Octobre 2009. Relaxé dans l'affaire de l'Angolagate
Fevrier 2009. Angolagate, lourdes peines demandées sauf pour Attali
Janvier 2009. Angolagate : Attali nie
Juillet 2008. Selon Jacques Attali :"Les deux tiers du rapport sont mis en oeuvre" (par Nicolas Sarkozy)
Janvier 2008. 313 "décisions" acceptées par N.S. sur 316 ; Attali attaque
Octobre 2007. Les propositions libérales de la commission Attali
"Je veux servir la France, en train de couler" (Septembre 2007)
Août 2007. Président d'une commission "cosmopolite et hétéroclite" (Libération)
Juillet 2007. Qui le laissera "libre"
Mai 2007. En mission pour son ami, de 25 ans, Nicolas Sarkozy
Jacques Attali
épinglé par un juge russe. Par Laurent Valdiguié, Le Parisien, 6 mars 2004, p. 15
Jacques Attali mis en examen dans l'affaire Falcone. L'ex-conseiller de Mitterrand aurait reçu des virements.
Par ARMELLE THORAVAL, Libération 09 mars 2001, p. 22.
On connaît ses talents. Une certaine capacité de toucher à tout et de survoler beaucoup. En résumé, de passer du rôle d'éminent conseiller de François Mitterrand et d'en tirer quelques ouvrages (en l'occurrence trois, sous forme de Verbatim), à celui de président de la Berd, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, tout en brodant sur le changement du monde et le développement du nomadisme moderne (à travers les portables de tout genre), ou encore sur l'enseignement supérieur et le Web. Hier, l'entretien qu'a eu Jacques Attali était fort éloigné de toutes ces considérations. Convoqué par le juge Courroye, il a dû s'expliquer sur les honoraires qui ont été payés à son agence de conseils par Pierre Falcone, dans le cadre de l'instruction ouverte sur l'affaire de la vente d'armes à l'Angola et diverses opérations présumées de blanchiment.
Une convocation qui s'est soldée par une mise en examen pour «recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence». L'influence en l'espèce aurait porté sur l'obtention d'un aménagement du redressement fiscal infligé à Falcone via ses sociétés, indiquait-on hier soir de source judiciaire.
«Le Syrien».
Dans le pot-pourri qu'est l'affaire Falcone, qui mêle affaires immobilières, vente d'armes et des rémunérations diverses, Jacques Attali apparaît d'abord aux yeux des enquêteurs de la brigade financière sous la rubrique «Jacques A». A l'automne dernier, les policiers sont alors en train d'éplucher l'ensemble des versements et virements effectués par la société de Falcone, Brenco France. Un certain nombre de virements sont codés sous les noms de Panurge, Galilée, «le Syrien», ou encore plus sobrement PLS (pour Paul-Loup Sulitzer). «Jacques A.», c'est moins mystérieux. Lorsqu'Isabelle D., secrétaire de Pierre Falcone, est entendue sur une série de versements, elle est interrogée sur ce Jacques A., qui s'avère être Attali. L'affaire - qui porte notamment sur les armes vendues à l'Angola par Falcone et son allié, Arcadi Gaydamak, pour 510 millions de dollars en 1993 et 1994 - est pleine de surprises: les policiers le savent. Elle mêle la droite dure, le RPR et les socialistes, avec la présence de Jean-Christophe Mitterrand, de Gérard Peybernès, l'ancien responsable de l'association de financement du PS, qui a tenté de s'investir dans une opération de vente de camions militaires au Congo. Alors, pourquoi pas Attali...
Qui était-il pour Falcone? «Une relation», «qui appelait souvent», expliquera Isabelle Delubac. Pas beaucoup plus diserte, la secrétaire de Pierre Falcone ne saura pas expliquer les annotations retrouvées par les enquêteurs: «Jacques A. 50.000 US de BAI», ou encore «BAIACA, 200.000 $», en juillet 1998. Depuis, juges et policiers ont trouvé une première explication à ces rémunérations de plus d'un million de francs (c'est d'ailleurs le montant de la caution que lui ont infligé les juges): Attali faisait étonnamment partie du cercle rapproché de Falcone, fort éclectique dans le choix et la diversité de ceux auxquels il versait des honoraires. Puis ils ont eu une explication officielle: l'économiste-essayiste, lui aussi investi dans le soutien du régime d'Eduardo Dos Santos, aurait reçu cette rémunération à l'occasion d'une contribution destinée aux Angolais sur le fonctionnement des microcrédits. Elle s'inspire en substance de minisystèmes bancaires dites banques des pauvres, une vieille idée régulièrement recyclée, notamment en Afrique.
