31 juillet 2010. Attaque le maire de Grenoble qui conteste la guerre que voudrait livrer N.S. à la délinquance, notamment après les émeutes de Grenoble ...
27 février 2010. Remis gracieusement et "Conseiller bénévole" de Brice Hortefeux
Jugement n° 7579 du 16 novembre 1995 Tribunal Correctionnel de Lyon
Alain Carignon

Décembre 2007 : 1993, Cavada coache l'ami de Nicolas Sarkozy : Jean-Marie Cavada dément, et Le Point maintient ...
Mai/Juin 2007 : Carignon veut sa revanche ; soutenu par BHL (conseiller discret de Ségolène Royal) ; 21,45 % au 1er tour ; battu au deuxième tour (36,97)
Septembre 2006 : Alain Carignon le dit :"Sarkozy, c'est la France en forme"
Juillet 2006 : Cour d'appel de Grenoble, un arrêt tardif
Octobre 2005 : Candidat en 2007 ?
Septembre 2005 : L'e-démocratie d'Alain Carignon
Novembre 2004 : Alain à fond pour Nicolas
Juin 2004 : Alain Carignon soutenu par son ami Nicolas Sarkozy, qui soutient également son ami Balkany
Avril 2003 : Le retour toujours
Octobre 2002 : confirmation
Septembre 2002 : Carignon, le retour ?

Avril 2001 : Carignon juge les juges
Alain Carignon : " Les juges servent l'ordre établi », Le Parisien Dimanche, 8 avril 2001, p. 5. Propos recueillis par Henri Vernet et Dominique de Montvallon.

QU'A-T-IL RETENU de la semaine écoulée ? Chaque semaine, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui, Alain Carignon, 52 ans, ancien ministre, ancien député et maire (RPR) de Grenoble. Il avait été condamné en 1996 pour « corruption » et a effectué vingt-neuf mois de détention.

Grenoble, pour vous, c'est le passé ?
Alain Carignon.
Non, c'est impossible. Il y a un lien particulier, qui n'a jamais été rompu, entre les Grenoblois et moi. Non seulement nous avons beaucoup travaillé ensemble, mais il ne faut pas confondre la foule et le peuple : la foule aboie, le peuple vote. Médiatiquement, dans toutes les « affaires », on fait parler la foule. Mais, au moment des élections, c'est le peuple qui s'exprime. Et c'est très différent. A Grenoble comme ailleurs.

Vous avez le sentiment d'avoir payé un trop lourd tribut aux affaires ?
Oui. C'est une sorte de tirage au sort. Ce jeu de quilles qui consiste à abattre les politiques est totalement aléatoire : il n'y a pas de rapport entre le poids des affaires et les hommes mis en cause. Il n'y a aucune équité.

Qui est responsable ?
Le pouvoir financier, qui profite de l'affaiblissement de la représentation nationale. D'ailleurs, le peuple ressent bien que le pouvoir a changé de mains. Or, la politique, ce n'est pas seulement administrer les choses. On est là pour changer le monde. Pour rêver ensemble. Malheureusement, le consommateur remplace le citoyen : on l'invite à choisir comme au supermarché les meilleures têtes de gondole.

Quel rôle jouent les juges ?
Ils servent l'ordre établi, comme toujours. Et l'ordre établi, c'est le pouvoir financier. Le courage d'un juge, ce serait de résister à l'opinion, et de ne pas s'en prendre à un homme politique : c'est tellement facile pour être applaudi !

Le non-cumul, c'est un affaiblissement de plus des politiques ?
Bien sûr, tout comme l'idéologie de la transparence et les contrôles permanents. En même temps, plus on empêche les élus d'agir, plus on exige d'eux des résultats. C'est comique. Je ne vois pas pourquoi on applaudit à la fusion Vivendi Universal, alors qu'on trouve incompatible la gestion par le même homme de deux modestes collectivités locales. On marche sur la tête !

Comment comptez-vous retrouver du crédit ?
Avec des objectifs élevés, et une part de rêve, de risque, d'utopie même. Si l'abstentionnisme est devenu si important, c'est parce que les Français savent que voter ne change pas grand-chose. Quand les politiques parlent de Danone ou de Marks & Spencer par exemple, il s'agit, tout le monde le sent, de pures incantations.

Vous êtes pessimiste…
Non. Je crois que le peuple peut retrouver la capacité d'influer sur le cours des choses. De Gaulle n'avait-il pas réussi à rendre sa grandeur à la France au moment précis où notre territoire rétrécissait ?

Qui est capable de ça ?
On disait que, la IV e République, c'était un mauvais système géré par des hommes de talent. J'ai l'impression que la Cinquième devient le contraire.

Vos anciens amis vous fréquentent à nouveau ?
Certains ne m'avaient jamais abandonné. Nicolas Sarkozy, par exemple, un homme de coeur et de courage. Je vois aussi Edouard Balladur ou, à l'Elysée, Dominique de Villepin. Mais je ne vais pas établir une liste. J'ai beaucoup d'amis, à Paris et à Grenoble, et même de plus en plus.

Quand vous voyez les élus Balkany, Strauss-Kahn, Peretti, que vous dites-vous ?
Ce sont des gens qui ont travaillé. Ils en reçoivent la récompense.

Et quand Tapie récupère l'OM ?
Le foot, c'est l'énergie, l'émotion, la foule : cela correspond parfaitement à Tapie. En revanche, s'il vise la mairie, il faudra qu'il tienne. Or la durée, jusque-là, ce n'est pas son truc. Lui, c'est un sprinter.

Vous avez des envies ?
Non. La vie politique nationale, Grenoble, tout cela m'intéresse, bien sûr. Mais je n'ai pas de revanche à prendre. Et puis j'aime le pouvoir pour être utile. Pas pour faire semblant. Bon, s'il y a un jour quelque chose à faire quelque part, là, oui, pourquoi pas ?

Mais quoi au juste ?
Rien en particulier. Pour l'instant, participer au débat d'idées.

Vous donnez raison à Jacques Chirac de ne pas s'être rendu chez le juge Halphen ?
Evidemment ! Ce n'est pas la peine d'avoir un président de la République élu au suffrage universel si n'importe quel juge peut le convoquer à tout moment dans son bureau. Ce serait lui retirer le pouvoir que le peuple lui a confié.

« Chirac en prison », ont crié certains à Caen sur son passage…
Ça recommencera. On fera hurler la foule. Dans une campagne, aujourd'hui, celui qui gagne, hélas, n'est pas le plus fort, mais le moins faible. On est dans la démocratie de l'émotion : la victoire se décidera au dernier moment. Le risque, c'est que le gagnant, à l'arrivée, soit un homme épuisé, au mandat raccourci, au pouvoir incertain. Le climat social vous surprend-il ? Les affaires Danone ou Marks & Spencer ne sont que les dernières manifestations en date de la financiarisation de la planète. Son unification morale, juridique, culturelle, marchande, sur des bases uniquement américaines est la négation de notre liberté de choix, de notre dignité.

