Bio-Express

Delphine Batho (2007)

04 mai 2019 Européennes. Delphine est très inquiète : "çà urge"

2018 05 02 Batho part ... se réfugier dans un groupuscule ... qu'elle préside écologiquement ...
2018 01 15
Candidate "à la présidentielle", du PS pour l'instant ... après Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas, Emmanuel Maurel ...

2017 06 22 Victoire !? Vice-Présidente du groupe des survivants PS. On se bat haut (?).

2015 06 16 Del Phine la joue dur contre le Mac ron

2014 03 25 Vengeance socialiste, à mort Ayrault ; et Hollande itou ... car INSOUMISE

2013 07 04 Batho crache ferme dans la soupe socialiste sociale-démocrate molle hollandaise (?)

Portrait (Libération. Juillet 2007). En sécurité auprès de Ségo
Delphine Batho, 34 ans, députée PS des Deux-Sèvres. Cette protégée de Dray, tout aussi soucieuse d’«ordre juste», a hérité de la circonscription de Ségolène Royal.
Par Santucci Françoise-Marie, Libération, QUOTIDIEN : lundi 2 juillet 2007, p. 36

De prime abord on pense : raide, méfiante, d’un bloc.
Mais l’allure contredit l’impression. Elle est racée comme une peinture florentine, avec ces cheveux blonds toujours attachés, ces yeux d’un bleu perçant et ce nez busqué qui, dans ce visage d’ange, donne la brusquerie qu’il faut à l’animal politique.
Au frontispice de la maison Batho, édifice d’avant Machiavel, il pourrait être gravé : travail, respect, patrie. Et jamais, jure-t-elle, cynisme, calculs, manœuvres.

Delphine Batho, 34 ans, en croisade pour «l’ordre juste» selon sainte Ségolène, déesse et martyre de la politique française, est l’une des frissonnantes figures d’un parti fossilisé dans son cimetière des éléphants. Elle vient d’être élue députée de Melle (Deux-Sèvres), mignonne ville de 5 000 habitants qui, par la grâce de Mme Royal, trouva une place sur la carte de France.

Un cadeau, cette circonscription ? «Non, je ne le vois pas comme ça, c’est aussi du boulot», dit-elle, assez cassante, ne déployant guère l’onctueuse séduction d’une figure publique moderne. Comme Ségolène, elle est peu expansive ; comme Ségolène, elle secoue les lignes du PS ; comme Ségolène, elle se dit féministe et estime ne rien devoir à quiconque. Sauf à Ségolène, justement. Et à la gauche socialiste de Julien Dray, avec qui elle fit ses classes pendant dix ans après être passée par la Fidl, le syndicat lycéen, puis par SOS Racisme.

A Melle, les affiches de Delphine Batho (slogan : La fidélité et l’avenir ) côtoient encore celles de Ségolène Royal. L’osmose est telle que le candidat de l’UMP aux législatives a déclaré, dans le journal local : «J’avais deux candidates contre moi.» Delphine en rit : «C’est un peu vrai. » Aujourd’hui élue, censée marquer son territoire et se faire un nom, elle n’a pas la vanité, ou la prudence, de prendre ses distances avec Ségolène Royal. Qu’elle «admire», en laquelle elle croit pour 2012, qu’elle suivrait en cas de baston au PS, jusqu’à encourager l’ouverture «de Besancenot à Bayrou».

Elles se connaissaient comme ça, de loin, quand en janvier 2005 la dame du Poitou-Charentes se trouva à présider une réunion du parti. Une vingtaine de poids lourds du PS, serrés sur l’estrade, la pressaient de petits mots, impatients qu’ils étaient de parler en premier. Ségolène se tourna vers Delphine : «Et toi ? — Euh, ça va, qu’ils passent d’abord — Eh bien non, tiens, vas-y en premier.» Ce jour-là, «l’ordre juste» fit une nouvelle conquête. Aujourd’hui pourtant, et malgré plusieurs relances, jamais Mme Royal ne trouva cinq minutes pour parler de sa protégée à Libération.