Voyage à Luanda.
Un rapport imposant, figure au dossier d'instruction attestant de ce travail. Interrogé le 1er décembre, Attali avait d'ailleurs admis ses relations avec Falcone, racontant par le menu un voyage effectué en sa compagnie à Luanda - «J'ai eu l'impression que monsieur Falcone disposait de la totale confiance du président angolais et de ses collaborateurs» - ou narrant une rencontre avec le gouverneur de la banque centrale.
Le retournement de situation a eu lieu ces derniers jours. Car les juges sont persuadés que les virements effectués par Falcone ont concerné non pas une étude sur l'Angola, mais un rôle d'intermédiaire dans la négociation de Falcone avec le fisc, qui lui avait infligé de lourds redressements. Une hypothèse de travail que l'avocat de Pierre Falcone, Alain Toucas, se refusait à commenter hier: «L'interlocuteur naturel de l'avocat est le magistrat et non la presse.».
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Détournement de fonds
Jacques Attali épinglé par un juge russe Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 06 mars 2004, p. 15
JACQUES ATTALI, l'ancien conseiller de François Mitterrand, est dans le collimateur de la justice russe. Un magistrat de Moscou le soupçonne d'avoir participé à une opération de financement occulte de la municipalité de Saint-Pétersbourg.
Interrogé dans les locaux de la brigade financière, comme simple témoin, en avril dernier (2004), en présence d'un policier et d'un magistrat russe, Jacques Attali a démenti une à une toutes les accusations le visant.
« Il s'est longuement expliqué, nous n'avons aucune nouvelle de cette enquête », nous indique son avocat. Cependant, cette audition n'a semble-t-il pas suffi. Après d'autres investigations, une note de synthèse rédigée par la police française, dont devrait être destinataire M. Matvienko, le magistrat russe, affirme que « M. Attali aurait prêté son concours à un détournement de fonds organisé par et pour l'entourage de M. Yakovlev », l'ancien maire de Saint-Pétersbourg, autrefois proche de Vladimir Poutine. Deux millions de dollars sont en jeu.
Une mission payée cash
En 1997, une Française mariée à un Russe, Irène Commeau, ancienne collaboratrice de Jacques Attali à la Banque européenne de reconstruction et de développement (Bred), crée le premier contact avec Serguei Davitaia, un proche du maire de Saint-Pétersbourg.
Jacques Attali, consultant international à son compte, signe un contrat d'assistance visant à redonner à la ville russe « un prestige international ».
Ecrivain à succès, Jacques Attali propose d'apporter son concours à la création d'une « Bred eurasienne », et d'une « Ligue de la paix », réunissant plusieurs ports de la Baltique. Durée de sa mission : deux ans. Rémunération prévue, 2 millions de dollars.
Première curiosité, au lieu d'échelonner les versements, les fonds, via la banque Inkombank, parviennent à ACA, la société d'Attali, en une seule fois. Cinq « consultants » sont aussitôt rémunérés. M. Davitaia perçoit 200 000 dollars. Irène Commeau, comme « apporteur d'affaires » et consultante, touchera au total 25 % du contrat, soit 500 000 dollars. Trois Russes percevront également des fonds : Andreï Gratchev (280 000 dollars), Sergueï Koulaghine (200 000 dollars) et sa secrétaire (97 500 dollars).
Mais dans leur note, les enquêteurs semblent douter que de réelles missions aient été effectuées par les Russes. En perquisitionnant chez ACA, ils n'ont découvert que des notes, « très brèves, rédigées en français », censées émaner de ces consultants. « Ces notes pourraient avoir pour objectif... de justifier le versement des honoraires versés », écrivent les enquêteurs.
Les policiers : « C'est un artifice »
Plusieurs documents en russe ont aussi été découverts. « L'un d'eux expose des méthodes de relaxation et de respiration sans aucun rapport avec la mission », souligne les policiers. Dans les pièces saisies, les enquêteurs ont également mis la main sur une note manuscrite, antérieure de quelques jours à la signature du contrat : « Il y a une cuisine, il faudra reverser 850 000 dollars à l'équipe russe pour ses frais », mentionne ce document. Enfin, l'enquête a établi que les consultants russes avaient été payés sur des comptes bancaires ouverts aux Etats-Unis.