« Boycotter Danone, c'est faire semblant d'agir »
Si vous étiez encore maire, vous boycotteriez Danone ?
Non. Ce sont des moulinets avec des sabres de bois. C'est faire semblant d'agir.

Vous avez surmonté le traumatisme de votre emprisonnement ?
Oui, même si cela a été très dur sur le moment. Si je n'ai pas connu de vrai drame dans ma vie, j'ai au moins connu la férocité : cela m'a rendu la vie plus belle, m'a appris à hiérarchiser, et à classer désormais beaucoup de choses dans les simples contrariétés. Au début, en prison, quand je me suis retrouvé dans la cellule qu'avait occupée Klaus Barbie à Lyon, j'ai vécu des semaines difficiles. Mais la mécanique est repartie. J'ai la chance de posséder l'énergie et un bon tempérament. Je travaille à mon compte, je voyage, je fais des rencontres et j'en suis heureux.

------

Carignon : « Je n'exclus rien »

ANCIEN MAIRE de Grenoble, Alain Carignon, qui va retrouver en octobre les droits civiques dont il avait été privé après sa condamnation en 1996 à 5 ans de prison (dont un avec sursis) et 5 ans d'inéligibilité, adhère à l'UMP.

Pourquoi adhérer à l'UMP ?
Alain Carignon : Ce qui compte, c'est l'engagement politique. Le mien date de mon adolescence. Je suis gaulliste depuis toujours et pour toujours. Pour le reste, il s'agit, en retrouvant ma famille politique, d'aider l'opposition locale à prendre un nouveau départ.

Avez vous envie de refaire de la politique ?
On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. Parce que tout change, parce que soi-même on a évolué. Du fait de mon itinéraire tourmenté, qui m'a conduit à connaître à la fois des responsabilités gouvernementales et la condition du prisonnier, j'ai un regard différent, j'ai eu plus de temps que d'autres pour réfléchir. Disons que je peux apporter ma contribution sur un terrain différent : les idées, l'expérience.

Serez-vous candidat un jour à un mandat électif ?
Je n'exclus rien. Mais la question n'est pas d'actualité, et j'ai l'orgueil de penser que ma légitimité à Grenoble n'a pas besoin d'une élection.

Etes-vous d'accord avec l'idée de voir mourir le RPR ?
A 100 %, non. Mais le gaullisme ne se résume ni au RPR ni à l'UMP.

Quel jugement portez-vous sur l'équipe Raffarin ?
Les hommes sont de qualité. Mais ils ne doivent pas craindre d'être impopulaires. Ils ne doivent pas suivre les modes. Ils ne doivent pas avoir peur d'être immodestes parce qu'ils incarnent tout ce qui nous rassemble. Ils doivent savoir prendre de la hauteur et s'éloigner du « terrain », qui est un peu l'incarnation actuelle de « La terre ne ment pas », le slogan de Pétain. Enfin, je souhaite qu'ils soient archaïques car il faut adapter le monde à son projet, et non l'inverse.

L'Irak vous inquiète-t-elle ?
J'appartiens à cette catégorie de Français qui récusent l'uniformisation de la planète sur le modèle américain. En l'état actuel, non seulement les Etats-Unis n'ont pas donné les preuves de ce qu'ils avancent, mais ils établissent la hiérarchie des Etats à combattre. Et ils ne sont pas les mieux placés pour le faire.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon, Le Parisien , lundi 16 septembre 2002, p. 6

------

Carignon rêve de récidive
L'ex-maire de Grenoble recouvre aujourd'hui (28 octobre 2002) ses droits civiques. Masque à peine ses ambitions de retour au pouvoir. Et suscite la crainte, à droite comme à gauche.

A Grenoble, plus personne ne se demande si et quand Alain Carignon va revenir. Mais quelle élection il choisira pour officialiser son retour. L'ancien maire et président RPR du conseil général de l'Isère, condamné à quatre ans de prison et cinq d'inéligibilité pour corruption et abus de biens sociaux, redevient éligi ble ce matin. Et cela ne rassure personne. La gauche n'a pas profité de son absence pour conforter ses positions. Et la droite craint en vrac les règlements de comptes, la concurrence d'un leader et le retour de méthodes condamnées. Pendant son absence, quelques jeunes élus ont tenté de rénover la vie politique du département. Mais leurs critiques s'apaisent à mesure que Carignon se rapproche. Un calme étrange règne.

Couleuvre.
Raymond Avril lier, écologiste grenoblois, traduit ce climat : «C'est comme dans les villages de montagne quand le loup approche. Le silence se fait. Chacun rentre chez lui, pour préparer le fusil.»

Pour l'instant, le loup fait le coquet. Il ne sort pas du bois. «L'idée de mon retour m'échappe, dit-il. Quelque chose se construit hors de moi. On imagine le scénario de ma candidature, et on recherche tous les signes permettant de l'écrire.» Mais ses proches et lui-même se chargent de les distiller. Ainsi l'ancien maire de Grenoble a-t-il repris un appartement dans son ex-canton et se montre-t-il depuis le printemps dans les restaurants fréquentés par les politiques. Sa présence n'échappe à personne. En septembre, il a adhéré à l'UMP. Un déjeuner a d'ail leurs réuni autour de lui cinq des six parlementaires UMP de l'Isère. Tous n'étaient pas enthousiastes, mais un seul, le sénateur Jean Faure, a refusé, préférant avaler sa couleuvre chez lui. Une semaine par mois, il sillonne la ville, rencontre des chefs d'entreprise, participe à des réunions d'appartement, discute avec des éducateurs, des directeurs de maisons de quartier. Il rôde. Que prépare-t-il ? «Les joutes électorales ne me manquent pas. Je peux être utile autrement», affirme-t-il. Personne n'y croit.

«Richard Coeur de Lion».
Ses partisans retissent ses réseaux dans le département. Un cercle «de réflexion, d'analyse et de proposition», présidé par un proche, Henri Baile, invite de «grands témoins» à réfléchir aux dossiers du département. Une association, Demain Grenoble et l'Isère, assure l'intendance. Ces dernières années, ses membres ont savonné les tremplins des successeurs potentiels. «Le chef empêché, on s'est retrouvé avec une légion de hobereaux qui ont cru leur heure arrivée», ricane Michel Tavelle, secrétaire du cercle de réflexion. Mais aucun patron ne s'est dégagé. Et Alain Carignon peut prétendre revenir en sauveur. «Pour nous, s'enflammeÊMichel Tavelle, c'est le retour de Richard Coeur de Lion.»