Ah, le PS ! Delphine Batho semble observer ce gros appareil en fusion, bordé de cratères et d’explosions, avec le regard de celle qui, petite, se rêvait vulcanologue. Quasi clinique. Peu consensuelle. Pas porté sur les «embrouilles». Quoique. Chez les socialistes, il se murmure que l’ancienne adepte de la gauche socialiste manie «forcément» la tactique politicienne, en bonne «drayiste» qu’elle est - du nom de «Juju» Dray, qui fut aussi le premier au PS à tenir un discours musclé sur la violence.

Nommée en 2004 secrétaire nationale chargée de la sécurité, la jeune Torquemada défendait par exemple la «prévention sanction» tout en combattant le ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, notamment sur la police de proximité, dont elle dénonça furieusement la disparition. «Je pense être bien plus à gauche que la gauche classique, qui s’est attendrie pour certaines victimes de la société devenues des délinquants, tout en délaissant les couches populaires et les jeunes. Or ce sont eux qui ressentent ce besoin de fermeté, idéologique et culturelle, par rapport à la violence.»

Même s’ils ne sont pas forcément copains, Razzye Hammadi, le patron du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), affirme la rejoindre «sur plein de choses : la montée de l’hyperviolence chez les adolescents ou l’inefficacité du gouvernement face à ces problèmes.» Il poursuit : «Une fois fendue l’armure de la militante drayiste , Delphine s’avère sympathique, et c’est une bosseuse. Qui a bien compris que la sécurité était un créneau porteur.» Autre étoile montante du PS, la nouvelle élue lorraine Aurélie Filippetti lui trouve du «courage» : «Jusqu’alors, la sécurité était l’apanage de la droite, il n’était pas envisageable d’en discuter au sein du parti. Elle a fait avancer le débat au PS.»

Delphine Batho n’hésite pas à porter le fer plus loin. La droite se trompe, dit-elle, en accusant Mai 68, car «le vrai débat idéologique porte sur la question du libéralisme». L’argent roi, le laisser-faire, les gamins qui traînent dehors en s’enivrant, le respect qui disparaît, la télévision qui nivelle l’intellect. Déplorer la perte de certains repères ne l’empêche pas, elle qui a un compagnon depuis longtemps, de soutenir l’égalité totale des droits pour les gays, dont le mariage et l’adoption. «Les enfants ont besoin d’amour et de limites, et ça, tout le monde peut le leur donner.»

Aurélie Filippetti, encore : «C’est une fille timide, qui gagne à être connue». Ce n’est pas facile. Un déjeuner puis un dîner, à Melle, le second rendu plus décontracté par la grâce d’une bouteille de vin rouge, permettent à Delphine Batho de défendre sa forteresse avec élégance. Elle avoue qu’ «exhiber sa vie privée» n’est pas son fort. Ayant «beaucoup souffert» par le passé, on glisserait vite vers le «larmoyant» - et ça, non. D’où une certaine «rudesse», qui lui permet d’être reconnue pour son travail (elle doit être rompue aux jugements hâtifs ou déplacés concernant les jolies femmes), qui lui permet aussi de résister à la tentation de la confession intime, ornant le parcours de tout ambitieux des années 2000.

On saura malgré tout la mort de sa mère d’un cancer lorsqu’elle avait huit ans. «Après ça, on grandit vite.» Elle fut élevée par sa grand-mère, par sa sœur aînée (dix ans d’écart) et par son père, John Batho, un Normand descendant d’Anglais, ouvrier relieur qui passa quelque temps dans une imprimerie près de Melle, avant Paris et les Archives nationales. Il enseigne aujourd’hui la photographie aux beaux-arts de Dijon. Sa mère était aussi aux Archives, pratiquait également la photographie, qui publia quelques livres aux éditions des Femmes. Ces parents «fonctionnaires de catégorie B», pas soixante-huitards mais imprégnés d’une idéologie ouvrière et artistique, avaient des principes. «On mangeait ensemble, à la même heure, et pas des chips devant la télé. J’ai reçu une éducation carrée, et je suis pour.»

Delphine Batho, qui souffrit longtemps de n’avoir «que» le bac, se sent aujourd’hui aussi légitime que quiconque. Parce que la politique l’a dévorée très jeune, parce qu’elle n’a fait que ça, parce qu’elle sait le faire plutôt bien. Après ses années d’apprentissage associatif, elle trouva un emploi de chargée de mission «sécurité» à la région Ile-De-France (dont elle a démissionné après son élection). Une professionnelle de la politique ? Elle se vexe presque : «Ce n’est pas une rente, mais un défi ; au fond, je suis une militante .» Ce qui n’exclut pas l’amour de la bonne bouffe, des livres (Duras, Sartre, les gros bouquins historiques), de la chanson française, des volcans à visiter quand elle peut, de la Corse dont elle connaît (presque) chaque recoin.

