvoirs publics.

Un droit réclamé par les Enfants de Don Quichotte

Il était notamment réclamé par l'association des Enfants de Don Quichotte, qui a attiré l'attention sur le sort des sans-abri depuis quelques jours en installant des tentes sur le canal Saint-Martin à Paris. De nombreux candidats à la présidentielle ont depuis signé leur charte.

Le droit au logement opposable figure également dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, ce que n'ont pas manqué de rappeler les porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse et Luc Chatel soulignant dans un communiqué, que le président de l'UMP et candidat à la présidentielle avait "souhaité que la France s'engage" sur ce sujet lors de son discours de Périgueux le 12 octobre dernier.

Du côté du parti socialiste, qui soutient la charte des Enfants de Don Quichotte, Julien Dray a jugé que "la question, c'est pourquoi on est obligé de dire au bout de 12 ans qu'il faut faire du droit au logement encore". "Cela veut dire qu'on n'a pas fait son travail", a commenté le porte-parole du PS sur France-Inter.

Quand Jacques Chirac "avance un droit au logement opposable, comment ne pas avoir à l'esprit la politique régressive de la droite contre la loi SRU" (relative à la solidarité et aux renouvellement urbains), a également souligné le Parti communiste dans un communiqué, en rappelant la "responsabilité directe" du chef de l'Etat "dans les résultats d'une politique anti-sociale, de casse systématique des progrès sociaux et démocratiques des dernières décennies".

Peser sur le débat électoral de 2007

Si le droit au logement était déjà reconnu en 1946, avant d'être réaffirmé dans la loi du 31 mai 1990 et celle contre l'exclusion de 1998, le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées avait souhaité dès 2002 la mise en oeuvre d'un "droit au logement opposable" qui donne à la collectivité non plus une simple obligation de moyens, mais une obligation de résultats. Le Haut comité avait ainsi proposé dans son dernier rapport "d'ouvrir le droit en dernier ressort à un recours devant une juridiction" afin de rendre le droit au logement effectif.

Lors des derniers voeux aux Français de son quinquennat, Jacques Chirac a également montré son intention de peser sur le débat électoral de 2007. Le chef de l'Etat a prévenu qu'il s'engagerait "pleinement" pour des "débats ouverts, démocratiques et responsables" d'ici aux élections de 2007, et a mis en garde contre "les apprentis sorciers de l'extrémisme".

Contrairement à la tradition des voeux télévisés du 31 décembre, le chef de l'Etat s'est exprimé non pas sur fond de jardins de l'Elysée, mais devant les drapeaux français et européen, pour bien souligner, selon son entourage, "la nécessité d'un rassemblement autour des valeurs républicaines" alors que s'ouvre la compétition pour la présidentielle et les législatives.

Jacques Chirac, qui doit annoncer au cours du premier trimestre de la nouvelle année s'il sera ou non candidat à sa succession, n'a rien lâché sur ce chapitre.
la-Croix.com, 01/01/2007

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18 janvier 2007. Les Justes de France honorés au Panthéon

Jacques Chirac rend jeudi au Panthéon l'hommage de la Nation aux 2.700 Justes de France et aux héros anonymes qui ont sauvé des milliers de juifs de la mort pendant la seconde Guerre Mondiale.

La date du 18 janvier n’a pas été choisie au hasard: elle correspond à l’entrée des troupes soviétiques dans le camp d’Auschwitz,en 1945. Jacques Chirac rendra hommage jeudi aux quelque 2.700 «Justes de France» et aux héros anonymes qui ont sauvés des milliers de juifs pendant la seconde Guerre Mondiale. La cérémonie se déroulera à partir de 18 heures au Panthéon.

«Pendant la guerre, c’est en France que l’on a été le plus fraternel.» Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, soulignait par ces propos, lors de la présentation de la cérémonie le 22 décembre, l’élan solidaire en France, qui a permis de sauver la vie de milliers de juifs pendant la seconde Guerre Mondiale.

Ainsi, quand 90% des juifs polonais furent exterminés, 80% des Hollandais et des Grecs, la proportion en France, aussi horrible fut-elle, est de 30%.
Sur les 300.000 Juifs habitant en France au début de la guerre, 75.721 furent déportés (seulement 2.560 survécurent). Les autres furent sauvés par des milliers de Français, leur délivrant des faux-papiers ou les aidants à passer en Suisse, pays neutre.

Près de 2.725 Français sont reconnus comme Juste aujourd’hui, et des dossiers restent à instruire. Nombreux sont ceux qui n’avaient pas demandé le moindre titre. Parmi ces Justes, le village cévenol du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) a été honoré pour avoir caché des milliers de juifs, le seul à avoir reçu ce titre collectivement avec un village des Pays-Bas.

Avec cette cérémonie, le chef de l’Etat veut mettre l’accent sur le caractère toujours actuel du combat contre l’extrémisme et «le côté lumineux» de la France –après avoir reconnu ses «zones d’ombre», comme la déportation des juifs ou la tragédie de l’esclavage. De très nombreux ministres, dont Dominique de Villepin, seront présents, ainsi que Simone Veil et les 250 Justes survivants accompagnés de leurs familles.

La cérémonie se tiendra à partir de 18 heures, dans la nef du Panthéon qui honore les grands hommes. La réalisatrice Agnès Varda présentera deux films de neuf minutes, un en noir et blanc, l’autre en couleur, qui seront retransmis sur quatre grands écrans. L’ensemble vocal Accentus interprétera l’œuvre Figure humaine du compositeur Francis Poulenc sur des textes du poète Paul Eluard, dont le fameux Liberté.