Mathieu Chamussy, secrétaire départemental du RPR jusqu'en octobre 2001, démis par les amis parisiens de Carignon, a tenté de s'y opposer. Prétendant rénover, avec de jeunes élus, le RPR isérois, il a dû s'incliner. Il reste persuadé que «pour la reconquête de la ville (détenue par le socialiste Michel Destot, ndlr), la candidature d'Alain Carignon est une impasse politique». Mais il prend acte de son adhésion à l'UMP : «Cela permettra d'observer s'il a changé. S'il accepte une vie politique avec plus de démocratie, plus de transparence, plus d'honnêteté.»

Les autres observent en silence. Ceux qui avaient trahi Carignon aux premiers vents mauvais se rapprochent désormais. Un fidèle de l'ancien maire raconte comment certains tentent de faire passer des messages : «C'est trop con, tout ça. Il faudrait arrêter les malentendus.» Un jeune élu explique qu'ils sont «fascinés et tétanisés» à l'idée deÊson retour. Avec lui, ils avaient tout gagné. Puis ils ont tout perdu lorsqu'il leur a légué le champ de ruines.

«Opportunisme».
D'autres élus espèrent contrôler Carignon au sein de l'UMP. Ils se montrent accueillants, mais ceux qui visent le département ­ présidé par le PS André Vallini ­ espèrent qu'il choisira la ville, et ceux qui briguent la mairie prient pour qu'il aille au conseil général. «Il fera en fonction des circonstan ces, pronostique un socialiste du département. Mais il habillera son opportunisme de panache.»

Deux occasions peuvent se présenter rapidement. Une cantonale partielle doit avoir lieu à la fin de l'année ou début 2003, pour remplacer un conseiller général décédé. Le canton, très ancré à droite, permettrait à Carignon de revenir prudemment. Un autre canton pourrait également se libérer, dans le centre de Grenoble. Un conseiller général risque en effet d'y être invalidé. Il a déposé des recours, et les responsables politiques suivent l'affaire avec attention. La droite, bien sûr, mais aussi l'entourage de Michel Destot.

«Rabibochage».
Officiellement, la gauche «regarde tout ça de loin, avec le sourire, selon un proche du maire socialiste. On n'est pas inquiets du tout : la sociologie de Grenoble n'est pas celle de Béthune. C'est une ville intellectuelle, avec un rapport différent à la morale politique.» La gauche grenobloise aura bien besoin de ça. Aux dernières municipales, elle ne l'a emporté que de 840 voix, malgré une droite divisée. Socialistes et écologistes s'étaient affrontés jusqu'à quelques jours avant le second tour. «Le rabibochage tardif a énervé les électeurs», estime-t-on chez Destot. Depuis, les relations se normalisent, «mais on est obligés de dégager en permanence du consensus, ce qui nous enlève de la visibilité», regrette un proche du maire. Le retour d'Alain Carignon achèverait de ressouder les rangs.

L'argument ne console pourtant pas Raymond Avrillier, tombeur d'Alain Carignon dans les années 90. «Il a payé sa faute, judiciairement, il est quitte... Mais l'idée qu'il accepte un nouveau mandat est une limite infranchissable.» L'écologiste rappelle l'arrêt de la cour d'appel, qui reprochait en 1996 à Alain Carignon d'avoir commis «l'acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu». Avrillier secoue la tête : «Malgré cela, les pantoufles attendent dans l'entrée. Carignon est déjà revenu.».
Libération, Par Olivier BERTRAND, lundi 28 octobre 2002, page 14 et 15

-------

(avril 2003) Le grand retour de Carignon EN ISÈRE, les élections internes à l'UMP, qui ont eu lieu samedi, se sont soldées par un véritable triomphe de l'ex-maire RPR de Grenoble, Alain Carignon, naguère pris dans la spirale des affaires et longtemps hors jeu après sa condamnation et la peine de prison qu'il a purgée : ses amis ont, en effet, raflé tous les postes de délégués. Les deux députés UMP Richard Cazenave et Jacques Remilller ont même été battus. Du coup, voilà Carignon en passe de revenir en force en Isère.

Cette victoire a, pour vous, un parfum de revanche...
Alain Carignon. Non. Cette victoire, c'est d'abord celle d'une démocratie interne transparente, comme la souhaitait la direction nationale de l'UMP. Soixante-dix pour cent des 3 200 militants de l'Isère sont venus voter.

Quel est le sens de ce vote ?
Globalement ont été élus tous ceux et toutes celles qui souhaitent le rassemblement dynamique de toutes les sensibilités de l'UMP.

Pour vous, ce n'est vraiment pas une revanche ?
Ce qui s'est produit, c'est un mouvement de fond pour gagner à nouveau à Grenoble et dans l'Isère d'une manière ouverte, novatrice et transparente.

« Je serai candidat à la présidence de l'UMP-Isère »

Serez-vous candidat samedi prochain à la présidence de l'UMP-Isère ?
Oui.

Dans quel esprit ?
Psychologiquement, d'une manière sereine et déterminée. Politiquement, d'une façon ouverte, en tenant compte des leçons du passé.

De qui êtes-vous l'ami ?
Je suis l'ami de Nicolas Sarkozy. Mais je suis là pour que l'UMP fonctionne bien avec sa direction actuelle, dirigée par Alain Juppé qui a organisé les élections dans l'Isère d'une manière extraordinairement respectueuse des militants.

Comment vous situez-vous vis-à-vis de Jacques Chirac ?
Dans la mouvance de tous ceux qui soutiennent le gouvernement et le président de la République. Je partage, notamment, pleinement les choix de Jacques Chirac par rapport à la guerre.

Allez-vous être candidat ensuite à d'autres mandats ?
Je dois d'abord organiser l'étape actuelle qui est lourde, puisqu'il s'agit de construire un grand mouvement qui fonctionne, qui attire, qui donne de l'espérance. Cette tâche va me suffire pour l'année qui vient.

Avez-vous le sentiment d'avoir été, dans le passé, traité injustement ?
Il y a ceux qui pensent que j'ai été le symbole du jugement d'une époque et, oui, que j'ai été sévèrement traité. Peu importe. Je suis aujourd'hui un citoyen comme un autre. Et j'entends assumer pleinement mes droits de citoyen. Quand on a commencé à 18 ans à soutenir le général de Gaulle contre sa génération, celle de Mai 68, c'est parce qu'on a une conviction, le désir d'être utile, la volonté de servir. Eh bien, cette conviction, ce désir et cette volonté ne nous quittent jamais.

Avez-vous des conseils à donner aujourd'hui à Jean-Pierre Raffarin ?
Aucun. Mais je conseille, à nous, au moment où c'est difficile, d'aider le gouvernement à accomplir sa tâche délicate.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon, Le Parisien, lundi 07 avril 2003, p. 6

--------

Accompagné de son ami Carignon, Sarkozy a séduit hier les militants de l'Isère : «Enfin un qui dit ce qu'il a à dire»

Nicolas Sarkozy a retrouvé une vieille connaissance. Hier, à l'occasion d'un déplacement en Isère consacré aux nanotechnologies, le ministre de l'Economie a fait un crochet en hélicoptère pour rencontrer les militants UMP du département. Alain Carignon, ancien maire RPR de Grenoble, l'attendait à l'aéroport. Les deux hommes, collègues dans le gouvernement Balladur, sont restés très proches malgré les tourments judiciaires de Carignon. Une proximité que ce dernier a toujours revendiquée.