La semaine dernière, entre une réunion sur le marais poitevin et le départ d’une course cycliste féminine, elle se rendit au happening des Aînés ruraux, non loin de Melle. Un immense hangar où près de mille retraités, serrés sur des pliants de camping se dandinaient au son d’un orchestre mariachi jouant du Dario Moreno. A 11 heures du matin. Elle serra des dizaines de mains, semblait presque à l’aise. Dans les travées se disait : «Elle apprend vite.» On n’en doute guère.
Par Santucci Françoise-Marie, Libération, QUOTIDIEN : lundi 2 juillet 2007, p. 36

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Bio express Delphine Batho en 6 dates

1973 Naissance à Paris.
1981 Décès de sa mère.
1990 Présidente de la Fidl.
1992 Vice-présidente de SOS racisme.
1999 Travaille sur la sécurité avec Dray.
Juin 2007 Députée des Deux-Sèvres.
Par Santucci Françoise-Marie, Libération, QUOTIDIEN : lundi 2 juillet 2007, p. 36

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Delphine Batho : "Je n'accepte pas le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom" Le Monde.fr | 04.07.2013 à 14h59 • Mis à jour le 04.07.2013 à 15h48

Le "Batho bashing" des pétroliers et des électriciens Le Monde.fr | 04.07.2013 à 14h32 • Mis à jour le 04.07.2013 à 18h57 |

Certes, on connaît les raisons officielles du limogeage de Delphine Batho du ministère de l'écologie : ses critiques ouvertes contre les arbitrages budgétaires du gouvernement, qui amputaient de 7 % les crédits de son portefeuille et supprimaient 1 093 emplois dans son périmètre. En prononçant les mots "c'est un mauvais budget", elle a fait preuve, selon le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'"un manque de solidarité et de cohérence" sur "un des actes majeurs d'un gouvernement : le budget".

Lire : François Hollande justifie le limogeage de Delphine Batho

Delphine Batho pouvait être démissionnée d'autant plus facilement que, s'étant éloignée de Ségolène Royal, elle n'avait aucun poids politique, contrairement à Arnaud Montebourg – expert en écarts de langage –, qui avait rassemblé 17 % des suffrages lors de la primaire socialiste.

DÉBAT NATIONAL SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

La ministre fait aussi les frais d'un "Batho bashing" des industriels. "Elle a très mal géré le débat national sur la transition énergétique, dont les conclusions sont attendues pour le 18 juillet et qui est devenu un piège à cons pour le gouvernement, confronté à une crise économique majeure. L'exécutif est sensible à la question de la compétitivité des entreprises, liée à notre prix faible de l'électricité", raconte l'un des participants côté patronat.

"Or, s'emporte-t-il, Madame Batho, contre de nombreux avis, a voulu prendre la tête du comité de pilotage au lieu de déléguer. Nous l'avons prévenue au moins une dizaine de fois que ce débat marchait sur la tête... Elle n'a pas voulu entendre." Et de confirmer que ces plaintes sont remontées jusqu'à Matignon : "Mais on visait le débat, pas Batho..."

PASSES D'ARMES RÉGULIÈRES ENTRE L'INDUSTRIE ET L'ÉCOLOGIE

La bagarre entre défenseurs de l'environnement et industriels n'est pas nouvelle. D'ailleurs, elle se traduit, que ce soit dans un gouvernement de gauche ou de droite, par des passes d'armes régulières entre le tenant du portefeuille de l'industrie et celui de l'environnement.

Sur ce point, Delphine Batho et Arnaud Montebourg n'ont pas dérogé à la règle. Lors de la table-ronde sur la transition énergétique organisée à l'occasion de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012, où Delphine Batho tenait la vedette, Arnaud Montebourg, pour montrer son ennui, lisait ostensiblement un magazine économique dont la couverture vantait les bienfaits de l'exploitation du gaz de schiste... Delphine Batho était une cible car elle n'était pas que ministre de l'écologie, son portefeuille lui conférait aussi l'énergie, avec deux dossiers particulièrement sensibles : le nucléaire et le gaz de schiste.