Le président de la République se recueillera ensuite en compagnie de Simone Veil dans la crypte devant la plaque rendant hommage aux Justes et aux anonymes, ces hommes et femmes qui «ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité».
liberation, Par A.D. (avec agences), LIBERATION.FR : jeudi 18 janvier 2007

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18.01.07 | 18h54 Chirac: le combat des Justes est "un combat toujours recommencé"

Le combat des Justes pour la tolérance, contre l'antisémitisme et le racisme "est un combat toujours recommencé", a déclaré jeudi Jacques Chirac lors d'une cérémonie d'hommage national au Panthéon à ces Français qui ont aidé les juifs à échapper à la mort.

"Vous, Justes de France, vous avez transmis à la nation un message essentiel, pour aujourd'hui et pour demain: le refus de l'indifférence, de l'aveuglement", a dit le président de la République dans un discours.
"Plus que jamais, nous devons écouter votre message: le combat pour la tolérance et la fraternité, contre l'antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes, est un combat toujours recommencé", a-t-il lancé.

M. Chirac a souligné que "telle est la leçon de ces années noires: si l'on transige avec l'extrémisme, il faut bien le mesurer, on lui offre un terreau pour prospérer, et tôt ou tard on en paye le prix".
"Face à l'extrémisme, il n'y a qu'une attitude: le refus, l'intransigeance", a-t-il estimé en ajoutant que "c'est sans merci qu'il faut lutter contre le négationnisme (...), forme la plus ignoble, la plus abjecte de l'antisémitisme".

S'adressant aux Justes, le chef de l'Etat a affirmé que ceux-ci incarnaient "la France dans ce qu'elle a de plus universel, dans la fidélité aux principes qui la constituent".
"Grâce à vous, grâce à d'autres héros à travers les siècles, nous pouvons regarder la France au fond des yeux, et notre histoire en face: parfois, on y voit des moments profondément obscurs. Mais on y voit aussi et surtout le meilleur et le plus glorieux. Notre histoire, il faut la prendre comme un bloc. Elle est notre héritage, elle est notre identité", a-t-il dit.
"Oui, nous pouvons être fiers de notre histoire! Oui, nous pouvons être fiers d'être Français!", a lancé Jacques Chirac qui a conclu en exprimant la reconnaissance de la France envers les Justes.
"Au nom de la France, au nom de la nation tout entière, je m'incline aujourd'hui devant vous avec respect et reconnaissance", a-t-il déclaré.
lemonde.fr, 18.01.07 | 18h54

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mercredi 21 mars 2007, 20h58 Le soutien du président Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy

PARIS (AFP) - Le président Jacques Chirac a annoncé mercredi 21 mars 2007 lors d'une allocution radiotélévisée, que Nicolas Sarkozy quitterait le ministère de l'Intérieur lundi 26 mars, pour "se consacrer pleinement" à la campagne présidentielle.

Le chef de l'Etat en a profité pour apporter son "vote" et son "soutien" au candidat UMP à la présidentielle.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 21 mars 2007, 20h58

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Elysée 2007 Bernadette Chirac à Lyon : Nicolas Sarkozy est "le meilleur" NOUVELOBS.COM | 06.04.2007 | 13:53

L'épouse du chef de l'Etat était aux côtés du candidat UMP lors d'une réunion publique. "Je pense que Nicolas Sarkozy est le meilleur pour relever les défis de demain", a-t-elle déclaré. Pour gagner, a-t-elle ajouté, "il faut travailler".

Bernadette Chirac a déclaré jeudi 5 avril au soir que Nicolas Sarkozy était "le meilleur pour relever les défis de la France de demain", à l'issue d'une réunion publique du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, à Lyon.

"Si je suis là, c'est évidemment parce que je le soutiens", a dit l'épouse du président Jacques Chirac à la presse avant de repartir à Paris dans l'avion de l'ex-ministre de l'Intérieur.

"Je pense que Nicolas Sarkozy est le meilleur pour relever les défis de la France de demain, pour porter les espérances de la France de demain. Et donc je fais tout ce que je peux pour l'aider à gagner", a-t-elle ajouté. "Ensemble, on peut gagner."

Priée de dire si elle voyait Nicolas Sarkozy élu le 6 mai prochain, elle a répondu, après une fraction de seconde d'hésitation : "Oui, oui, mais il faut travailler."

"Rassemblement de toute une famille"

Plus que le discours du candidat, qui s'en est pris à "la bonne conscience de gauche" devant environ 15.000 personnes, à Eurexpo, en banlieue lyonnaise, c'est la présence symbolique de Bernadette Chirac qui a constitué l'événement de cette soirée.

Sa venue est "l'image du rassemblement de toute une famille (...) C'est un témoignage d'amitié qui me touche beaucoup", a déclaré Nicolas Sarkozy quelques heures avant le meeting.

Le candidat de l'UMP à l'Elysée a fait son entrée dans le hall d'Eurexpo aux côtés de l'épouse du chef de l'Etat, vêtue d'un tailleur noir et d'un col roulé beige. Ils ont fendu la foule en distribuant sourires et poignées de mains.

Au pied de la tribune, Nicolas Sarkozy a saisi la main de Bernadette Chirac pour la brandir au dessus de leurs têtes. Une scène que le public n'a pu voir que par l'intermédiaire d'écrans géants. Puis, l'épouse de Jacques Chirac s'est assise au premier rang, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement.

"Trait d'union"

Nicolas Sarkozy a rendu un vibrant hommage à l'épouse du Président, au début de son discours.

"Je voudrais dire à Bernadette Chirac que, pour nous deux, c'est une forme d'aboutissement", a-t-il lancé. "Jamais je n'ai perdu votre confiance, toujours, nous nous sommes parlé et si aujourd'hui la famille est réunie, c'est parce que, Madame, au moment où ça a été moins cinq, vous avez su être un trait d'union. Cette unité de la famille, je veux vous la dédier."