«Double peine».
Condamné pour corruption, puis élu président de l'UMP d'Isère dès son retour en politique, Carignon a conduit le ministre au comité départemental de l'UMP, qui se tenait dans la salle des fêtes de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, près de Grenoble. Quelque 140 personnes les attendaient. «Deux tiers de partisans de Sarkozy et un tiers de non partisans», selon un fidèle.

Le ministre a dit tout le bien qu'il pensait de son ami, «légitime» puisque les militants l'ont élu. «J'ai été à l'initiative de l'abolition de la double peine ; je ne vais pas l'appliquer maintenant à mon ami Alain.» L'ancien maire grenoblois se tenait à sa droite, très droit. A la sortie, les militants semblaient majoritairement séduits. «Enfin un qui dit ce qu'il a à dire, avec l'air d'y croire et en donnant l'impression de se faire plaisir», résumait une fan. Nicolas Sarkozy venait de se faire applaudir en tapant sur Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l'Intérieur, et sur les 35 heures, en appelant à «soutenir le Président et le gouvernement», mais «sans oublier de préparer 2007».

Choix.
Prendra-t-il la tête de l'UMP pour préparer l'échéance ? Il a rappelé qu'il ne dira son choix qu'une fois la démission de Juppé effective. En attendant, il juge «insupportable d'entendre que tout le monde peut être candidat, sauf Sarkozy». Et ne voit pas pourquoi «on interdirait à ceux qui font partie des meilleurs de concourir».

Après son départ, Alain Carignon prétendait que son ami lui avait fait des confidences. «Il ne l'annonce pas tout de suite, mais sa décision est prise», confiait, radieux, le premier partisan isérois de Sarkozy.
Libération, 22 juin 2004, p. 11, Par Olivier BERTRAND, mardi 22 juin 2004 (Liberation - 06:00)

-------

La préférence de Carignon

Président de la puissante fédération UMP de l'Isère, Alain Carignon - viscéralement fidèle à un homme qui ne l'a jamais lâché, même quand il était en prison - est ravi que 88 % de ses amis grenoblois aient contribué à l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP.
Il s'apprête à distribuer, dans son département, 50 000 tracts à l'effigie de Sarko pour inciter les sympathisants à adhérer. Si Carignon juge qu'on aurait tort de sous-estimer Jacques Chirac (« il a encore des atouts »), il juge que, derrière, Sarko a fait la différence, et qu'il accédera donc tôt ou tard à l'Elysée (en 2007 ou en 2012) : « Il est maintenant dans la case présidentielle.»

Mais d'ici à 2007, que peut-il arriver ?
Tout, répond l'ex-maire de Grenoble (prêt à reprendre du service actif). Carignon n'exclut même pas une nomination de Sarkozy à Matignon.
Plus probable : une féroce bataille avec l'Elysée.
D'où le conseil qu'il donne à son ami Sarkozy : « C'est comme d'habitude, on ne te donnera rien que tu ne prendras toi-même... »
Le Parisien, jeudi 02 décembre 2004p. 6

---------

(Septembre 2005) A Grenoble, Carignon revient par le blog
L'ex-ministre, président de l'UMP Isère, veut lancer l'e-démocratie tout en faisant des propositions préélectorales.

Alain Carignon refait doucement surface à Grenoble, avec des thèmes anciens revisités par des outils neufs. Aujourd'hui président UMP de l'Isère, l'ex-maire de Grenoble veut lancer «l'e-démocratie» dans sa ville. Hier après-midi, il a mis en ligne sur son blog un texte que les visiteurs peuvent amender à leur guise. Cela s'appelle un «Wi-Ki». L'internaute fait des ajouts, des suppressions, adjoint des liens... «Je vais le laisser pendant 60 jours, explique l'ancien ministre, puis j'apporterai au débat public ce document, en expliquant qu'il a été rédigé par X personnes.» Malin.

Bilan.
Le texte initial s'intitule : «Ensemble pour que le drapeau olympique flotte de nouveau sur Grenoble.» Car l'idée phare de Carignon est de rendre aux Grenoblois leur fierté et des grands chantiers en s'appuyant sur les JO. Comme en 1968. L'ode est très cocardière et défend longuement le bilan de Carignon de 1983 à 1995, en mêlant quelques propositions, très préélectorales.

Le tout évoque furieusement la déclaration d'intention. Mais le passé est têtu et des passages prêtent à sourire, comme lorsque l'élu, condamné et emprisonné pour corruption en 1996, propose que Grenoble devienne «la première ville à couper le cordon ombilical entre les élus municipaux et l'attribution des marchés publics». Il veut confier le choix des entreprises à une «délégation de la dépense publique», indépendante, choisie par les citoyens. Les ajouts des internautes s'annoncent savoureux.

L'ancien maire assure lancer ce «Wi-Ki» sans arrière pensée électorale, juste en tant que président de l'UMP de l'Isère. Mais son blog s'appelle alaincarignon.com. «Le débouché naturel de l'action publique, c'est le suffrage universel, reconnaît-il. Le moment venu, je solliciterai les investitures locales et nationales, bien sûr. Mais il est trop tôt pour dire lesquelles.»

Il concentre pour l'instant ses attaques sur la «majorité hétéroclite» de Michel Destot, le maire socialiste de Grenoble. Et dénonce «l'abandon récent du projet de tunnel» devant boucler le contournement de la ville. Et pour continuer à «moderniser la politique», Carignon a lancé sur le tunnel une «consultation automatique». Une société a sondé par téléphone 47 000 habitants, avec un message enregistré par Carignon lui-même. Les citoyens répondaient en appuyant sur les touches du téléphone. «Le résultat est excellent, assure Carignon. On sent vraiment que les gens sont frustrés de débat.»

Aiguilles.
Les outils modernes peuvent y pallier, mais il reste des réglages à effectuer. Pour cette première, l'horloge du logiciel s'est emmêlé les aiguilles, et certains habitants ont reçu les coups de fil vers 23 heures, ou même 2 h 30 du matin. Cela doit être surprenant, en décrochant dans la nuit, d'entendre Carignon vous demander ce que vous pensez du tunnel. Mais, au moins, les Grenoblois savent désormais que l'ancien maire est de retour.
Par Olivier BERTRAND, mardi 20 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

------

(Octobre 2005) Carignon se remet en piste

Voilà un retour qui va faire plaisir à Nicolas Sarkozy. Son ami Alain Carignon, qui a fait 29 mois de prison pour corruption et abus de biens sociaux, a fait savoir ce week-end qu'il allait tenter de récupérer son siège de député de l'Isère aux législatives de 2007.