« C'est sciemment que M. Attali se serait prêté à la manoeuvre organisée par les autorités de Saint-Pétersbourg, en recrutant, au prix fort, des consultants qu'il ne connaissait pas, qui ne présentaient pas le profil professionnel et de compétences utiles », concluent les policiers, évoquant « un artifice destiné à prélever des fonds ».
Sollicité hier (5 mars 2004), Jacques Attali n'a pas souhaité réagir.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 06 mars 2004, p. 15
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Jacques Attali en mission pour Nicolas Sarkozy 16/05/2007 Le Point, Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé
L’ex-conseiller de François Mitterrand, président de PlanetFinance, a rencontré le nouveau Président de la République, un ami de longue date.Ce dernier lui a confié une mission sur le micro-crédit qui pourrait ensuite être élargie.
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Challenges
Jeudi 26/07/2007 - 20h25
Attali rassure sur sa mission confiée par Matignon
Jacques Attali, qui a accepté une mission du gouvernement Fillon, agira en “intellectuel libre“, a-t-il fait assuré mercredi 25 juillet.
Matignon a annoncé mardi que l'ancien conseiller du président François Mitterrand présiderait la commission sur les freins à la croissance, une proposition faite par le Premier ministre.------
RAPPORT ATTALI
"Déverrouiller notre système économique"
NOUVELOBS.COM | 12.10.2007 | 18:21
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Quand Jacques Attali dézingue tous azimuts
Au lendemain de la remise de son rapport à Nicolas Sarkozy, Jacques Attali, visiblement remonté, a tapé très fort. A droite comme à gauche. Florilège.
F. Me. avec source AFP
LIBERATION.FR : jeudi 24 janvier 2008
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Economie Rapport Attali: "le verre est aux deux-tiers plein" AP | 04.07.2008 | 13:23
"Le verre est aux deux tiers plein", s'est félicité vendredi le président de la commission de la libération de la croissance, Jacques Attali, venu faire le point à l'Elysée de la mise en application du rapport rendu public le 23 janvier. "Sur les 316 décisions du rapport, 213 ont été mises en oeuvre", a-t-il affirmé à l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy. "Cela veut dire à peu près les deux tiers" et c'est la "marque de ce que le travail a été pris au sérieux". Le rapport préconisait notamment le transfert des cotisations sociales sur la CSG et la TVA, la mise sous condition de ressources des allocations familiales, le recours accru à l'immigration, l'ouverture totale des professions réglementées (taxis, notaires, pharmaciens, etc.) et de la grande distribution ou la suppression des départements d'ici dix ans. "Le tiers qui n'est pas fait va être fait", "à deux ou trois choses près", a affirmé M. Attali. Ainsi, "le basculement sur la TVA des charges sociales est plus difficile en période d'inflation", a constaté l'ancien conseiller de François Mitterrand. "Alors que beaucoup de Français croient que le rapport a été mis à la poubelle après la manifestation des taxis", c'est "la preuve que la réforme est en marche", a-t-il ajouté. D'ailleurs, la réforme de la profession d'artisan-taxi présentée récemment par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie correspond "exactement à ce qui était dans notre rapport". Les artisans-taxis s'étaient aussitôt mobilisés après la publication du rapport, qui prônait la déréglementation de leur profession. "Cela a donné le sentiment que ce rapport était uniquement consacré aux taxis alors que c'était une demi-page sur 300", a regretté M. Attali. "Le président a souhaité nous revoir en septembre" pour faire un nouveau point, a-t-il précisé. AP-------