NUCLÉAIRE : EN PREMIÈRE LIGNE FACE AU PDG D'EDF

Avec la promesse de François Hollande de réduire la place de l'atome dans la production d'électricité de 75 % à 50 % d'ici à 2025, et de fermer la centrale de Fessenheim d'ici à fin 2016, Delphine Batho s'est retrouvée en première ligne face au PDG d'EDF, Henri Proglio, qui "joue la montre" pour que la fermeture de Fessenheim ne puisse pas se faire techniquement et légalement avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Ainsi, lors de son audition, le 18 avril, par le conseil national du débat sur la transition énergétique, Henri Proglio ne daigne même pas répondre à la question de Denis Baupin, vice-président de l'Assemblée nationale, qui lui demande s'il a lancé les procédures pour la fermeture du site alsacien. "C'était une provocation vis-à-vis de Delphine Batho, qui était présente dans la salle, estime un représentant d'une ONG. L'Etat est actionnaire à 85 % d'EDF. M. Proglio aurait dû répondre... Mais malheureusement la ministre n'a rien dit, n'a pas levé le petit doigt."

DES DISCUSSIONS TENDUES SUR LE GAZ DE SCHISTE

Autre dossier sensible : le gaz de schiste. La loi du 13 juillet 2011, dont l'initiative revient à l'ancienne majorité, interdit la fracturation hydraulique, seule technique disponible aujourd'hui pour exploiter ces hydrocarbures non conventionnels. Face à l'offensive du Medef, des industriels et de l'opposition – dont certains ténors ont largement oublié que cette loi émanait de l'UMP –, qui souhaitent rouvrir le débat afin d'obtenir le droit au minimum d'explorer le sous-sol français pour disposer d'une meilleure évaluation des réserves de gaz et d'huile de schiste, la ministre a pris une circulaire. Cette circulaire dite du 21 septembre 2012, qui encadre plus strictement la loi, demande par exemple la vérification de la conformité des forages d'exploration aux objectifs exposés dans les permis miniers accordés.

Lire : Gaz de schiste : la loi Jacob sur la sellette

"Matignon a été alerté de ce zèle, et visiblement, cela a fait l'objet de discussions houleuses chez le premier ministre", raconte un haut fonctionnaire. "Quand il y a eu de fortes rumeurs sur un possible remaniement du gouvernement après la démission, en mars, de Jérôme Cahuzac de son poste de ministre du budget, raconte un expert présent au débat sur la transition énergétique, les représentants des industriels ont fait monter la pression sur Delphine Batho, jouant son départ. Les discussions sont devenues plus tendues et on sentait que le Batho-Bashing montait."

Les grands patrons ont-ils eux aussi donné de la voix ? En tout cas, Philippe Crouzet, le président du directoire de Vallourec, entreprise leader mondial des tubes sans soudure utilisés pour les techniques de forage en conditions extrêmes – ce qui est le cas pour l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels – ne cachait pas, lors de déjeuners de presse "off", son mécontentement pour la politique écologique menée. Cet industriel, par ailleurs mari de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, a néanmoins démenti avoir évoqué le futur départ de Delphine Batho du gouvernement, lors de l'un de ses voyages aux Etats-Unis. Le groupe reconnaît toutefois que M. Crouzet a fortement critiqué la manière dont l'ex-ministre menait le débat sur la transition énergétique. Marie-Béatrice Baudet

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Pour Batho, "changer de Premier ministre est indispensable" Par Benoist Pasteau avec AFP Publié le 25 mars 2014 à 08h29 Mis à jour le 25 mars 2014 à 12h32 http://www.europe1.fr/Municipales/Pour-Batho-changer-de-Premier-ministre-est-indispensable-1923875/

MUNICIPALES - L'ancienne ministre de l'Ecologie considère que remplacer Jean-Marc Ayrault est un "minimum".

Delphine Batho veut un changement, et vite.

L'ex-ministre PS de l'Ecologie estime mercredi que "changer de Premier ministre est indispensable", après le sérieux revers subit par la Gauche au premier tour des élections municipales, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France mardi.