«Je déposerai ma candidature dans le cadre des procédures internes à l'UMP, a déclaré samedi l'ex-maire de Grenoble. C'est l'aboutissement du combat politique de solliciter le suffrage universel et je m'en expliquerai quand il en sera temps.»

Déjà redevenu le patron de la fédération UMP de l'Isère, Carignon prépare son come-back avec la complicité active d'un homme qui ne l'a jamais laissé tomber. «J'ai été à l'initiative de l'abolition de la double peine ; je ne vais pas l'appliquer maintenant à mon ami Alain», avait prévenu Sarkozy, en juin 2004, à l'occasion d'un voyage en Isère.

Un soutien de poids pour l'ex-paria de la droite qui, après les législatives, pourrait avoir envie de reconquérir la mairie de Grenoble.
liberation.fr, par Thomas LEBEGUE, QUOTIDIEN : lundi 24 octobre 2005

-------

Juillet 2006. Grenoble: les Verts rattrapent encore Carignon vingt ans après
Une décision de justice a déclaré illégale la cession en 1986 de la distribution d'électricité de la ville à la Lyonnaise des eaux.

La politique va plus vite que la justice. Mais la tortue arrive parfois à rattraper le lièvre.
Alors que l'ancien maire RPR de Grenoble (Isère), Alain Carignon, prépare son retour en grâce et en politique, activant promptement ses réseaux, la cour d'appel de Grenoble vient de rendre un arrêt dénonçant la légalité d'un contrat qu'il avait passé en 1986 pour la distribution d'électricité et l'éclairage public de la ville avec Gaz électricité de Grenoble (GEG).

Dans son arrêt, rendu le 11 juillet, la cour a estimé qu'Alain Carignon était «incompétent» pour faire signer des conventions de ce type sans en avoir été autorisé préalablement par son conseil municipal.
La justice a par ailleurs estimé que le contrat d'éclairage public, qui est une délégation de service public, aurait dû être soumis à un appel à concurrence. Ce qui n'a pas été le cas. Le juge demande donc à l'actuel maire de Grenoble ­ le socialiste Michel Destot ­ de faire constater la nullité de ce contrat dans un délai de six mois, ou d'en revoir les termes à l'amiable avec la SEM Gaz électricité de Grenoble.

Rouages.
Vingt ans après, cet arrêt marque une nouvelle victoire pour les Verts grenoblois qui, procédures après procédures, démontent les rouages du système mis en place dans les années 80 par Alain Carignon. L'écologiste Raymond Avrillier, l'un des «tombeurs» de l'ancien maire, est à l'origine de la requête devant le tribunal administratif, puis devant la cour d'appel.

Pour lui, cette décision marque «le démantèlement de tout un dispositif de privatisations douteuses». En 2000, soutenu par les autres élus de la nouvelle majorité de gauche, il avait déjà obtenu le départ de la Lyonnaise des eaux des marchés de la ville. Après dix années de procédure, l'eau est finalement revenue en gestion municipale. L'histoire se répète aujourd'hui avec l'électricité. Car, même si dans son arrêt la cour d'appel se contente de dénoncer la légalité d'un contrat administratif, sans se pencher sur les conditions dans lesquelles il a été passé, les anti-Carignon y lisent un symbole fort.

Raymond Avrillier, qui ne croit guère aux hasards, rappelle que «lorsqu'Alain Carignon et son adjoint Pierre Gascon ont décidé de confier la distribution à la société d'économie mixte Gaz électricité de Grenoble, cette société était détenue à plus de 40 % par la Lyonnaise des eaux».

En 1996, l'ancien maire de Grenoble avait été condamné, en appel, à cinq ans de prison, dont quatre ferme, pour avoir cédé le marché de l'eau et de l'assainissement de Grenoble à... la Lyonnaise des eaux.

Usagers.
Les écologistes grenoblois espèrent aujourd'hui que la gestion de l'électricité pourra retourner, comme avant 1986, et comme l'eau, en régie municipale. Ce qui, selon Raymond Avrillier, pourrait permettre de faire baisser le prix de l'électricité pour les usagers. Le juge a donné un délai de six mois aux deux parties, la ville et Gaz électricité de Grenoble, pour trouver une solution permettant de rentrer dans la légalité. La décision de la cour d'appel semble plutôt gêner l'actuelle municipalité grenobloise, à laquelle, pourtant, Raymond Avrillier appartient.

«Il s'agit d'une erreur énorme de l'équipe Carignon, commise dans des conditions troubles mais, aujourd'hui, il va nous falloir trouver une autre solution pour financer l'éclairage public», s'inquiète-t-on au cabinet du maire.

La mairie risque en effet de devoir assumer un surcoût estimé à deux millions d'euros annuels pour prendre à sa charge cet éclairage public qui faisait partie du paquet cadeau de GEG à la ville de Carignon. Au final, il se pourrait donc bien que ce soit le contribuable grenoblois qui finisse par payer «l'erreur énorme» de Carignon.
Libération, Par Alice GERAUD, QUOTIDIEN : Jeudi 13 juillet 2006 - 06:00, p. 12

--------

(3 septembre 2006, Le Parisen Dimanche) Alain Carignon : "Sarkozy, c'est la France en forme"

Chaque dimanche, une personnalité commente l'actualité. Aujourd'hui: Alain Carignon, ancien ministre, président de l'UMP de l'Isère et futur candidat aux législatives à Grenoble. Il publiera le 18 septembre (2006) « 2011, demain nous appartient » (Editions Numéris).

Qu'avez-vous éprouvé en suivant les débats du PS à La Rochelle?

Alain Carignon. J'ai trouvé leur rendez-vous décevant Les grands sujets n'ont pas été abordés. Ce qui a dominé, ce sont de simples enjeux électoraux.

A droite, mais aussi parfois à gauche, il est de bon ton de critiquer le « vide» du projet de Ségolène Royal...

Mais, c'est l'évidence! Ségolène Royal a adopté une attitude plus séductrice que pédagogique. Il y a chez elle trop de contenant, pas assez de contenu. Elle a évidemment la capacité de penser: en l'état, elle se contente de communiquer. Mais si elle tarde à mettre de la pensée dans sa communication, ce n'est pas par hasard: elle veut éviter de procéder aux arbitrages que lui réclame à juste titre un Michel Rocard, mais qui pourraient diviser son camp. C'est la limite de sa démarche.

" A La Rochelle, Jospin était ému, donc émouvant "

Avez-vous été sensible au discours de Lionel Jospin confessant des « erreurs» ?

Pour moi, c'est la seule surprise de la Rochelle. C'est la première fois qu'il était authentique sur le 21 avril (2002). Emu, donc émouvant parce qu'il n'y a pas de vérité laide. Cela dit, Jospin incarne toujours la conception classique de la gauche furnçaise.