Pour Jacques Attali, qui a présidé la Commission pour la croissance, le plan de rigueur de François Fillon n'est pas à la hauteur des enjeux de la crise. Il faut appliquer le "versant de gauche" de son rapport. Ex-président de la Commission pour la libération de la croissance française, auteur des deux rapports qui portent son nom, Jacques Attali décrypte, dans cet entretien exclusif accordé depuis Washington, le nouveau plan de rigueur. Pour l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, ce deuxième budget n'est pas plus à la hauteur que le premier pour résoudre la crise des finances publiques. Il préconise d'appliquer désormais le versant de gauche du rapport Attali 2, c'est-à-dire de mener "une politique cohérente et globale de lutte contre les injustices et les gaspillages". Président de la commission pour la libération de la croissance française, auteur des deux rapports qui portent son nom, Jacques Attali décrypte, dans cet entretien exclusif qu'il nous a accordé mardi depuis Washington, le nouveau plan de rigueur de François Fillon. François Hollande l'a jugé lundi soir « incohérent, injuste et inconséquent ». L'ancien conseiller spécial de François Mitterrand estime que ce deuxième budget n'est pas plus à la hauteur que le premier pour résoudre la crise des finances publiques françaises. Il préconise d'appliquer désormais le versant de gauche du rapport Attali 2, c'est-à-dire de mener « une politique cohérente et globale de lutte contre les injustices et les gaspillages ». Comment jugez-vous, à l'aulne des deux rapports que vous avez présidé à la demande de Nicolas Sarkozy sur la « libération de la croissance », le deuxième plan de rigueur présenté lundi par François Fillon ? Depuis l'été dernier, j'ai dit que le moment de vérité sur les finances publiques françaises viendra avec le projet de budget 2012. Dés la présentation du premier plan Fillon, fin août, j'ai estimé que ce budget n'était pas à la hauteur de la situation et ne changerait rien quant à la survie de la note Triple A de la France. Ne nous faisons pas d'illusion : sur les marchés, la dette française n'est déjà plus AAA. Quand on regarde l'évolution du spread France-Allemagne (l'écart sur les emprunts d'Etat à dix ans, passé de 40 à 120 points de base), la dette française correspond à une note BBB+. Ne faisons pas les choses pour une note perdue. Agissons non pas pour les seuls marchés financiers, mais pour rétablir l'économie française. De ce point de vue, le deuxième plan Fillon n'est pas plus à la mesure du problème que le premier. La raison est simple : nous avons perdu trop de temps et plus nous attendons, plus la marche d'escalier est infranchissable. Dans son deuxième rapport, la commission que j'ai présidé estimait qu'il fallait réduire nos déficits de 95 milliards d'euros sur trois ans. C'était en octobre 2010. Le deuxième plan, qui porte à 18 milliards l'effort cumulé sur 2012 est à l'évidence insuffisant, car il ne nous permet pas de rattraper le retard accumulé dans l'effort d'ajustement. Ce plan ne suffira pas, surtout si la croissance est encore plus faible que prévu, et il est peu lisible. C'est un nouveau saupoudrage de petites mesures qui cherchent à mécontenter le moins d'électeurs possible, dans une optique électorale évidente : ne pas déclencher la colère de la rue. Si le gouvernement était aussi sérieux qu'il l'affirme, il faudrait demander un effort d'au moins 30 milliards d'euros dés 2012 pour mettre la France à l'abri tout de suite. Et le gouvernement ne devrait pas hésiter pour aller vite à augmenter beaucoup plus fortement les impôts. Le rapport de Jean-Philippe Cotis [directeur général de l'Insee] a montré que depuis 2000 et les baisses d'impôts décidées par Laurent Fabius, la France a perdu 22 points de PIB de recettes publiques. On a baissé les impôts, c'est bien, mais en oubliant qu'il fallait baisser en même temps les dépenses. Si on avait gardé le même niveau d'imposition qu'en 2000 -et la France n'était pas, que je sache à l'époque une économie soviétique-, notre dette publique actuelle serait de 65% du PIB, soit 20 points de moins que le taux actuel. L'explosion de la dette n'a donc rien à voir avec la crise. Elle a commencé bien avant. L'erreur commise fut de laisser filer les déficit avec le raisonnement absurde et faux que les impôts cassent la croissance. A force de faire de la rigueur, pourtant, beaucoup d'économistes craignent que toute l'Europe ne soit entraînée dans une cercle vicieux de récession, à l'image du drame grec... C'est pourquoi nous avions demandé que l'accélération de la réduction des déficits et de la dette s'inscrive dans une démarche globale. J'avais dit au président Sarkozy que nos rapports constituaient un tout cohérent et qu'il fallait, pour retrouver le chemin de la croissance, en appliquer toutes les recommandations sans exception. Nous n'avons pas réuni une commission pour l'austérité, mais pour libérer les forces de la croissance. Cela passe bien sûr par une réduction massive et rapide de la dette, car