Nicolas Sarkozy qui avait choisi en 1995 de soutenir la candidature d'Edouard Balladur à la présidentielle plutôt que celle de Jacques Chirac a eu, ces douze dernières années, des relations houleuses avec le chef de l'Etat.

Dans un court message, Jacques Chirac a cependant annoncé le mois dernier qu'il apportait son soutien et son vote à son ancien ministre de l'Intérieur.

Bernadette Chirac a déclaré être venue à Lyon avec l'accord du chef de l'Etat : "Sans son accord, je ne serais pas venue. Il m'a absolument encouragée à venir partager cette réunion très importante", a-t-elle déclaré.

Côte à côte à la tribune

Elle a rappelé qu'elle avait rencontré "régulièrement" Nicolas Sarkozy quand il était au gouvernement et affirmé qu'elle avait "toujours été très heureuse de converser avec lui" de "choses très importantes".

"Il me parlait de son programme, de ses combats et moi j'essayais de lui donner de l'écoute", a-t-elle ajouté. "C'est très important pour un homme politique important d'avoir de l'écoute, et peut-être un tout petit peu de la part de l'épouse du chef de l'Etat."

Interrogée sur la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de "rupture" avec les politiques du passé, Bernadette Chirac s'est montrée pleine de compréhension pour le candidat de l'UMP.

"Chaque époque a sa propre vision, le monde change, chaque époque envisage son programme", a-t-elle dit. "Il est normal qu'un futur président de la République ait son programme. Mais je n'ai jamais observé que Nicolas Sarkozy soit en contradiction ou en opposition avec les initiatives ou les programmes que mon mari a initiés pendant ses douze ans de présidence."

A la fin de son discours, Nicolas Sarkozy avait fait monter Bernadette Chirac à la tribune, où ils ont chanté côte à côte la Marseillaise. "Il y a une forte émotion chez moi ce soir. J'essaye d'être pudique, de ne pas la montrer", confiait peu après Bernadette Chirac. "Je suis très heureuse d'être là ce soir auprès de Nicolas Sarkozy, c'est très important pour la France."

Priée de dire si elle participerait à d'autres réunions publiques du candidat de l'UMP, elle a répondu : "Peut-être, s'il me le demande." (Reuters)
NOUVELOBS.COM | 06.04.2007 | 13:53

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jeudi 3 mai 2007, 19h43 Merkel fait ses adieux à Chirac: "Vive l'amitié franco-allemande" Par Michel LECLERCQ, Yahoo.fr, actualités

BERLIN (AFP) - Jacques Chirac et la chancelière allemande Angela Merkel ont réaffirmé jeudi à Berlin la force du lien franco-allemand, à l'occasion de la dernière visite en Allemagne du président français, qui doit quitter le pouvoir dans moins de deux semaines.

A son arrivée à la chancellerie, Jacques Chirac a embrassé Mme Merkel sur les joues, avant de lui faire un double baise-main. Puis les deux dirigeants ont passé en revue dans la cour d'honneur de la chancellerie un détachement de la brigade franco-allemande, qui les a accueillis en musique, au son de "En passant par la Lorraine".

Bras dessus, bras dessous, ils ont ostensiblement manifesté leur connivence, n'hésitant pas à se tutoyer lors de leurs allocutions.

Le président français a réservé à Mme Merkel son dernier déplacement à l'étranger, à trois jours du second tour de l'élection présidentielle qui doit désigner son successeur à l'Elysée.

Le candidat de l'UMP (droite) Nicolas Sarkozy est le favori de tous les sondages face à son adversaire socialiste Ségolène Royal.

Jacques Chirac a lancé une forme d'avertissement à son successeur: la relation franco-allemande est "une extraordinaire réussite". "Nous devons prendre grand soin de la conforter en permanence", a-t-il dit.

Les deux candidats à l'Elysée ont à peine évoqué l'Europe et l'importance du lien franco-allemand lors de leur débat télévisé mercredi soir. Mais ils ont tous deux fait le voyage de Berlin pour rencontrer Mme Merkel.

Le président français sortant a appelé les deux pays à avoir "beaucoup d'ambition", citant la réforme des institutions européennes, l'écologie, l'énergie, le développement des pays pauvres ainsi que le modèle social européen.

"Tout cela, nous le ferons ensemble ou cela ne sera pas bien fait", a-t-il dit.

Mme Merkel l'a remercié pour "les longues années de coopération". "Quand il s'est agi d'instants décisifs, tu as toujours eu le souci d'unir nos forces dans l'intérêt de l'unification européenne", a déclaré Mme Merkel.

Elle a rappelé que M. Chirac avait été le premier chef d'Etat étranger, en juin 2000, à s'exprimer devant les députés allemands réunis dans le bâtiment historique du Reichstag.

"Le fait que nous t'accueillons ici, au siège du gouvernement allemand, en cette Allemagne réunifiée, cela n'aurait pas été possible sans cette amitié franco-allemande", a-t-elle assuré.

La chancelière a conclu son allocution par un "Vive l'amitié franco-allemande!" prononcé en français.

"Chère Angela, c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai répondu à ton invitation", lui a répondu M. Chirac. "Que mon dernier voyage officiel ait été en Allemagne est pour moi très important et symbolique".

M. Chirac, qui a tenu à venir à Berlin alors que cette visite n'était pas initialement programmée, s'est rendu 32 fois en Allemagne depuis son élection en 1995.

Le chef de l'Etat français a dû traiter avec trois chanceliers successifs, Helmut Kohl pendant trois ans, puis Gerhard Schröder avec lequel il a entretenu pendant sept ans des liens étroits et confiants après un début difficile, et enfin Angela Merkel depuis 18 mois.