Craignez-vous une forme d'américanisation du débat public?

Oui. Le rôle croissant de l'argent, la manipulation des médias, la place donnée à l'image, ce n'est ni notre culture ni notre histoire. Prendre cette direction, ce serait perdre notre âme.

Contre cela, vous mettez en garde vos propres amis?

L'attente des Français, c'est plutôt une évolutionà la scandinave, c'est-à-dire une démocratie plus humble, respectueuse d'autrui, tolérante. Pas une évolution à l'américaine. Il faut résister à l'inquisition et au voyeurisme.
J'appartiens à la catégorie de ceux qui ont toujours refusé - et continuent de refuser - la « pipolisation » du débat public.

Le risque d'un nouveau 21 avril existe-t-il ?

Non. Le 21 avril; c'était aussi le résultat de la cohabitation qui avait ouvert un espace à l'extrême droite et à l'extrême gauche. Aujourd'hui, il n'y a pas de cohabitation. Nicolas Sarkozy incarne la réforme. Enfin, le 21 avril est dans les mémoires, et je pense qu'on vivra un réflexe citoyen pour ne pas priver la nation d'un vrai choix, d'un vrai second tour.

Une nouvelle candidature Chirac est-elle exélue ?

Lui n'en écarte probablement pas l'hypothèse. Mais l'important, ce sont les relations maintenant apaisées entre le président et Nicolas Sarkozy. Les deux hommes ont d'immenses qualités. Pour le reste, leurs générations ne sont pas les mêmes: ils incarnent des modes de gouvernance différents.

Dans la gestion du dossier des sans-papiers, Nicolas Sarkozy ne s'est-il pas piégé en ciblant des enfants ?

Chaque fois, ce sont des drames humains. le rôle des politiques, ce n'est pas d'instrumentaliser ces tragédies. Cela dit, ce serait faire preuve d'une grande inhumanité que de laisser croire à tous les malheureux de la Terre qu'ils vont trouver éducation, emploi et logement en France.. En tout cas, j'en témoigne, Sarkozy traite chaque cas avec humanité car c'est un homme de cœur.

Le dialogue avec François Bayrou qui pourfend la majorité- reste-t-il possible?

Bayrou exprime les positions modernisées de la démocratie chrétienne. La société française est éclatée: il est naturel que la société politique le soit aussi. Il faut gérer cette diversité, ce qui passe par une absence d'invectives. Sinon, on vivra des batailles de chiffonniers au lieu des conftontations d'idées.

Nicolas Sakorzy doit-il quitter le gouvernement?

Non. les enjeux internationaux et intérieurs sont trop graves pour se passer de sa compétence. les Français lui sont reconnaissants pour l'énergie qu'il met au service de l'action, et pas seulement au service de la préparation de l'avenir.

" Il ny a pas. d'autre candidat possible... "

Faut-il mettre en cause carrément le « modèle social français » ?

Le conseil que je donne à Nicolas, c'est de continuer à être lui-même, c'est-à-dire authentique et vrai parce que l'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un tempérament et d'une attente. Or l'attente de la France, c'est la réforme et Sarkozy est l'homme de la réforme. Il faut donc qu'il demeure lui-même: il continuera ainsi à rencontrer le cœur et l'adhésion des Français.

La majorité affiche à Marseille avec éclat ce week-end son « unité ». Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy a désormais, à droite, un boulevard devant lui?

Il n'y a pas d'autre candidat possible que lui. A huit mois de l'échéance, cette donnée ne peut pas fondamentalement changer. Marseille aura été la synthèse du bilan que nous revendiquons et de la rupture que nous attendons.

Mais peut-on rassembler sur la rupture?

La rupture, cela veut dire un nouveau départ pour la France. Cest un projet, un enjeu de génération. On est dans une nouvelle époque. les Français en sont unanimement convaincus. Donc il faut leur proposer quelque chose de nouveau. Compte tenu de l'enlisement du PS, il n'y a que Sarkozy qui soit en mesure de le faire. Il saura éviter le risque de s'affadir. Il ne sera jamais le plus petit dénominateur commun de la droite. Sarkozy, c'est la France en forme.
PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE DE MONTVALON ET LUDOVIC VIGOGNE, Le Parsisien Dimanche, p. 6

--------

Paru le : 26/05/2007 SERIE. Carignon veut sa revanche

Ancien ministre de Chirac et Balladur à l'époque de la cohabitation avec Mitterrand, Alain Carignon fut l'un des premiers politiques à être condamnés à la prison ferme pour corruption. Aujourd'hui, il entend retrouver son siège de député.

ALAIN CARIGNON peut-il retrouver la confiance des électeurs après les déboires judiciaires qui ont stoppé net son ascension politique il y a treize ans ? L'homme, qui fut condamné en 1996 à quatre ans de prison ferme pour corruption, en est en tout cas persuadé.

« Comme tout être humain, j'ai commis des erreurs, voire des fautes. Il y a eu une tache. J'ai payé. Je suis quitte vis-à-vis de la société. J'ai changé, et il est temps aujourd'hui de sceller cette réconciliation à laquelle j'aspire avec les citoyens. »

C'est pour cela qu'Alain Carignon (UMP), 58 ans, maire de Grenoble de 1983 à 1995, ministre de l'Environnement (1986 à 1988) et de la Communication (1993 à 1994), est candidat dans la 1ère circonscription de l'Isère, réputée acquise à la droite. Mais voilà : alors que les choses ne sont déjà pas simples pour l'ex-homme fort de l'Isère, elles se sont encore un peu plus compliquées avec l'entêtement du député sortant, le dissident UMP Richard Cazenave.

Ce dernier refuse de s'effacer. Il met en avant le passé judiciaire de Carignon : « Je suis le seul à pouvoir gagner. Tous les sondages l'ont montré. Je ne vois donc pas pourquoi je lui laisserais ma place. Il m'accuse de jouer perso, mais c'est lui qui a lancé la machine à perdre. »

« On en a fait un bouc émissaire »

Carignon a été choisi comme candidat de l'UMP par les militants isérois de son mouvement, dont il est devenu le président en 2003. Mais Cazenave ne reconnaît pas cette désignation : « Sur cette circonscription, on est passé de 700 à 1 800 adhérents en quatre mois. Quand vous voyez que 12 personnes d'une même famille ont toutes pris leur carte, je me dis qu'il y a un problème. Carignon n'a pas changé. »

Les instances nationales de l'UMP viennent d'exclure Cazenave.