toutes les études économiques montrent qu'au-delà de 80% du PIB, la dette devient un frein à la croissance. Elle dissuade les acteurs économiques d'investir et gèle inutilement un excès d'épargne de précaution. Et elle pousse les marchés, c'est-à-dire ceux qui nous prêtent, à demander des comptes. Ëtre en excès de dette, c'est être assuré de se fracasser un jour sur le mur de la réalité. C'est ce qui est arrivé aux Grecs. Dans le plan que nous avions présenté, nous préconisions donc, en contrepartie d'un rééquilibrage rapide des comptes publics, de mener une politique globale et cohérente de lutte contre les injustices et les gaspillages. Il s'agissait de redéployer l'ensemble des dépenses de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales en ce sens, le seul à même de convaincre la population que le même effort était demandé à tous. Nous proposions d'ailleurs que l'on mette fin à la fiction des deux budgets, de l'Etat et de la Sécurité sociale, parce qu'aujourd'hui, impôts et cotisations sociales, c'est la même chose. Pour libérer la croissance, nous avions mis en évidence deux priorités : l'école primaire et la formation des chômeurs, pour résoudre les deux principaux goulets d'étranglement de l'économie française. Tout le monde était d'accord dans la commission là-dessus et qu'est-ce que l'on constate : l'école primaire, peu en parlent dans la campagne. Ce n'est pas qu'une question de nombre de maîtres, mais de changement radical de posture sur ce qu'on y apprend et la façon dont on l'apprend. Quand à la formation des chômeurs, c'est le trou noir des projets électoraux. Les partis, les syndicats ne parlent que de ceux qui sont déjà insérés sur le marché du travail. Pour mettre les chômeurs en situation de conversion, nous avions proposé un contrat d'évolution, qui permettrait à une personne qui recherche sérieusement un emploi d'être rémunéré par un contrat de travail et pas par une allocation chômage. Nous proposions même un financement à budget constant, par le redéploiement des cotisations Unedic et des dépenses de formation. Qu'est-ce qui, à vos yeux, correspondrait à un budget sérieux pour 2012 ? Si on regarde ce que sont devenues les propositions de nos deux rapports, on observe que beaucoup a déjà été mis en œuvre. La loi de modernisation de l'économie, c'est nous. Le grand emprunt pour les investissements d'avenir aussi. La réforme des professions réglementées, y compris des taxis, a été engagée en partie. En revanche, sur les propositions d'économies que nous avions trouvé, on a fait très peu de choses. Pourquoi la Banque de France coûte-t-elle six fois plus cher (2 milliards d'euros par an) que la Banque d'Angleterre qui, le Royaume-Uni n'étant pas dans l'euro, est une vraie banque centrale. Il y a des dizaines d'économies à trouver. L'inspection des finances a publié cet été un rapport disant que l'on peut sans dommage sabrer 30 milliards d'euros dans les niches fiscales. Qu'est-ce que l'on attend pour le faire. Il y a en France trop d'aides inutiles ou inappropriées. En désindexant certaines prestations sociales, en 2012, le gouvernement Fillon applique pourtant une de vos recommandations... Une maîtrise des dépenses sociales est indispensable. Mais prenons garde de le faire en gardant toujours en tête ce souci de la justice. Si on prend des mesures qui touchent au pouvoir d'achat des plus modestes, il faut le faire de façon juste, notamment en mettant sous condition de ressources les allocations familiales, en créant un bouclier sanitaire pour protéger les plus pauvres. La lutte contre les gaspillages et pour la justice sont des facteurs de croissance: voilà ce que devrait être un programme de gauche moderne. François Hollande n'est-il pas pris dans les filets de la rigueur tendu par Nicolas Sarkozy ? Le discours à tenir est simple. La France a de facto perdu son Triple A, inutile de s'acharner sur cette note. Ce n'est pas de la faute de la gauche si la France doit mener un politique rigoureuse sur les finances publiques, c'est pour retrouver des marges de manœuvre pour faire une bonne politique économique préservant les Français de la dictature des marchés. Nous en sommes arrivés au point suivant : celui qui perdrait les élections sur la rigueur sera béni par l'histoire ; mais celui qui gagnerait les élections parce qu'il a été démagogique sera banni par l'histoire. Si on doit faire de