Mme Merkel et M. Chirac ont eu ensuite un entretien qui devait être suivi d'un dîner, avec un menu typiquement allemand: jarret de porc, purée de pois, arrosé de bière dont Jacques Chirac est grand amateur.

Pour cette dernière visite, Angela Merkel a offert à son hôte un rosier provenant du jardin rhénan de l'ancien chancelier Konrad Adenauer, initiateur avec le général De Gaulle de la réconciliation franco-allemande.
jeudi 3 mai 2007, 19h43, Par Michel LECLERCQ, Yahoo.fr, actualités

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mercredi 16 mai 2007, 12h12 Jacques Chirac a quitté l'Elysée

PARIS (AP) - Jacques Chirac a quitté mercredi à 11h37 le Palais de l'Elysée après avoir transmis ses pouvoirs à son successeur Nicolas Sarkozy.

A l'issue d'un entretien d'une demi-heure, le nouveau président a raccompagné son prédécesseur jusqu'à sa voiture. Les deux hommes se sont longuement serré la main dans la cour, sous les applaudissements du personnel de l'Elysée. M. Sarkozy a fait un salut de la main à M. Chirac quand ce dernier a quitté le palais à bord de sa Citroën C6, mettant un point final à ses 12 années de présidence.

La foule rassemblée devant l'Elysée l'a vivement applaudi à son départ, scandant "Chirac! Chirac!" Trois quarts d'heure avant, l'arrivée du nouveau président avait été accueillie par de nombreux applaudissements et de rares sifflets. Quelques badauds ont entonné une "Marseillaise".

Dès l'entrée de Nicolas Sarkozy dans la cour du palais, plusieurs personnes avaient quitté les lieux, n'attendant même pas le départ de Jacques Chirac.

L'ancien président devait se rendre dans son appartement provisoire du Quai Voltaire, dans le VIIe arrondissement, prêté par la famille de son ami feu le Premier ministre libanais Rafic Hariri, et prendre ensuite quelques jours de vacances au Maroc. AP

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Ce que Materazzi a vraiment dit à Zidane !

Après plus d'un an de spéculations, le joueur italien a révélé à un magazine transalpin la fameuse insulte proférée à l'encontre de la famille de Zizou... Plus d'un an après les faits, Materazzi assure qu'il "a cherché à comprendre ses erreurs, certains excès du passé".
A.C. - le 18/08/2007 - 16h18

De nombreux spécialistes de lecture labiale se sont penchés sur la question, et il existe autant de versions que de spécialistes.
Dans le secret des dieux, seules deux personnes connaissaient la vérité jusqu'à présent : Marco Materazzi et Zinedine Zidane. Le 9 juillet au soir, en pleine finale de coupe du monde, le joueur italien insulte le capitaine de la sélection française.
S'en suit le fameux coup de boule, l'expulsion, la défaite d'un côté, la joie de l'autre et le malaise un peu partout : car le clou de la soirée, l'insulte proférée par le joueur demeurait secrète depuis un an et 9 jours.

Zinedine Zidane s'est toujours refusé à la révéler, préférant tourner autour du pot et indiquer que les propos qui l'avaient visé "étaient des choses très personnelles" et touchaient "à la maman, à la soeur".

Zidane avait donc bien entendu, car la phrase, la voici : "Je préfère ta putain de soeur".

Le défenseur italien a finalement avoué, dans un entretien à paraître lundi dans l'hebdomadaire italien TV Sorrisi e Canzoni. Selon l'agence italienne Ansa, l'hebdomadaire a rendu la chose publique pour mettre fin aux spéculations et notamment aux soupçons de propos de nature raciste.
Pour TV Sorrisi e Canzoni, les lecteurs vont enfin pouvoir se rendre compte que les deux protagonistes ont eu tort : l'un avec son insulte, l'autre avec son coup de tête.

Peu après la finale, Materazzi avait déclaré : "J'ai tenu son maillot pendant quelques secondes seulement, il (Zidane) s'est tourné vers moi, il m'a parlé en raillant, il m'a regardé avec super arrogance, de haut en bas: 'si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après'.

Je lui ai répondu avec une insulte, c'est vrai". Et cette insulte était donc..."Je préfère ta putain de soeur". Plus d'un an après les faits, Materazzi assure également à l'hebdomadaire qu'il "a cherché à comprendre ses erreurs, certains excès du passé". "J'ai demandé pardon et je suis plus mûr", conclut-il.

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Le Conseil constitutionnel valide les tests ADN
Reuters - Jeudi 15 novembre, 18h16PARIS (Reuters) -

Le Conseil constitutionnel a validé jeudi la quasi-totalité de la loi sur l'immigration dont, sous certaines réserves, le dispositif relatif à l'usage de tests ADN dans le cadre du regroupement familial.

Le Conseil, où siégeait pour la première fois l'ancien président Jacques Chirac, aux côtés d'un autre ex-locataire de l'Elysée, Valéry Giscard d'Estaing, a en revanche censuré l'article autorisant les statistiques ethniques.

"Les réserves d'interprétation formulées par le Conseil constitutionnel rejoignent les préoccupations du gouvernement, qui s'est efforcé tout au long de la procédure législative d'encadrer le dispositif en prévoyant son caractère facultatif, gratuit", relève le Premier ministre, François Fillon, dans un communiqué.

Les groupes de gauche de l'Assemblée nationale ainsi que François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), avaient saisi le Conseil constitutionnel le 25 octobre sur ce texte présenté par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, et que le Parlement avait adopté le 23 octobre. Le recours visait principalement les articles 13 et 63 du texte.