La socialiste Geneviève Fioraso, adjointe au maire de Grenoble chargée de l'économie, espère profiter de ce duel fratricide à droite pour tirer les marrons du feu. « Je laisse les deux candidats de la droite s'étriper. Lors du second tour de la présidentielle, Ségolène Royal a fait un très bon score sur cette 1ère circonscription avec 49,32 % des voix. Je compte profiter de cet élan. Je trouve anormal qu'un élu condamné pour corruption puisse revenir sur la scène politique. »

Sur le marché de la place Sainte-Claire à Grenoble, les avis sont partagés : « Carignon, on en a fait un bouc émissaire alors qu'à une époque tous les élus faisaient comme lui pour financer leur carrière politique. Il a purgé sa peine. Il a le droit de revenir, car il a fait du bon boulot du temps où il était maire. Je voterai pour lui », confie Thérèse, 66 ans.
« Après avoir tant magouillé avec l'argent des Grenoblois, il ne manque pas de culot de revenir comme si de rien n'était », proteste Gilles, 37 ans.

Carignon - qui a toujours bénéficié, même à l'époque de la prison, c'est-à-dire quand tout le monde le lâchait, du soutien personnel de son ami Sarkozy - reconnaît qu'il se lance « dans un combat difficile ».
Et il dénonce cette « double peine » à laquelle voudraient le condamner ses détracteurs : « J'ai payé plus que les autres et, aujourd'hui, je n'aurais pas droit à une nouvelle existence politique ? Je ne me résignerai jamais à cela. »
Pour montrer sa détermination, Carignon a déjà annoncé qu'il serait aussi candidat aux municipales à Grenoble en 2008. « Quel que soit le résultat des législatives », martèle-t-il.
Gilles Carle, Le Parisien, 26 mai 2007, p. 4

---------

BHL soutient Alain Carignon, candidat "paradoxal, social" dans l'Isère LE MONDE | 23.05.07 | 15h09 (Lyon, correspondante régionale)

Bernard Henry Lévy a décidé d'apporter publiquement son soutien au candidat UMP Alain Carignon, qui tente, neuf ans après ans sa sortie de prison (il avait été condamné en 1996 pour corruption), son retour dans la 1re circonscription de l'Isère, contre le député sortant, Richard Cazenave. Dans une lettre diffusée par l'entourage d'Alain Carignon, le philosophe dénonce la façon dont se trouve "instrumentalisé son passé judiciaire". "Il a payé sa dette à la société", affirme le philosophe, qui ramène l'affaire Carignon à une simple histoire de financement des partis politiques, une sorte de "crime commun" qu'il aurait seul payé.

Pour BHL, qui écarte l'hypothèse d'un enrichissement personnel, M. Carignon serait un "ambitieux" pas "un escroc". Le philosophe conclut sa missive en expliquant qu'il est "étonnamment proche, en idées, du candidat Carignon." "Il a lu beaucoup. Il croit en un libéralisme qui n'est plus (...), il est européen, paradoxal, social." En mars, les enquêteurs grenoblois ont décidé d'entendre M. Carignon, après les législatives, sur une nouvelle affaire concernant la légalité d'un marché de parking de stationnement passé par l'ancien maire de Grenoble avec une filiale de la Générale des eaux.
Sophie Landrin, Le Monde, Article paru dans l'édition du 24.05.07.

------

RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 10 JUIN 2007 ISERE (38) -- 1ère circonscription (résultats complets)

Nombre % Inscrits 79 528 100,00 Abstentions 29 333 36,88 Votants 50 195 63,12
Nombre % Votants Blancs ou nuls 606 1,21 Exprimés 49 589 98,79

Noms Voix % Exprimés
M. Richard CAZENAVE Divers droite 9 731 19,62
Mme Geneviève FIORASO Socialiste 15 876 32,02
M. Philippe DE LONGEVIALLE UDF-Mouvement Démocrate 5 132 10,35
M. Alain CARIGNON Union pour un Mouvement Populaire 10 638 21,45
Mme Cécile ALLIBE Extrême gauche 971 1,96
M. Bruno PALIARD Mouvement pour la France 615 1,24
Mme Colette MONTREDON Ecologiste 320 0,65
Mme Danielle MATTREL Extrême gauche 178 0,36
Mme Marie-Odile NOVELLI Les Verts 3 235 6,52
Mme Marie-France MONERY Communiste 757 1,53
Mme Eléonore PERRIER Divers gauche 321 0,65
Mme Chantal REVERDY Divers 8 0,02
M. Gérard DUBOIS Divers 266 0,54
Mme Anne-Lise KIRCHNER Ecologiste 300 0,60
M. Hugues PETIT Front national 898 1,81
M. Christophe CLOITRE Divers droite 343 0,69

--------

RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 17 JUIN 2007 ISERE (38) -- 1ère circonscription (résultats officiels)

Nombre % Inscrits
Inscrits 79 522 100,00
Abstentions 29 934 37,64
Votants 49 588 62,36

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 3 289 6,63
Exprimés 46 299 93,37

Nuance Voix % Exprimés
Mme Geneviève FIORASO (ELUE) Socialiste 29 184 63,03
M. Alain CARIGNON Union pour un Mouvement Populaire 17 115 36,97

---------

Le démenti de Jean-Marie Cavada Le Point.fr 14/12/2007-13h25 -

Interrogé par le site Arrêt sur images au sujet de la vidéo exclusive diffusée jeudi par lepoint.fr, Jean-Marie Cavada a souhaité apporter un démenti formel. Non, assure-t-il, en novembre 1993, sa société CCV n'a pas "coaché" le ministre de la Communication de l'époque, Alain Carignon, avant sa venue sur le plateau de son émission La Marche du siècle , quinze jours plus tard. "Je ne suis lié, ni de près ni de loin, à tout ça. CCV dispensait des médias trainings essentiellement à des chefs d'entreprise. Aucun membre de CCV n'a dispensé de training à un homme politique. Et encore moins à un homme politique invité à mon émission", certifie le journaliste - devenu depuis homme politique.

Dès jeudi matin, Le Point avait contacté Jean-Marie Cavada, mais celui-ci n'avait pas donné suite. En fin d'après-midi, en marge d'un meeting de campagne parisien - Jean-Marie Cavada est candidat aux municipales à Paris dans le 12e arrondissement -, nous avons à nouveau tenté de recueillir sa réaction. "Je ne vois pas de quoi vous voulez me parler", avait-t-il répondu, avant de conclure, entre deux poignées de mains : "Je ne suis pas là pour évoquer le passé mais pour construire l'avenir du 12e arrondissement."

"Si nous avions eu ce genre de pratique, on n'aurait pas tenu deux mois"

Même démenti du côté de François Desnoyers, secrétaire général à l'époque de CCV. "Je n'ai jamais participé à ce training. L'équipe de journalistes qui s'occupait de préparer La Marche du siècle n'avait aucun lien avec nous, membres de la société de conseil en communication CCV. Nous travaillions dans les mêmes locaux mais nos activités étaient totalement disjointes. Si nous avions eu ce genre de pratique, on n'aurait pas tenu deux mois."