C'est "même le minimum". Changer de Premier ministre ?, Delphine Batho répond: "Oui. Ca me paraît indispensable et même le minimum. Ça fait longtemps qu'il y a un problème de gouvernance", répète l'ancienne ministre, qui avait déjà appelé à un remaniement début décembre.

"Il faut tout changer". La députée des Deux-Sèvres n'est pas tendre avec son ancien "patron" et François Hollande. Elle exhorte "ceux qui dirigent le pays aujourd'hui" de "ne pas attendre", de "prendre leurs responsabilités." "Il faut tout changer, d'équipe gouvernementale, de politique. Tout", assène l'ancienne ministre, limogée en juillet 2013 par François Hollande pour avoir contesté publiquement les coupes budgétaires que subissait son ministère.

Elle n'est "malheureusement" pas surprise". Delphine Batho se dit "malheureusement" pas surprise par ce premier tour. "Ça fait des mois et des mois que tout le monde dit que la gauche va dans le mur. Maintenant nous y sommes", note l'ancienne ministre. "Il faut donc se battre" car "il est encore possible d'infléchir le cours du quinquennat."

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Une insoumise

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Delphine Batho : "Je n’aurais pas approuvé la loi Macron" Mardi 16 Juin 2015 à 13:20 http://www.marianne.net/delphine-batho-je-n-aurais-pas-approuve-loi-macron-100234627.html Propos recueillis par Bruno Rieth

Pour la députée Delphine Batho, ancienne ministre de l'Ecologie débarquée sans ménagement, l'utilisation de l'article 49-3 pour faire passer la loi Macron,"est tout sauf une surprise". Malgré tout, selon elle, cette loi fourre-tout porte en son sein des dispositions plus que discutables notamment son article 28 qui s'attaque "à la mise en place de la démocratie participative" en matière d'environnement pourtant "promise par le président de la République après le drame de Sivens".

Marianne : Que pensez-vous de l’utilisation par le gouvernement de l’article 49-3, de nouveau, pour faire passer la loi Macron ?

Delphine Batho : C’est tout sauf une surprise. C’est la suite logique de ce qui s’était passé en première lecture. Mais j’aimerais signaler qu’il y a dans cette loi, par rapport à tout ce qui a été dit dans le débat public, une disposition qui me paraît particulièrement grave. L’article 28 s’attaque à la mise en place de la démocratie participative qui avait pourtant était promise par le président de la République après le drame de Sivens et la mort du jeune militant Rémi Fraisse. Puisque cette disposition va permettre dorénavant au gouvernement de modifier le code de l’environnement par simple voie d’ordonnance. Le Parlement sera donc privé d’un débat nécessaire qui touche à des questions essentielles comme on a pu le voir ces derniers mois, sur la délivrance des autorisations des projets de construction et d’aménagement, des études d’impact etc…

Si le gouvernement avait décidé de passer la loi à l’épreuve du vote, qu’auriez-vous choisi ?

Je n’aurais pas approuvé cette loi. Je doute d’ailleurs de la constitutionnalité du plafonnement des indemnités dans les cas de licenciements abusifs…

A peine quelques semaines après le la tenue du congrès PS, qui devait signifier le renouveau et le rassemblement de la famille socialiste, on semble retomber dans une sorte « on prend les mêmes et on recommence » ?

Moi, je n’ai pas signé de motion. Et j'ai fait le choix de ne pas me rendre sur place. Je constate que ça n’a pas été un congrès de fond, avec les nécessaires débats idéologiques.

Est-ce à dire que le parti, en tant qu’organisation, ne permet plus de clarifier les débats politiques ?

Je crois que ces jeux de postures et d’appareils ne sont vraiment plus en phase avec ce qu’attendent les citoyens de la démocratie. Ces jeux d’appareils qui sont refermés sur eux ne sont pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre de nous. Je les crois inadaptés au changement de notre société. Que ce soit dans la majorité mais aussi chez les « frondeurs » qui sont à mon avis dans une impasse institutionnelle et politique. Nos citoyens n’attendent plus simplement aujourd’hui que l’on s’oppose, que l’on exprime son désaccord et son refus. Ils attendent surtout que l’on propose un chemin plus positif, qui amène à construire.

C’est-à-dire ?

C’est par exemple les Assises de l’économie circulaire qui se tiennent à guichet fermé et qui, pour moi, par rapport à cette utilisation de l’article 49-3, sont le véritable événement de cette journée…

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