L'article 13, vivement contesté par la gauche, les associations de défense des droits de l'homme mais aussi par certains élus de droite et du centre, introduit le recours aux tests génétiques dans le cadre du regroupement familial.

Dans son arrêt, le Conseil constitutionnel "a relevé qu'en posant ces règles, le législateur n'a pas entendu appliquer aux étrangers le droit français de la filiation. Il n'a pas dérogé aux règles du droit international privé posées par le code civil".

"Ainsi la filiation de l'enfant étranger reste en principe soumise à la loi personnelle de la mère étrangère. Le Conseil a jugé que la loi déférée n'avait ni pour objet ni pour effet de créer un droit spécial réservé aux étrangers, tant quant à l'établissement du lien de filiation qu'à sa preuve", ajoute le Conseil.

L'ADN PAS CONTRAIRE AUX PRINCIPES D'EGALITE

"Tous les modes de preuve reconnus par la loi personnelle de la mère étrangère pourront donc être utilisés. En particulier, l'article 13 n'est pas applicable à la filiation adoptive qui continuera à se prouver par la production d'un jugement", dit encore le Conseil constitutionnel.

"Sous ces réserves, qui assurent l'égalité entre tous les modes d'établissement de la filiation, la loi ne pose pas de distinctions relatives à l'état des personnes contraires au principe d'égalité", note le Conseil.

Le député UMP Thierry Mariani avait déposé un amendement qui, sous le flot des critiques, a été sous-amendé à l'Assemblée nationale puis au Sénat avec l'accord du gouvernement.

Thierry Mariani a fait part de sa satisfaction après la décision du Conseil. "J'en suis très satisfait parce que finalement cinq mois après son élection, les engagements de Nicolas Sarkozy sont tenus", a-t-il dit.

"Sur l'ADN, il y a quelques mois on nous expliquait que c'était liberticide, fasciste, dangereux etc. Aujourd'hui, c'est validé par le Conseil constitutionnel donc je pense que tous ceux qui m'ont insulté pendant des semaines devraient un peu faire preuve d'humilité", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux, s'est lui aussi réjoui dans un communiqué de cette décision qui, à ses yeux, "confirme que la nouvelle loi respecte pleinement les libertés publiques et les principes fondamentaux de notre République".

Les "sages" de la rue Montpensier ont en revanche estimé contraire à la Constitution l'article 63 de la loi relatif aux statistiques ethniques.

Le Conseil note que l'article incriminé ne prend pas en compte l'article 1er de la Constitution sur le refus de la distinction des citoyens selon leur sexe ou leur religion.

En outre, souligne l'arrêt, "l'amendement dont est issu l'article 63 était dépourvu de tout lien avec la loi déférée qui ne comportait à l'origine que des dispositions liées à l'entrée et au séjour des étrangers en France".

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a exprimé pour sa part son "immense déception" et son "soulagement".

Le Mrap se dit déçu de la position du Conseil au sujet de l'amendement ADN, mais "salue la décision ne permettant pas le recours aux statistiques ethniques".

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la-Croix.com, 21.11.2007, 18.00, Solenn DE ROYER Jacques Chirac mis en examen pour «détournement de fonds publics»
Jacques Chirac est le premier ancien président de la République à être mis en examen

L’étau judiciaire se resserre autour de Jacques Chirac, qui fêtera ses 75 ans le 29 novembre. L’ancien président, qui était entendu mercredi matin par un juge du pôle financier du palais de justice de Paris, a été mis en examen pour « détournement de fonds publics » dans le cadre de l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris, du temps où il était maire de la capitale. Un cas judiciaire sans précédent pour un ancien président de la République française.

La juge financière, Xavière Simonei, qui a entendu l’ancien président pendant trois heures mercredi, a considéré que des « indices graves et concordants » pèsent sur lui dans cette affaire d’emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris – avant 1995 – au bénéfice de proches du RPR.

La magistrate instruit ce dossier depuis 1999. Une vingtaine de personnes sont mises en examen dans le même dossier, soit pour avoir bénéficié d’un emploi présumé fictif au cabinet du maire de Paris, soit pour avoir fourni un ou plusieurs de ces emplois. Parmi les bénéficiaires présumés de ceux-ci, se trouvent la femme de l’ancien ministre Hervé de Charette, François Debré, le frère de Jean-Louis Debré, ou encore l’ancien maire RPR de Tulle (Corrèze), Raymond-Max Aubert.

"Les choses inexactes, souvent caricaturales, ont été dites"

L’ancien député de Paris Jean de Gaulle est mis en examen dans le même dossier pour avoir bénéficié d’une assistante en 1990 et 1991, ainsi que Marc Blondel, alors secrétaire général du syndicat Force ouvrière (FO), pour un garde du corps payé par la Ville. Cette affaire a également valu à Alain Juppé, ancien adjoint aux finances de la Ville, d’être entendu comme simple témoin, le 15 mai dernier, par les policiers de Nanterre.

Dans une tribune publiée jeudi par le quotidien Le Monde, Jacques Chirac donne sa version des faits. L’ancien chef de l’État entend « rétablir la vérité » après « les choses inexactes, souvent caricaturales, parfois outrancières qui ont été dites sur ce sujet », écrit-il. L’ancien maire de Paris explique avoir « souhaité et autorisé » ces recrutements, car ils étaient « légitimes autant que nécessaires », ajoutant que ces derniers avaient été autorisés par le conseil municipal de Paris.

Jacques Chirac assure que « jamais les moyens de la Ville n’ont été mis au service d’autres ambitions que d’agir pour les Parisiennes et les Parisiens ». Il souligne que « sur les 40 000 agents de la Ville de Paris, il ne s’agit que d’une vingtaine de contrats qui sont contestés, d’une durée parfois courte, répartis sur une période de dix-huit ans ».