la rigueur, autant le faire vraiment, pas à moitié : sinon, on récolte les inconvénients de l'impopularité sans gagner les avantages de l'efficacité. Avec l'accord du 26 octobre, la zone euro approche-t-elle de la sortie de crise ? Le FESF ne fonctionnera pas. Ajouter de la dette à la dette avec la garantie de l'Allemagne et de la France fera perdre le Triple A à ces pays sans résoudre en rien le problème financier posé. Emprunter pour donner sa garantie à ceux qui ne le peuvent plus est une course en avant suicidaire. Cela ne peut pas marcher. La dernière émission du FESF a d'ailleurs été sanctionnée par les marchés, compte tenu du flou qui entoure cette usine à gaz. Ce qu'il manque à l'Europe, c'est un instrument de croissance. Ce rôle ne peut plus être joué que par la Banque centrale européenne, qui doit faire comme la Réserve fédérale américaine. Il faut donc accroître la pression politique pour la BCE qui est certes indépendante, mais comme c'est écrit dans le Traité, agir en faveur de la croissance et de l'emploi, et pas seulement pour lutter contre une hypothétique inflation. Et l'Europe doit lancer les Eurobonds. L'Union européenne a une chance dans son malheur : en tant qu'institution, elle n'a pas de dette, à la différence de ses pays membres. Il suffirait que chaque pays de la zone euro lui transfère deux points de TVA pour assurer le service de la dette sur des Euro-obligations qui aurait immédiatement du succès auprès des investisseurs internationaux. Il faut en contrepartie transférer la surveillance des budgets nationaux à un niveau fédéral. Que préfère-t-on à la fin : confier notre souveraineté à la Chine ou bien à nous-mêmes... Propos recueillis par Philippe Mabille - 10/11/2011, 08:42--------
Valérie Pécresse juge "irresponsable" le pessimisme de Jacques Attali Publié le 11-11-11 à 06:25 Modifié à 08:42 par Le Nouvel Observateur avec AFP
"Ne nous faisons pas d'illusion: sur les marchés, la dette (française) n'est déjà plus AAA", avait-il déclaré dans une interview à "La Tribune". "Se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable", a estimé la ministre du Budget. La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a qualifié jeudi "d'irresponsables" les propos tenus par l'ex-président de la BERD Jacques Attali, qui a estimé que la France avait déjà perdu de facto sa note triple A. "Des propos de ce type sont irresponsables car ils sont faux: aujourd'hui nous faisons tout pour garder ce triple A. Dire le triple A est déjà perdu, se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable", a-t-elle clamé. C'est aussi "démobilisateur pour des Français à qui nous demandons de faire davantage d'efforts", a ajouté le ministre. La Banque de France se veut rassurante "La France a toujours démontré sa capacité à respecter strictement ses objectifs et je ne vois aucune raison pour qu'elle ne fasse pas de même cette fois-ci", a estimé de son côté le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, récusant l'idée d'une dégradation de la note française. "Les deux inquiétudes au niveau du budget de l'Etat nées cet été sont en passe d'être résolues", a-t-il fait valoir dans une interview au Figaro à paraître vendredi. "L'augmentation des fonds propres des banques françaises d'ici mi-2012 - de 8,8 milliards d'euros - se fera sans entrée de l'Etat au capital. La deuxième hypothèque concernait la contribution de la France au Fonds européen de stabilité financière. Il est clair désormais que le montant des garanties apportées par chacun des Etats ne sera pas relevé, ce qui exclut donc a priori tout endettement additionnel pour l'Etat", a-t-il défendu. Attali : "Ne nous faisons pas d'illusion" Jacques Attali, ex-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), a estimé dans "La Tribune" que la France avait déjà perdu de facto sa note triple A, compte tenu de l'écart record entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, consentis à l'Allemagne. "Ne nous faisons pas d'illusion: sur les marchés, la dette (française) n'est déjà plus AAA", a déclaré l'ex-conseiller du président François Mitterrand. "Quand on regarde le taux de l'emprunt d'Etat à 10 ans (supérieur à 3%) et l'évolution du spread France-Allemagne (écart sur les emprunts d'Etat à dix ans passés de 40 à 120 points de base), la dette française correspond à une note AA", a-t-il ajouté. Le Nouvel Observateur - AFP--------