Le Point maintient ses informations : François Desnoyers, secrétaire général de CCV, a bel et bien conduit un media-training d'Alain Carignon quinze jours avant La Marche du siècle dont le ministre était l'invité vedette. Nous préciserons nos informations très prochainement.

-------

Par Reuters, publié le 30/07/2010 à 17:13 Le maire PS de Grenoble juge qu'on stigmatise les immigrés

Le maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, dénonce le risque de stigmatisation d'une partie de la population après le discours de Nicolas Sarkozy liant l'insécurité à une immigration que le président juge "insuffisamment régulée" depuis un demi-siècle en France.

Dans un discours prononcé à la préfecture de l'Isère, vendredi, le chef de l'Etat a menacé de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère qui porterait atteinte à la vie de représentants de l'autorité publique.

"Le président de la République parle de politique de la ville, de sécurité, d'immigration et là, il y a un problème de stigmatisation d'une partie de la population", a regretté Michel Destot lors d'une conférence de presse.

"Remettre en cause cinquante ans de politique d'immigration comporte un grand risque. Je me méfie de ces déclarations qui ont pour effet de frapper l'opinion publique", a commenté le député-maire de Grenoble.

Nicolas Sarkozy a effectué un déplacement à Grenoble au lendemain de la prise de fonctions du nouveau préfet, Eric Le Douaron, nommé en remplacement d'Albert Dupuy après plusieurs nuits d'émeutes dans le quartier populaire de La Villeneuve.

Ces violences avaient éclaté à la suite d'une fusillade le 16 juillet qui avait coûté la vie à Karim Boudouda, braqueur présumé du casino d'Uriage (Isère) et originaire du quartier de La Villeneuve. Les policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles au cours de ces affrontements.

DÉNONCIATION DE LA POLITIQUE SÉCURITAIRE

Visés par des menaces de morts, une vingtaine de policiers de la BAC (brigade anti-criminalité) ont été éloignés de Grenoble avec leur famille et placés sous protection. Les trois fonctionnaires impliqués dans la fusillade ont été mutés à leur demande.

Nicolas Sarkozy, qui a promis la semaine dernière une "lutte implacable contre la criminalité", avait annoncé des renforts d'effectifs et de moyens pour Grenoble.

Les pouvoirs publics n'ont pas à "faire la guerre" à la délinquance mais à "faire la paix" sociale pour donner la preuve de leur efficacité, avait auparavant déclaré Michel Destot.

"On n'est pas ici pour faire la guerre à qui que ce soit, on est au contraire ici pour faire la paix", avait-il dit à des journalistes avant l'arrivée du chef de l'Etat.

"La paix, ça ne veut pas dire qu'on est mou du genou, ça veut dire qu'on est efficace dans tous les domaines de la cohésion sociale et le principal pilier de la cohésion sociale, c'est la sécurité", avait-il souligné.

"Tous les maires, qu'ils soient de gauche, de droite ou du centre, disent comme moi qu'il y a une nécessité absolue de sortir de ce schéma qu'on nous répète sans arrêt d'opposition entre ceux qui seraient les partisans de la prévention et d'autres qui seraient partisans de la répression et de la sécurité. Il faut les deux".

Environ 300 personnes se sont rassemblées sur une place du centre de Grenoble pendant la visite présidentielle pour dénoncer "la politique sécuritaire" du gouvernement et réclamer un retour de la police de proximité.

Réunis à l'appel d'organisations syndicales et d'associations, les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Grenoble = Chicago. Al Capone = Sarkozy". Le rassemblement, qui a duré deux heures, était très encadré par les forces de l'ordre. Il s'est déroulé sans incident.

--------

Grenoble / Emeutes dans le quartier de la Villeneuve dauphine.com par Vanessa LAIME le 19/07/2010 à 23:58

La justice fait le point sur les incidents et l’enquête

Karim Boudouda ( en médaillon ), 27 ans, et dix condamnations dont trois pour braquage, a été tué par des policiers, vendredi. C’est dans cette voiture qu’il avait pris la fuite après avoir braqué le casino d’Uriage avec un complice. Ses obsèques auront lieu mercredi.

La nuit de dimanche à lundi a été beaucoup plus calme que les deux précédentes dans le quartier de La Villeneuve à Grenoble, secoué par de violents incidents après qu’un braqueur a été tué par des policiers lors d’une fusillade dans la nuit de jeudi à vendredi.

Un événement gravissime s’est néanmoins produit?: une voiture de la brigade anticriminalité de Grenoble à bord de laquelle se trouvaient plusieurs fonctionnaires a, en effet, été la cible de deux coups de feu qui n’ont heureusement blessé personne.

Mais pour la première fois depuis vendredi, aucune voiture n’a brûlé dans ce secteur, personne n’a été arrêté et aucun affrontement n’a opposé fauteurs de troubles et forces de l’ordre.

L’impressionnant dispositif de sécurité, rassemblant pas moins de 300 gendarmes et policiers (parmi lesquels des CRS mais aussi des membres du GIPN et du RAID), et qui devait être maintenu hier soir, semble donc s’être révélé dissuasif.

Hier, le parquet de Grenoble tirait un premier bilan de ces trois nuits.

Vingt interpellations et sept poursuites judiciaires

En définitive, sur les vingt interpellations réalisées par les forces de l’ordre au cours des émeutes, sept seulement ont donné lieu à des poursuites judiciaires. Et encore?! À y regarder de plus près, une seule semble véritablement liée aux violences urbaines?: elle concerne un adolescent de 17 ans surpris dans la nuit de vendredi à samedi en train de mettre le feu dans un garage automobile du quartier. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Le parquet, qui avait requis son placement sous mandat de dépôt, a fait appel de cette décision.

Les six autres suspects sont trois jeunes arrêtés dans la nuit de vendredi à samedi alors qu’ils tentaient de cambrioler un magasin de cycles à Grenoble, certes, mais loin de La Villeneuve…?; un homme qui, lors de son contrôle, s’est révélé être recherché par la police pour des violences commises en avril dernier?; et les deux occupants d’un appartement du quartier chez qui les policiers ont saisi, dimanche lors d'une perquisition, 1,5 kilo de résine de cannabis ainsi qu’une arme de poing dont l’un des suspects a tenté de se débarrasser en la jetant par la fenêtre.

Rien ne dit, pour l’instant, que cette arme fait partie de celles utilisées contre les forces de l’ordre entre vendredi soir et lundi matin à La Villeneuve. Le laboratoire scientifique de Lyon qui l’analyse actuellement devrait pouvoir l’établir rapidement.

Par ailleurs, nous indiquions hier que la mère de Karim Boudouda, le braqueur dont la mort est à l’origine des violences dans le quartier (lire par ailleurs), comptait porter plainte contre la police. Le parquet a indiqué qu’il trouvait cette intention “légitime” mais que pour l’heure, aucune plainte n’avait été déposée.

--------

Retour Première page