"Aucun enrichissement personnel" ne lui est reproché

Mercredi, devant la juge du pôle financier, Jacques Chirac aurait expliqué que « ces chargés de mission, c’est-à-dire les emplois contractuels à durée déterminée, étaient probablement plus avantageux pour la mairie que l’idée de recruter des fonctionnaires qui ont un statut protégé, un emploi à long terme, pour un coût infiniment plus imposant que celui des chargés de mission », a fait valoir le conseil de l’ancien président, Me Jean Veil, à l’issue de l’audition de son client.

L’avocat a souligné qu’« aucun enrichissement personnel » n’était reproché à l’ancien président, dont la mise en examen n’est assortie d’aucun contrôle judiciaire, ni d’aucune caution – d’après une source judiciaire, citée par l’AFP. Selon son avocat, Jacques Chirac n’a pas été entendu mercredi sur les chargés de mission à proprement parler, mais sur l’organisation générale de la mairie de Paris et « l’organigramme des responsabilités des uns et des autres ».

Me Jean Veil a indiqué que Jacques Chirac « s’efforcera (NDLR : à l’occasion de ses prochaines auditions au pôle financier) de répondre à toutes les questions en ce qui concerne chacun des emplois ». Et « ils sont peu nombreux au regard de ce qu’on avait évoqué dans un premier temps », a ajouté l’avocat. Un système de financement occulte mis en place dès 1977

Depuis son élection à la présidence de la République, en 1995, Jacques Chirac, qui est visé par plusieurs affaires judiciaires concernant le RPR et la mairie de Paris, ses anciennes places fortes historiques, s’était retranché derrière son immunité présidentielle. Redevenu un justiciable ordinaire, en vertu de l’article 67 de la Constitution, il a déjà été entendu le 19 juillet dernier comme témoin assisté dans une autre affaire, celle des emplois fictifs au profit du RPR.

Instruit à Nanterre, ce dossier a fait l’objet d’une disjonction pour les faits susceptibles d’être reprochés à l’ancien président. L’affaire avait donc prospéré sans lui, bien que l’ombre de l’ancien chef de file du RPR n’ait cessé de planer sur l’instruction et les deux procès de Nanterre (2004) et Versailles (2004). Il y a été démontré l’existence d’un système de financement occulte du parti gaulliste, mis en place dès 1977 et amplifié par les échecs électoraux de la droite, en 1981 et 1988. Un système qui faisait prendre en charge des permanents du parti par des entreprises privées de la mairie de Paris.

Après de longues années d’instruction, 26 personnes, dont Alain Juppé, alors secrétaire général du parti, avait dû répondre des délits d’abus de biens sociaux et de prise illégale d’intérêt pour une vingtaine d’emplois fictifs entre 1989 et 1994. Il avait été condamné en 2004 à une peine de prison avec sursis et d’inéligibilité. Une peine réduite en appel, à Versailles.
Solenn DE ROYER

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Frédéric Gerschel (avec Azzedine Ahmed-Chaouch, Nathalie Segaunes et Rosalie Luc Le Parisien , lundi 09 juin 2008
La nouvelle vie de Chirac après l'Elysée

L'ancien président de la République inaugure aujourd'hui, au musée du Quai Branly à Paris, sa Fondation pour l'écologie et la protection des civilisations. Notre journal a voulu savoir comment vit l'homme qui a quitté l'Elysée il y a un an.

ON AURAIT PU l'imaginer dans le rôle du Sage un peu aigri, profitant de sa retraite pour commenter les aléas de la vie politique, accorder bons et mauvais points à son successeur et à ses ministres, ou répliquer aux attaques dont il fait parfois l'objet.

Mais depuis un an, Jacques Chirac s'est fixé une règle de conduite à laquelle - pour l'heure - il ne déroge pas. Une ligne que son ancien ministre de l'Agriculture Christian Jacob résume ainsi : « Les petites phrases, ça ne l'amuse plus. Il a peu goûté le fait que ses prédécesseurs fassent des commentaires sur sa propre présidence pour en faire à son tour. Il est vraiment passé à autre chose. »

Autre chose, c'est la fondation que l'ancien chef de l'Etat lance aujourd'hui en grande pompe au musée des Arts premiers, quai Branly à Paris, rive gauche. Avec comme priorités le financement de projets pour lutter contre la déforestation et la désertification, la protection des langues et des cultures menacées (lire en page 9) .

L'ancien président, qui prononcera un discours vers 11 heures, sera entouré de personnalités de renom, comme l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, les Prix Nobel de la paix Rajendra Pachauri et Rigoberta Menchú ou encore l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, tous membres du comité d'honneur de sa fondation. Un site Internet vient d'être lancé (Fondationchirac.eu) et le programme de ses prochains voyages à l'étranger est déjà chargé : Russie, Sénégal, Mali, Bénin, Chine, Japon, Inde.

Incollable sur les ethnies africaines

Et sinon ? Comment vit Jacques Chirac depuis qu'il a quitté le pouvoir ? Que fait-il de ses journées ? « Il travaille, travaille et travaille encore, assure-t-on dans son entourage. Il a rencontré beaucoup de monde pour sa fondation. Comme par exemple Jean-Pierre Blanc, patron des cafés Malongo, marque engagée dans le commerce équitable. Il reçoit des intellectuels et des artistes, a invité des peintres chinois.

Il est devenu incollable sur certains sujets, comme les ethnies africaines. Enfin, il entretient toujours des relations avec certains chefs d'Etat et de gouvernement, tels Vladimir Poutine ou José Luis Zapatero. »

Levé tôt, l'ex-président écoute la radio (avec une préférence pour RTL et Europe 1), survole les quotidiens et regarde la chaîne LCI en boucle. Comme ils le faisaient à l'Elysée, ses collaborateurs continuent de lui fournir une sélection de dépêches AFP sur tous les grands sujets d'actualité.

Quai Voltaire, où il habite avec son épouse Bernadette, les badauds le croisent parfois en compagnie de son bichon maltais, Sumo. Flânant devant les boutiques des antiquaires ou se promenant dans le quartier, les mains dans les poches. Chaleureux, même s'il conserve toujours une certaine réserve. « Lorsque je le rencontre dans les escaliers, il est entouré de gardes du corps et n'a pas vraiment le temps de s'attarder », regrette un voisin qui habite au dernier étage du 3, quai Voltaire.

Vers midi, il n'est pas rare de le voir prendre un petit verre de cidre au Concorde, une brasserie du boulevard Saint-Germain, avant de rentrer chez lui pour déjeuner. A pied, Chirac se rend aussi à l'Assemblée nationale. Pas pour assister aux séances des questions au gouvernement, mais... pour se faire couper les cheveux. « C'est devenu un habitué du salon de coiffure. On l'a encore vu mardi matin », témoigne un fonctionnaire du Palais-Bourbon.

Echanges de piques avec Giscard

Au Conseil constitutionnel, où il siège depuis quelques mois, Chirac retrouve un autre Sage : Valéry Giscard d'Estaing. Les deux anciens présidents, qui ne se sont jamais appréciés, échangent souvent une ou deux piques en se surveillant du coin de l'oeil.

Dans quelques jours, l'ex-chef de l'Etat, qui a déjeuné la semaine dernière avec Nicolas Sarkozy, emménagera dans les locaux officiels de sa fondation : 150 m2 loués au 14, rue d'Anjou (VIIIe arrondissement). A deux pas de la rue du Faubourg-Saint-Honoré... et du palais de l'Elysée. Un brin de nostalgie, peut-être.

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mardi 10 juin 2008 : AFP Un an après, Chirac lance sa fondation Jacques Chirac arrivant, hier, avec les membres de sa fondation, au musée du quai Branly. À sa droite, Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la paix.

Avec le soutien de nombreuses personnalités, l'ancien Président va oeuvrer pour le développement durable et le dialogue des cultures. Chirac retraité ? Impossible, disaient les uns. « Qu'allez-vous faire après quarante ans de vie politique ? », lui demandaient les autres. Michel Drucker lui posa la question, un dimanche de février 2007. Jacques Chirac donna cette réponse, un brin énigmatique. « Il y a une vie après la politique, jusqu'à la mort. »

Depuis son départ de l'Élysée, il y a un an, on l'a, en fait, peu vu. Une apparition (remarquée) au Salon de l'agriculture. Un entretien, plus récemment, avec Poutine. Un déjeuner avec Sarkozy. Rien de plus. Une discrétion voulue. Conditionnée aussi par quelques pépins de santé.

Mais, depuis hier, on en sait davantage sur ce qui fait bouger Chirac à 75 ans. La fondation qui porte son nom était présentée en grande pompe au musée des Arts premiers du quai Branly. Animée par Michel Camdessus, ancien patron du FMI, elle se propose d'oeuvrer pour la paix, le développement durable et le dialogue des cultures.

Un comité très international

Autour de Chirac, un comité d'honneur très international était réuni : Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'Onu ; Bronislaw Geremek, ancien ministre polonais des Affaires étrangères ; Rigoberta Menchu, la Guatémaltèque, Prix Nobel de la paix ; Muhammad Yunus, autre Nobel de la paix, etc. Et puis de nombreux politiques, une quinzaine de ministres et la chiraquie au grand complet. Ils ont pu commenter le passage, rapide, mais significatif, de Nicolas Sarkozy venu saluer son prédécesseur. Inhabituel.

Manifestement ravi de retrouver les projecteurs, Chirac a expliqué les raisons d'être de sa fondation. La planète, selon lui, court un triple danger : l'uniformisation de ses cultures, la destruction de son environnement, le scandale de la pauvreté. « Biodiversité et diversité culturelle sont liées », dit-il.

La fondation, dotée d'un million d'euros, entend ainsi oeuvrer pour favoriser l'accès aux médicaments et à l'eau, pour lutter contre la déforestation et la désertification, et soutenir le dialogue des cultures. Ce dernier point est sans doute le plus authentiquement chiraquien. « Il faut remettre la culture et la diversité des cultures au coeur même du projet de l'humanité », a déclaré Chirac. Les esprits malins y verront une transposition planétaire de la « fracture sociale », sans devoir d'inventaire.

Passionné de cultures lointaines, Chirac plaide pour une autre vision. L'ennemi, selon lui, ce sont les crispations identitaires et les rejets xénophobes. Qu'un tel parterre le réaffirme si solennellement n'est pas inutile.
Laurent MARCHAND

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Pasqua corrèle ses "ennuis judiciaires" à ses ambitions présidentielles LEMONDE.FR avec Reuters | 28.10.09 | 10h47 • Mis à jour le 28.10.09 | 12h05

Charles Pasqua a implicitement accusé, mercredi 28 octobre, l'ancien président Jacques Chirac d'être à l'origine de ses ennuis judiciaires, au lendemain de sa condamnation dans le procès de l'Angolagate.

L'ancien ministre de l'intérieur a réitéré sa demande de levée du secret-défense sur les ventes d'armes, seul moyen à ses yeux de faire taire les "ragots" courant sur son compte.

"Mes ennuis judiciaires ont commencé en 2000. C'est-à-dire au moment même où je dis : 'Eventuellement, je serais candidat contre Jacques Chirac.' Depuis, un certain nombre d'informations judiciaires ont été ouvertes contre moi, toujours par le même magistrat", a expliqué Charles Pasqua sur RTL. "Je ne dis pas que je suis victime d'une vengeance de la part de Jacques Chirac, je ne suis pas très malin, alors je regarde et les coïncidences me frappent", a-t-il argumenté.

"CLARIFIER LES CHOSES"

L'ex-ministre de l'intérieur a été condamné mardi à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d'amende pour "recel d'abus de biens sociaux" et "trafic d'influence". Il lui est reproché d'avoir perçu 225 000 euros pour son association France-Afrique-Orient en échange de l'attribution de l'Ordre national du mérite à l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak, l'un des principaux protagonistes du trafic vers l'Angola. "Beaucoup d'argent, dit-on, a circulé à l'occasion de ventes d'armes et de matériel divers. Les gens sont méchants et il y a beaucoup de commentaires et de ragots donc il vaut mieux que ce soit clarifié", a dit Charles Pasqua, réclamant à nouveau la levée du secret-défense dans cette affaire mais pas seulement.

"Je considère que la République a intérêt à clarifier les choses, à faire le ménage", a-t-il ajouté, soulignant n'avoir "peur de rien". "La prison ? Nous verrons bien, nous n'en sommes pas encore là. J'ai ma conscience pour moi et je considère que ce procès a été mené de manière injuste, anormale, donc j'utiliserai toutes les voies de droit", a-t-il insisté. "Je ne m'arrêterai jamais jusqu'à ce qu'on me rende justice", a prévenu Charles Pasqua.

L'Elysée était bien au courant "au plus tard à la fin de l'année 1995" de l'existence d'un trafic d'armes vers l'Angola comme l'a affirmé mardi soir M. Pasqua, relève le jugement du tribunal correctionnel de Paris. "Le président de la République [de l'époque, NDLR] était au courant de l'affaire de ventes d'armes à l'Angola, le premier ministre était au courant, la plupart des ministres aussi (...) je crois que le moment est venu de mettre les choses au clair", a déclaré le sénateur Charles Pasqua sur France 2. Dans son jugement rendu mardi, le tribunal va dans le même sens et dénonce "l'incurie" des autorités, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.

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Publié le 04/11/2009 à 19:26 - Modifié le 05/11/2009 à 10:26 Le Point.fr JUSTICE Jacques Chirac : "Je n'ai rien à me reprocher" sur l'affaire des chargés de mission

Le parquet de Paris a indiqué qu'il ne fait pas appel de l'ordonnance de Xavière Simeoni prévoyant de renvoyer Jacques Chirac devant la justice Vos outils

Jacques Chirac a réagi mercredi sur Europe 1 à la décision de la juge Xavière Simeoni de le renvoyer devant la justice. "J'ai simplement pris acte de sa décision même si, naturellement, je conteste ses analyses ou son analyse", a dit l'ancien chef de l'État.

"J'irai tout naturellement, comme tout citoyen a le devoir de le faire, m'expliquer devant le tribunal et ceci, croyez-le bien, avec sérénité et détermination, car je n'ai rien à me reprocher."

Xavière Simeoni a ordonné son renvoi devant le tribunal correctionnel le 30 octobre dernier pour "21 supposés emplois fictifs" payés par le cabinet du maire de Paris entre 1983 et 1998, soit du début du deuxième mandat de Jacques Chirac à la mairie aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.
La juge a toutefois prononcé un non-lieu concernant le chef d'accusation pour "faux en écriture publique".

Alors que le parquet de Paris, qui avait requis un non-lieu général dans l'affaire , a fait savoir après l'enregistrement de l'interview qu'il ne faisait pas appel du renvoi de Jacques Chirac, ce dernier a de toute façon précisé au micro d'Europe 1 qu'il souhaitait que personne ne fasse un "appel quelconque" : "Je suis prêt à m'expliquer devant la justice de mon pays, c'est tout à fait naturel, comme tout citoyen, et que le procès tarde le moins possible, autant que c'est possible avec la justice."

Alors qu'il s'apprête à promouvoir ses mémoires, Chaque pas doit être un but (Éditions Nils), dont les bonnes feuilles sont publiées dans Le Point de cette semaine, Jacques Chirac promet de ne demander "ni clémence ni indulgence", estimant que ce serait tout à fait "hors de question et de propos s'agissant de la justice" de son pays.

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lefigaro.fr Chirac/Hollande: Boutin "mal à l'aise" AFP 14/06/2011 | Mise à jour : 21:14

La présidente du Parti Chrétien-démocrate (PCD) et ex-ministre Christine Boutin a déclaré qu'elle se sentait "mal à l'aise" face aux propos de Jacques Chirac sur François Hollande et qu'elle ne trouvait "pas cela drôle du tout". "Si c'est une personne âgée, je trouve que le respect que l'on doit à l'ancien président de la République fait qu'on ne peut qu'avoir de la compassion", a déclaré Mme Boutin sur BFM.

"Si c'est une boutade voulue, je trouve qu'elle est quand même de mauvais goût", a ajouté l'ex-ministre du Logement de Nicolas Sarkozy. "Si c'est véritablement le choix du président, qu'il l'assume complètement", a-t-elle conclu. "Dans ces trois hypothèses, je trouve qu'on est mal à l'aise. Je ne trouve pas cela drôle du tout", a-t-elle dit, estimant "plausibles" les trois hypothèses formulées par une journaliste.

Samedi, en visitant à Sarran (Corrèze) le musée qui lui est consacré, accompagné de François Hollande, Jacques Chirac avait lancé: "Je vais voter pour lui (M. Hollande), sauf si Juppé se présente". L'ex-président a ensuite affirmé qu'il s'agissait de "l'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date".

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